Ibid., pp. 121 et suiv
d'Homère et de Virgile, du comte de Caylus f. Cet ouvrage l'empêche presque de reconnaître les grands mérites du comte qui, le premier, avant Winckelmann, avait expliqué le côté technique de l'art ancien et n'était nullement dépourvu de goût, comme on pourrait le croire d'après la diatribe de Lessing 2. Celui-ci attaque aussi Addison et surtout le Polymêtis du philologue Spence, qui poussait jusqu'à l'extrême la manie d'expliquer les auteurs par les monuments ou les médailles. « Le poète et l'artiste, dit-il 3, considérant à un même point de vue les sujets qui leur sont communs, il arrive que leurs œuvres concordent en beaucoup de points sans qu'il y ait eu entre eux la moindre imitation ou la moindre rivalité. Ces concordances peuvent donner lieu à des commentaires réciproques, mais chercher, au moyen de ces commentaires, à transformer le hasard en dessein prémédité, et surtout, à propos de chaque détail, prétendre que le poète a en vue cette statue-ci ou ce tableau-là, c'est lui rendre un service très équivoque. » C'est pourquoi il déclare l'ouvrage de Spence, qui pèche par l'excès de cette méthode, insupportable à tout lecteur de goût.
Dans la critique esthétique, Lessing est incompa-