‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 31 sur 162 · Œuvres, XI, 2, pp · texte numérisé non relu

Œuvres, XI, 2, pp

élégiaques, qui firent éclore à leur tour des dérivés en prose. On conçoit la difficulté qui se présente quand on veut démêler, par une étude approfondie des manuscrits et des incunables, la filiation de ces recueils qui forment le fonds de la fable au moyen âge. La plus ancienne collection des fables en prose issue de Phèdre porte le nom de Romulus, singulier nom qui a fait perdre le sommeil à bien des philologues. Personne, il est vrai, n'a songé à faire du fondateur de Rome un fabuliste ; mais il se trouvait des savants qui attribuaient cette collection au dernier empereur romain, Romulus Augustule. « Romulus qui fu emperere », dit Marie de France ; et ce mot a induit en erreur beaucoup de lettrés. Le savant Gude l, dont les manuscrits, entre autres une copie du Romulus de Dijon, se trouvaient en partie à Wolfenbùttel, croyait que ce titre d'empereur donné à Romulus n'avait été qu'un appât offert à la crédulité publique. Nilant 2 disait, sur la foi du Romulus de Leyde, que les fables sont ou bien de Romulus Augustule, ou bien qu'il ne faut voir dans ce nom qu'une pure fiction. Christ adopta le premier terme du dilemme. Eschenburg, l'éditeur des œuvres posthumes de Lessing, et qui avait annoté son dernier essai sur l'Anonyme de Nevelet, se rallia à la thèse de Gude. L'opinion qui prévalut au xvui" siècle était que l'auteur des fables

?. Son recueil de fables pariil <n 1709.

le devait pas être confondu avec le dernier empereur romain, mais qu'il avait bien existé sous le nom de Romulus. En outre, il y avait un écrivain plus récent, qui, sous le nom de Rimicius, avait traduit Ésope en latin. Par suite d'une erreur de Nevelet ! et de Nilant, éditeurs de fables antiques, il fut confondu avec Romulus. Lessing, qui avait trouvé à \Volfenbiïttel le premier fablier allemand, éditéàUlm, par Steinhôwel et pouvait se servir des manuscrits de Gude, démontra une fois pour toutes qu'il ne fallait pas confondre ces deux écrivains, séparés par plusieurs siècles l'un de l'autre. Ce Rimicius s'appelait Ranutio d'Arezzo ; il a composé son fablier vers 1455, tandis que le plus ancien manuscrit de Romulus remonte au xe siècle 2. Le personnage de Romulus ne reste pas moins obscur. Edélestand du Méril suppose que les fables connues sous ce nom ont la même origine que celles de Phèdre. Il considère, en effet, celles-ci comme la traduction des fables d'un poète grec appelé Phèdre, traduction faite dans les écoles des rhéteurs 3. De même, les fables de Romulus ne seraient que la traduction des œuvres, si non de ce fabuliste, du moins de divers auteurs grecs. En déflni-

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