‹ Letellier de Saint-Just et son temps [microforme]Chapitre 17 sur 31 · TI, L · texte numérisé non relu

TI, L

46, Mais, milord, :l est un point encore plus important que je ne peux taire plus longtemps.

“ Des conversations que j'ai eues avec de M. de Boucherville, il résulte un fait qui, s’il était connu, suffirait à lui seul pour me justifier de n'avoir pas cru qu'il possédait la confiance du peuple de cette province.

“ Je lui remontrai à deux reprises, quelque temps après la session de 1*76, que des millions avaient été votés comme aide à tous les chemins de fer en général, lorsque nos finances me paraissaient dans un état à ne pas nous permettre d'entreprendre de prodiguer à la fois des subsides à ces nombreuses entreprises, et surtout lorsque notre crédit se trouvait, sans cela, si considérablement engagé dans la construction du chemin de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, Il m'avoua bien sincèrement que ces concessions, tout en ayant pour objet le développement de la Province, étaient nécessitées par des causes politiques ; que, sans cela, le support des représentants dont les comtés sont traversés par ces chemins de fer, cesserait d’être assuré au gouvernement, qu'il n'y aurait pas moyen d’voir de majorité, que ces membres formaient des combinaisons, des “ rings’ pour contrôler la Chambre.

“ M. de Boucherville n'ignore pas que je lui dis alors qu'il valait mieux sauver la Province qu'un gouvernement, et que, si son administration n’était pas assez forte pour résister à ces influences, il vaudrait mieux, pour lui, faire une combinaison avec les hommes honnôtes de bonne volonté de chaque parti, que de se soumettre à la dictée de ces “rings” et au contrôle de ces combinaisons.

“ Lorsqu'il n’a rien fait pour se soustraire à cette influence délétère, après l'aveu qu'il m'a fait lui-même que la législature était contrôlée par ces “ rings” ; lorsque, par la législation, il a voulu la favoriser de nouveau, pendant la dernière session, sans avoir obtenu mon avis, n'avais-je pas le droit, comme représentant de ma Souveraine, de croire et de me dire que M. de Boucherville ne possédait pas une majorité constitutionnellement formée au sein de l’Assemblée Législative ?

“%, En communiquant aux Chambres mes mémoires du 26 février e du ler mars derniers, M. le premier ministre et M. le procureurgénéral Angers ont, en violation de leur devoir, outrepassé l’autorisation que je leur avais donnée à cet effet par ma lettré du 4 mars dernier. Ils ont accompagné cette communication du rapport, de prétendues conversations dont je conteste l'exactitude et dont je signale l'inconvenance.

“Je no signalerai, milord, qu’un seul fait pour prouver cette inex- &ctitude et cette inconvenance. Les honorables messieurs de Bou-

cherville et Angers, dans leurs explications aux Chambres, insistent beaucoup sur le télégramme que M. de Boucherville m'a envoyé à la Rivière-Ouelle, pour me demander la permission d'introduire des résolutions concernant les finances, et sur le blanc-seing que je lui ai transmis en réponse.

« Mais eux-mêmes ont fait remplir le blanc-seing par mon secrétaire particulier, de manière à donner au télégramme le sens que je lui avais attribué, savoir, d'une demande de la permission d'introduire les subsides. Voici la copie du message fuit avec ce blanc-seing.

“ M. le trésorier Church présente un message de Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur, lequel est comme suit :

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