A. XXX
«ims. Et .0ii ta4-il les chereber? Dans un mivrage
renié par son auteur : dans les Bijoux indiscrets. Il est possible que ce soient là les opinions de Diderot sur notre théMre classique, mais quelle yateur faufil attribuer à des censures présentées dans un cadre imaginaire^ où tous les noms sont jbntastiqueSy et où les jugements par leur généralité même échippent à la discussion ? Lessing pourtant y souscrit aveuglément, sans distinction d'auteurs ni d'ouvrages. Aussi ne le sui\rons-nous pas dans ce genre de polémique, où d'ailleurs ce n'est pas à lui que nous aurions à répondre^ mais k Diderot^ qu'il n a fait que tMUh crire.
Il vaut mieux nous arrêter aux deux seules tragédies de Corneille dont il ait critiqué le dessein avec
quelque détail, quoiqu'il ne sufûseguère, pour juger un po6te aussi fécond et aussi variée de prendre deux de ses pièces, en laissant tout le reste de côté* Encore de ces deux tragédies, Tune, son chef-d'œuvre, n'est-eile touchée qu'incidemment; l'autre, ouvrage de second ordre, est donnée comnae la vraie mesure du génie de son auteur*
Polyeucte, on s'en souvient, avait eu le malheur d'être joué en Allemagne avec les arrangements et invetuious muveUeê du poète Ck>rmarten. Mais une tvaduction de ta dame Link , écrite pour le répertoire de la Neuber, permit au public allemand de prendre une idée plus juste de l'ouvrage de Cor» oaille. Polyeucte suscita des imitations. De ce genre ^tait la tragédie du jeune de Cronegk, Olinte et Sophroniêj qui fut représentée sur le théâtre de
Hambourg. Celle-ci fouroii à Lessing une occasion de se inrononcer sur les tragédies chiétienoes.
• A son avis, le défaut capital de ce genre de sujets, est rintroduciioa du merveilleux dans le monde moral. Le théâtre supporte le surnaturel dans Tordre physique, mais non dans le développement des caractères et des sentiments... Les moti& de chaque résolution, des a moindres changements dans les » pensées et dans les opinions, doivent être exactesment calculés à la mesure des caractères une fois » admis. » Les coups de la grâce détruisent toute cette économie, et par conséquent sont contraires à la bonne entente du poème dramatique (1).
Cette observation ne manque pas de fondement. Le théâtre doit être, en effet, l'école du monde nacrai, et plus le spectateur reconnaît la nature, plus il se sent ému et satisfait. 11 ne faut donc pas sans raison et sans mesure faire intertenir le Gid dans les senliments humains. Mais s'il existe ungcnrc desujets oii rinterveution divine soit attendue et presque nécessaire, comment y pourrait--eile violer la règle de la vraisemblance ? Or, telle est l'essence des sujets chrétiens ; Lessing l'avoue lui-4nème, puisqu'il leur reproche, comme un vice qui leur est inhèmit, remploi du merveilleux. Ce qui est nécessaire ne peut être blâmable, et ce qu'on prévoit ne peut choquer.
La distinction que le critique établit entre le merveilleux de Tordre physique et celui de l'ordre moral| est plus spécieuse que solide à Tégard de la tragédie;