‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 68 sur 162 · Voy. Dietsch, Lessing als Philologe, p · texte numérisé non relu

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4. Voy. éd. Didot, IV, De Mirabilibus Auscultationibus , p. 75.

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passages qui nous montrent comment le poète a mis à profit l'ouvrage aristotélique. C'est dans ce commentaire où il ne s'agissait que de restituer la leçon primitive et non pas de prouver par certaines leçons une théorie ou un problème artistique, que la critique verbale de Lessing se montre sous son meilleur jour. Le commentateur est toujours à la hauteur de sa tâche; il cherche d'abord remplacement des thermes décrites dans le poème, mais il n'en trouve aucune trace chez les anciens géographes. Probablement, pense-t-il, elles furent découvertes après eux; il s'adresse donc aux Byzantins et, en effet, c'est dans Procope qu'il les trouve mentionnées. Cet écrivain, en parlant des édifices que Justinien fit élever dans toutes les parties de son empire, dit aussi un mot de ces thermes que l'empereur fit embellir et rendit ainsi célèbres. L'endroit décrit par Procope est probablement celui dont le voyageur Paul Lucas (1704) dit qu'on y trouve beaucoup de belles fontaines. Il y a là cinq bains dont un paraît assez antique ; c'est un fort beau dôme soutenu par de belles colonnes de jaspe et tout en marbre, jusqu'aux fondations. C'est Eskichéhir (vieille ville), l'ancienne Dorylée en Bithynie !.

1. Godofroid do Bouillon y remporta uno grande victoire (1097); les eaux thermales do cette ville sont encore fréquentées. Voy. E. Reclus, Qéogr. unir., IX, p. r>7i'> ; I.c.ikc, Journal of a tour in Asia-Minor, p. 1*; Etamsay, The historical Qeography of AHa-Minor, p. 212, 1890. — [Remplace-

Après avoir trouvé remplacement, Lessing veut prouver que l'auteur du poème est véritablement Paul Sileutiaire. Dans cette partie de son travail1 nous voyons comment Lessing comprenait la « haute • critique, celle qui attribue ou refuse un ouvrage à un certain auteur, qui nie l'authenticité d'une œuvre attribuée aux Anciens. En principe, ditil ailleurs 2, il ne faut pas se laisser dominer par les questions du goût. Ici, il plaide pour l'auteur supposé de ce morceau peu poétique Voici ses preuves : d'abord les manuscrits attribuent le poème à Paul Silentiaire; ensuite le même poète a décrit un autre édifice, élevé par Justinien, l'église Sainte-Sophie; pourquoi ne l'aurait-il pas fait pour les bains qui étaient encore plus l'œuvre de l'empereur? Mais on

ment, les ruines et les inscriptions de Dorylée ont fait l'objet de plusieurs études dans ces dernières années. Radet et Ouvré ont visité la contrée ; le premier a publié une étude importante {Nouvelles Archives des Missions scientifiques et litt., t. VI, pp. 425-596, 1895), où il prouve que le site de Chéhir- Euïuk est l'emplacement de la Dorylée qui existait sous les successeurs d'Alexandre et à l'époque romaine. — Voy. aussi Ouvré, Un mois en Phrygie (1896), p. 35; les articles de Preger et de Xoack (Mittheilungen des k. deutschen Arch. Instituts. Athen. Abtheilung, t. XIX, pp. 301 et suiv., 1891), et le compte rendu de Kœrte sur le travail de Radet {Gœtt. Gel. Anzeigen, mai 1897).

2. Voy. Ueber die Fabeln aus den Zeitender Minnesinger, II. « Eine Décision [des Geschmacks ist kein historischer Beweis^rund. » Œuvres, XI, 2, p. 974, et Ueber den Anonymus des Xevelet, ib., p. 986.

pouvait objecter à Lessing que dans un manuscrit de la Laurentienne, le commencement du poème diffère des autres rédactions; le poète s'y adresse à Constantin Porphyrogénète. Mais Lessing prouve : 1° que ces deux vers sont interpolés, la langue et le mètre étant contraires au reste du poème '■; 2° que le ton ne convient pas à un poème adressé à un empereur; 3° qu'on peut conclure des vers 167 et suivants, où Fauteur avertit le lecteur de ne pas adorer les images, que le poème est d'un écrivain qui a vécu avant le Concile de Nicée (787), très probablement sous le règne de Justinien, lorsque le culte des images commençait à s'introduire dans l'Église. — Les arguments de Lessing ne sont pas convaincants ; il a seulement prouvé l'interpolation dans le manuscrit de Florence, où le poète s'adresse à Constantin. La critique d'aujourd'hui refuse d'attribuer le poème à Paul Silentiaire dont les épigrammes 2 ne sont pas sans valeur, tandis que cette description est dénuée de toute poésie. Cette diffé-

1. Lessing cite, il est vrai, comme première preuve, que ces deux vers ne se trouvent que dans un seul manuscrit et non pas dans les autres, et il ajoute : « Was kann nun ein einziges gegen so viele?» Mais, ailleurs, il semble s'inspirer d'un autre principe, plus conforme à la critique de nos jours, qui dit : Codices non sunt numerandi sed pondorandi. Voy. la 35° lettre archéologique: Œuvres, XIII, 2, p. 117, et Anmerkungen ûber dan Bpigramm, III; Œuvres, X, p. 17>:}.

2. Voy. surtout livre V (à partir de 217) de L'Anthologie (édi Dubner .

ronce n'a pas échappé à Lessing non plus, mais il la met sur le compte du sujet traite. Il est vrai que les savants ne connaissent pas encore l'auteur de cet étrange produit de l'époque byzantine l.

D'autres exemples de la « haute » critique de Lessing se trouvent dans ses travaux sur Sénèque et sur Phèdre. Il croit que les dix tragédies romaines connues sous le nom de Sénèque sont du philosophe, question souvent discutée et non résolue depuis 2. Il niait, comme son maître Christ, L'authenticité des fables de Phèdre, aujourd'hui mise hors de doute par la découverte du manuscrit de Pithou 3. Par contre, il attribuait à la jeunesse de Martial les épigrammes trouvées dans un manuscrit de la Bodléienne, mais que la critique de nos jours rejette 4.

Le manuscrit qui servit à Lessing à éditer le poème de Paul Silentiaire, l'a amené à une autre découverte, qu'il publia sous le titre : Vermeinte Anectlota des Antoninus 5. Bandini, bibliothécaire

1. Boissonnade, dans son édition (Poetarum graecorum sylloge, I. Anacreon, Paris, 1823), l'attribue à Paul « poeta recentior, sed non invenustus » ; Bernhardy le lui refuse {op. cit., p. 763,: Edmond Bouvy {Poètes et Mélodes, p. ICI) ne discute pas la question; le dernier historien de la littérature byzantine, Krumbacher, n'en parle pas.

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