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de l'originalité alleiuaDde : c'était cette prédilection pour la Uliérature frsoçaise, qui régnait encore dans le» hautes classes de la société. Le héros même de rAllemagne dédaignait de parler et de savoir la langue de la nalioa dont il faisait la glpire. Ami passionné des lettres, il ne les cnitivait qu'en français, * persuadé que les grâces ne pouvaient devenir alleniand6B..Ce mépris pour le génie national, cet engouement pour une Kttérature étrangère étaient-ils justifiés par Timpuissance de Tun, par la perfection de Fautre ? C'est ce que tout bon Allemand devait nier.
Dans cette même année 1748, marquée par la paix d'Aix-la-Chapelle et Tapparition du poème du Jfimîe, un pauvre étudiant saxon de t9 ans disait brusquement adieu à l'université de Wittenberg et à la vie universitaire, pour se transporter à fierhu, et commencer la vie ipilitante au oeotre do mouvement nouveau de l'Allemagne. Le jeune Lessing aurait eu peine, sans doule^ à formuler alors ses desseins, littéraires, et à traoer d'avanee son plan de vie. L'ordre et l'unité de conseil ne sont pas d'ailleurs le» traits caractéristiques de cette grande et originale camète. IMft déjà, dans la variété de ses études, et dans les précoces essais de son adolescence, on pouvait entrevoir ce qu'il entrepreudrait un jour, à savoir la critique de la plupart des opinions régnantes, afin d'affranchir son pays du joug des jugements étrangers et de ramener le génie gprmaDiqu^ à sa véritable voie.
Lessing a porté la prodigieuse activité de son es-
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prit hardi et pénétrant dans trois donmtnes principaux : dans la théologie, dans 1 archéologia et la philologie, eaÛB d^ns la ppésie et la critique drama* tique. De ces trois Lessing (car ce qu'il a fait dans chacun de ces domaines suffirait à rilluslration d'un nom), nous nous attacherons 4^ préC6rence au drar maturge. Lui-même a toujours préféré ses travaux pour le théâtre à tous les autres ; et peut-être, sans la rigueur des circonstances, se fùt41 voué exclusif cernent aux progrès de la scène. C'était là qu'il croyait pouvoir rendre les plus grands services à son pays et porter les coups les plus décisifs au goût français. Aussi est-ce là que nous ie suivrons avec le plus d'intérêt.
Toutefois, comme ses œuvres du gmre dramatiqiie ne sauraient être appréciées équitablement hors des circonstances où elles sont nées, qu'il a fait la guerre à Tesprit français sur d'autres terrains ausiî et qu'enfin cette carrière si diverse offine cependant une unité de sentiment qui éclaire tout, nous n'avons pas craint de nous étendre sur la vie de Lessing et sur Tensemble de ses travaux. Ce sera la première partie de notre étude, où l'on verra naître ses différentes oeuvres à leur place, danaleur progrès et dans leur entrecroisement.
Dans la seconde partie, nous discuterons les idées et les ouvrages dont nous aurons exposé la suite dana la première, mais en nous bornant cette foia aux travaux qui se rapportent au théâtre.