Tayelmch der italienischcn Reise; Œuvres, XIX, p. G
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Klotz et ses disciples. Que de fois il jette un regard dédaigneux sur toute cette érudition d'antiquaire * ! Antiquaire, disons-nous, parce qu'on ne peut parler d'archéologues avant Winckelmann. Malgré l'érudition d'un Mont faucon, malgré les connaissances approfondies du côté technique des arts d'un Caylus, malgré la quantité énorme des reproductions des monuments antiques, aucun des savants ne s'élevait à cette hauteur de vue qui fait de l'antiquaire un archéologue dans le sens que nous attachons aujourd'hui à cette qualité 2. Antiquaire, Lessingle fut aussi. Il connaissait les sources antiques concernant l'art aussi bien, peut-être même mieux que Winckelmann ; mais ce qui lui manquait, à lui et aux érudits du xvne et du xvme siècles, c'était la vision nette du caractère propre d'une œuvre d'art; c'était cette imagination ardente et facile à enflammer qui pénètre la pierre et en fait sortir l'idée de l'artiste ; c'était cette faculté de distinguer facilement l'analogie et le rapport des choses et d'en assigner les différences, ce goût délicat et pur qui
1. « J'estime cette étude, écrit-il à Mendelssohn (5 nov. 1768), à sa juste valeur : un hochet de plus pour raccourcir le voyage de la vie » ; à Ebert (18 oct. 1768) : « Écrivez plutôt sur des pierres gravées ; vous ferez certainement peu de bien, mais aussi peu de mal » ; et à Nicolaï (2 janv. 1770) : « Dans toutes ces vétilles (les antiquités) on pense trop peu pour qu'on ne se fâche contre soi-même. »
2. Yoy. Stark, op. cit., chap. m; Rocheblave, Essai sur le Comte de Caylus, liv. III, ch. î.
dans chaque siècle et dans chaque style reste fidèle à la nature, au vrai et au beau. Lessing ne voyait pas le rapport entre la vie et les arts, comment Tune influe sur les autres, comment les institutions et les mœurs changent le caractère des œuvres d'art. Et lorsque Winckelmann, doué comme pas un seul avant lui d'une divination qui, malgré le petit nombre des chef-d'œuvres connus de son temps, a fixé les époques de Fart en Grèce, démontra les influences multiples qui les ont fait naître, il y avait peu de connaisseurs qui pussent comprendre l'importance de ce travail *. A cette clairvoyance historique se joint un autre mérite, c'est d'avoir indiqué à l'étude de l'antiquité sa vraie source, qui est la connaissance de l'art.
Si l'on jette un coup d'œil sur l'histoire de ces études, on voit encore mieux le grand mérite de Winckelmann, et combien il était difficile de donner à cette science une forme régulière et d'en composer un tout. A la Renaissance, dit Heyne, dans son mémoire sur Winckelmann 2, on coni-
1. En 1805, Gœthe croyait encore découvrir dans Quintilion et Velleius Paterculus une division de l'histoire de l'art qui est le principal mérite de Winckelmann.
2. Ce Mémoire fut couronné par la Société des Antiquaires à Cassel ; le concurrent de Heyne était Herder. Albert Duncker a découvert le manuscrit de ce dernier et l'a public en 1882. Heyne, chargé de l'édition des œuvres de Herder concernant l'antiquité, aurait-il laissé à dessein en manuscrit cm .l<i" .- Duncker le croit (voy. Denhinal. Joli, Winckel-
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mença d'abord à s'occuper de la topographie de Rome et, pendant longtemps, l'étude des inscriptions fit la seule ou du moins la principale occupation des savants. D'autres se bornèrent à la connaissance des médailles, d'autres encore ne prirent pour objets de leurs travaux que les vases et les ustensiles, ou bien les mœurs et les usages des Anciens. Souvent on se contentait d'une nomenclature latine des choses les plus communes, et lors même qu'on commença à penser aux ouvrages de l'art chez les Anciens, on ne songea pas à en former un système régulier ; on s'arrêta seulement à quelques objets particuliers. Il serait naturel de croire que les Italiens auraient été les premiers à étudier et à décrire les grandes et magnifiques œuvres qu'ils ont chez eux ; mais c'est ce qu'ils n'ont pas fait. Ils nous ont donné des descriptions aussi longues que fastidieuses de figurines et d'idoles de bronze qui n'offrent pas le moindre intérêt. L'érudition ne leur manquait pas, mais le goût faisait défaut.
Les savants auteurs des énormes Thesauri connaissaient aussi l'histoire ancienne, particulièrement celle de Rome et de la Grèce. Eux aussi, ils étaient familiers avec les usages et les mœurs des
matins. Eine ungekrœnte Preisschrift Joh. G. Herder's aus dem Jahre 1778. Introduction, p. 33). Haym (Herder, II, 74) ne croit pas à une omission voulue. — Voy. Œuvres de Herder, éd. Suphan, t. VIII, p. 437.
Anciens ; la mythologie n'avait pas de secret pour eux ; mais ils s'occupaient toujours des médailles et des inscriptions. Tout ce que les écrivains grecs et romains avaient dit sur Fart fut dûment enregistré et classé; mais ces érudits avaient peu de connaissance en fait de peinture, de sculpture et d'architecture, et la pratique de l'art leur était inconnue. Les vues d'ensemble manquaient. Le vaste travail de Montfaucon n'avait pas de base solide. Éloigné des trésors de l'antiquité, dit Winckelmann dans la préface de son Histoire de l'Art, il avait composé son ouvrage avec des réminiscences ; obligé de voir par les yeux d'autrui, il n'a pu juger que d'après des gravures et des dessins, ce qui lui a fait commettre de grandes méprises. Son énorme recueil n'est qu'une espèce d'appendice à l'histoire ancienne *.
Le premier qui aborda les antiquités en connaisseur et qui s'attacha surtout à la technique des arts, fut Caylus. Ses mérites, comme précurseur de Winckelmann, ont été exposés dernièrement d'une manière irréfutable 2 ; mais quoiqu'il embrassât tout le domaine de l'art de l'Orient et de l'Occident, il borna son étude aux échantillons inférieurs