A. XXV
et décourager le mi poète de tra^îiler pour le ihé&tre.
Auiri n'est oe pu ainii que Teotend Lesdng. Le
médiocrr reste médiocre à ses yeux; mais il faut que le théâtre de iiambourg se soutienne. Le dramaturge s'attache où il peut Cette préftrence n'est donc pas justifiée par le goût du critique, mais seulement par les néeeMtés de Tentrepriae' à laquelle il se tronfe attaché.
Au reste les tragédies de mérite subalterne ont souvent pour elles la singularité de rintrigue, Texagération des caractères, la violence du langage, grandes séductions pour des esprits inexpérimentés. C'est ponr eeux-tà que Voltaire disait qu'il imparte plus de frapper fort que de frapper juste.
Entre les œuvres dont nous parlons, le Comte iEuex^ de Thomas Corneille, était estimé en Allemagne Tun des meilleurs ouvrages de la scène fran* çaise. Cette pièce ne manque certainement ni d'intérêt ni de beautés de détail ; mais presque fout y est si faux, si mal motivé, si vague, si déclamatoirei qu*un homme de goût ne saurait s'expliquer qu*on la préfère aux chefs-d'œuvre du grand Corneille et de Racine.
Aussi Lessing ne la loue-t-il guère en elle-même (4 ). Il la défend contre certaines critiques de Voltaire, mais c'est surtout pour se donner le plaisir de reprendre Voïtaîre, quand ce grand esprit s'égare sur quelques points d'histoire, ou sur quelques théories
(1) A. XXU.-m; UV-LXIX.
hifltoTÎqiies, Au rate, il est prêt à sovMriie à iom
les jugements du coramentaleur sur l'ouvrage eu lui-même; et pour le prouver, il transcrit de longues citations de sa critique, dmt la dureté ne lui laisse rien à désirer.
Le Comte à'Es»ex tient une grande place dans les articles de lajDmmolt<rgfte.Malheureusemeuf,snivant le procédé ordinaire de Lessiug, Tintérèt principal se trouve dans les digressions* Nous chenôlions lea idées dominantes, et elles nous glissent, pour ainsi dire, entre les mains. Chemin disant, nous passons à c6té des plus piquantes diseussioQs, sans pouvoir nous y arrêter, parce qu'elles sont étrangères à notre sujet.
Il n'est pas, par exemple, sans intérêt de voir Térudilion de Lessing aux prises avec celle de Voltaire sur l'histoire de la reine Elisabeth ; maia nous ne pouvons oublier qu'il s'agit de la tragédie française en général, et du ComU i'Euêz en particulier. Nous rencontrons encore une ingéirieuae disseriatiM sur l'eUet dramatique des soulllets (1), contre un propos irréfléchi de Voltake ; ikiais die n'offire ancnn rapport avec le sujet. Ainsi de la plupart des observations de Lessing, même des meilleures à recueillir. Mais où ne s égaoreraitron pas à suim un guide si aventureux î
Nous parlerons plulM du rapproebement qu'il bit entre le CwMe d'Essex et deux pièces dramatiqMa étrangères, qui roulent sur le même sujet. L'une est
de l'anglais Banks, l'autre d'un auteur anonyme espagnol. Toutes deux paraissent an critique fort sopèrieures àTouvrage de Thomas Corneille.
La pièce anglaise est composée à la manière des drames historiques de Shakspeare, qui :
Sur la icèoe en un jour renferment dsi années.
Elie est composée d'après une Hktaire secriu
de la reine Elisabeth et du comte dEssex,
Le style en est, de Taveu de Lesring, un mtiange de précieux, d'emphase et de platitude. Néanmoins, elle offre, au dire du crilique allemand, plus de naturel, de férité et d^banooiiie, qu'm n'en trouve dans YEssex de Corneille. D'après les citations tièsétoodiies qu'il en Cût, nous serions volontiers du même avis que lui, sauf une restriction, à savoir, que l'ouvrage de Banks n'est pas une pièce de théâtre, mais un roman dialogué en trèsHouiuvais style.
Ce style toiilefois lui paraît préférable à rentlurc que l'on considère chez nous, prétend-il, comme le style tragique. Entre des vices, nous ne discutons pas sur les rangs. Mais où Lessing a-t-il pris que l'en- Uure soit le vice univmel de nos tragédies? Passe pour tek ou Iris écrivains, qu'il devrait nommer, mais de quel droit en faire uue accusation générale? U le soutient uniquement sur la foi de Diderot, qu'il
î cite. Ainsi les déclamations de cet écrivain plus vif
que mesuré sont trop souvent l'unique tondement des jugements de Lessing.
l A côté de ce jugement trop léger, se trouve uue
juste observation sur un màrite que Banks a par-dss-
8118 GornoîUe ; mais elle est dm pour la plus grande
part à Voltaire. Combien de fois ce censeur trop rigoureux» mais si clairvoyant des deux Corneille, ne leur a4-il pas reproché de prêter à leurs personnages des professions de sentiments qui devraient être remplacés par des mouvements, où le secret de leurs coeurs se trahirait comme malgré eux ? Lessing s'empare de cette remarque, et fait voir que Banks a su mettre en action la jalousie d'Êlisabeth, que Cor^ neille avait mise en discours. Il est toujours louable d'enseigner le vrai, lors même qu'on le répète en disciple, au lieu de l'avoir trouvé. Aussi félicitons^ nous Lessing quand il a raison, à la suite de Voltaire, comme nous le combattons quand il nous paraît avoir tort à la suife de Diderot ; mais nous ne pouvons nous empêcher de remarquer combien il doit de ses idées justes, aussi bien que de ses erreurs, à des critiques français.
La pièce espagnole intitulée : Mourir pour sa dame, est en trois journées, comme ce vaste drame de Guilhem de Casiro, d'où Corneille a tiré le Cid. C'est la forme ordinaire des anciennes pièces espagnoles. Lessing s'étend avec complaisance sur cet ouvrage, dont il donne une longue analyse. On sent qu'il prend plaisir à remettre en lumière le dnune espagnol, qu'a éclipsé la tragédie française. Il remonterait volontiers jusqu'aux temps de la barbarie pour y trouver quelque chose de plus libre que notre théâtre régulier (1). Sa louable curiosité et sou
(1) Remarquer pourtant qa'aifleuri û prétaid que nos tragiques
afersion pour notre tragédie dasBique doYaiieeiit,
dans la mesure do ses connaissances, TefTort du XIX* ftiècla pour rassembler, de toutes les parties du monde, des modèles qui échappent à nos oonven* tions théàlrales. Un Français lui eût dit qu'il retournait en arrière ; il est persuadé qu'il ramène s^ contemporains dai» la bonne Tcie.
L'iutrigue de la pièce espagnole est pourtant ce qu'on peut imaginer de plus bizarre* U ne nie pas qu'elle ait des défauts, mais il y trouve, avec raison,
de nombreuses beautés :
« Toutes les vraies pièces espaj^noles, dit-il, sont de même » genre. Les défauts sautent aux yeux ; mais les beaulés, on 9 devrait me demander de los signaler. Je ne dis pas qu'elles 9 soient du premier ordres je ne aie pas qu'en partie elles ne » soient très^prèsdu romanesque; qu'elles ne tournent aux » aventures, qu'elles ne jB^éloignent du naturel. Mais enlevés • à la plupart des fkhcm firançaSses leur régularité méeainr> que, et dites-moi s'il leur reste aulre chose que des beautés » de même genre. Qu'ont-eiles <lesi bon, si ce n'est des coui- » plications, <les coups de théâtre, et des situâtions? On » reproche à la pièce espagnole le mélange du tragique et du » burlesque : cela ne vaut-il pas mieux que runilbrmité gia- » ciale de la tragédie française, et ces bienséances qui lui a donnent quelque chose de forcé? o
Sans rassembler un plus grand nombre d*exem-
ples, nous avons assez prouvé que Lessing n'est pas réellement plus favorable à nos auteurs du second ordre qu'à cetix du premier. Tout est préférable à la
tragédie française, même ce qu'elle a fait oublier.
oui été gÀtëfl par les intrigues barlMres des poètes espagnob (2* part.^ p. 32).
Oigjtized by G(
On peut résumer en (rois mots les défauts 4mt
'Le^iag ia trouve composée : elle n'est ui assez libre, ai assez populaire^ ni assez tragique.
§ rV. — LA COMÉDIE FfiANÇAlSE. CONCLUSION.
Les plus sévères ceuseurs de la tragédie inauçaise fout généralement grèee à notre théâtre comique. Des étrangers même nous accordent de bonne grâce la palme de la comédie. D'autres nations ont pu produire de grands poètes en ce genre ; mais un Molière, mais une suite à peine interrompue^ depuis le grand Corneille, d'auteurs qui aient épuisé toutes les variétés du comique, c'est ce qu'on nerencontre pas ailleurs qu'en France.
Si la vraie comédie est la peinture de la société, ou trouverai l-elle une matière plus facile à observer que chesL Je peuple le plus sociable du- monde ? Si die consiste dans la représentation des vices et des travei*s généraux de Thumanité, qui l'entend mieux qu'une nation dout Tambition fut .toujours de donn ner à ses œuvres un caractère universel î Si elle exige de la gaieté, quel peuple sait mieux rire que le nôtre, soit qu'il se console, soit qu'il se venge. en riant? Yeut-elle de la grâce, de la légèreté, de Ja discrétion, de la simplicité, ce sont là lest traits distincti& du génie français* Saisir l'élément essentiel d'une idé<î ou d'un être complexe, sacrifier les accessoiresy condenser la pensée dans une expression nette et courte, qui par une imj^resuQn unique,
— au —
imMkiH «Il afiet irrêntlibie : telle est la manière de
nos plus grands écrivains. Qu'on l'applique aux
ridicules, sans exagératioD el airec gaielé, et l'on atteint à la force comique.
11 est difficile à un homme de bonne foi de nier le rire qui lui est échappé. Quiconque a ri, ne peut dire ([uc lu comique manque à rendroit où il a ri. Ou peut seulement disputer sur le degré d élévation et sur la ^valeur morale de ce comique. Mais chez Molière, on trouve le haut et le bas comique., celui qui fait rire le peuple à gorge d^^yée, et celui qui déride agréablement les plus délicats ; le rire amusant el le rire iostructif. Ces extrêmes, que lui seul a réunis, se rencontrent séparés diez une multitude de comiques français.
Comment donc condamner d'un seul trait la comédie française, comme Lessing a condamné la tragédie? Aussi Timpitoyahle critique ne l'a-t-il pas essayé. La plupart des comédies qu'on jouait sur la scène de Hambourg étaient des comédies firan» çaises. Mal traduites en général (c'est lui qui le dit), élies devaient perdre une grande partie de leur mérite. Cependant les Allemands riaient, el le critique riait plus que les autres, parce qu'il saisissait mieuK le comique. Il était désarmé ; aussi son jugement sur les comédies françaises sont-ils le plus souvent des éloges.
Cependant on trouve rarement dans la Dramaiurgie de ces louanges raison nées, qui sont en même temps un hommage au mérite des auteurs, et une instruction pour le lecteur. Un commentaire bien-
veillant répugne à rbumeur de Lesaing. C'esl assez qu'il consente à approuva.
Et ne^anmoins, il fait preuve de goût et de sagacité dans son apfiràciatiaa du talent de Marivaux Il sait camclémer le mérite original de Vjivoimi Pa^ thelin (2). U renonce à son pédantisme en faveur de Hegnard, soit qu'il défende le DémoerUe de cet auteur contre la tyrannie des règles (3) ; soit qu'il absolve son Joueur du reproche d'emprunt (4) ; soit qu'il le justifie d'avoir tourné en comédie le caractère du Distrait (5), que certains auteurs déclaraient plus digne de compassion que de moquerie. On est tout surpris de le voir abdiquer son esprit de chi-
^ cane au profit d un auteur français^ et lui épargner les coupa dont il accablerait en pareil cas d'autres
' Français.
Les éloges étonnent davantage à mesure qu'on I descend plus bas dans l'échelle de nos auteurs coniiques. Tel écrivain, dont les Français connaissent à peine le nom, obtient de lui des louanges sans réserve. U fiillail passer le Rhin pour apprendre quels auteurs nous possédons dans les personnes de Saint- FoijL et de l'Affichard.
Mais le plus éclatant de ses paradoxes est son jugement sur Destouches. Ce n'est pas pourtant qu'en France, cet auteur d'un vrai talent jouisse d'une
(i) A. xvni.
ijt) XIV.
(8) A. xm
(8) XXVOI.
médioère i^éputatioh parmi les écrivains comiques du second ordre. Mais ce qu'on ne pouvait savoir qiie de la boudie de Lessing» c'est qu'il est supérieur à Molière lui-même. Dans quel genre et par queh mérites? Peut-être dans la farce? peut-être par ftmbroglio de l'action? Loin de là. Pour le bas c(h mique, Lessing le déclare à regret inférieur à Molière : il a de la raideur ; on sent trop dans ses pièces Fauteur et l'homme d'esprit. Où donc faut-il chercher sa supériorité ? Dans le haut comique ; qui 1 eût deviné? il faut citer :
a Destoucheî-, dans ses pièces du Philosopha* marié ^ du » Glorieux, du Dissipatew% avait donné des modèles d'un » oomiqus plusdélieat et plus haut, qu'on n'y avait été hat bitué par Molièro, même dans ses pièces sérisuses.» .
Ëty conséquence inattendue de ce jugement étrange, c^est précisément parce que Destouches a dépassé Molière dans le genre sérieux , qu oq lui conteste en France le don de la plaisanterie : on ne ▼eut pas qu'un auteur possède d'autres talents que ceux dont il a fait preuve tout d'abord !
« Aussi les pièces plaisantes de Destouches ont-^IIes été !
» froidement accueillies par le public français, quoiqu'elles n fassent rire du fond du cœur, et qu'elles eussent pu seules j» lui assurer uu rao^ avantageux parmi les oominiues irao- »çais(l).» . I
N'est-il pas étrange de voir un critique allemand proclamer Destouches le premier des coiniques français? Mais enfin quelle est la raison de cette erreur
singulière ? On est réduit aui conjectures, puisque Lessing ne s'explique pas. Peut-être la meilleure esteUe celle qui parait ie mmns plausible. Le comique de Destouches est estimé par Lessing plus fin et plus élevé que celui de Molière^ parce qu'il est moins comique. Plus il est sérieux, plus il parait noble ; et moins il enlève le public, plus il semble délicat au public allemand. Celui-ci de tous temps, a manifesté m faible pour ce qui le laisse réfléchir, et il n*aime pas qu'on le brusque. Destouches avait pour lui cet égard ; Molière ne Ta pas toujours : il faut que l'on rie malgré soi, à moins de ne pas comprendre, ce qui arrivait souvent en Allemagne.
Peut-être aussi Timitation du théâtre anglais, si sensible dans les comédies de Destouches (1), lui mmage-t-elle un accueil favorable du public germanique. Ce qui le faisait paraître étrange de ce côte du Rhin, lui donnait de l'autre côté un air de &iDille. Lesung pourtant ne signale pas ces emprunts, qui sans doute lui avaient échappé (2) ; mais il est charmé par la ressemblance, sans la reconnaître. Cette imitation de l'esprit anglais le satisfait d'autant plus qu'elle s'enlerme dans la forme des «MHuédies françaises. U reproche eu général aux comédies anglaises d'être trop embatrassées dans leur intrigue : le goût allemand se trouve, dit-il, en ce ce pointopposé au goût angla» : les Anglais chargent d'épisodes les pièces françaises; les Allemands sim-
(1) VUlemain, Liti. m XVIIP s., 1. 1, XIP 1.
(2) \, là Vie de Destouches^ dans la Biblioth, titèàtr:
plifieot les pièoes anglaises (i). Cette remarque est . d'autant plus digne d'être notée, que pour la tragé* die, nous l'avons \u déclarer absolument le cootraire* On ne peut ici Taeeuier de diamer d'opinion par esprit de polémique ; car il s'agit de défendre une comédie de Voltaire, YEcosiois^f couii^e les reprodies des critiques anglais.
Sa prédilection pour Deslouches tien! encore à Tensemble de ses opiuioQS sur le genre dramatique. Pèurne pas anticiper sur la matière du livre raivant, disons seulement que Destouches^ par T influence du temps oii il a vécu, et par son séjour en AngleterrCi fut entraîné comme à son insu dans le mouvement d'opinion qui transforma le théâtre au xvm* siècle. PfteuTseur ou contemporain des écrivains dramatiques dont le nom rappelle cette transformation, il marque la nuance de transition entre la comédie du xvu' siède et celle du xvni*. L'ardeur avec laquelle Lessing eml)rdsse les théories nouvelles, explique donc suliisamment son engouement pour Deatouches. Il en manifestera plus encore pour des écrivains bien inférieurs, tels que la Chaussée et M""* de Graffigny. C'est surtout à leur propos qu'on aurait droit de s'étonner de l'estime qu'il accorde à des auteurs de second ordre, si l'on ne savait que sea théories plus que son goût dictent ses jugements.
Qu'on ne soit donc pas surpris de la bienveillance générale de ses apprôciatimis à Tégard de nos comiques de second ordre, et encore moins de ce qu'elle
(ij A. XSL
ae s'étend pas jusqu'à Molière. Malgré ce qu'une tdie exprewion a de pâradoial, on paut dire avec \ërilé que si Lessing goûte médiocrement Molière, c'est parce qu'il est le poète comique par excellence. La pureté des genres n'est plus è la mode à Tépoque où Lessing écrit : elle sent son vieux temps.
D'ailleurs ]llb>lière est aussi de son siède, U peint surtout les mœurs de la cour et les travers des gens de qualité. S'il touche aux mœurs bourgeoises, c'est le plus souvent pour tourner les bourgeois en ridi<- Gule ; et cela, non pas en raison de leurs travers personnels, mais bien des babiludcs d'esprit de leur condition. Chez lui, Thomme de ia classe «sovenne joue toujours un sol rôle en présence de l'homme de qualité. Molière, malgré sa naissance et malgré la familiarité fréquente de son style, est encore un poète d'un goût aristocratique.
Lessing n'a pas formulé ces objections contre le théâtre de Molière ; mais les sentiments de tonte sa vie, et ceux qui sont exprimés en tout lieu dans la Uromalttr^ie, nous autorisent à expliquer ainsi sa froideur pour notre grand comique. Le petit nombre de passages qu'il lui consacre est d'une réserve où Ton sent percer une égale crainte de le louer et de blâmer. Soit qu'il se montre, à l'égard du Misaun thrapCj exempt des injustes préventionsde J.-J. Rousseau (!) ; soit qu'il jurtifle, daiiis T Eedê deê femmei^ les récits qui en forment l'action, à l'aide des termes
(1) A. xxvra.
mênMdellolièfe {i)',mMtjae€^mpÊimAV Ecole 4e$ nmris avec les Adelphe» de Térence, il doiiue l'avantage aa poêle lathi (2) ; eoit enfin que sous le eon-
vert du critique anglais Kurd, il reproche à Y Avare de n'être que la peinture abstraite de Tavarice et non d'un homme avare (3); ses apologies onl quelque chose de mal intentionnCy et ses critiques quelque chose d'indirect ei de circon^ct, où se trahit une malvdllance qui n'ose s'avouer. Nous àvons eu déjà l'occasion de montrer, par des citations, contibien Lessing est tenté de rabaisser la gloire de Molière. Dans le bas comique, il en ferait volontiers une sorte de plagiaire des Italiens ; dans le comique noble, le seeônd de Aestonehes.
Ainsi, entre tous nos auteurs comiques, Molière eat le moins bien traité. Pourquoi 7 parce qu'il représente la comédie classique. Lessing n'attaque de front ni l'homme, ni le genre, mais il témoigne peu de goût pour Tun et pour l'autre. L'emportement auquel nous Tavons vu se livrer contre la tragédie et Corneille, lait place à une afiectatiou d'indifférence.
Certainement ce mode de polémique est peu persuauf : il est pourtant plus dangereux que des arrêts branchants, qui du moins provoquent des répliques; il laisse tomber les noms dans Toubli^ pire que toutes les blessures de la critique. Heureusement, il y a des noms qui peuvent braver Tun et l'autre genre d'où-