‹ Letellier de Saint-Just et son tempsChapitre 17 sur 24 · AU PUBLIC · texte numérisé non relu

AU PUBLIC

"Enlace de l'Eternité, où bientôt, peut-être, Dieu me donnera l'trdre d'entrer ;

" Me souvenant du pré 'epte de charité qui oblige le chrétien de n'avoir point d'ennemis, et l'invite à pardonner les offenses reçues, comme aussi à réparer cjiles que lui-même aurait commises envers Bes frères;

" Pour m' assurer de plus en plus les grâces de Dieu et sa miséricorde au moment BOlennel de la mort,

"Je désire faire en toute humilité et sincérité chrétiennes les dé dations suivantes :

" 1. Je pardonne de grand cœur à tous c ux qui, dans ma vie privée ou publique, en paroles ou en actes, m'auraient causé offense, injure on ressent ment quel, onque.

"2. Je demau - moi-môme pardon aux personnes que, dans la vie privée ou publique, dans les luttes politiques ou les écrits Bortis de ma plume, j'aurais pu offenser en paroles ou en actes. Si la chaleui de la discussion et l'amertume du momenl m'ont parfois entraîné au delà des bornes de la modération et de la charité, j • le regrette Bincèrement, et le désavoue de tout cœur.

"3. si enfin, contre mon intention, el les eentimenta de res] d'ohéissance filiale que j'ai toujou s eus pour la Sainte Eg ise. ma n il m'était échappe, dans mes punies ou mes écrits, ^ies chose- que l'on pourrait regard» c comme moins favorables à l'esprit de sonnes ion et d'amour qu'un chrétien doit avoir pour celle qu'il considère connue la Maîtresse de la vérité et son unique organe autori é sur la terre, je les

Parmi tous ceux qui ont pris une part active pour ou contre l'un ou l'autre dos partis politiques, ou qui ont pris fait et cause d'un côté ou de l'autre dans l'ingérence directe du sacerdoce dans les élections civiles, combien y en a-t-il qui, de fait, sont entrés dans le véritable esprit de l'Eglise, et se sont rendus à son appel, quand ils ont été invités, à l'occasion de l'ordination de ses ministres, " a prier avec elle Jésus-Christ " qu'il envoie de saints prêtres, remplis de vertu et de " science, capables d'édifier par la pureté de leur con- " duite et la force de leur paroles ? *

Combien y en a-t-il, parmi ces ministres eux-mêmes, qui se sont livrés à une étude sérieuse et approfondie de ces matières délicates, et plus importantes que jamais, qui font depuis des années le sujet des réflexions et des travaux studieux des Audisio, des Perrone, des Horoy, etc. ? Bien plus, n'est-il pas permis d'affirmer un fait

désavoue complètement, et , 'exprime hautement mon désir de les regarder comme non-avenues.

'• Dans la situation où je me trouve aujourd'hui, en face de l'éternité qui s'avani e. l'homme juge mieux de la valeur des choses humaines. S'il éprouve des reg.ets, c'est d'avoir donné trop d'attention aux affairés de e; monde, et n'avoir poursuivi avec trop d'ardeur ce qui, pour le chrétien, devrait toujours être subordonné aux grands intérêts de l'éternité.

"Que me; amis, que ceux qui furent mes alversaires politiques, prient pour moi le Père commun des chrétiens, et si Dieu m'appelle à lui, qu'ils ne refusent pas ù mon ûme la charité de leurs prières.

"P.-A. Tremblay."

" P. -S. Les journaux français catholiques sont priés de reproduire.

'• P.-A. T." • Prône des quatre-temps.

négatif, en (jLisant qu'il n'appert point un .seul cas où le préjudice causé, soit à un candidat, suit à son parti, parla perte d'une élection, occasionnée par l'iniluence indue de certains ministres de la Religion, ait été réparé. Pourtant l'obligation en est indispensable, et l'Archevêque de Québec, dans sa réponse au mémoire de l'Evêque des Trois-Eivières, ne manque pas d'en foire une stricte obligation morale eu ce cas.

Les libéraux, à qui M. Tremblay a rendu le service le plus signalé, en faisant des démarches si ardues pour réhabiliter leur parti, ont oublié d'élever un simple monument à sa mémoire pour orner sa tombe à la Malbaie. 11 le méritait pourtant à bien des titres. Espérons que cet oubli sera bientôt réparé.

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