Œuvres, XIII, 1, pp
de la Laurentienne, croyait avoir découvert dans quatre manuscrits des fragments inédits de Marc- Aurèle. Dans le second volume du catalogue de cette riche bibliothèque, il a publié le commencement de vingt-six passages qui ne se trouvaient dans aucune édition des Ta el« lauxoy. Le codex Libanii contenait également ces fragments et semblait même être la source d'où les quatre autres découlaient, puisque à lui tout seul il donne tous les passages contenus dans ceux de Florence. Lessing, avec ironie, dit qu'il veut communiquer quelquesunes des prétendues maximes inédites, pour éviter aux savants de faire des recherches en Italie. Ces fragments, à l'exception de deux qui se trouvaient déjà dans les éditons de l'empereur philosophe, n'étaient autre chose que des passages tirés de Y Histoire des Animaux d'Élien. Le contenu indiquait suffisamment que ces fragments, où les anecdotes sur les animaux abondent, n'étaient pas de Marc-Aurclo; mais Bandini, ne regardant que le titre d'un copiste ignorant et le commencement de chaque passage, fut induit en erreur. Lessing se montre, du reste, assez indulgent pour cette bévue. « Un savant, dit-il \ qui doit partager ses pensées entre des milliers de livres et de manuscrits, peut facilement oublier, à force d'érudition, ses lectures classiques. » Reiske était plus sévère pour le malheureux bibliothécaire. « Vous avez bien tancé le
benêt de Florence », écrit-il à son ami *. Celui-ci était, cette fois encore, servi par ses lectures qu'il fit dans Élien, lorsqu'en 1759 il composa ses Fables. Beaucoup de ses apologues ont leur point de départ dans une anecdote de ce tissu fantastique de mensonges et de superstition dont se compose le livre d'Élien. La donnée des Guêpes qui naissent du cadavre d'un cheval 2 se trouve justement dans un passage cité par Bandini.
Une troisième trouvaille dans le même manuscrit qui, semble-t-il, était une mine inépuisable pour Lessing, fut publiée sous le titre : Zur griechischen Anthologie 3. Nous savons que Lessing, tout en méconnaissant la valeur poétique de l'Anthologie grecque, ne cessait pas de s'en occuper; ainsi, il a pu donner l'explication ingénieuse de plusieurs épigrammes obscures *. Dans le manuscrit en question, il en a même découvert quatre dont une contient un problème mathématique. Nous trouvons dans l'Anthologie tout un livre 5 de ces problèmes pour la plupart assez faciles à résoudre; mais celui que Lessing a découvert est tellement difficile et se