D&nzel •Guhrkuer, Lessing, F
l'épigramme 99
nité a été parcouru par l'Anthologie grecque, par Maniai et les nombreux épigranimatistes de la Renaissance. Personne ne demande l'originalité dans la petite poésie : c'est la finesse dans l'observation de la société où le poète se meut, le changement quelque petit qu'il soit dans les rapports entre lui et le public, souvent l'allusion à des contemporains, qui font ici l'originalité. Et, dans ce sens, Lessing est original, malgré les nombreux emprunts démontrés par Haug. Certes, ces épigrammes, comme œuvre littéraire, n'ont pas beaucoup de valeur. Outre qu'il est toujours pénible de parcourir un recueil où l'on ne parle que de mauvais poètes, de maris trompés, de médecins et d'avares, ces épigrammes sont quelquefois très faibles de structure. La seule excuse du recueil c'est de ne pas être trop long ; il est agréable à parcourir par moments et amène souvent le sourire sur les lèvres. D'ailleurs, Lessing lui-même n'attachait que peu d'importance à ces essais de jeunesse. Sa lettre adressée à Ramier, au moment de la seconde édition, le prouve suffisamment. Il compare ces pièces à des coquillages qu'il est forcé de ramasser au milieu de ses occupations plus graves; il sait qu'il y en a dans le nombre de médiocres, mais puisqu'il s'agit d'un livre d'épigrammes, et non de quelques-unes, elles pourront passer !.
1. Lettre du 16 décembre 1770, p. 393. — Comp. Epigrammes, I, 3 Hein Pult bewahrte sie; ich hatte sie vergessen), 143 et lit.
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Cette petite poésie a beaucoup exercé le style du jeune Lessing; c'est à cette école qu'il apprit à présenter sa critique littéraire sous une forme concise, nette et tranchante ; aussi ses premières épigrammes sont-elles intercalées dans des comptes rendus littéraires parus dans la Gazette de Yoss et d'autres recueils périodiques. Il lançait ces flèches l'une après l'autre, nourri qu'il était de nombreuses lectures dans Martial et dans les écrivains de la Renaissance. Ces derniers l'occupaient beaucoup à Wittemberg; les études sur Cardanus et sur Cochlaeus ' qui datent de ce temps en sont la preuve. Il tournait aussi ses regards vers les épigrammatistes de son pays. En publiant, avec Ramier, une nouvelle édition des épigrammes de Logau, il montra le grand intérêt qu'il portait à ce genre littéraire. Logau était presque inconnu du public allemand. Les trois mille épigrammes, ou plutôt Pensées (Sinngedichte) auxquelles Lessing ajouta un lexique qui lui assigne une place honorable parmi les germanisants du xvme siècle, ont révélé au public un poète qui fut le premier épigrammatiste de l'Allemagne.
Les Apophtegmata de Zinkgref (1026) étaient, outre les Anciens, la première source des épigrammes en Allemagne. Logau y a largement puisé; sa petite poésie est surtout morale, fidèle au caractère de l'époque où il les écrivit a. Le deuxième