‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 83 sur 162 · Voy. t. I. p · texte numérisé non relu

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commis des fautes d'écolier J ; malgré cela il avait l'impudence d'accuser le jeune Lessing de chantage. Le Vade mecum l'a cloué au pilori.

Les autres victimes de la critique minutieuse de Lessing sont Dusch, Lieberkiïhn et Meusel. Dusch était poète à Altona et déployait, en outre, une grande activité littéraire. Dans une de ses critiques où il jugeait les œuvres de jeunesse de Lessing, il disait que celui-ci était plutôt né pour être poète lyrique que poète dramatique. Ce jugement peu perspicace et ses répliques aux Lettres sur la littérature contemporaine lui attirèrent d'abord de la part de Lessing quelques traits acerbes à propos de sa traduction de Pope 2 ; puis un « éreintement » en règle de celle des Gèorgiques de Virgile. Déjà dans les Lettres critiques de 1 753, dont plusieurs ont servi de point de départ à des campagnes littéraires, Lessing avait écrit à son prétendu correspondant qu'il oserait plutôt écrire une seconde Enéide que de prétendre bien traduire les Gèorgiques ; mais il n'avait relevé qu'une bévue dans la traduction de Dusch 3.

1. Il avait traduit, entre autres : vertex par« Nacken » vina ligues, par« zerlass den Wein »; dum flagrantia detorquet ad oscula cenn'cem, par «den Hais den heissen Kùssen entziehen » ; prisci Catonis, par « Priscus Cato » ; Trabe Cypria, par « Balken aus Cyprien »; Nepos Atlantis, par « der Sohn des Atlantes » ; puer ex aula, par « Prinz »>; et ducentia pocula, par - Zweihundertroal des ew'gen Schlafes Bêcher », etc.

2. Literaturbriefe, 2; Œuvres, IX, p. .'!7. :<. Lettre 10; Œuvres, VIII, p. 193,

Dans les Lileraturbriefe il a repris cette traduction en s'adressani au public par le mot d'Horace : i Ecce iterum Crispinus. »Dans une lettre pleine de fines observations sur la langue de ce poème rustique, il démontre au traducteur son ignorance du latin, son manque de fidélité et ses négligences r. Plus tard, la paix se fit entre Dusch et Lessing lorsque celui-ci, attaché au théâtre de Hambourg, était tenu à ménager son ancien adversaire.

Si les traductions latines, surtout celles en vers, étaient pitoyables, les traductions grecques, à cause des difficultés que présentaient le texte, l'étaient encore davantage. Bien qu'on se servît de traductions latines, les contre-sens y fourmillaient, sans parler des vers raboteux. Tel était le cas de Lieberkuhn, traducteur de Théocrite, Bion et Moschos. Piqué par les éloges que Lessing et la critique contemporaine décernaient aux Chants d'un Grenatiirr de Gleim, Lieberkiihn, aumônier militaire, se mit à composer des Chants d'un Officier, croyant que les sentiments exprimés par un officier prussien seraient certainement supérieurs à ceux d'un simple grenadier. Mais Lessing démontra à Lieberkiihn que la différence de grade ne fait rien pour la beauté des poésies 2. L'aumônier s'en plaignait

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