‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la Russie (volume 2)Chapitre 9 sur 20 · LU . A · texte numérisé non relu

LU . A

à 6. sont très-constantes, les molaires

niques courbées; les dents :

se composent au milieu d'un ou de plusieurs cylindres semilunaires plissés et dentelés entourés par des bords en émail, qui sont aussi semilunaires du côté intérieur et dans les cavités desquels se voient des cylindres accessoires très-gros et plus longs que les cônes courts, minces et pointus du côté intérieur des dents molaires des Cerfs; ils s'usent avec l’âge et sont caves à l’intérieur.

Le genre se trouve dans la couche supérieure du terrain tertiaire et d’alluvion, et vit aujourd'hui dans le climat tempéré et le climat froid de tout le globe terrestre.

Esp. 24. Bos primigenius Bo. — Bostaurus fossilis m. — Bos latifrons Fisca.* — Le Tur (tour) des Slaves, le Boeuf primitif.

Le Boeuf primitif répond quant à son crâne à front aplati tout-à-fait au boeuf domestique et n’en diffère que par ses cornes, qui sont en général très-variables dans diffèrentes races du Boeuf domestique, dont les cornes sont contournées en haut et en avant, les cornes du Boeuf primitif au contraire sont recourbées à l'extérieur, et ensuite contournées en avant et en bas.

Hab. dans l’Altaï et l'Oural, ainsi que dans la Russie d'Europe, au gouvernement de Moscou, de Kiew, de Vilna et en Courlande; il y à, à-peu-près 90 ans, que la partie frontale d’un crâne, pourvue encore des deux épiphyses osseuses des cornes, a été pêchée avec un filet dans le fleuve d’Abau près de Zabeln et un autre dans un lac près d'Angern; le crâne a la largeur de 7 pouces entre les épiphyses frontales qui ont la longueur d'un pied et 2 pouces; l’autre était encore beaucoup plus grand. Les ossements de ce Boeuf primitif se trouvent aussi en beaucoup d’autres endroits du royaume de Pologne, où il vivait encore au 16e siècle sous Je nom de Tour: car le baron DE HER- BERSTAIN, ambassadeur de l'empereur d'Autriche, en 1558 près de la cour du Czar IWAN WASSILJEWITSCH l’a vu encore vivant en Mazovie et l'a décrit et figuré dans son récit de voyage **; c’est par conséquent le vrai Auer ou Mor des anciens Allemands.

# Prerer (traité élémentaire de Paléontologie. I. Paris) appelle pag. 309 le Bos primigenius ou Boeuf primitif, Bos priscus ou Bison primitif.

#* Lib, Bar. pe Hergersrax Rerum Moscovit, comment, pag. 81

JuLES César l'appelle Urus; il dit* que les bocufs sauvages (Urus) de la Germanie avaient une figure et une couleur semblables à celle des boeuïs domestiques (taurus), mais ils étaient pourvus de cornes beaucoup plus grandes et leur forme était aussi différente, comme on peut le voir encore maintenant chez eux.

Le Boeuf primitif vivait aussi au midi de la Suède; en 1840 on y a découvert en Scanie, en présence de Mr, NiLsSoN**, dans un marais de tourbe un entier squelette de Tour, dont la première vertèbre lombaire avait été, quelques années avant la mort, perforée par une flèche à pointe siliceuse. Les anciens habitants de la Scandinavie ont toujours fait usage de telles flêches à la chasse, comme on en rencontre dans tous les tombeaux des anciens Scandinaves. La pointe de la dite flêéche avait pénétré l’apophyse épineuse de la première vertêbre lombaire et avait passé dans la seconde dans Jaquelle elle est restée; la blessure s'était arrondie avec le temps, mais à la partie postérieure de l'os il se voit par la circonférence de la blessure que la flèche était aplatie en Forme d'une fléche siliceuse ancienne, et d’après la blessure de la seconde apophyse épineuse il suit distinctement que la flêche avait une pointe très-aigue, Nous voyons donc par cette observation que les Tours ont vécu au midi de la Suède encore dans les temps historiques et que les habitants d'alors leur faisaient la chasse, comme au 12°" siècle en Allemagne, Le Tour était peut-être déjà éteint en Allemagne et vivait encore en Suède et en Norvège, où j'ai vu à Christiania des bocaux faits de cornes de Tour ainsi que de celles du Zoubr, comme en faisaient usage dans de banquets les anciens Germains et encore aujourd’hui les Abkhases etles Tscherkesses du Caucase*"*, Les anciens Slaves se servaient aussi de tels bocaux; dans la chronique slave, copie de Nikon du 17i°me siècle, il est fait mention des cornes

sous le nom: ,,Urus sum, Polonis Tur, Germanis Auerox, ignari Bisontis nomen dederunt“*, en le distinguant du bison primitif par les mots suivants: ,,Bisons sum, Polonis Zubr, Germanis Bisons, ignari Uri nomen dederunt.‘*

De bello gallico lib. VI, cap. 28.

** Skandinaviska Nordens Ur-invanare 1, c. Tab, XV, fig. 175—177, pag. 96.

#%% Voy. mon ouvrage: Urwelt Russlands. Heft IT, pag. 136. Le bouc du Caucase (Capra caucasia Gürpsr.) s'appelle aussi Tour chez les Géorgiens et les Immérétiens, quoiqu'il n’ait pas de rélation avec le Boeuf primitif ou le Tour des Slaves,

de Tour ornées d’or, et dans le chansons anciennes populaires, comme aux nôces du Grand-duc W£zaDimiR IL. à Kiew, les cornes de Tour remplies de miel doux faisaient continuellement le Tour.

Le Boeuf primitif a habité auparavant aussi en beaucoup d’endroits de la Russie d'Europe et de la Pologne, quoiqu'il y soit aujourd’hui éteint partout; il a été détruit avec le temps par la chasse, que l'homme lui a faite continuellement, ou il a été apprivoisé par l’homme et il est devenu animal domestique; le Tour habitait sans doute en Mazovie avec le bison ou zoubr, bête sauvage et féroce, encore maintenant indigène en Pologne au gouvernement de Grodno dans la forêt de Bjalowesha, il vivait avec le zoubr partout en Allemagne encore dans les temps historiques ; le Tour habitait la Pologne ainsi que la Russie méridionale, comme on le voit aussi par la chronique lavrentienne mentionnée cidessus, dans laquelle se trouve le testament du grand Duc de Kiew, W£aADimMIR Monomakx, de l’année 1096, où il parle de sa chasse aux Tours dans les forêts de Tschernigoff; ils avaient une telle force, qu'avec leurs cornes, ils le jetèrent par terre, lui avec son cheval *. Le Tour habitait la Russie aussi d’après le poême slavon, d’un âge problématique, connu sous le nom de Pécissur le régiment d'Igor** dans lequel se trouvent plusieurs passages qui font mention des Tours sauvages, qui vivaient alors au midi de la Russie; ils vivaient sans doute encore dans le temps, où l’auteur anonyme de ce poême a composé son récit sur les exploits vaillants de son héros, qu'il nomme Bouï-Tour à cause de sa force; comme le nom de Tour lui est un équivalent du mot vigoureux. Ce poëême semble se rapporter au 12ième, siècle, quoique le seul original qui existât dans la bibliothèque da Comte MoussiINE-POUCHKINE et qui a péri dans l'incendie de Moscou en 1812, füt écrit au 16ième siècle; il a été traduit en russe moderne. L'action du poëme se passe en 1185; le héros était IGoR SwATos- LAWITSCH, prince de Novogord-Sewerski qui faisait alors sa campagne contre les Polowtsy, habitant alors aux bords du Don, où il y eut une grande bataille, près du fleuve de Kajal; les Polowtsy arrivèrent en masse des bords du Don, de la mer d’Azoff et de tous les côtés. Le langage du poëême est un dialecte septentrional (Sewerski) entremêlé de beaucoup de phrases de l’ancien dialecte slavon ecclésiastique.

* Voy. la chronique lavrentienne (lawrentjewskala ljetopis) à St. Petersbourg. 1846, pag. 104.

“* Voy. le poème dans la traduction russe par M. Minaserr à St, Pétersbourg. 1846,

Enfin on voit par quantité de noms de villages en Russie que les

Tours ont été généralement répandus non seulement au midi, mais aussi

au nord de la Russie; à ces dénominations appartiennent entre autres les villes et les villages suivants :

Tourow,

Tourowo,

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