Laocoon, cliap. xvi
l'art et l'archéologie 107
appelle l'ABC de l'artiste •; c'est un principe qui, malgré sa rigueur, ne souffre pas de contradictions. Qu'il y ait maintenant quelques descriptions d'objets inanimés dans Homère; que les artistes n'observent pas toujours cette conclusion logique, cela ne diminue en rien l'importance de la découverte, qui n'a exercé une si grande influence sur les esprits qu'à cause de sa simplicité et de sa vérité. On voit ici en même temps comment Lessing développe diversement les idées d'Aristote dans la Dramaturgie et dans le Laocoon. Dans la première, Lessing n'avait qu'à suivre le maître pas à pas, à l'expliquer au moyen d'exemples tirés de la littérature contemporaine. Mais pour les questions d'art, Aristote n'est pas si explicite. Au commencement de sa Poétique il établit la différence des arts d'après les moyens, les objets et la manière de l'imitation. Cette division, de même que les études des philosophes qui se sont occupés du problème avant lui 2, suffisent à Lessing pour en tirer des conséquences qu'il trouve réalisées dans les grands poètes de l'antiquité. Les aurait-il trouvées appliquées aussi dans l'art antique? C'est ce que le Laocoon ne dit pas. A la fin de son ouvrage il avoue que raisonner à perte de vue sur l'art d'après les idées communes ne peut conduire qu'à