Voy. Servaes, op. cit., pp. 109 et
réflexions, cette grande prééminence fut, avec une profonde conviction, attribuée à la fable d'Ésope *. La fable proclamée le chef-d'œuvre de la création poétique ! Tout écrivain voulait montrer qu'il était capable d'en faire. Enfin, Lessing vint. En assignant la place qui convient à ce genre littéraire, il a mis fin à l'engouement pour l'apologue qui, loin d'atteindre en Allemagne les beautés de la fable de La Fontaine, n'était qu'un jeu d'esprit innocent, sans profondeur et sans charme. En donnant quelques échantillons de la fable dont la brièveté et la concision n'ont pu être imitées, Lessing a enrayé le flot toujours montant des fabulistes, de sorte qu'on peut dire que sa théorie et ses exemples ont causé, en Allemagne, la mort de l'apologue. Les poètes de l'époque classique ne voulaient plus être des imitateurs peu heureux de La Fontaine.
Jeune étudiant à Leipzig, Lessing suivait les cours de Christ 2 qui, probablement entraîné par la vogue des fabulistes, s'était occupé en érudit des fables de Phèdre. Il voulait démontrer, ni plus ni moins, (pie le recueil connu sous ce nom ne datait nullement de l'antiquité, mais qu'il était l'œuvre de