‹ Lessing et le goût français en Allemagne (volume 2)Chapitre 16 sur 33 · A. XCV · texte numérisé non relu

A. XCV

On y aperçoit un double dessein : il s'agit de renverser et d'édifier, b'obsfacle à détruire est la prédilection des Allemands pour le théâtre français : ce sera la tâche de la critique négative; aux opinions accréditées, il en faut substituer d'autres ; ce sera l'effort de la critique dogmatique. •

Dans la première partie, pour ne pas être obligé ' de tout discuter à la fois, nous examinerons en premier heu quelle guerre il fait aux théories françaises, et en second lieu comment il se comporte à l'égard de chacun de nos poètes dramatiques.

C'est notre tragédie classique qui subit tout l'effort de la polémique de Lessing. Après tant de discussions sur cette espèce de drame, il y a peut-être encore quelque intérêt à chercher par où les principes en furent entamés par le premier adversaire sérieux qu'elle rencontra. Lessing a-t-il réellement pénétré au cœur du sujet? A-t-il mis à nu les véritables défauts des théories françaises ? Et d'après quelles règles les condamne-t-il ?

Lessiug est un disciple d'Arislote, nous l'avons déjà montré dans la première partie. Mais nulle part, il ne professe un aussi grand respect pour l'autorité du philosophe de Stagyre, que dans la Drama- . turgie.

i( Je tiens, dit-il, sa Poétique pour un ouvrage aussi in- » faillible que les Eléments d'Eiiclide. Ses principes sont » aussi vrais et aussi certains : il laut avouer seulement

fi qu'ils ne sont pas aussi clairs, et par conséquent qu'ils sont

» plus exposés à la chicane. Particulièrement pour la tragé-

» die^ je uie flatte de démontrer péremptoirement qu'elle ne

; » peut s'écarter d'un seul pas de la ligne que lui a tracée

-x> Aristote^ sans s'éloigner d^autantde la perfection (1). d

Voilà une professiou de foi bien absolue. Mais, sans contester présentement sur rinfaillibilitè d'Aristote, nos poètes classiques ne reconnaissent-ils pas le môme maître? N'invoquent-ils pas sans cesse les principes de la Poétique ? — Sans doute , mais Lessing leur prouvera qu'ils ne les entendent pas. Ce sera donc entre eux et lui une question de commentaire. Et comme chez nous le plus illustre commentateur d'Ârislote en ces matières est aussi le créateur de la tragédie française^ c'est surtout Corneille que Lessing prend à partie dans ses discussions ex^étiques, pensant qu'après lui, le reste ne vaut guère l'honneur d'être combattu.

Cependant, il oublie parfois Aristote, quand il y trouve son avantage du moment ; mais ce n'est pas pour longtemps. Par exemple, le premier principe de tout théâtre classique est la distinction des divers genres de poésie. Arislote la marque avec précision, nos tragiques l'observent scrupuleusement ; Lessing a consacré quelques-uns de ses plus importants travaux à des délimitations de genre ; et son génie propre est celui de la définition. Mais qu'importe ? Si un critique français, d'Aubignac, blâme Euripide d'avoir fait un ouvrage qui n'est ni drame, ni récit, Lessing s'écrie :

(i) Dramat.y fin.

a Et que veut-on dire enfin avec ces mots de confusion des d genres? Que dans les livres didactiques on les sépare aussi » exactement qu'on pourra; mais quand un homme de génie^ » pour des vues plus élevées^ en combine plusieurs dans un » seul et même ouvrage^ qu'on oublie le livre didactique^ et » qu'on cherche seulement si l'auteur a su atteindre ce but » plus élevé (1). »,

Règle excellente ; mais pourquoi faut-il qu'elle ne serve, à l'égard des Français, qu'à les condamner, et jamais à les absoudre ? C'est qu'il y a deux justices, selon la nation à laquelle appartiennent les accusés.

De toutes les règles qu'on peut dire propres à la tragédie française, la plus fameuse est celle qui mit tant à la gène nos plus grands tragiques, la règle des trois unités. Un éminent critique a résumé l'histoire de cette règle si controversée (2). Aristote, on le sait, n'en avait imposé formellement que la première partie, qui pouvait, à la rigueur, se passer de l'autorité du philosophe : car personne n'a jamais contesté la nécessité de l'unité d'action.

Sur le second point, savoir en combien de temps doit se passer l'action représentée sur la scène, Aristote se contente d'indiquer un usage, sans en faire une règle : « La tragédie, dit-ilç s'efforce le plus pos- Dsible de se renfermer dans une révolution du isoleil, »ou du moins de dépasser peu ces limites (3). » On a discuté, auxvu* siècle, avec une étonnante subtilité sur le texte d' Aristote, et sur l'extension qu'il con-

(1) A. XLvm.

(2) E. Egger, Comment, sur la PoéL (TArist, p. 422.

(3) Poét, c. V, trad. E. Egger.

i^ient d'altribiier à la liberté qu'il accorde. Le grand Corneille se donne des peines incroyables pour prouver que cette prétendue règle ne doit pas être enten due au sens le plus étroit; mais il maintient larè^le, non pas comme fondée sur Fautorité d'Aristote; «mais, dit-il, ce qui doit la faire accepter, c'est la » raison nalurell^qui lui sert d'appui (1). » La règle était depuis longtemps passée dans la pratique de la tragédie, lorsque Corneille la défendait à la fin de sa carrière.

Quant à la loi de l'unité de lieu, qui complétait cette rigide théorie, personne ne prétendait qu'elle se trouvât dans Aristote, qui aussi n'y a point songé. Corneille pensait qu'elle ne s'était établie « qu'en conséquence de l'unité de jour. » Et pourlui, il trouvait si difficile, dans la plupart des sujets qui sont propres à la tragédie, d'observer avec quelque vraisemblance ces deux règles, «qu'il fallait, disait-il, de » nécessité trouver quelque élargissement pour le lieu Dcomiiuî pour le temps. » Néanmoins Boileau, qui n'avait pas rexpérieiice des difficultés du poëme tragique, énonçait du (on le plus absolu la règle des trois unités :

Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompU Tienne jusqu'à la fin le Ihéàlre rempli.

Celait un joug que les poètes seuls supportaient, mais que tout le monde leur imposait. En vain, dans le siècle suivant, Voltaire réclama-l-il timidement

(^) m® Disc, sur les trois unités. Cf. Disc, de M. D. Nisard en rép. au dise, de M. Ponsard, Moniteur , 5 déc. 1856.

— Wi -

contre la rigueur du précepte ; en vain Marmontel se montra-l-ii assez coulant sur l'unité de temps, et presque indifférent à l'égard de l'unité de lieu (1) ; la triple loi était entrée dans les croyances poétiques ; elle avait pour elle une autorité supérieure à celle de tous les législateurs, l'autorité de la coutume (2). Elle semblait l'essence même de la tragédie. Les poètes ne s'y accommodaient le plus souvent que par des artifices ingénieux, mais elle obtenait toujours les apparences du respect.

Une pareille règle offrait une prise facile à la critique de Lessing ; il pouvait rassembler contre elle l'autorité d'Aristote, les exemples des anciens, et toute la vigueur Je son argumenlion. Cependant il n'en fait rien. Ce qu'on attendrait de lui est presque toujours ce qu'il ne fait pas. Ses coups n'en sont I que plus dangereux. Il ne parle pas d'Aristote, et encore moins de la raison naturelle, et si les exemples des anciens sont allégués, c'est dans un sens imprévu. Il pouvait citer plus d'une tragédie grecque où la mesure de temps indiquée par Aristote n'est

(1) Poétique française, ch. XU. , /

(2) S*il faut en croire d'Olivet, Chapelain aurait été le révéla- | ^ - ^•* *' teur officiel de cette espèce, de dogme poétique : « Au sortir d'une '

» conférence sur les pièces de théâtre, il montra en présence

» du Cardinal de Richelieu, qu'on devait indispensablemisnt

» observer les trois fameuses unités de temps, de lieu et d'ac-

» tion. Rien ne surprit tant que cette doctrine, elle n'était pas

» seulement nouvelle pour le Cardinal, elle Tétait pour tous les ,- j ..:

» poète» qu'il avait à ses gages. 11 donna dès lors une pleine au-

» torité sur eux à M. Chapelain. » (Hist. de VAcad. f, EL de Cha-

pelairu)

pas gardée ; il ^trouvait au moins un exemple frappant de changement de lieu dans les Euménides d'Eschyle. Mais il admet, ce qui pouvait être mis eu question, que les anciens ont observé les règles de temps et de lieu ; seulement il en apporte une raison tout historique, et par conséquent hors d'usage pour les modernes, je veux dire le lien qui rattachait le cœur à toute Taction.

« Comme l'action tragique devait avoir pour témoin une p foule de peuple^ et que cette foule demeurait toujours la JD même; qu'elle ne pouvait ni s'éloigner de ses demeures, D ni prolonger son séjour hors de chez elle^ plus qu'on ne JD fait en général par simple curiosité; les auteurs ne pou- » vaient guère faire autre chose que limiter le lieu à une JD seule et même place indiquée^ et la durée à un seul et » même jour (1). jd

C*est là une remarque savante et ingénieuse, mais qui ne résout pas la question. Car s'il est vrai que nos auteurs ne peuvent alléguer les nécessités inhérentes k la présence du chœur, il ne s'ensuit pas qu*ils ne puissent invoquer d'autres arguments plus graves en matière d'art que les circonstances extérieures, ceux qu'on tire de la raison naturelle. Ce sont en effet ceux qu'avait fait valoir Corneille. Lessing, qui le serre de si près, aurait dû faire celte remarque. On se demande ce qu'il eût répondu au raisonnement suivant :

L'unité d'action est reconnue par vous, ainsi que par nous, pour une loi en quelque sorte organique delà tragédie. Or, qu'est-ce qu'une action une, sinon

(i) Droma*., A. XLVl.

une série de passions et d'actes partis d'une seule cause, et aboutissant à un même événement? Pour intéresser, les passions ne doivent pas souffrir d'interruption, ni être séparées des actes qu'elles motivent : tout donc se précipite sans relâche vers la conclusion, et l'action totale de la pièce se renferme nécessairement dans un très-court espace de temps. Je vous abandonne la puérile question de savoir si c'est en vingt-quatre heures ou en trente, dans un jour naturel ou dans un jour de convention. Raillez-vous, si c'est votre plaisir, de la candeur du vieux Corneille et des chicanes de ses censeurs, mais reconnaissez du moins que la meilleure action est celle dont la durée se rapproche le plus de celle de la représentation. Et de là je conclus directement à l'unité de lieu : car pour que l'action soit pressée et continue, il faut que les personnages n'aient pas besoin de se déplacer, ou fort peu (1).

A ce résumé des arguments dont on appuie les unités de temps et de lieu, nous ne prétendons pas

(i) «Faut-il y penser longuement pour reconnaître qu*il s'agit là^ » non de gênes arbitraires imposées aux poètes par le caprice d'un » philosophe^ mais d'un degré de plus de ressemblance entre l'art y » et la nature des choses^ et que le drame le plus conforme à cette . » raison dont parle Corneille^ c'est-à-dire le plus semblable à la » vie^ est celui qui^ par des moyens naturels^ amène dans le même » lieu^ au même moment^ par une catastrophe certaine^ des per- » sonnages qui se poursuivent^ qui ne peuvent plus s'éviter^ et T» qui se précipitent vers un dénouement où chacun reçoit comme » dans la vie^ le prix de qu'il a fait? C'est là ce que le profond et 1» simple génie des anciens avait essayé de transporter de la réalité TU dans le drame^ et c'est là ce que Corneille et Racine ont imité )) des anciens en le perfectionnant, p (D. Nisard^ Disc. cité).

qu'on ne puisse non repondre ; mais encore fallait-il on tenir coniple, ou pour les approuver, ou pour les rejeter. Lessing n'en a rien fait, et pourtant il 1^ Imuvait développés par Corneille et par Yoltaite, qu'il atta<inait. H y a plus : au fond, il trouvait de grands avantages dans la pratique de ces règles, mais chez les poètes grecs seulement.

a L*unilé «l'action, dit-il, était la première loi dramatique » des anciens; l'unité de temps et Tunité de lieu n'étaient, j) pour ainsi dire, que des corollaires de celle-là; et ils ne les » auraient guère observés plus strictement que ne l'aurait » exigé ra))plication de cette première loi, sans le lien qui » rattachait le chœur à tonte Tactiou... Ils se soumettaient » donc à cette limitation bona fide; mais avec une souplesse » et une intelligence telles, que sept fois snr neuf, ils y ga- » gnaient beaucoup plus qu'ils n*y perdaient. Car dams cette p contrainte, ils trouvaient un motif pour simplifier telle- » ment Taction, pour en écarter avec tant de soin le superflu, que, réduite à ses éléments essentiels, elle n'était plus qu'un » idéal de cette action, lequel ne pouvait prendre corps sous » une forme plus heureuse, que celle qui dépendait le moins » des circonstances de temps et de lieux. »

Le |)liis déterminé partisan des unités ne pouvait défendre la règle d'une manière plus philosophique et plus persuasive. Qu'importe que ce soit uniquement à l'honneur des Grecs? Nos grands tragiques ont essayé de fonder le théâtre français sur les mêmes principes. Ils n'ont pas égalé les modèles antiques, je le veux hien; mais ils les ont suivis, et si ce n'est de très-près, au moins personne n'en a4-il approché davantage. Action simplifiée, réduite à ses éléments essentiels, idéal d'action^ affranchi le plus possible des circonstances de temps et de lieux; voilà ce que

Lessing admire avec raison chez Sophocle, et ce qu'il ne saurait approuver dans Polyeucte et dans j4lhalie.

Il prétend que« les Français ne Irouvaienl aucun goût à la véritable unité 'd'action. » Sur quoi ce reproche est-il fondé ? Ailleurs, il déclare fade la simplicité de leur action. On peut rencontrer, il est vrai, chez tel de nos poètes classiques, des intrigues surchargées ou doubles; mais les auteurs eux-mêmes ont toujours considéré cette duplicité d'action comme un défaut, et non comme un mérite. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les examens si sévères que Corneille fait de ses propres tragédies. Je ne parle pas des Commentaires trop peu bienveillants qu'y ajoute Voltaire.

Lessing croit que si les Français ont peu de goût pour l'unité d'action, c'est qu'ils avaient été gâtés par les intrigues barbares des pièces espagnoles, avant de connaître la simplicité grecque. En admettant que ce reproche tombe sur Corneille, qui pourtant simplifie si heureusement les sujets qu'il emprunte au théâtre espagnol, pourquoi ne pas rendre justice à Racine, qui a connu la simplicité grecque et s'en est rapproché autant qu'il a cru le pouvoir?

Les Français, dit encore Lessing, sacrifient l'unité d'action aux unités de temps et de lieu, et cherchent à tromper le spectateur sur le temps et sur le lieu de leur action, en substituant une journée arbitraire ' ^ et un lieu indéterminé au jour naturel et à un endroit précis.

Sur le premier point, on peut le mettre au défi de

citer une pièce de nos poètes classiques où l'unité d'action soit faussée dans 1* intérêt des deux autres. C'est inventer des torts à son adversaire.

Sur le second point, Corneille lui répond pertinemment, et en homme qui sait mieux que personne ce qu'il y a d'essentiel et ce qu'il y a d'accessoire dans la pratique du théâtre. Il voudrait, en effet, lorsque le sujet ne se prête pas à une délimitation exacte des temps et des lieux» qu'on évitât de faire sentir ce petit défaut, en tenant ces circonstances dans une certaine indétermination qui aiderait à tromper l'auditeur. Mais il justifie cette petite tromperie par une raison excellente :

a L'auditeur, dit-il^ ne s'en apercevrait pas^ à moins d'une » réflexion malicieuse et critique, dont il y en a peu qui » soient capables , la plupart s'attachant avec chaleur à » l'action qu'ils voient représenter. Le plaisir qu'ils prennent » est cause qu'ils n'en veulent pas chercher le peu de jus- » tesse pour s'en dégoûter; et ils ne le reconnaissent que par » force, quand il est trop visible (1). »

Est-ce là le langage d'un critique abstrait, qui subordonne l'action aux circonstances de temps et de lieux? J'y crois voir, au contraire, celui d'un poète qui sait par expérience que l'action est tout, et que le spectateur ne demande qu'à être trompé, pourvu qu'on l'intéresse. Le théâtre peut-il se soutenir sans une foule de conventions tacites? N'est- il pas, dans son essence même, une convention? De quel droit donc reprocher au poëte quelques petites libertés

(1) 3* Disc, sur les trois unités.

qu'il se donne par néeessité^ et que le spectateur n'aperçoit pas ?

C'est ici que Lessing attend les apologistes du théâtre français.

et Personne^ dit-il^ ne reprocherait aux Français ces liber- 9 tés qu'ils prennent^ s^ils ne les refusaient aux autres. Ils » posent des règles et ils sont obligés de les esquiver : ils » n'en condamnent |)as moins les étrangers au nom de ees » mêmes règles, surtout quand il s^agit des ouvrages drama- D tiques des Anglais. Quel bruit ne font-ils pas alors avec la » régularité dont ils ont su si bien alléger le poids pour eux- » mêmes ? »

Voilà une accusation habilement conduite ; mais les procédés de nos auteurs ne sont pas aussi artificieux que l'imagination de Lessing se les représente. Les Corneille et les Voltaire reconnaissent en théorie la loi des unités, et en pratique s'efforcent de l'adoucir pour pouvoir l'observer : est-ce de la duplicité ? Ils étendent un peu pour eux-mêmes l'espace de la scène ou la durée du jour, et ils condamnent chez les Anglais des actions qui renferment plusieurs années, ou qui changent en un moment de pays et de continent : est-ce avoir deux règles, l'une pour soi, l'autre pour les étrangers? Que Lessing combatte les doctrines du théâtre français en ellesmêmes, mais qu'il ne s'en prenne pas à la bonne foi et à la logique de nos auteurs, ou qu'il choisisse mieux ses exemples.

La critique passionnée de Lessing s'est exercée

encore sur d'autres règles de notre tragédie, comine celle de la liaison des scènes (1). Mais c'est assez , d*un exemple. D'ailleurs il fait bon marché de la I régularité en comparaison de l'intérêt dramatique, el nous sommes de son avis. Mais il refuse en général à la tragédie française le mérite de l'intérêt. Le jugement nous parait dur. Voyons du moins par quelles raisons il soutient qu'elle en doit manquer. Ici le commentateur d'Aristote prend décidément le pas sur rtiomme de goût, et l'exégèse sur la critique.

Quels sonly suivant Aristote, les ressorts de la tragédie? Premier point sur lequel Lessing trouve les Français dans l'erreur, parce qu'ils répondent : «La terreur et la pilié. x>

Secondement, quelle est la déBnition de ces deui passions relativement à la tragédie?

Troisièmement, la tragédie peut-elle se conlenter d'un de ces deux ressorts en se passant de l'autre?

Quatrièuienient , est-il permis d'introduire de nouveaux ressorts ?

Autant de points sur lesquels Lessing se met en opposition formelle avec Corneille et la plupart des poètes et des critiques français. Toute son argumentation repose sur l'intelligence des textes d'Aristote. 11 Faut donc descendre avec lui dans les difficultés d'interprétation auxquelles la Poétique donne lieu.

« La tragédie, dit Aristote(2), est rimitation de quelque

Page 1