Poésies inédites du moyen âge, p
54 LESSING ET LANTIQUITÉ
tive, comme dit Hervieux *, il faut reconnaître que les fables de Romulus ont été des paraphrases en prose, faites au moyen âge sur les fables latines de Phèdre. Le nom est de pure fantaisie ; l'œuvre qui le porte n'a pas été une œuvre originale. Il existait au xe siècle un recueil plus ancien, dû à un précédent compilateur, relativement habile, qui s'était étudié à approprier les fables de Phèdre, en les mettant en prose, aux idées religieuses du moyen âge, pour les faire servir dans cet état de transformation à l'enseignement de la langue latine . Puis est survenu un pédagogue maladroit qui, s'emparant de l'imitation récente, a bouleversé l'ordre des fables, les a fait précéder d'une dédicace fictive 2 et s'est efforcé de leur donner ainsi la couleur d'une œuvre remontant à l'époque romaine. Son recueil eut un succès tel qu'il fit oublier Phèdre et devint la collection par excellence. Le nom de Romulus finit par être une sorte de terme usuel employé à exprimer non pas un nom d'homme, mais bien un genre de littérature. Les quatre-vingt-trois fables qui composent ce recueil forment le fonds des fabliers du moyen âge ; les différentes rédactions furent imprimées une cinquantaine de fois. Il serait injuste de demander à Lessing de jeter une lumière bien vive dans ce chaos ; il ne pouvait pas pousser