‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la Russie (volume 2)Chapitre 10 sur 20 · LL · texte numérisé non relu

LL

Tourowka

ancienne ville des Drjagowitsches au bord du Pripat. ancienne ville dans le district de Polotzk; elle a éte bâtie par un Prince Tour et le Grand-duc WLaDiMIR I. l'a rendue à son fils Swätopolk, après l'avoir prise aux Polonais.

village dés districts de Czarskoselo et de Lougan au gouvernement de St. Pétersbourg.

village du district de Novogorod au gouvernement de Novogorod, |

village du district de Toropetzk au gouvernement de Pskow,

village du district de Twer au gouvernement de Twer, village des districts de Jaroslawsk, de Rostowsk et de Poschekhonsk du gouvernement de Jaroslaw.

village des districts de Ghalitsch et de Makarjewsk du gouvernement de Kostroma. | village des districts de Kadrikowsk et de Welsk du gouvernement de Vologda.

village du district de Serapoulsk du gouvernement de Wjatka.

village du district d’'Okhansk du gouvernement de Perme, , village du district de Newelsk au gouvernement de Witepsk, |

village du district de Kozlowsk du gouvernement de Tambow.

village des districts de Poltawsk et de Prilutzk du gouvernement de Poltawa.

Tourenino, village du district de Waldai au gouvernement de No-

vogorod.

Tourowakha, village du district de Potemsk au gouvernement de Vologda.

Tourja, village du district d'Aktyrsk au gouvernement de Kharkoff.

Towrje, village du district de Tschighirinsk au gouvernement de

Kiew.

Tourow, ville ancienne et abandonnée du gouvernement de Woronesch, Il y a enfin beaucoup de noms semblables pour des forêts dans lesquelles probablement les Tours ont yécu, ou pour des lacs autour desquels ils ont habité, comme p. e.

Tourowskaja Poustosch ï. e. forêt des Tours du district de Gryazewsk au gouvernement de Vologda.

Tourowskoje ozero i, e. lac des Tours du district de Kostroma au gouvernement de Kostroma.

Tourowski ljess, i. e. forêt des Tours près de Rjaschk au gouvernement de Rjazan.

Tourji rogh (un tumulus ancien) du district d'Ouman au gouvernement de Kiew.

On voit par ces noms que la dénomination de Tour était un nom propre des Slaves et les noms des villages Tourow, Tourowo, Tourenino en tirent leur origine; les autres noms comme p. e. Tourowakha, Tourja, Tourje ont dû recevoir leur nom à cause des Tours ou boeufs sauvages qui y vécurent. C’est ce qu’on voit encore plus distinctement par la dénomination de Tourowskiljess ou forêt de Tours, quise nomma ainsi à cause des Tours, indigènes dans cette forêt; les Tours ont par conséquent habité même le nord de la Russie au gouvernement de Vologda, dans lequel nous trouvons le nom de forêts des Tours.

IL est vrai qu'il y a beaucoup de Slaves du sud et de l’occident de la Russie qui passèrent au nord et qui purent conserver ces noms du midi de la Russie, pour les donner à quelques nouveaux villages, mais quant à la forêt des Tours, il n’est pas probable qu'elle pût se nommer ainsi à moins qu'elle ne contint des Tours.

Il y a aussi en Volhynie près de Kremenetz un fleuve qui s'appelle Tourja, un village Tourgisk près de Wladimir du même gouvernement, en outre une ville Tourow au gouvernement de Minsk, Tourosla près de Bialostok, et plusieurs familles nobles qui s'appellent To u r au gouvernement de Vilna et en Pologne. Les historiens polonais racontent que le Grand-Duc de Lithuanie GEDYMIN a tué un Tour sur le Bekiesch, haute colline sablonneuse de Vilna, c’est ce qui fut le commencement de la fondation de la ville de Vilna, au milieu du 14ième siècle, Il y a aussi beaucoup de villages en Pologne, nommés d’aprèsles Tours, qui y vivaient encore au {16ième siècle aux environs de Varsowie, dans la principauté de Rawa; les derniers 30 y périrent en 1627, comme on le voit par les protocoles de la principauté de Rawa *,

| Voy. Puscn Polens Paleontologie 1. c. pag. 200.

Par conséquent nous voyons le boeuf primitif ou le Tour habiter encore au {16itme siècle, en Pologue et au 11ème au midi de la Russie aux bords du Don et il s’en suivrait très-naturellement qu'il était beaucoup plus généralement répandu, par toute l'Europe dans les siècles antérieurs. Il était contemporain, dans les temps antéhistoriques, des Mammouths, des Mastodontes, et des Cerfs à bois gigantesque et a disparu successivement dans différents pays de la série des grands Mammifères terrestres. Il était la souche de notre boeuf domestique qui par la culture est devenu plus maigre, quoique la race de l’Ucraine et de Tscherkask ne le cède en rien à la grandeur du Tour primitif, dont le nom s’est même conservé dans la Petite-Russie, où l’on appelle quelquefois le taureau, Tour.

Esp. 25. Bos priscus Bo. — Bos urus fossilism. — Bos latifrons HARL. — BosPallasii BAER Le zoubr des Polonais ou le bison primitif,

Le Zoubr primitif se distingue du Tour par son front treslarge et convexe; son cràne a en général beaucoup de ressemblance avec celui du zoubr vivant, des auteurs polonais (Bos urusL.\, quoiqu'il soit d’un quart plus grand que le cràne de ce dernier, les cornes sont beaucoup plus grosses, et par conséquent les apophyses osseuses des os du front plus larges, car elles ont quelquefois à la base une circonférence de 28 pouces; elles sont situées presque horizontalement et courbées beaucoup plus en avant qu’en haut, contrairement à ce qui se voit aux cornes du zoubr vivant, dont les extrémités pointues sont contournées en-dedans,

Hab. partout avec les ossements de l'espèce précédente dans la Russie occidentale et d'Asie; surtout dans les monts Ourals, dans le terrain aurifère*, dans lequel les apophyses osseuses frontales portent quelquefois encore des cornes; il se trouve très-souvent au bord de la mer Glaciale, toujours accompagné des os du Mammouth et du Rhinocéros, ainsi-que dans les cavernes de l’Altaï, celle de Khankara et de Tscharysch, dans lesquelles on a trouvé des fragments de la mâchoire inférieure et supérieure, des dents molaires séparées, des os des extrémités tant antérieures que postérieures, le cubitus, le fémur, les

Mr. Murcuison (geology of Russia in Europe and Asia) faisant mention de ces os fossiles du Bos priscus dans l’Oural, les appelle par méprise Bos urus.

os du métacarpe et du métatarse, l’astragale et beaucoup d’autres os; les molaires du zoubr primitif de ces cavernes sont plus grosses que les molaires du boeuf de Tscherkassie, mais leur forme est la même : c’est ainsi que la dernière molaire du côté gauche de la mâchoire supérieure se compose de trois, et l'avant dernière de deux parties semilunaires, qui forment les bords extérieurs en émail des dents; au milieu des deux moitiés antérieures se voient des cylindres semilunaires creux à bords évasés et dentelés, dans lesquels il y a près du bord extérieur et en dedans des cylindres d’autres cylindres beaucoup plus étroits et en forme de points noirs, et l’on remarque en outre parmi les deux bords proéminents intérieurs de la molaire un cylindre allongé, tout-à-fait comme c’est le cas dans le Boeuf domestique.

Le zoubr fossile se trouve aussi fréquemment dans la Russie d’Europe, du Nord jusqu'au midi de l'empire, comme p. e. dans le gouvernement de Vologda, près de la ville de Totma au bord de la rivière de Soukhona; dans un marais et accompagné d’ossements de Rhinocéros et de Mammouths, mais on n’en à pas encore découvert de restes ni dans les gouvernements d'Archangel et d'Olonetz, ni dans les provinces baltiques et polonaises, à l'exception du gouvernement.de Grodno, où l’on en a trouvé près de la ville de Grodno dans un lac desséché:; il se rencontre beaucoup plus souvent dans le gouvernement de Perme entre les villes de Namyschloff et de Tjumenne, dans les gouvernements de Wjätka, de Pensa, et dans d'autres contrées, de même que dans le midi de Ia Russie, en Bessarabie, près d’Odessa et aux environs d'Azoff,

Il habite encore maintenant la fôret de Bjalowesha près de Bjalostok et les montagnes boisées du Caucase, à la pente septentrionale de l'Elborouz et en Abkhasie; mais dans les derniers siècles, il était encore indigène en Allemagne; le dernier bison y a été tué près de Tilsit dans la Prusse orientale en 1809; du temps de JuLES CEsaAR il habitait toute l'Allemagne ancienne, dans la vaste forêt de l'Hercynie; les anciens Germains l'appellaient Wisent ou Bisent à cause de son odeur de muse (en allemand bisam); c’est pourquoi les Romains le nommèrent aussi bisons; PrINE* fait mention de deux espèces de Boeufs sauvages de l'ancienne Germanie: paucissima Scythia gignit, dit-il, inopia fruticum, pauca contermina illi Germania, insignia ta-

Ÿ Voy. C. Pranius Sgeunpus histor, natur, lib. VII, cap. 15,

men boum ferorum genera, jubatos bisontes (nos bisons ou Zoubrs de Lithuanie à longue crinière) excellentique vi et velocitate * uros (nos boeufs primitifs ou tours des slaves), quibus imperitum vulgus bubalorum nomen imponit, cum id gignat Africa, vituli potius cervique quadam similitudine. Cette description est tout-à-fait la même que celle de JuLEs CESAR, dont nous avons parlé, en traitant du Tour.

Le tragédien romain Sénèque* fait de même mention des Zoubrs à crinière (bisontes villosos) et des Bocufs sauvages ou Tours, qui en diffèrent, comme il Le dit lui-même, par leurs cornes larges (Uri feri latis cornibus), qui, en effet, sont plus grosses et plus larges que dans les Zoubrs **,

C’est par erreur, comme l’a déjà fait remarquer le Baron DE HE- BERSTAIN , que les anciens auteurs, et même LinnÉ ***, lui ont donné le nom de Bos Urus,

C'est pourquoi que NiLssoN + nomme avec raison le Zoubr Bosbisons et le Tour Bosupus ou Bos primigeniusBLUM., en admettant que les dénominations de Wisent et d’Ure des anciens Germains répondent entièrement aux noms de bisons et d’'Urus des Romains. Les Byzantins, comme p. e. Nicetas choniates, connaissaient déjà le nom de Zoubr, car ils l’appellent Zoumpr; il est encore nommé ainsi par THoMas Cantacarpensis+t+f, qui raconte, que les Zoubrs (il les nomme Zubrones dans son ouvrage latin) habitaient encore alors, c’est-à-dire en 124%, dans les grandes forêts de la Bohème (partie de l’ancienne Hercynie de J. Cesar ?), il les distingue très-bien des Tours, que (d’après THomAs Cantacarpensis les Polonais appellaient thuronés; les premiers sont, selon sa description, très-grands mais doués d’une plus grande vitesse, et les derniers étaient moins grands.

# Opera omnia SENECAE, voy. dans son Hippolyte versus 65. ** Les auteurs polonais distinguent aussi deux espèces de Boeufs, sauvages, le Tour et le Zoubr, comme entre autres lPévêpue d'Ermelande CromEr (mort en 1589) qui les a vus encore vivants en Pologne (voy. Pisroris rerum Polonicarum seriptores: in est Cromerr deseriptio Poloniäe), “% Systema naturae, edit. XIT, + Nicsson Skandinaviska Nordens Ur-invanare. 4 Häftet. Lund 1843, pag. 96.

+t Voy. Die Verhandlungen des vaterländischen Museum in Bühmen. Prag 1823. Heft II, pag. 58.

Les bisons se trouvaient dans les temps anciens, répandus, par presque toute l'Europe, en commencant par la forêt de l’'Hercynie, c’est-à-dire de l’ancienne Allemagne à travers la Bohème, la Transylvanie, la Moldavie, jusqu'en Thrace, d’où déjà OPpiaN * fait mention du Zoubr, comme ARISTOTE a décrit celui de Béotie, sous le nom de bonasus. Le nom de Zoubr ou plutôt de Zimbr est même indigène en Bulgarie et en Valachie, comme Île dit Mr. SCHAFFARIK prononcaient Zombr. Le mot de Zubr (prononcez zoubr) en polonais ne se trouve que dans le gouvernement de Gredno, où il y a un village Zoubrovo, une petite forêt Zoubrovy koute et au bord de la rivière Swislotsch un village Zoubry; et une graminée l'Hierochloe borealis, est appellée en Lithouanie Zoubrowka, parce que les Zoubrs la préfèrent aux autres plantes, dont ils se nourrissent ; mais le nom Zubr n'existe pas, comme dénomination locale, ni au royaume de Pologne, ni dans d’autres gouvernements de Russie.

Il y a aussi deux noms pour ces deux espèces de Boeufs sauvages dans le poême ancien germanique de Nibelungen, ce qui est d'autant plus remarquable que ce passage nous apprend que le wisent (bisons) et l’uore (urus) vivaient en même temps et à l’état sauvage dans les forêts de l'Allemagne ; il s’en suivrait au moins que dans le 12ième siècle, c'est-à-dire vers le temps, dans lequel cet ancien poême a été composé et publié, on parlait encore de l’existence de deux boeufs sauvages, qui quelques années avant ce temps ou peu après, se sont éteints dans toute l'Allemagne à la suite des chasses continuelles qu’on leur faisait. Il est même bien possible que dans ces siècles reculés il existait encore en Allemagne quelques-unes des bêtes féroces dont on trouve les ossements fossiles dans les cavernes de la Franconie, p. e. dans celles de Muggendorf et de Goiïlenreuth, car ce poême germanique fait également mention d'un lion, d’une hyène, et de beaucoup d’autres espèces, auxquelles on faisait alors la chasse, espèces qui répondent probablement aux Felis spelaea Gozpr.*** et à l’Hyaena spelaea GoLpr., entièrement éteint en Europe.

On a essayé depuis peu d’apprivoiser le bison sauvage de la forêt de Bjalowesha et le lieutenant Colonel-forestier, Mr. DALMATOF, y a

* Cynegetica lib. IT, cap. 15.

“*#* La hyène est appelée dans le poême de Nibelungen (édition par Mr. von DER HaGEn, Berlin 1830, vers 3755) halpfwol ou demiloup. :

réussi complètement *, il en a emmené à Grodno et de là à Zarskojeselo près de St, Pétersbourg, où le mâle et la femelle sont déjà nourris et élevés depuis plusieurs années, ils se sont accouplés et la femelle a produit un veau qui se porte très-bien et a grandi, sans montrer les moeurs sauvages de ses farouches parents; qui ne connaissent et ne souffrent auprès d'eux que leur gardien, la femelle est plus tranquille que le mâle qui reste presque toujours enfermé dans son étable et attaché à une chaine de fer. Le veau se proméëne librement avec la mère, sans faire de mal à personne; il est déjà âgé de 3 ans et à la grandeur d'un jeune boeuf. On avait transporté en mème temps un mäle et une femelle à Londres, mais malgré tous les soins qu’on a pris pour leur éducation et leur multiplication à la ménagerie du jardin zoologique de Londres, ils sont morts dans l’espace de deux ans, sans avoir produit, On a de nouveau transporté depuis peu un jeune bison à Vienne pour la ménagerie de Schoenbrun, où il est arrivé en bon état, et où il pourra mieux prospérer, parce que le climat parait mieux lui convenir que celui de Londres. |

Esp. 26. Bos Pallasii DEK. — Bos canaliculatus Fiscu, Oryctographie de Mosc. Tab. HI, b.

L'espèce avait les mâchoires plus courtes mais plus larges que les précédentes et les cornes étaient beaucoup plus rapprochées à leur base que dans le boeuf du Canada (Bos moschatus L.) avec lequel il a beaucoup de rapports. |

Hab. sur les bords sablonneux de la rivière de la Léna et de la mer Glaciale en Sibérie, ainsi que dans le gouvernement de Perme et dans celui de Moscou, dans le ravin de Schabloff (schablowski owragh). ,

La base des cornes est très-comprimée, de sorte que le front parait concave, et il y a en outre entre les deux cornes un canal profond et étroit.

Ordre quatrième.

Rosores.

Les Rongeurs se rapprochent beaucoup par la structure de leurs molaires, des Pachydermes principalement, des EÆEléphants,

+ Voy. son mémoire là-dessus dans le Contemporain (en Russe) pour l'année 1848, No. 10.

mais ils en diffèrent par leur grandeur moindre; les genres sont tellement semblables entre eux que toutes les familles ont beaucoup plus de rapports les unes avec autres que les familles des autres ordres entre elles; les canines leur manquent; leurs deux incisives très-longues et courbées en demi-cercele sont sans racines; les molaires ne dépassent jamais le nombre de six, mais quelquefois il n’y en a que deux; elles sont lamelleuses, les lames verticales transversales apparaissent sur la couronne en forme de tubercules obtus et émaillés; les jugaux sont souvent très-gros, très-larges et très-hauts; les apophyses articulaires de la mâchoire inférieure sont très-larges pour faciliter son mouvement d’arrière en avant, mais pas d’un côté vers l’autre, comme c'est le cas dans les Ruminants; les vertèbres se distinguent par leurs apophyses épineuses très-longues et étroites. Les pieds de devant sont pourvus de quatre et ceux de derrière de cinq doigts avec des ongles très-pelits. L’uniformité de la structure du squelette dans les différents genres est un grand empêchement pour les déterminer rigoureusement, Les rongeurs. sont herbivores et distribués sur tout le globe terrestre ; ils se rencontrent fossiles quoique très-rarement, dans les anciennes couches tertiaires et même secondaires, comme dans le terrain jurassique avec des Sarigues, qui à l'instar des rongeurs peuvent être considérés comme des Mammifères moins développés que les autres familles; ils se trouvent plus souvent dans les couches tertiaires modernes et dans le terrain d’alluvion, mais le nombre des espèces et des genres vivants est plus nombreux que celui des fossiles.

Famille onzième.

Palmipèdes IL.

Les rongeurs les plus grands appartiennent à cette famille, les molaires sont toujours usées à leur couronne, les jugaux sont larges à une ouverture artérielle à l’antérieur ; le péroné se trouve soudé à moitié au tibia.

Genre XVIII. Castor L.

» . 0 . 4 Q . « F « Les dents AT les incisives sont très-longues et très-grandes,

les molaires sont garnies sur la couronne d’une lame en émail à trois plis; les pieds postérieurs forment des nageoires à doigt accessoire. Les castors se trouvent fossiles dans la couche tertiaire moyenne et dans

le terrain d’alluvion de la zone tempéré, où ils habitent encore aujourd’hui sur les bords des grandes rivières, dans des constructions faites par eux-mêmes.

Esp. 27. Cast. trogontherium Cuv. — Trogontherium Cuvieri Fiscx.

Mém. de la Soc, des Natural. de Mosc. 1809, Tab. I].

Jubilaeum semiseculare G. Fiscaeri 1. ec. pag. 33, PL V, fig. 1—5,

Le crâne a presque un quart de plus que celui du Castor ordinaire, la dernière molaire et les orbites très-allongécs sont aussi plus longues; mais les crêtes de l’os occipital ne sont pas fortement saillantes, Mr. DE Fiscaer en a fait son genre Trogontherium.

Hab. dans le terrain d’alluvion près de Taganrogh, où il n’existe plus de Castors: c’est peut-être l'espèce, dont STRABON fait mention dans son ouvrage géocraphique.

Esp. 23. Cast. Werneri Fisc.

Mém. de la Soc. des Natural. de Mose. II, pag. 250.

Il est un peu plus grand que le Castor ordinaire, mais en outre il ne diffère ni de lui, ni du Cast. spelaeus MÜnsrT. de la caverne de Gaylenreuth, et tous les trois forment peut-être une seule espèce.

Hab. au bord du lac de Rostow dans le gouvernement de Jaroslaw, où il n’y a plus de Castors, qui deviennent partout de plus en plus rares, ainsi que dans le gouvernement de Minsk, du district de Pinsk, et dans le gouvernement de Grodno, du district de Bjalostok, où il y en avait encore beaucoup, il y a trente ans.

On a déterré des os fossiles du Castor dans l'argile tertiaire d'Odessa, aux environs de Zagorje, à une profondeur de 20 pieds, ainsi que des os de Mammouth, avec beaucoup d'instruments, une hache, des fléches en cuivre et des pointes siliceuses de lances.

Famille douxième.

Sciurini.

Le crâne des écureuils, est large et plat à front plat, la branche ascendente de la mâchoire inférieure forme une apophyse très-petite, pointue et courte, son angle inférieur est très-large; les dents 2 . 0 . 4 TR 5 . . A . » 1!

DR a a? les incisives de la mâchoire supérieure sont un peu pius

courtes et plus grosses que celles de la mâchoire inférieure, qui sont très-longues, et comprimées des deux côtés, les molaires sont égales entre elles; les pieds antérieurs ont # doigts, les postérieurs en ont 9.

Genre XIX. Arctomys SCHREB.

Le corps de la marmotte est plus grand que dans les autre genres de cette famille; les ongles des pattes sont appropriés à fouiller la terre; les molaires surtout se distinguent par des proéminences transversales disposées de différente manière. Le genre se trouve fossile dans la couche tertiaire moyenne et vit encore aujourd'hui dans les parties tempérées de l'Europe.

Esp. 29. Arct. spelaeus Fiscx.

Nouv. Mém. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1834, Vol. III, Tab. 21, fig. 1—2.

Le crâne est plus long, l'os occipital est un peu plus large, les crêtes supérieures sont plus grossesetles jugaux sont plus robustes que dans l'Arctomysbobac PALL., espèce vivante de la Russie d’Europe et d'Asie. |

Hab. dans les cavernes de Khankhara et de Tscharysch de l’Altaï; il diffère très-peu du Baibac (A. bobac PALL.), comme cela se voit par le crâne presque complet, qui s’y est trouvé, mais sans os du nez et sans intermaxillaires ; la mâchoire inférieure, les incisives et les molaires à couronne pourvue de trois tubercules s'y rencontrent plus souvent.

Genre XX. Myoxus SCHREB.

2 . 0 . 4 \ . » + Les dents pars très-constantes les molaires supérieures et les

inférieures sont pourvues de lames transversales sur leur couronne, les jugaux ont un trou rond. Ce genre est représenté dans les couches ancienne et moyenne de terrain tertiaire et vit encore à présent; les espèces fossiles diffèrent à peine des vivantes.

Esp. 30. Myox. fossilis Fiscx.

Nouv. Mém. de la Soc. des Natural. de Mosc. Vol. IT, 1834, Tab. 20, fig. 1—3, Les incisives sont tuberculeuses en avant, la dernière molaire est la plus petite et la première est la plus grande.

Hab. dans la caverne de Khankhara de l’Altaï, avec plusieurs autres espèces vivantes.

Il était un peu plus grand que le Myoxus glis ordinaire et n'avait que 3 dents molaires dans la mâchoire supérieure, probablement parceque la quatrième n'était pas encore développée, à cause du jeune àge de l'individu.

Esp. 31. Myox. priscus SCHMERL, Fiscu.

Mém, de la Soc. des Natural, de Mosc. VIT, Tab. 19, fig, 11—13.

Les # molaires des deux mâchoires ont quatre tubercules pointus sur la couronne et quatre racines.

Hab. dans une marne argilleuse de la steppe des Kirgises près de Bokhara.

L'espèce semble avoir le plus de rapports avec le Myoxus priscus trouvé dans une caverne en Belgique, et ne diffère presque pas du Myoxus glis vivant; les fragments des mâchoires se sont trouvés ensemble avec les ossements du Dipus jaculus vivant.

Famille treizième.

Murini.

Le crâne des Souris est très-long, un peu comprimé aux os tem-

7 04 21081 poraux, l'orbite se dilate en haut, les dents SRE sont moins

nombreuses que dans la famille précédente, les postérieures sont plus petites que les antérieures, leurs couronnes ont 2 lames transversales obtuses.

- Genre XXI. Spalax GÜLDST.

Les incisives sont très-saillantes, les yeux sont petits, à peine visibles à l'extérieur, les pieds sont très-courts garnis de 5 doigts, la queue manque. Le genre vit encore à présent et se trouve à l’état fossile dans le terrain d’alluvion,

Esp. 32. Sp. fossilis Aucr. a

Il était un peu plus grand que le Spalax typhlus ordinaire, avec lequel il a les plus grands rapports.

Hab. dans le terrain d'alluvion d'Odessa.

Genre XXII Cricetus Cur.

Les incisives sont très-longues et robustes, les apophyses ascend’Eichwald, Lethaea rossica, “4, 29

dentes et descendentes de la mâchoire inférieure sont de la même grandeur mais la moyenne, moulée sur le condyle articulaire est beaucoup plus haute.

Le genre se trouve fossile dans le terrain d’alluvion et vit encore maintenant en Europe.

Esp. 33. Cric. vulgaris fossilis Kavwr.

Il est pourvu d’apophyses postérieures de la mâchoire plus courtes et pas aussi courbées que dans le Hamster vivant.

Hab. dans le même endroit près d’'Odessa et dans la caverne de Khankara de l’Altaï.

Genre XXIII Mus L.

Le crâne est plat, large, les jugaux sont étroits, les crêtes occipitales sont moins saillantes que dans le genre précédent, la queue est longue, Le genre se trouve fossile dans la couche supérieure du terrain tertiaire et vit maintenant partout.

Esp. 34 Musrattus fossilis L.

Il ne diffère pas de l’espèce ordinaire du rat domestique.

Hab. dans l’argile tertiaire moderne d’Odessa et prouve que le Rat existait déjà en Europe dans des temps antéhistoriques, quoique PLINE n’en fasse pas mention et que d’autres auteurs romains ne le connaissent pas non plus.

Famille quatorzième.

Arvicolae.

Le crâne des Arvicoles est déprimé d’en haut et très-élargi, les jugaux ont le trou étroit, les clavicules sont tout-à-fait développées, des deux côtés il y a trois molaires dont les antérieures sont plus grandes que les postérieures et sans racines, les lamelles en émail sont verticales et ondulées,

Genre XXIV. Hypudaeus Izz.

Les deux incisives des deux mâchoires de devant sont lisses, les molaires sont lamelleuses, les lamelles entrent des deux côtés dans la masse des molaires, en s’approchant, avec leurs pointes les unes des autres au milieu de la couronne, elles sont profondément sillonnées à l'extérieur; les molaires supérieures ont moins de plis que les infé-

rieures et les plis sont plus larges. Le genre se trouve fossile dans la couche supérieure du terrain tertiaire et dans le terrain d’alluvion, surtout dans les cavernes et vit encore dans toute l'Europe et en Asie.

Esp. 35. H. spelaeus Münsr. Fiscx, IL c, Nonv. Mém. de la Soc. des Natural. de Mosc. IT, Tab, 20, fig. 7.

Il diffère un peu par ses pieds plus courts de l'espèce ordinaire (Hypudaeus amphibius).

Hab. dans la caverne de Khankhara, où on a découvert un fragment du crâne et un autre de la mâchoire inférieure, ainsi qu’au bord de la rivière de Wolkhow, dans les crévasses du calcaire de transition, remplies d'argile, qui contient des mâchoires avec molaires de l'Hypudaeus avec du cuivre vert; il se rencontre de même dans des crévasses ossifères semblables de la Crimée et aux environs de Neroubayski- Khoutory près d'Odessa.

Famille quinzième.

Salientes.

Le crâne se distingue par ses jugaux fort robustes, et très-éloignés l'un de l’autre, leur trou artériel est très-grand, les cavités orbitales sont très-grandes, les molaires au nombre de 3 ou # se composent d'une lame simple et contournée différemment, les pieds ont 3 à 5 doigts, les pieds postérieurs sont très-allongés, et servent à sauter.

Genre XXV. Dipus Gn.

Les 3 molaires diminuent en grandeur d’avant en arrière; au lieu des os du métatarse il y a dans ce genre un seul os fort long, comme dans les Oiseaux, avec un nombre différent de tubercules articulaires à son extrémité inférieure pour l’attache des doigts.

Le genre vit à présent dans la steppe des Kirghises à l'Orient et au Nord de la mer Caspienne et même dans le midi de la Russie et se trouve fossile dans le terrain d’alluvion.

Esp. 36. Dip. platurus Licar. Fiscx. 1. c.

Nouv. Mém. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1829, Vol. VIII, Tab. 19, fig. 6—10.

Les pieds postérieurs sont pourvus de 5 doigts, qui sont un peu plus courts que dans le Dipusplaturus ordinaire, tandis que l'os du métatarse est un peu plus long.

Hab. dans une marne d’alluvion de la steppe des Kirghises non loin de Bokhara, où il habite encore maintenant; par conséquent on ne peut pas le nommer fossile.

Famille seizième.

Leporini.

Le crâne se distingue par ses deux incisives antérieures à petits sillons longitudinaux et par deux autres incisives très-petites postérieures ; les 5 ou 6 molaires sont sans racines et se composent de deux lames très-rapprochées l’une de l’autre, le trou jugal est très-grand, les clavicules sont rudimentaires et les pieds de derrière sont allongés,

Genre XXVI Lagomys CUr.

Les 5 molaires supérieures et inférieures sont égales, les pieds postérieurs sont un peu allongés. Le genre se trouve assez souvent à l’état fossile dans la couche supérieure du terrain tertiaire et vit encore à présent dans la Russie asiatique.

Esp. 37. Lag. ogotonna fossilis PALL,.

Il'ne se distingue pas de l'espèce vivante.

Hab. dans la caverne de Khankhara, où l’on a trouvé des fragments de la mâchoire inférieure qui ne diffère pas de celle de l'espèce qui vit dans les mêmes endroits.

Genre XXVII Lepus L.

Le crâne se distingue par le trou jugal en forme de réseau, les molaires sont au nombre de 6 en haut et de 5 en bas.

Le genre est distribué par toute l'Europe, l'Asie et l'Amérique ; les ossements fossiles ne se trouvent que dans la couche moderne du terrain tertiaire et dans le terrain d’alluvion.

Esp. 38. Lep. cuniculus fossilis Cuv.

Les fragments de la mâchoire inférieure et des autres ossements, trouvés fossiles, ne montrent pas de différence avec l'espèce vivante ordinaire.

Hab. dans la caverne de Khankhara de l’Altaï, ainsi que dans l'argile moderne d’Odessa; il ne diffère pas du Lapin ordinaire.

Ordre cinquième.

F'era.

Les Carnassiers sont des Mammifères d'une taille petite, moyenne ou rarement grande, leur crâne est arrondi et leurs mâchoires sont plus ou moins allongées, l'os occipital est pourvu au milieu d’une crête très-haute à laquelle se fixent, des deux côtés, les muscles robustes de la mâchoire inférieure, dont le condyle articulaire est cylindrique, mais plus large en travers, Les dents sont très-nombreuses et variables,

avec la formule : TAN A ST Al les incisives sont scalpiformes, les canines

sont coniques et beaucoup plus longues que les autres dents, de sorte qu'il y a dans la mächoire opposée toujours un enfoncement ou une cavité pour les recevoir, les molaires sont un peu éloignées des canines et diffèrent par leur forme 1) comme molaires antérieures à pointes tranchantes (dentes molares cuspidati) qui s’usent ordinairement très-vite, elles sont pourvues d’une ou de deux racines; les premières sont quelquefois très-petites et tombent avec le temps de leur alvéoles; elles sont couvertes d’émail sur toute leur surface, qui n’entre pas en lamelles dans l’intérieur de la masse dentaire. Après ces molaires suit 2) une seule dent carnassière très-grande (dens carnivorus), qui, située au milieu des molaires, est beaucoup plus longue que toutes les autres, et pourvue, sur sa partie antérieure, de pointes tranchantes, et sur la postérieure de tubercules. Enfin suivent après celles-ci, 3) les molaires tuberculeuses (dentes tuberculati) (0— 1—2), égales en largeur et en longueur, ayant 4 tubercules ou davantage sur la couronne et 4 racines. Pius les mächoires deviennent courtes et les molaires tuberculeuses disparaissent, plus la. grande dent carnassière acquiert la forme d’une dent antérieure à pointe tranchante et plus le genre se nourrit exclusivement de chair. Les dépressions temporales sont très- profondes et les jugaux sont très-forts. Outre cela les clavicules sont incomplètes et les # ou 5 doigts sont pourvus d'ongles allongés et forts courbés en faux, La structure du squelette et surtout celle des molaires diffère suivant les genres, de sorte qu'on peut facilement reconnaitre les genres des carnassiers éteints. Ils se trouvent à l’état fossile surtout dans la couche moderne du terrain tertiairé et dans le terrain d’alluvion; beaucoup de genres de cet ordre vivaient encore en Europe dans les temps historiques et ne se sont éteints que dans les derniers siècles, en laissant

une grande quantité d’ossements fossiles dans les cavernes, comme p. e. les Ours des cavernes, les Lions et les Tigres des cavernes, espèces qui ne le cèdèrent ni en voracité, ni en grandeur aux espèces encore vivantes.

Famille dix-septième.

Pinnipedia.

Le corps des Carnassiers marins est très-allongé presque cylindrique, approprié à une vie aquatique, les pieds sont courts, robustes, et forment des nageoires, les postérieurs qui sont situés entièrement en arrière sont souvent réunis avec la queue; les incisives sont robustes, les canines sont allongées et les molaires sont plus ou moins tuberculeuses à tubercules pointus et comprimés des côtés, à pointes tranchantes sur le bord antérieur et postérieur, celle du milieu est la principale et par conséquent la plus grande, celles d'en avant et d’en arrière sont les plus petites; les molaires n’ont qu’une seule racine, à l'exception de la dernière qui en a deux, les pieds ont 4 ou 5 doigts, les doigts forment de nageoires.

Genre XXVIII Trichechus L.

Le crâne du Morse est presque prismatique à quatre angles, les jugaux sont forts à apophyse supérieure, qui sépare les grandes or-

bites des cavités temporales, l'os occipital est coupé verticalement en

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