Ueber Jiihl, Dichiung und Sage, Anhang, p. lis
pavant sur des échantillons écrits à une époque qui avait perdu tout sens de la poésie.
Certes, le but de Lessing était, en partie, d'effrayer les imitateurs maladroits de la Muse de La Fontaine ; et en cela il avait raison. Quand on lit les préceptes que Batteux donne aux fabulistes, comme il enseigne à décrire les situations, à égayer le récit, préceptes que Ramier avait encore augmentés, on comprend les attaques de Lessing qui, visant toujours à la simplicité, ne pouvait pas reconnaître comme genre poétique les productions allemandes. Pour goûter La Fontaine il lui manquait la connaissance parfaite de la langue française. Dans les notes éparses, écrites en vue d'une édition de Phèdre \ on peut voir qu'il demande surtout que le raisonnement soit juste et que la morale ressorte bien de la fable 2. Il approuve d'ailleurs souvent La Fontaine, mais les beautés du style, l'ampleur épique de ses tableaux, la peinture de la société lui échappent complètement.
La théorie de Lessing est exposée dans ces quatre dissertations; la cinquième 3 nous introduit plutôt dans l'atelier où Lessing écrit ses fables et nous enseigne les procédés de l'écrivain qui peut varier et changer les anciennes fables ; il démontre en