‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 75 sur 162 · Selbstbetrachtungen, Œuvres, XIX, p · texte numérisé non relu

Selbstbetrachtungen, Œuvres, XIX, p

2. <« Lessing- als Philolog- ».. dans Verhandlungen der22sten Versammlung deutscher Philologcn und Schulmœnner in Meissen, 1863, pp. 18-41. Le travail de Kiister, qui porte le même titre {Jahresbericht ûberdas Gymnasium zu Attendom, 1873/1874, pp. 3-22) est moins bon que celui de Dietsch que Kùster ne semble pas avoir connu.

3. Ainsi il dit : Est-on obligé de corriger tout ce qu'on peut prouver avoir été altéré? Je me contente ici de ce dernier rôle, laissant 1»' premier à une main plus habile (Laocoon, ch. xxvn, note 5).

4. Nat. Hist.Aiw. XXXVI, 37, éd. Teubner ; Laocoon, ch. xxvi. Yov. la discussion de cette question et des deux suivantes au chapitre vin.

sanias sur la représentation de la Mort et du Sommeil qui se trouvait sur le coffre de Cypsélus ' ; le passage de Cornélius Nepos, où Lessing voulait voir la confirmation d'une fausse hypothèse, émise à propos du Gladiateur de Borghèse 2 ; celui de Pline sur Sophocle d'où il concluait, avec beaucoup de sagacité, à l'année de la représentation du Triptolème, première tragédie que le jeune poète fit représenter 3. Lessing a discuté longuement ces quatre passages ; ailleurs, il se contente de signaler la leçon vicieuse 4 et de rejeter en notes ses conjectures. Celles-ci montrent une profonde connaissance de la langue, mais cela ne suffit pas quand on veut corriger diplomatiquement le texte. La c< 'inparaison des manuscrits semblait toujours indispensable à Lessing pour la reconstitution de passages corrompus, seulement la critique verbale n'ayant pas été son occupation principale, il laissait ce soin aux érudits de profession.

Ceux-ci ont pu apprendre beaucoup de Lessing en fait d'herméneutique. Il en a donné les plus beaux exemples dans ses études sur Horace, sur Martial, et surtout dans la Dramaturgie, en discu-

1. Pausanias, liv. V, 18, 1, voy . Laocoon. ch. xi, note, et : Wie die Alten den Tod gebildet, Œuvres, XIII, 2, pp. 261 et suiv.

2. Corn. Népos, Vie de Chabrias, ch. i; voy. Laocoon, ch. xxviii : Lettres archéologiques, 13, 35-40.

3. Nat. Hist., XVIII, 65; voy. Sophocle, Œuvres, XI, 1, p. 916.

4. Une fois il ajoute : Le passage du poète est altéré ; qu'il reste altéré! {Laocoon, ch. vu, note 3).

tant la théorie aristotélique. Nous avons rappelé ces commentaires ingénieux de passages obscurs où son génie critique, qui s'alliait avec beaucoup de bon sens et fut aidé par des connaissances archéologiques très rares chez les érudits du xvme siècle, a répandu la lumière. Il dit avec raison, dans son travail sur Martial !, que l'érudition a fait tout ce qui est possible pour commenter les Anciens, mais qu'il y a encore beaucoup à faire là où le bon goût et le sentiment doivent nous aider pour les comprendre. Souvent une allusion à une œuvre d'art, à un usage ou à une ancienne coutume empêchaient les commentateurs de saisir le sens. Lessing explique très souvent l'auteur par lui-même, au lieu de chercher dans les passages parallèles des autres écrivains le sens d'une phrase. Cette méthode le fait triompher des commentateurs d'Aristoie qui, en expliquant la Poétique n'avaient pas songé à consulter les autres œuvres du philosophe, pour voir le sens exact qu'il attachait aux termes de ses définitions. C'est pourquoi il conseille aux futurs éditeurs de la Poétique de lire les ouvrages d'Aristote d'un bout à l'autre ; ils y trouveront des solutions là où ils s'y attendent le moins 2. Il leur demande également un peu de clairvoyance, d'esprit, de sagacité, et surtout de tact. Grâce à ces qualités il a pu donner aussi quelques bonnes expli-

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