‹ Lessing et le gout français en AllemagneChapitre 13 sur 32 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

La Dramaturgie de Hambourg est le principal monument de critique dramatique laissé par

sing; mais c'est un monument tardif : ses opinions éiaient farmées et son œuvre commencée longtemps avant qu'il eût l'occasion de se résumer dans cette collection d'articles. Nous y joindrons donc d'autres documents de différentes dates^ dispersés dans l'ensemble de ses œuvres.

Pour le fond, ses sentiments n'ont guère varié ; ses antipathies sadement se srat exaspérées par l'efiet de la lutte. Mais dans le délail des nombreuses questions que soulève la critique dramatique, il n'est pas toujours d'accord a?ec lui-même. Dans la seule Dramaturgie, écrite en l'espace d'une année, il lui . arrive de se contredire, quelquefois d'une page à TaMe.

On en peut donner deux misons. D'abord, il| n'a

pas de système : il expose ses idées au jour le jour, à propos de telle ou telle pièce représentée sur le théâtre de HavdNnirg, et le plus sonient en oédant i Tattrait des digressions. La forme qu'il a donnée à ce recueil lui a plu comme la plus commode pour parler de lout à propos de tout. De là, des questions posées incidemment, résolues sous uu point de vue très-particulier, et dont la solution provisoire n'engage pas Tauteur pour la suite. Il se propose bien plus d'indiquer les difficultés, d*exciter ses compatriotes à réfléchir sur Tessence du poème dramatique, que de dissiper tous les nuages qui se présentent à sou esprit, et qu'il ne lui dépiait même pas d'épaissir un peu. Ces articles sont, dit-il, des /êrments de recherches (1).

La seconde raison (le ses varialiiMis est qu'il opère souvent en tacticien, plus ardent à détruire un en^nemi qu'à mettre le bon droit de son côté. Tous ks moyeM liû sont bons* pourvu qu'il triomphe, ne fûl-ce qu'un moment. Il réprouve chez ses adversaires ce qu'il autorise cb^z ses amis.

Entre ces disparates de ses théories, et dans eetie absence complète de plan, où Lessing se trouve si à Taise, il e^t quelquefois difâciie de saisir sa pensée véritable ; il est phis difficile encore de mettre de Tordre dans l'examen de ses idées. Nous essaierons pourtant d'éUblir wofi division dans ce siq^l, où tout •t mêle.

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