Voy. Rocheblave, op. cit., p
2. Dans la thèse de M. Rocheblave ; le savant auteur a seulement quelque peu exagéré les mérites de Caylus en faisant de lui non un digne précurseur, mais presque l'égal de Winckelmann.
l'art et l'archéologie 155
de l'art ; or, en art il n'y a que le supérieur qui compte, comme dit son biographe *.
On avait donc, d'une part, une érudition mal ordonnée, indigeste, qui, comme le dit Winckelmann, ressemblait aux fleuves qui s'enflent quand on n'a pas besoin de leurs eaux et qui restent à sec quand elles seraient très nécessaires ; et, d'autre part, des reproductions peu fidèles qui subissaient le sort des légendes variant de bouche en bouche. A l'aide de ces matériaux il fallait fonder la science archéologique.
Le premier qui ait introduit cette étude dans les Universités allemandes et qui lui ait donné une place à côté des explications d'auteurs anciens, a été Christ 2. Comme Caylus, il maniait le burin et s'efforçait de connaître les procédés techniques des Anciens. \Yinckelmann, dit Goethe, aurait pu profiter beaucoup de son cours, mais il ne l'a pas suivi. Lessing était son auditeur assidu; l'influence du maître sur l'élève se manifesta à plusieurs reprises; mais, jusqu'à l'apparition du Laocoon, Lessing s'abstint de ces études. Il ne les a certes pas négligées ; il prit note de tout ce qui paraissait dans ce domaine et il en fit usage dans sa lutte contre Klotz. Christ n'eut pas de successeur immédiat; pourtant le goût pour les antiquités se répandait de plus en plus. Sous l'influence des œuvres de