La Fontaine, p
abandonnée aujourd'hui \ il a mieux senti que Les- Bing le parfum qui se dégage des récits populaires, contes ou apologues; il savait que si l'on ôtait le charme poétique à ce genre littéraire, il ne pourrait plus vivre. Grimm, qui entendait partout la voix de la nature en communication avec les hommes des âges primitifs, qui vante tant le charme et la grâce primesautière de ces fictions poétiques, ne pouvait voir sans amertume effeuiller cette fleur riche en sève et la ranger dans un herbier. Lessing lui présentait une tige au lieu d'une fleur épanouie ; il a vu la mort de la fable où Lessing pensait trouver la vie.
Le recueil qui suit les cinq dissertations contient trois livres, chacun de trente fables 2. En tête de chaque livre, Lessing plaça un apologue qui résume sous une forme allégorique sa théorie. La première fable est un colloque entre le poète et la Muse de la fable qui lui inspire les idées sur la simplicité de ce genre littéraire. « Point d'ornement, lui dit-elle,
1. Voy. l'article de M. Gaston Paris sur la thèse de M. Sudre : Les Sources du Roman de Renart {Journal des Savants'
1894) etTétude de Voretzsch, Jacob Grimms deutsche Thiersage und die moderne Forschung {Preussische Jahrbûcher,
1895) qui défend, dans une certaine mesure, la théorie de Grimm.