CI)A.LXX
(3) A. xon.
trage : ceux de Corneille et de Molière sont du non»-
bre. La malveillance de Lessing s'est épuisée sans honneur pour lui sur de telles réputations. U ne les a même pa^attaquées avec force, et si les mauvais sentiments de jalousie nationale n'étaient ^enus à son aide, il est douteux que ses arguments eussent pu convaincre ses compatriotes.
Et toutefois cette critique sans justice et sans art, excessive et incomplète, portait en elle quelque chose de meilleur que son expression, et que les sentiments dont elle était animée. Lessing avait vu, mieux qu'il ne Tavait dit, combien le théâtre classique en France, s éloignail de la vérité et de la vie, par une imitation imprudente de nos premiers modèles, et par une régularité qui ne fut sans doute jamais funeste au génie, mais qui eut le tort d'en tenir la place. L'injustice du critique consiste à porter au compte des maîtres l'insuffisance des disciples. U soutient mal une bonne cause. La tragédie classique , malgré les tentatives de réforme de Voltaire, renfermait déjà des germes de mort au milieu du xvui* siècle. Lessing les aperçoit, et réclame une . transformation plus radicale. C'est là son vrai titre d'honneur, quoiqu'il le partage avec Diderot.