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et les laïques. Les obstacles et '.
multiplièrent bui : il lui en vint même
de qnelqnes-nns de ses confrères, qui ne comprenaient
/. l'utilité de son œuvre et la hauteur de vues. Il vainquit ton mais il y
D'une grande ardeur de temj èrament et d'une • sibilité d'âme incomparable, il eut le cœur brisé j aides chagrins qui abrégèrent ses jours. Il est mort, mais il vit dans une institution où son nom n'est jamais prononcé sans attendrissement.
Le collège venait de s'ouvrir quand le jeune Letellier y entra. De même que ses camarades, il eut plusieurs privations à souffrir, à cause de l'état de gên trouvait ce nouvel établissement. On ne pouvait qu'avec peine se procurer les choses les plus indispensables. M. Painchaud avait puisé si souvent dans la bourse de amis, qu'il hésitait à recourir de nouveau à leur g
Quand la pénurie devenait trop sensible et que les élèves en étaient fatigués plus que d'ordinaire, alors M. Painchaud apparaissait au milieu d'eux, il leur parlait avec tant de bonté, et leur racontait ses embarras 8 une si aimable ingénuité, que personne n'avait plus l'idée de se plaindre. Au contraire chacun s'efforçait, par sa gaieté, ses prévenances et sa bonne humeur, de oublier à l'excellent fondateur les soucis qui l'attristaient. M. Painchaud s'en retournait consolé et en-
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courage, parce qu'il emportait avec lui le cœur de ses enfants.
Ceux qui ont connu intimement M. Letellier ont pu juger de l'impresion profonde que M. Painchaud avait laissée dans l'âme de ses élèves, en observant avec quel respect et quel plaisir M. Letellier aimait, jusqu'à la tin de sa vie, à rappeler son souvenir, à raconter ses traits d'esprit, à dire quelle joie il éprouvait à se trouver au milieu de ses écoliers, à les amuser, à les élever à des sentiments d'honneur; combien il les aimait et combien il en était aimé.
La discipline, ou plutôt l'indiscipline des écoliers, dans ces commencements, est devenue légendaire; ce sont les temps héroïques de cette maison. Ce qui avait augmenté cet esprit d'indépendance, c'étaient les théories qu'avait mises en pratique un des premiers directeurs, jeune prêtre fort iutelligent et vertueux, mais d'une exaltation d'idées trop peu contenue. Devenu curé peu de temps après, il embrassa avec enthousiasme la cause des patriotes de 183 7, et fut obligé de s'enfuir aux Etats-Unis, d'où il ne revint que dans les dernières années de sa vie.
A l'époque de son directorat au Collège de Sainte- Anne, sous prétexte d'accoutumer les jem à la liberté, il leur laissait interpréter le règlement à peu pies à leur guise. On peut se figurer la confusion qui en résultait.
Heureusement que le régime inauguré par ce directeur ne fut pas Je longue durée, et qu'il eut pour successeur un homme aussi habile que ferme.
Ce dernier racontait (était-ce par plaisanterie ? ) que parfois, sous son prédécesseur, à l'heure où la cloche sonnait la fin de la récréation, deux ou trois élèves seulement revenaient de la cour. Tous les autres étaient dispersés sur le flanc de la montagne. Alors un écolier était envoyé armé d'un " bourgaud," pour convoquer les autres au son de cet instrument.
Le souvenir de ce régime était encore frais dans les mémoires, et se reproduisait plus ou moins dans les allures et les habitudes écolières au temps de M. Letellier ; ce qui ne l'empêcha pas d'arriver à la fin de son cours avec la réputation d'un jeune homme de marque et de promesses pour l'avenir.
Les sciences naturelles n'étaient pas encore enseignées à Sainte-Anne, et il dut aller terminer son cours au Séminaire de Québec, d'où il sortit en 1837, en même temps que M. Chauveau, qu'il devait rencontrer plus tard dans la vie publique.
Son oncle maternel, le juge Panet, qui s'était fait son protecteur, le fit entrer dans l'étude de Mtre Pierre Garon, notaire! à la Iiivière-Ouelle. Ces deux hommes ont contribué puissamment à faire l'éducation de M. Letellier par leurs exemples et leurs conseils. D'une famille très ancienne dans le pays, et où la vertu était
héréditaire, M. Garon était le type de l'honnête homme et du philanthrope. L'exercice de sa profession était pour lui, comme il l'avait été pour le | ère de M. Letellier, l'occasion d'un ministère de paix et d'union parmi ses concitoyens, dont les tendances litigieuses sont connues. Le désir de garder la lionne entente et la paix parmi eux était devenu une passion chez lui. Il mettait autant d'ardeur à éteindre une querelle ou un procès, que d'autres en ont à les entretenir. A ce sujet, M. Letellier a été témoin, de la part de son patron, d'actes vraiment admirables, et qui méritent d'être cités.
En certains cas épineux, quand M. Garon avait épuisé tous ses motifs de persuation, il avait recours à un moyen suprême pour trancher la difficulté. "Tenez, " disait-il au plaignant, prenez ceci et ne parlez plus de " cette affaire."
En même temps il tirait de sa bourse l'argent nécessaire, pour renvoyer d'accoîd les deux plaideurs.
M. Garon et M. Letellier étaient deux hommes faits pour se comprendre^ et ils se comprirent. La valeur de l'un était surtout dans sa vertu, la valeur de l'autre principalement dans son avenir. Le jeune homme admirait la vertu du vieillard, el celui-ci devinait l'avenir du jeune clerc. Il le suivit dans sa carrière avec un vif intérêt, et un peu avec l'orgueil d'un père. Tous deux se vouèrent un attachement qui n'a été brisé que par la mort du vieux notaire.
En ce temps-là (1841), les commissions de notaire émanaient de la main du ( rouverneut. Celle de M. Letellier-, signée par Lord Sydenham, lui fut expédiée de Kingston, alors siège du gouvernement. Cette commission avait été mise à la poste en même temps que plusieurs commissions de conseillers législatifs. Les journaux publièrent le nom de M. Letellier parmi ceux des nouveaux conseillers. (Jette méprise donna occasion au juge Panet, qui avait su apprécier les talents de son neveu, de lui faire un agréable compliment, en lui écrivant que si les journaux s'étaient trompés, ce n'était que par anticipation : " Car, ajouta-t-il, si tu n'es pas " encore conseiller, tu es du bois dont on les fait." L'avenir justifia cette prévision.
Il y a des hommes pour qui la vie est clémente, ils n'ont pour ainsi dire qu'à se laisser aller au courant de leur destinée. Pour d'autres, au contraire, la vie est âpre ; ils sont condamnés forcément à refouler le courant. On dirait que les premiers sont créés pour le repos ; s'ils ont quel ,ue force morale, ils n'ont pas l'occasion de la développer. Les seconds sont nés pour la lutte ; la nature, en mère prévoyante, les a façonnés pour la résistance. La vie apparaît aux uns sous l'aspect de la belle saison, aux autres sous le jour sombre de l'hiver.
AI. Letellier eut ce dernier sort en partage. 11 lui échut ce qui fait la vie dure, mais aussi en compensation ce qui fait les caractères.
Orphelin à huit ans, il dut en partie son éducation h
la généreuse protection d'un allié de sa famille. A peine était-il sorti de la jeunesse qu'il connut le réalisme de la vie.
Il vit sa mère privée à la fois d'une protection qu'elle était en droit d'attendre, et exposée à de grands rêvera de fortune. Un procès avait été intenté par elle au sein même de la famille, et la perte de ce procès aurait été la ruine. M. Letellier était l'aîné des enfants, et madame Letellier devait compter sur lui. Elle ne fut pas déçue dans son attente : il devint son conseiller et son soutien. Le procès, qui dura plusieurs années, fut porté de tribunal en tribunal jusqu'en Angleterre. Madame Letellier avait gagné sa cause en Canada; le Conseil Privé de la Reine confirma la sentence. M. Letellier avait montré, dans la conduite de cette affaire, un amour filial et une délicatesse de procédés qui lui concilièrent l'estime et l'approbation universelles. M. Jeau Thomas Taschereau, ci-devant juge de la Cour Suprême et maintenant dans une honorable retraite, peut le témoigner mieux (pie personne. Son estime et son amitié pour J\L Letellier datent de cette époque.
La clientèle de notaire dans une campagne est d'ordinaire trop restreinte pour occuper toute L'activité d'un homme intelligent. M. Letellier remplissait les loisirs (pie lui laissait -a profession en complétant ses études. Les livres étaient assez raies, et le journalisme canadien,
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quoique dirige d'uni' manière plus convenable qu'aujourd'hui, n'offrait qu'un intérêt secondaire. Il s'était fait le lecteur assidu du Courrier des Etats-Unis, auquel son ami M. Chauveau donnait une actualité particulière, depuis qu'il en était devenu un des correspondants. Ce journal, sous la direction de M. Gaillardet, était sans contredit le plus important de la langue française en Amérique.
Les plaisirs du sport étaient héréditaires dans la famille où M. Letellier avait élé élevé. Tl avait pris de bonne heure le goût de la chasse, de la pêche et de l'équitation. Il était devenu un cavalier aussi solide qu'élégant. Amateur de chevaux et vraiment connaisseur, il se faisait une recréation favorite de maîtriser un cheval difficile et fougueux, que lui seul pouvait monter. Cet exercice violent et salutaire avait développé sa force physique, naturellement puissante. A sa. démarche noble, presque militaire, on reconnaissait que chez lui l'éducation physique avait marché de pair avec le développement intellectuel.
La chasse a été pendant presque tonte sa vie une passion pour M. Letellier. Il était reconnu pour un adroit chasseur, soit au vol soit à la levée, quand, au crépuscule, le gibier se dislingue à peiue dans l'air comme un point noir. Qu'on interroge les anciens tireurs de l'endroit, comme, par exemple Pierrot Dubé, un vieux type du genre, il saura dire en quelle estime
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était le coup de fusil «le M. Letellier. Suivi de ses chiens, qu'il dressait lui-même, il parcourait soit la plaine, soit les champs désertés, ou les anses, et revenait sa gibecière pleine de bécassines, de canards, de corbigeaux, ou d'autres gibiers estimés. Sur la fin de sa vie, on le voyait encore s'animer quand il rappelail grands coups de chasse soit aux environs, soit aux confins de la seigneurie de la Bouteillerie, autour des lues qui sont cachés aux creux de ces montagnes, moin fréquentées alors qu'aujourd'hui, et qui sont encore couvertes de forêts primitives.
La saison d'hiver le ramenait parfois dans les mêmes montagnes, à travers les neiges, accompagné d'un de ses plus fidèles compagnons, son cousin David Têtu, en qui il reconnaissait un maître, mais qui, lui, n'en reconnaissait pas. C'était alors la chasse aux animaux de liantes- futaies, entre autres à l'orignal. Ces fauves, aujourd'hui à ] eu près disparus de cette région, commençaient alors à être rares. Cependant il n'y a pas longtemps, on en a vu descendre jusqu'au bord du fleuve, errer à travers les champs, et quelques uns aller se faire tuer jusque sur la l'ointe de la Rivière-Ouelle. Ces expéditions avaient pour M. Letellier un autre genre de jouissances. C'était un esprit très sensible aux beautésde la nature, et il éprouvait un singulier plaisir à contempler les grands horizons qui se déroulaienl devant
ses yeux, et qui sont si Variés dans cette partie du |
M. Letellifir avait une vue d'aigle, ce qui doublait pour lui cette jouissance. Il était du petit nombre de ceux qui, par un temps bien clair, pouvaient apercevoir et suivre, de l'autre côté du fleuve, à plus de quatre lieues de distance, les voitures qui traversaient les champs sur la neige des montagnes du nord.
A la campagne, la causerie est plus qu'un délassement, c'est un refuge. Que faire, en effet, pendant les longues soirées d'hiver, par excemple, quand on a expédié la besogne de la journée, et qu'on a parcouru l'un après l'autre les journaux, qui, la plupart du temps, ne disent rien ? Souvent, quand M. Letellier n'attendait pas de visiteurs, il faisait atteler sa voiture, et se rendait chez quelque ami du canton.
Chemin faisant, quand la nuit était belle, il ne pouvait se lasser d'admirer la nature sous le nouvel aspect qu'elle présente alors, soit par un beau clair de lune, soit aux clartés des étoiles qui brillent comme des diamants dans cette atmosphère si parfaitement sèche, dans ce ciel si pur de nos hivers. Bien des fois il ralentissait la marche de son cheval pour écouter les rumeurs de la nuit, qui lui faisaient toujours impression, le sifflement triste du vent dans les arbres dépouillés, le grondement du fleuve, dont il apercevait au loin les eaux noires parmi des champs de glaçons. Il y avait quelque souvenir pour lui dans chacune des maisons dispersées
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dans la campagne, et dont il regardait les lumières luire aux fenêtres et la fumée blanche monter des toits.
M. Letellier était un grand causeur. Sans être ] r >fondes, ses connaissances étaient variées, et il savait en tirer parti pour donner à la conversation une tournure intéressante, utile et agréable Dans un âge plus mûr, cette conversation devint plus grave qu'enjouée ; elle dénotait l'homme de réflexion, qui a donné à se vie un but et une signification. L'agriculture et la politique du jour en prenaient la plus grande partie ; eurent toujours ses prédilections, mais n'en excluaient pas la. gaieté. Il ne perdit jamais
" Ue rired'antrefois, ce rire deg aïeux
" Qui jaillissait du cœur, comme an Ilot de vii vieux "
Personne ne goûtait plus (pie lui une anecdote piquante, un mot gai, une bonne histoire. Il savait les amener à propos, en y mettant un grain de sel gaulois. Quand une fois il était en verve, et qu'il dégustait un cigare, ou sa bonne pipe d'écume de mer, après un
9 bons et copieux repas .pu- nus dames canadii savent apprêter d'une manière si savoureuse et si appétissante, la nuit était fort avancée avant qu'il sentit la lassitude et le sommeil s'emparer de lui.
Il tant dire (pie la société à laquelle il étail habitué lui apportait sa part de jouissances. Elle n'était pas nombreuse, mais de bon aloi. C'était à peu près la
même que celle au milieu de laquelle son père avait vécu. Quelques-uns de ceux qui la composaient jadis avaient disparu ; mais d'autres plus jeunes et plus instruits les avaient remplacés. Il faisait bon d'y vivre. On y menait une existence calme, mais intelligente, Un de nos auteurs canadiens a fait une assez bonne peinture de cette société.
Ce fut vers ce temps qu'arriva de Paris un jeune homme destiné à exercer sur M. Letellier une influence profonde. Tl lui était uni par les liens du sang, et était à peu près du mémo âge. Quoique de caractère différent, ou plutôt à cause de cela, il se lia avec lui, devint son compagnon inséparable et le plus intime de ses amis. Cette amitié a duré jusqu'à leur mort, arrivée pour l'un et pour l'autre à quelques mois seulement d'intervalle.
Ce jeune homme, c'était le docteur Ludger Têtu. d'une famille honorable et ancienne dans le pays. Après avoir fait un cours classique au séminaire de Québec, il embrassa la profession médicale, et sur l'avis de ses professeurs, il alla terminer son cours à Londres et à Paris. De retour au Canada, il vint se fixer à la Pivière- Ouelle, où il fit une heureuse alliance en épousant l'une des filles de l'honorable A. Diorme.
Le Dr Têtu était un de ces hommes sérieux et réfléchis qui parais^' ut n'avoir jamais eu de jeunesse. Durant son long séjour à Paris, il n'eut pas même l'idée de se livrer aux folies ordinaires à sou âge; il ne songea
qu'à profiter des grands avantages qu'il avait de se perfectionner dans ses études médicales, sous la direction des meilleurs maîtres.
Caractère réservé, presque timide, observateur fin, parlant peu, mais toujours avec un grand sens, il était un de ces hommes sages et discrets qui inspirent la confiance. Mais il avait le défaut de ses qualités; sa défiance de lui-même paralysait son ambition. Il n'eut jamais d'autre but que de bien élever sa famille, et de pratiquer sa profession pour le soulagement de ses semblables, souvent même sans rémunération.
Tel était le meilleur ami de M. Letellier. Ils étaient souvent opposés de sentiments: l'un était entreprenant, hardi jusqu'à la témérité; l'autre indécis, modéré jusqu'à la faiblesse. Mais ils s'accordaient toujours sur les points essentiels, ayant les mêmes vues patriotiques et désintéressées ; les mêmes convierions politiques, les mêmes idées progressives. Ils contribuèrent ensemble à donner au comté de Kamouraska un mouvement agricole qui a été remarqué pour ses suc
A cette époque, M. Letellier ne pressentait pas encore son avenir; mais il remuait trop d'idées dans sa tête, il avait trop besoin d'action, pour se résigner, sans efforts à dépenser le reste de ses jours à Instrumenter tranquillement et obscurément au fond d'une campagne, i horizon était trop restreint pour lui, il lui fallait plus d'espace. 11 sentait sa force et le désir de l'employer :
mais de quel côté? vers quel objet ? il l'ignorait encore. Les loisirs lui pesaient.
11 Devait même parti pour aller tenter fortuné ailleurs, si une affection profonde ne l'eût retenu attaché à l'endroit. Il fut fiancé, pendant plusieurs années, à celle qui plus tard devait être la. compagne de sa vie, mademoiselle Eugénie Laurent. Leurs amours eurent des traverses et des péripéties ; car la fortune n'avait départi ses faveurs ni à l'un ni à l'autre. Finalement, ayant résolu d'aller se fixer à Québec, où il était déjà avantageusement connu, et où il espérait exercer ses talents sur un champ plus étendu, il décida sa fiancée à l'y suivre, avec l'assentiment de sa famille. Leur mariage eût lieu le, 9 février 18 ±8. Il n'avait attendu que cette union pour prendre cette résolution importante.
Bientôt en effet il se vit entouré d'une clientèle qui promettait bien pour l'avenir, et il eût sans doute occupé à Québec une place distinguée dans sa profession, si un incident inattendu ne fût venu donner une direction toute différente à sa vie.
Le siège en Parlement pour le comté de Kamouraska étant devenu vacant par la mort de M. Marquis, arrivée vers la fin de l'année 1850, M. Letellier se décida à entrer dans la politique, vers laquelle l'entraînaient les instincts de sa nature, son esprit entreprenant et aventureux, ses connaissances légales et sa facilité pour la parole.
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C'est de ce jour que date la vie publique de M. Letellier. Elle a été la grande occupation de toute sa vie, et n'a été interrompue que par sa mort ; mais avant de raconter les luttes incessantes où il a été engagé peudant trente ans, il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur le passé, et de faire connaître en résumé l'état politique du Canada au moment où M. Letellier commença à y mêler son influence.