‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 30 sur 162 · voy. Hervicux, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

voy. Hervicux, op. cit., I, p

2. Voy. Danzcl-Guhrauer, Lessing, I, p. 76. ■ '>. Fabularum Aesopiarum libri <i'<o, 1718.

sait une vaste érudition au meilleur goût et que de tels hommes seuls pouvaient nous initier aux beautés de l'antiquité '. Encore plus tard, il était de l'avis de Christ 2 quoiqu'il ne partageât pas son opinion sur tous les points. Le doute sur l'authenticité est aujourd'hui dissipé ; le manuscrit de Pithou, qui date du xe siècle, a renversé toutes ces hypothèses; mais avant la découverte scientifique de ce manuscrit 3, les opinions des philologues étaient partagées; ainsi Eichstaedt, en 1812, disait encore qu'à l'égard de Phèdre, il avait toujours pensé qu'il fallait plutôt s'en tenir aux arguments victorieux et aux ingénieux raisonnements de Christ qu'aux pauvretés

1. Voy. Danzel-Guhrauor, Lessing, I. Beilagen, p. 505. — La critique ne se trouve pas dans l'édition Hempel. — Dans les notes de son Commentaire projeté sur Phèdre, Lessing est parfois dur pour l'essai de Christ ; voy. Ueber den Phaeder, Œuvres, XI, 2, pp. 1016, 1017 et 1019 : Wie sehr hat sie (fable 12) Christ verhunzt.

2. Ainsi il dit, dans « Romulus et Rimicius » : « Die eigentlichen Manuscripte des Phaedrus, wenn es deren gegeben, haben sich, wie es scheinet, gœnzlich aus der Welt verloren. » Et dans la dissertation sur « L'Anonyme de Nevelet » : « Christ, welcher in der Hauptsache von Phaedro unstreitig Recht hat, in der er bisher weder widerlegt worden, noch schwerlich jemals widerlegt werden dùrfte... Œuvres, XI, 2, pp. 943 et 901.

3. Elle est due à Berger deXivrey; voy. son édition savante : Phaedrus, ex codice Rosanboniano, 1830; Préface. Hervieux, op. cit., I, p. 57, et l'édition paléographique d'Ulysse Robert, Les Fables de Phèdre, 1893, qui a servi de base à larecension de M. L. Havet, 1895.

de ses adversaires !. Quant aux fables nouvelles de Phèdre, le doute plane encore aujourd'hui sur leur auteur, quoique, selon Lucien Millier, elles ressemblent aux anciennes comme un œuf à l'autre 2. Les études savantes de Lessing dans ce domaine se rapportent toutes à la fable latine du moyen âge. L'importance n'en est pas très grande, parce que de nouvelles découvertes ont sensiblement modifié les résultats, mais on ne peut pas les négliger non plus, surtout l'étude sur Romulus et Rimicius. En bon bibliothécaire, Lessing ne voulait pas seulement se rendre compte des trésors confiés à sa garde, mais aussi en tirer profit pour la science 3 et les communiquer aux savants qui s'adressaient à lui *. Quatre études ont ainsi paru, dont deux en 1773, deux autres en 1781, l'année de sa mort. Il est étrange que le dernier manuscrit que Lessing remit à l'imprimeur s'arrête à une citation de Christ, avec lequel il a tant d'analogie. Deux de ces essais sur les « Fables au temps des Minnesaenger » concernent les études germaniques, en particulier le fabuliste Boner. C'est d'après une ancienne

l.Voy. Hervieux, op. cit., I, p. 166.

2. Edit. de Phèdre, Leipzig-, 1871. Introduction, p. vi. — Voy. Ribbeck, Gesch. der rbm. Dichtung, III, p. 30.

.'3. Il le lit dans un recueil intitulé : Zur Geschichte und Literatur. Aus den Schietzen der herzoglichen Bibliothek zu Wolfcnbùttcl.

4. Voy. Beantviortete Fragen; Œuvres, XIX, p. 211 ; et les lettres adressées à Reiskc, Heyne et d'autres savants à partir de 1770.

impression de la Pierre précieuse (1461) et quelques manuscrits de Wolfenbiittel que Lessing établit le nom de cet auteur et démontra les sources — Avianus et l'Anonyme de Nevelet — où il avait puisé. Les recherches contemporaines sur les sources de ce fabuliste ne sont pas plus avancées. Avant la découverte du manuscrit complet à Strasbourg, détruit par l'incendie de 1870, les dissertations de Lessing étaient le point de départ des études sur le fabuliste de Berne l.

Les résultats de l'article sur Romulus et Rimicîus 2 sont encore plus intéressants. Il a été fait, au moyen âge, d'après les manuscrits de Phèdre, des recueils de fables phédriennes réduites en prose. Ces fables en prose furent mises en vers

1. Voy. Ueber die sogenannten Fabeln aus den Zeiten jjtef Minnesinger, I et II. Œuvres, XI, 1, pp. 885 et 919. Les éditeurs suisses de ces fables (1757) croyaient les avoir publiées pour la première fois d'après les manuscrits ; ils ne se doutaient pas que l'ouvrage de Boner avait été déjà imprimé en 1161. — C'est dans le second article que se trouve le mot si souvent discuté de Lessing concernant l'influence de Frédéric II sur la littérature allemande. «Dieu sait, dit l'auteur, si les bons empereurs souabes ont plus favorisé la littérature de leur temps que le roi de Prusse actuel (1781). Cependant je ne voudrais pas jurer qu'il ne viendra un jour un flatteur qui trouvera bon d'appeler l'époque actuelle de la littérature allemande l'époque de Frédéric le Grand » (p. 975). Voy. sur l'opinion de Lessing, W. Scherer, Hist. de la litt. allemande, p. 755.

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