Voy. t. I. p
celles de la plupart de ses contemporains. Lessing, nous le savons, aime mieux, dans un poète qui s'occupe de maladies morales, l'étalage des obscénités que le vague et le voilé qui font deviner et qui excitent une curiosité malsaine *. Il considère Martial comme un médecin qui parle franchement, sans fausse pudeur. Il ne faut pas prendre au pied de la lettre ce qu'il dit de lui-même; souvent la concision du vers le force à employer la première personne pour des vices qu'il ne partage nullement ; le lemme, le titre, fut donné par un autre ou par des copistes. Le poète, d'ailleurs, a fait souvent des vers obscènes sans y attacher beaucoup d'importance. Certes, l'œuvre de Martial n'est pas chaste ; elle pèche contre la vertu et la morale, dit Lessing, aussi n'est-ce pas l'œuvre que j'ai voulu défendre mais seulement le poète 2. Il ne semble pas que Martial eût été marié à Rome; les épigrammes du XIIe livre seules s'adressent à sa femme, mais ce livre fut écrit en Espagne après que le poète eût quitté Rome. Dans toutes les autres épigrammes, il ne s'agit pas de son épouse légitime 3.
Quand on lit l'étude de Nisard sur Martial 4, on croirait à une influence de cette Apologie de Les-