‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 26 sur 162 · Œuvres, I, p · texte numérisé non relu

Œuvres, I, p

2. Voy. I, 5. Zeus und das Pi'erd; I, 10. Die Grille und die Nachtigall ; 1, 23. Die junge Schwalbe ; II, 10. Die Esel; II, 18. Zeus und das Sehaf.

3. Voy. I, 25. Der Pclikan; II, 3. Der Knabe und die Schlange; II, 15. Der Rabe und der Fuchs; II, 30. Minerva; III, 3. Der Geist des Salorno; III, 4. Das Gcschenk der Feen.

1. Voy. I, 11. Die Nachtigall und der Habicht; I, 13. Der Phoenix;I, 16. DieWespen; 1,21. Der Fuchs und der Storch ; I, 21. Mcrops; II, 14. Der Fuchs und die Larve; II, 17. Der Rabe; II, 22. Der Fuchs; m, 1"». Die Biche.

vain vise le triste étal de la littérature \ soit les misères d'un homme de lettres qui, indépendant de toute coterie, veut vivre de sa plume 2. La mauvaise humeur du jeune critique, dont le caractère antique contrastait tellement avec les créatures sans nerfs e\ sans relief qui remplissaient la scène ; ce milieu du xvme siècle où les Gottsched et les Boclmer sont les législateurs du Parnasse, où l'originalité fait totalement défaut, où Ton oppose au seul poète de la nation, Klopstock, le hobereau Schœnaich qui faisait des poèmes épiques selon les préceptes de Gottsched : tout cela se reflète dans ce mince volume qui, s'il n'occupe pas une place bien importante dans l'œuvre de Lessing, nous intéresse au moins comme une œuvre où le jeune écrivain déploie ses brillantes qualités de style.

Quoique adversaire de la fable de La Fontaine, Lessing fabuliste fut vite connu en France et souvent imité. Encore aujourd'hui, ses apologues sont beaucoup plus lus et commentés chez nous qu'en Allemagne. D'ailleurs, Lessing fit surtout ses fables en vue de l'enfance. Sa traduction des Fables morales de Richardson était destinée aux écoles, et dans une lettre à Lindner il dit de ses propres fables qu'il pensait surtout à la jeunesse en les com-

1. Voy. I, 6. Der Affe und der Fuchs; I, 18. Der Strauss; I. 19. Der Sperling und der Strauss; II, 21. Die Traube ; II, 30. Minerva.

2. Voy. I, 22. Die Eule und der Schatzgneber; III, 24. Die Schwalbe; 111,130. Der Schœfer und die Nachtigall.

posant '. Ce sont les élèves dont il s'occupe dans sa cinquième dissertation. D'où vient, dit-il 2, qu'en général, dans les sciences et dans les arts, nous ayons si peu d'inventeurs, si peu de têtes qui pensent par elles-mêmes ? Parce qu'on nous élève mal. Si on s'appliquait à former et à étendre autant qu'il est possible toutes les facultés de l'âme, en les développant en même temps et dans des proportions égales ; si on faisait contracter aux élèves l'habitude de comparer les connaissances dont ils s'enrichissent chaque jour avec celles qu'ils avaient déjà le jour précédent ; si on leur apprenait à s'élever aussi facilement des idées particulières aux idées générales qu'à redescendre des générales aux particulières, nous aurions plus de penseurs, plus de génies. Un bon moyen d'exercer la jeunesse serait l'invention des fables, non pas l'invention de toute pièce, mais le changement des anciennes fables, de telle façon que tantôt on raccourcisse, tantôt on conduise plus loin l'action, tantôt on en change certaines circonstances de manière qu'il en sorte une nouvelle morale. C'est surtout dans le deuxième livre que Lessing s'est servi de ce procédé en montrant comment on peut être original tout en empruntant certains traits aux fables anciennes. L'apologue intitulé : « La statue d'airain », placé en tête de ce livre, s'adresse aux futurs détracteurs de ce

Page 1