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l'épigramme 73
brièveté. De même que l'inscription sur le monument doit satisfaire la curiosité du passant qui ne peut pas s'arrêter longtemps, de même la conclusion de l'épigramme doit être brève et concise. Peu d'épigrammistes, d'ailleurs, pèchent contre cette règle ; chacun tache de bien aiguiser sa pointe. Seulement il arrive quelquefois que la pièce en a plusieurs; ainsi l'épigramme de Martial contre Ligurinus dont les quatre premiers vers * forment toute une épigramme ; mais Martial continue à décrire la rage de Ligurinus qui lit ses poésies à tout le monde. Sans gâter tout à fait le poème, cela n'en constitue pas la beauté non plus, comme le croit Scaliger. Il dit que toute bonne épigramme doit avoir autant de pointes qu'elle a de distiques. Wernicke, le premier épigrammiste allemand, pensait comme Scaliger; mais le point de vue double est aussi faux en poésie qu'en perspective, dit Lessing 2.
Le rapport entre les deux parties du poème doit ressembler également au rapport du monument avec son inscription. Un monument qui doit évoquer le deuil ne peut pas avoir une inscription gaie ou burlesque, de même l'exposition doit nous
1. III, 44. « Veux-tu savoir pourquoi personne n'aime à te rencontrer, pourquoi Ton fuit tous les lieux où tu viens, pourquoi il règne autour de toi, Ligurinus, une solitude immense ? Tu es trop poète. »