Rhéteur d'Antioche vers 300 après J.-Chr
son traité do Rhétorique (npoYujjLvddjjtaxa) qui servait de manuel jusqu'au xvne siècle ? Ne trouvait-il pas un moyen excellent de former ses élèves en leur faisant remanier des fables ésopiques ? Mais est-ce une autorité pour un genre poétique dont l'origine remonte si haut? Et Théon *? Pourquoi aurait-il trouvé une autre définition de la fable que celle qu'avaient donnée ses prédécesseurs? Il est fâcheux que Lessing n'ait connu que quelques fragments de Babrius 2 ? Herder, qui a approfondi la théorie de Lessing, était plus heureux. Le philologue anglais Tyrwhitt avait découvert, sous la prose des compilateurs grecs, plusieurs fables en vers iambiques 3 qui, jointes aux fragments cités çà et là par divers auteurs, ont donné une haute idée de cet écrivain qui a renouvelé la fable ésopique. Herder a pu tirer profit de ces recherches philologiques ; il a reconnu que le recueil ésopique ne doit pas être considéré comme unique modèle 4. Lorsque enfin les cent vingt-six fables de Babrius, découvertes parmi les trésors du mont Athos par Minoïde Mynas et éditées en 1844 par Boissonnade, eurent révélé au monde un fabuliste de la valeur de La Fontaine, on vit que « le bon homme » ne méritait nullement les reproches que Lessing lui fit en s'ap-
1. Khôtour d'Alexandrie qui vécut au ive sircle après J.-Chr.
2. Lessing- l'appelle Babrias ; voy. Fragmente zu einer Geachichte der aesopischen Fabel. Œuvres, XI, 2, p. 102 1.
:'>. Dissertatio de Babrio, Londres, 177G.