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Wolfenbûttcl. Il expira le 15 février 1781, à l'âge de cinquante-deux ans.
Le duc de Brunswick fit les frais de ses funérailles; aucun monument ne décora sa tombe. Mais la plupart des troupes de théâtre de l'Allemagne, sentant la perte qu*elles venaient de faire, honorèrent sa mémoire par des solennités funèbres.
Aujourd'hui, Lessing est un des écrivains dont l'Allemagne se montre le plus ftère, et avec raison : car il n'en est pas qui ait plus contribué à l'affiranchissement de la pensée moderne ; et la liberté absolue de la critique est un des titres de gloire les plus incontestables de la nation germanique. Aussi, depuis quelques années, les travaux s'accumulent-ils sur Lessing ; il est étudié sous toutes ses faces, et presque toujoui^s avec enthousiasme. On s'étonne de tout ce qu'il y avait en lui ; on y voit même peut-être plus qu'il n'y avait (1), mais certainement son esprit renfermait plus de connaissances et plus d'idées qu'il n'a eu le temps d'en développer, et plus qu'il n'est nécessaire pour illustrer plusieurs hommes.
La piété nationale, un peu tardive, semble vouloir réparer le temps perdu. Un comité s'est formé pour ériger à Berlin un monument à la mémoire de Lessing (2). Parmi les plus chaleureux souscripteurs, il faut compter l'association israélite universelle, qui
(i) Stahr, t.U, p. 3i0.
(2j Le gouvernement de Saxe s'apprête aussi à lui élever une statue à Camenz.
paie un juste tribut de reconnaissance à Tau teur de Nathan le Sage (1). Les bénédictions d'un peuple dispersé par toute l'Europe, et relevé par Lessing d'un injuste mépris, telle est l'image sur laquelle nous aimons à clore le récit d'une vie remplie par tant de combats.
(1) L. du 16 mars 1862.
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