Anmerkungen, II. p
De passere mortuo Lesbiae, sont des chefs-d'œuvre d'un autre genre secondaire, des Nénies, mais non pas des épigrammes. Ce qu'on appelle épigramme dans Catulle n'en a que la forme extérieure et ne répond nullement aux exigences d'une vraie épigramme y.
Dans un savant excursus 2 sur la découverte du manuscrit de Catulle par l'auteur des vers énigmatiques qu'on trouve en tète de ses poésies, Lessing veut prouver que c'est Bernardinus Plumatius; célèbre médecin duxve siècle qui s'y cache. Il s'appuie sur le vers :
Scilicet a Calamis tribuit cui Francia nomen,
et voit dans le mot cala?nus (plume) le nom de celui qui a fait cette heureuse découverte. Mais dans un manuscrit de Wolfenblittel il a trouvé la leçon a
1. Lessing a imité dans ses « Épigrammes » deux pièces de Catulle (I, 19, Carm. 44, et I, 132, Carm. 92, que Lessing cite p. 128 comme exception).
2. Pp. 131-136. — Le Sangermanensis (Bibl. nat., fonds lat., n° 14137) contient les six vers, non pas au début, mais à la fin, écrits de première main, avec les variantes suivantes : v. 1. venio, au lieu de redeo; v. 3. il y a bien a calamis; v. 4. turbe, au lieu de cursam; v. 5. celebrate, au lieu de revocate; v. G. cujus, au lieu de quoius. Campesani y est nommé comme auteur. Cet humaniste est très peu connu; voy. Voigt, Die Wiederbelebung desClass. Alterthums, I2, p. 19 — « "Wcnn doch der Mann in Prosa geschrieben liante », dit à propos de 061 vers Lachrnann, dans une lettre à Haupt. Voy. K. Lachmaïui's Jiriefe an M . Haupt) éd. Valilen, p. 27.
L'ÊPIGRAMME 81
thalamis, ce qui rend moins probable sa conjecture ingénieuse. On sait aujourd'hui que l'auteur de ces six vers est Benvenuto Campe sani qui vécut vers 1323 '. La discussion de Lessing est néanmoins intéressante comme contribution à sa critique du texte qui n'était pas toujours aussi dépourvue de tout mérite que certains philologues le pensent.
L'article sur Martial 2 est le plus important de ce travail. Ce n'est pas une monographie qui embrasse tout ce qu'on peut savoir sur l'auteur; ce ne sont que quelques chapitres qui mettent en lumière les qualités maîtresses de l'œuvre de Martial. On y voit éclater, grâce aux comparaisons, la supériorité du poète romain, digne modèle d'un genre qui compte tant de travailleurs. Le début de l'article est typique et contient pour ainsi dire la profession de foi de l'auteur. « Il y avait, dit-il, beaucoup d'écrivains- chez les Grecs et les Romains qui, avant Martial , ont écrit des épigrammes , mais il n'y avait pas, avant lui, d'épigrammistes. » C'est-à-dire Martial fut le premier qui se soit occupé exclusivement de l'épigramme et en ait fait un genre littéraire à part3. On appelait ces petites poésies tantôt épigrammes, tantôt idylles ou églogues, mais elles n'avaient de commun que la forme métrique. Martial était le premier qui se fût fait une idée exacte
1. Voy. Haupt, Quaestiones Catullianae, p. 4, et Benoît, Commentaire de Catulle, p. 349.