Dramaturgie, trad. par Suckau, Introdudtion, p
2. Ainsi il dit, dans un article qui date de 1773 : « Dans le monde savant il faut vivre et laisser vivre. Ce qui ne nous sert pas, peut servir aux autres. Ce que nous ne jugeons pas pour important ni pour agréable, un autre le juge ainsi. Un homme qui déclare que certaines recherches sont petites et de nulle importance, accuse plus souvent la faiblesse de sa vue qu'il ne juge de la valeur des choses. Souvent il arrive même qu'un savant qui, impoliment, appelle un autre un micrologue, est lui-môme le plus grand micrologue, dans sa branche, s'entend » (Ehemalige Fenstergemâlde im Kloster Hirschau, Œuvres, XIII, 2, p. 382). — Heyne> lui envoyant son
d'un bon philologue. D'ailleurs, avant Fr.-Aug. Wolf et l'école de critique verbale fondée par G. Hermann à Leipzig, on n'en trouvait guère en Allemagne. Nous ne pourrions citer que le seul Reiske qui fût un critique de texte dans le sens qu'on y attache aujourd'hui. Heyne lui-même était vulnérable sous ce rapport. Les autres philologues 1 étaient loin d'égaler les grands érudits français du xviie siècle ou les philologues hollandais, leurs contemporains. Bentley était peu connu et sa critique exerçait peu d'influence en Allemagne. Lessing suppléait aux qualités maîtresses d'un bon philologue, au don de divination dans la reconstitution des leçons corrompues, par de vastes lectures et par une herméneutique aussi sagace qu'ingénieuse. Mais ses conjectures sont plutôt spirituelles que fondées sur les principes de la philologie.
édition dePindare, s'excuse de ses recherches minutieuses et méticuleuses (mein kritisches Muckenseigen), qui n'ont pas donné le résultat voulu. Lessing lui répond : « Vous n'auriez pas eu besoin, vis-à-vis de moi, de rapetisser et de dédaigner ainsi la peine que vous vous êtes donnée. » Ce qui ne rempêche pas, du reste, d'appeler ses propres travaux d'érudition « Kahlmseusereien » (voy. Lettre de Heyne du 9 oct. 1773 et la réponse de Lessing du 30 oct.). — Son frère se moquait de l'entreprise de Kennicott qui fit collationner tous les manuscrits de la Bible; Lessing lui répond : « Je ne dédaigne pas, comme toi, certains travaux d'érudition qui, à première vue, sont plus pénibles qu'utiles. » Lettre du 8 avril, 1773, p. 552.