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microscopiques ronds très-rapprochés les uns des autres et disposés en séries obliques, les tubercules étaient lisses et luisants; mais comme je n’ai pas rencontré de dents de Requins, il m'est impossible de déterminer le genre auquel appartenait cette peau chagrinée.
On rencontre beaucoup plus fréquemment des osselets d'ouie de Poissons à Bilka, à Tarnaruda, aux environs du village Krywezik eu Podolie; j'en ai déjà décrit plusieurs dans un autre ouvrage * qui donne aussi les figures exactes de ces osselets. Ils sont en général ovalaires, ayant un petit sillon longitudinal au milieu, les bords sont tranchants et arrondis, tout-à-fait comme dans les petits osselets d'ouie des Cycloïdes, principalement des genres des Cyprins et des Saumons, Un de ces osselets a une longueur de 3‘, une largeur de 1%/,## et une épaisseur de presque !/,/’; il est plat d'un côté à bord finement dentelé, de l’autre il est un peu convexe à sillon longitudinal au milieu, de sorte qu'il ressemble entièrement à l’osselet d’ouie {astericus), fixé dans le sac à part du vestibule de l'organe de l’ouïe des Poissons; il est toujours bleu-clair, transparent et frès-dur ; c’est la petite flèche {sagitta), autre osselet de l’ouïe qui se joint à celui-ci, mais que je n'ai pas réussi à retrouver à l’état fossile.
J'ai figuré sur la PI, XI (Fig. 27 «a b) de petites vertèbres de Poissons, trouvées dans la couche supérieure de notre terrain tertiaire près du village d’Akbouroune au bord de la mer d'Azow avec les ossements du Phoca pontica, dont je ferai mention quand je traiterai des Mammifères fossiles; les vertèbres ont une largeur de 3‘/ et appartiennent probablement aussi à un genre de Cycloiïdes, àl'Atherina pontica ou au Clypea encrasicholus, dont les empreintes se trouvent aussi dans le même endroit **; ce sont deux genres qui vivent encore dans la mer Noire.
J'ai trouvé dans le sable marin de Zukowce un corps fossile trèsextraordinaire, que j'ai cru devoir ranger d'abord *** parmi les éponges de la famille des Polypori, avec lesquels il a effectivement beaucoup de ressemblance à l'extérieur, mais bientôt une recherche microscopique de sa structure intérieure m'a montré que c’était un fragment d’un osse-
LS
Voyez Commentatio de Pecorum et Pachydermorum reliquis fossilibus etc. in Nov. Act. Acad. Natur. Curios. Leop. Carol. Tom. XVII, part. IT, pag. 756, Tab. XIV.
*# Voy. Mr. Huor, description des fossiles du voyage dans la Russie méridionale de Mr. Demiporr. Paris 1842, Tome Il, pag. 625.
## Voy. mon Naturhist, Skizze von Volhynien I. c. pag. 50.
ment quelconque, dont il serait très-difficile d'indiquer le genre et même la classe d'animaux à laquelle il appartient. Je n’ai trouvé qu'un seul fragment de cet os et sa forme générale me reste inconnue; ce fragment (voy. la PI. XI, Fig. 28-—29) à la longueur et la largeur d'un pouce et sa grosseur au milieu est de 4 lignes; l'un de ses bords est arrondi, l’autre est cassé et montre une structure double, qui dépend des deux surfaces de ce fragment. très-compact et dur à la surface supérieure qui est lisse, et celluleux, presque tubuleux à l’inférieure qui est finement tuberculeuse. Au premier coup d'oeil on croirait voir un Daedalea ou le Polyporus Hartmanni BENTL. de Surinam, car on y voit comme dans l'hyménophore de ce champignon des cellules allongées réunies entre elles sans ordre, et en bas dans l'hymenium de petits tuyaux verticaux, qui se séparent très-difficilement de l’hyménophore , tout-à-fait comme dans les Polypores; ces tuyaux se réunissent entre eux et sont disposés très-irrégulièrement. Pour mieux déterminer ce fragment problématique , j'ai fait une recherche microscopique de la couche compacte supérieure, (voy. PI, XI, Fig. 30) et j'y ai trouvé des canaux verticaux et des orifices arrondis, provenant de ces canaux coupés transversalement ; autour des canaux on voit quelques lamelles concentriques à corpuscules d’ossification très-distincts et disposés concentriquement; il s’en suit que ce fragment est un os pétrifié d’un poisson ou plutôt d'un reptile fossile ; on reconnait très-distinctement les petits canaux latéraux calcifères (ductuli chalicophori) qui sortent en rayonnant de ces corpuscules, comme cela se voit dans tout os; d’autres canaux un peu plus grands (canales medullares s. vasculares) sont entourés par des couches concentriques de ces corpuscules quoique un peu moindres, desquels proviennent de très-petits canaux calcifères.
La couche supérieure compacte de ce fragment diffère entièrement de l’inférieure ; elle est disse et pointillée à sa surface par les petits orifices des cannaux verticaux qui la percent et dont se compose toute cette couche. La couche inférieure ne contient que de grands canaux ou tuyaux verticaux et parallèles qui sont soudés et confluents entre eux et affectent une structure tubuleuse assez grossière ; c’est sans doute une structure toute particulière qui ne se rencontre ni dans les poissons ni même dans les reptiles, auxquels seulement pourrait appartenir cet os plat et gros, offrant la forme d’un fragment de la carapace pectorale d'une Tortue de mer, si, toutefois, ce n’est pas un os intermaxillaire de Requin ou deRaie, |
On rencontre plus souvent dans notre bassin tertiaire des dents de
d’Eichwald, Lethaea rossica, LI, 21
poissons, comme p. e. dans le sable tertiaire de Khotine au bord du Dniestr en Podolie; une de ces dents appartient au Galeus et a la longueur d’un pouce et la largeur d'un demi pouce, le bord en est tranchant et la pointe aiguë. J'ai fait mention de plusieurs autres dents de Requins fossiles dans mon ouvrage sur les Pachydermes et les Ruminants fossiles de Volhynie, sans pouvoir dire exactement, si ces dents provenaient effectivement du terrain tertiaire ou plutôt du terrain crétacé; elles semblent appartenir aux espèces de Carcharodon megalodon AG. “, de Carcharodon sulcidens AG. **, d'Oxyrhina xiphodon AG. **#, d'Otodus lanceolatus AG,+ et de Lamna elegans AG, ff.
Des dents d'une autre espèce se trouvent dans le sable tertiaire de Baktschissaraje et de Soudak de la Crimée et en d’autres endroits.
Enfin j'ai observé une dent très-petite dans le calcaire tertiaire de la Bessarabie, aux environs de Kischinew ; j'en ai donné une figure sur la PI, XI, Fig. 26; sa longueur est de 21/, lignes et sa grosseur de *4 de ligne; cette pelite dent est presque microscopique, conique, très-pointue, couverte d’un émail noir foncé, brun clair à l’intérieur, elle est très-polie et luisante, à stries longitudinales très-fines sur toute la surface; il est difficile, cependant, de décider si elle appartient à un poisson ou à un reptile; je la nomme Conodon pusillus pour lui donner un nom.
Ce qu'il y a de plus curieux encore ce sont les dents trouvées par Mr. DE NoRDMANN dans le calcaire tertiaire d'Odessa, car elles appartiennent aussi aux genres entièrement éteints de Pycnodon et de Scardinius, quoique la molasse d'Odessa semble être d’un àge très-moderne,
Les dents en émail de Scardinius Nordmanni HECK. sont comprimées, allongées et dentelées à la couronne, comme des dents molaires ; d’autres sont courtes presque cylindriques, à pointe aiguë ou comprimée et tranchante, comme de vraies canines ; c’étaient des dents maxillaires.
Le Pycnodon ponticus m,. se distingue par ses dents d’émail arrondies ou allongées, convexes en-dessus et concaves en-dessous ; elles étaient fixées au palais des poissons à leur base ronde par un bord élevé.
1. c. de Pachydermis et Pecoribus fossilibus Tab. LXIV, fig. 1. — ® Le fig. 7 — RC fes TRE ROUEN Los
Classe septième.
Reptiles.
Les ossements fossiles desReptiles de notre terrain tertiaire sont encore beaucoup plus rares que ceux des Poissons, je n’en connais que quelques fragments d'os de Grenouilles de Zukowce et de vertèbres de Serpents de la Bessarabie.
Les ossements fossiles d’une grande espèce de Grenouille (Rana volhynica m.) se rencontrent très-rarement dans le sable tertiaire de Zukowce qui ne contient que des espèces de coquilles de mer ; les os de Grenouille trouvés par moi-même dans ce sable parmi les coquilles de mer, y sont peut-être tombés par hazard , car les Grenouilles sont des animaux plutôt terrestres que marins. Deux os soudés ensemble, répondent entièrement au tibia et au péronée d’une petite Grenouille âgée d’un an, car on distingue très-bien les vestiges de la soudure de ces os tubuleux; les os ont une longueur de 8 lignes, les deux extrémités renflées ont une ligne de diamètre ; ils sont un peu moins gros au milieu, de sorte que cette espèce de Grenouille avait probablement la grosseur double de celle de l'espèce ordinaire ; les deux os étaient en outre distinctement séparés l’un de l’autre, quoique l’individu füt d’une grandeur assez considérable et que cette division disparaisse de très-bonne heure dans la Grenouille ordinaire, J'ai donné * la figure de cet os dans l'ouvrage cité et Mr. Pusca** a publié plus tard la figure d’un os semblable, trouvé dans le gouvernement de Podolie. Il a donné également la description et les figures de plusieurs ossements et vertèbres, qu'il croyait appartenir aux lézards et même au genre Sirène; ils avaient été trouvés, d’après cet auteur, dans une couche sablonneuse du terrain crétacé près de Goluschubinets en Podolie, On voit facilement d’après les figures que ce sont des vertèbres de serpents fossiles, qui ne se trouvent pas dans le terrain crétacé, mais bien dans le tertiaire de la Bessarabie. Les vertèbres figurées par Mr. Puscu *** ressemblent tout-à-fait aux vertèbres du Vipera Berus ou du Tropidonotus Natrix et sont de différentes grandeurs ; Mr. BLÔDE a rapporté de la Bessarabie des plus grandes (des vertèbres dorsales) et des plus petites (des vertèbres caudales); elles
* Nov. Acta Acad. Nat. Curios. 1. ce. Tab. LV{, fig. 11. ** Puscn Polens Palaeontol. 1. c, Tab, XV, fig, 5 f, #1 ©. Tab, XV, fig. 5 abc.
sont en général un peu plus courtes que les vertèbres de ces serpents; les vertèbres figurées par Mr. Puscx, sont beaucoup plus grandes que celles dont je donne la figure sur la PI. XJ, Fig. 31 a b et ressemblent à une espèce de serpent qui était plus grande que le Tropidonotus Natrix et surpassait peut-être même en PRE le Tropidonotus Sauromates.
La vertèbre représentée PI. XI, Fig. 31 a b appartenait aux vertèbres dorsales antérieures, elle est pourvue de deux arcs et de l’apophyse épineuse, soudée aux ares. Le corps de la vertèbre se distingue (fig. 31 a) par un enfoncement assez profond et arrondi à l'extrémité antérieure qui est plus large que la postérieure à laquelle on aperçoit une protubérance convexe et arrondie pour prendre place dans le creux de la vertèbre suivante; la base du corps de la vertèbre est pourvue au milieu d’une crête, plus distincte vers la partie postérieure. Les arcs de la vertèbre se distinguent par leurs apophyses obliques antérieures et postérieures très-prononcées, dont les dernières sont un peu plus grosses et un peu plus hautes que les antérieures, au dessous des-= quelles se trouve une apophyse transversale pour l’attache de la côte, L'apophyse épineuse (1. c. c) au milieu de la vertèbre est en forme d'une crête allongée ; la crête s’élève en avant entre deux petites apophyses antérieures, qui occuppent le bord antérieur de la vertèbre entre les apophyses obliques antérieures ; le bord postérieur de la vertèbre en arrière de la crête est profondément échancré, pour recevoir l’apophyse antérieure de la vertèbre suivante. L’extrémité postérieure de plusieurs vertèbres en dessous de la crête est percée d’un trou, qui semble manquer aux vertèbres des espèces vivantes de serpents; il se pourrait aussi .que ces trous ne fussent que le résultat d’une destruction accidentelle, car les vertèbres, en général, sont entièrement privées de leur gélatine, très-legères et presque transparentes.
Outre ces vertèbres dorsales, on trouve aussi de petites vertèbres caudales de la même forme (Fig. 31 d de grandeur naturelle, a b € grossie) et quelques fragments de côtes, d’une longueur de 2 lignes, un peu infléchies et élargies vers l'extrémité supérieure, à laquelle on aperçoit une apophyse arrondie pour fixer la côte à l’apophyse vertébrale; le fragment de la côte est creux en dedans et un peu anguleux, comme les côtes des Tropidonotes.
La machoire inférieure (1. c. Fig. 32 a—b grossie et c grandeur naturelle) ne se trouve représentée que par un fragment long de 6 lignes, sur lequel on reconnaît une fossette articulaire pour recevoir
l’apophyse articulaire de la machoire supérieure ; à sa partie postérieure la mâchoire inférieure se prolonge un peu en une apophyse assez marquée et à sa partie antérieure elle s’élargit, en s’élevant dans l’apophyse coronoïdienne allongée, mais très-mince, sur la surface extérieure de laquelle on aperçoit une grande fosette d'attache du muscle temporal ; la machoire inférieure se rétrécit d’abord vers l'extrémité antérieure et devient presque anguleuse ou plutôt anguleux-cylindrique. Elle est creuse et pourvue au bord supérieur d’un trou vasculaire, mais dépourvue de toutes les dents, parceque l'extrémité antérieure est cassée.
Mr. Puscx a décrit et figuré quelques ossements, qu’il nomme cornes dIguana* quoiqu'ils soient creux et plutôt semblables aux dents de quelques grands serpents, de Python ou de Boa qui selon les anciens auteurs polonais, comme d’après le récit deRzonczynski vivaient en Podolie encore dans les temps historiques. Il est difficile de déterminer cet os, décrit par Mr. Puscu *, sans l’avoir examiné.
Enfin Mr. pe NORDMANN m'écrit avoir observé en Bessarabie, dans le calcaire tertiaire à coquilles de mer, quelques fragments osseux de Tortues de mer.
Classe huitième.
Oiseaux.
On trouve très-rarement des Oiseaux fossiles et seulement dans les terrains tertiaire et d’alluvion ; leurs débris sont surtout très-rares en Russie. On en a trouvé quelques-uns dans l'argile tertiaire aux environs d'Odessa et dans le calcaire tertiaire de Bessarabie ; mais Mr. de NORDMANN, qui vient de les observer, ne s’est pas encore prononcé sur les genres auxquels ils appartiennent **,
Polens Palaeontologie I. c. Tab. XV, Fig. 5 ik. La soidisant dent fossile d’un Crocodile gigantesque de la terre d’alluvion au bord de l’'Oka (voy. Fiscn. DE WazpnEeim, Oryctographie de Moscou p. 199, Tab. IIE d) n’est, selon Cuvier, que le fragment d’une défense de Mammouth.
A. v. Norpmann, über fossile Knochen in Südrussland, voy. lPouvrage de félicitation: Jubilaeum semisaeculare FiscHErt DE WALDHEIM p. 9. Moscou 1847.
On en a découvert en Asie, dans les cavernes de l’Altaï, au bord des rivières des Khankhara et de Tscharysch, dans lesquelles les ossements se rencontrent dans une argile qui en forme le fond. Les os d'oiseaux qui s’y trouvent réunis aux ossements de mammifères, sont si peu changés qu’on les croirait tout-à-fait modernes et provenant d'oiseaux vivant dans ces cavernes. Les os sont toujours séparés les uns des autres et isolés et je ne connais pas encore de squelette entier dans une grande quantité d’ossements de ces cavernes conservés au Musée de l’Institut des Mines à St. Pétersbourg; il est donc très-difficile de déterminer les genres, auxquels ces os ont appartenu. Re
Les os sont en général petits et les genres d'Oiseaux n'étaient pas plus grands que les Corbeaux et les Perdrix ordinaires et appartenaient peut-être aussi à ces genres encore vivants de l’Altaï.
J'ai figuré entre autres la mâchoire inférieure d’un Corbeau, peut-être du Corvus monedula (voy. PI. XI, Fig, 33), elle est longue de 2 pouces et haute de 3 lignes; elle s’allonge en une pointe longue de presque 1/, pouce et s’élargit en arrière en une large facette articulaire, se prolongeant en trois apophyses très-longues, dont l'intérieure et la postérieure sont plus longues que l’extérieure qui est beaucoup plus courte que les autres ; il y a une fossette assez profonde entre ces trois apophyses, pour recevoir l'os carré de la mâchoire supérieure. Le grand trou de la mâchoire inférieure, indiquant la séparation antérieure de la mâchoire en plusieurs parties, se trouve près de son extrémité postérieure et a une forme ovale, ce qui lui donne une grande ressemblance avec la mâchoire inférieure de la Pie.
On rencontre très-souvent avec cette mâchoire les trois os métacarpiens, soudés si intimement qu’ils ne forment qu’un seul os du côté droit; cet os a plus d’un pouce et demi de long et se compose de l’os métacarpien du milieu (1. c. a) le plus grand et le plus long, et de deux latéraux très-petits , dont l’extérieur (I. c. b) est attaché da côté radial pour recevoir et fixer un petit doigt dans une fossette articulaire, et dont l'intérieur (1. c. c) est plus long et très-mince et se trouve du côté ulnaire, entièrement soudé en haut et en bas aux extrémités renflées du grand métacarpien médian; à celui-ci s’attache ordinairement le doigt médian composé de deux phalanges, mais qui ne s'est pas trouvé jusqu’à présent parmi nos ossements fossiles.
Le métacarpien moyen se distingue à son extrémité supérieure
par une apophyse du côté extérieur, peu marquée dans l'oiseau très-jeune.
Outre ces os, il se trouve souvent dans la caverne, le radius, dont les bouts sont ordinairement cassés, il est long de 2 pouces et gros d'une ligne et demie; à l'extrémité supérieure qui est renflée du côté intérieur il y a un trou pour l'entrée de l'air et vers l'extrémité inférieure du même côté on voit deux petites crêtes longitudinales pour l’attache des muscles de l'aile,
Enfin on rencontre aussi avec ces ossements les fourchettes (furcula) très-petites et minces, munies d’une appophyse très-courte, au moyen de laquelle elles étaient fixées au sternum.
Tous ces ossements sont probablement restés pendant longtemps ensevelis dans l’argile de la caverne, car ils sont fortement changés et très-légers ; ils peuvent donc être appelés fossiles, quoique les espèces d'oiseaux, auxquels ils appartiennent, soient peut-être encore vivantes. Quelquefois on rencontre aussi le bassin et les vertèbres lombaires soudées entre elles et avec le bassin, si bien conservées qu’il est presque impossible de considérer ces os comme fossiles, leur extérieur est si frais que ces os appartiennent sans doute aux espèces d'oiseaux vivant aux environs de ces cavernes.
Quelques naturalistes, comme Mr. SCHUBERT, séduits par les récits de Mr. HeDENsTRôM ** lors de ses voyages dans la Sibérie orientale, dans le terre des Youkaghirs et des Yakoutcs, ont admis un genre d'oiseaux fossiles gigantesques sous le nom de Gryphus antiquitatis; mais déjà Mr. Fiscx. DE WALDHEIM “** a démontré par des recherches paléontologiques que cet oiseau est un genre imaginaire fondé sur la dénomination des cornes fossiles du Rhinoceros tichorrhinus de Sibérie, que les Youkaghires appellent ordinairement ongles d'oiseaux fossiles, à cause de leur ressemblance avec des ongles de forme gigantesque. En prenant le crâne du Rhinoceros de 2!/, pieds de longueur pour le crâne de cet oiseau fabuleux et les cornes longues de 2 pieds pour ses ongles, on était parvenu à
donner à cet oiseau une envergure de 40 pieds. Ce récit trouvait
* Hoczmann, Handbuch der Petrefaktenkunde. Dresden 1831, p. 75. * Fragments sur la Sibérie (en russe) St. Petersburg 1850, p. 124. — G. Timkowskr, Reise nach China durch die Mongolei, aus dem Russischen von J. A. E. Scumipr. Leipzig 1825, 2. Theil, p. 97. #*#% Recherches sur les ossements fossiles de la Russie; partie I. sur le Gryphus antiquitatis des Naturalistes allemands. Moscou 1836,
d'autant plus de foi que Mr. TiImkowsx1, dans son voyage en Chine, parle d’un oiseau nommé Surung, qui habite les montagnes les plus élevées du Badakschan dans le Turkestan oriental, qui ressemble en volant à un nuage et qui peut emporter des chevaux et des boeufs entiers et dont les plumes des aîles ont une longueur de 8 à 10 pieds.
Classe neuvième.
Mammifères.
Les Mammifères fossiles de Russie sont depuis longtemps connus, car ils se trouvent en grande quantité dans le terrain d’alluvion partout dans la Russie d'Europe et d'Asie; mais la Faune des Mammifères d'aujourd'hui en général n’est pas aussi riche en espèces que celle de la période tertiaire moyenne et moderne; plusieurs espèces sont entièrement éteintes, telles que les Mammouths, les Mastodontes, les Rhinocéros, les Dinotherium et autres; mais plus nous approchons de la période moderne, plus nous trouvons dans les couches d’alluvion de toute la Russie des espèces de Mammifères vivant encore ou à peine différentes des espèces indigènes en Russie. Le bassin tertiaire de Vienne, si riche en poissons fossiles (on en compte plus de 65 espèces éteintes) a plus de 23 espèces de Mammifères fossiles; le bassin volhyno-podolien et celui de Bessarabie et d’Odessa n’est pas moins riche en espèces, et ce sont surtout quelques localités qui se distinguent par leurs richesses en ossements fossiles de Mammifères ; comme p. e. l’argile à ossements d’Odessa, dans laquelle Mr. DE NORDMANN * a recueilli dans un temps très-court 4500 ossements, 82 machoires,
1830 dents qui appartenaient au moins à 107 individus différents qui.
doivent y avoir vécu en familles, comme les mammifères des cavernes d'Allemagne et d'Angleterre. Des familles aussi nombreuses de Mammifères ne se rencontrent plus nulle part de nos jours en Russie.
La couche tertiaire moyenne contient très-rarement quelques débris de Mammifères, cependant près de Zukowce j'ai trouvé dans le sable marin quelques ossements fossiles d’un carnassier du genre Felis ou Viverra; ce qui est très-difficile à décider d’àprès un seul fragment osseux; d’autres se trouvent dans le calcaire dur de la Bes-
Journal d’'Odessa No, 26, année 1847.
LS
sarabie, et forment principalement le genre éteint Thalassictis de Mr. NORDMANN.
Beaucoup plus souvent les ossements des Mammifères se rencontrent dans la couche supérieure de la période tertiaire, que j'ai nommée depuis longtemps le terrain littoral* et qui a été nommée plus tard par Mr. DE VERNEUIL le calcaire des steppes, comme il n’occupe pas seulement le bord de la mer Noire et de la Caspienne, mais aussi les steppes à une grande distance du bord de la mer; la plupart des espèces | fossiles de ce terrain, comme le Phoca pontica,le Ziphius priscus, le Cerithium Rathkii sont des espèces éteintes; elles habitèrent la mer Noire, qui couvrait alors les steppes de la Russie méridionale jusqu'aux environs de Kiew et de Kharkoff.
Par la retraite de cette mer méridionale, de grands lacs méditerranéens restèrent en plusieurs endroits lacs dont Hérodote fait encore mention et dans lesquels vivaient des Loutres et des Castors: ceux-ci se trouvent encore fossiles près du lac d’Azoff dans l’espèce de Trogontherium Cuvieri et ceux-là répondent peut-être aux Viverres de Bessarabie, nommées maintenant Thalassictis robusta.
Le terrain d’alluvion de la Russie d'Europe et d'Asie est beaucoup plus riche en Mammifères fossiles, dont les espèces et même les genres de quelques-uns sont éteints, comme l’'Elephas primigenius, le Rhinoceros tichorrhinus, les Bos primigenius et priscus, l'Elasmotherium sibiricum, le Dinotherium proavus, le Mastodon intermedius et tant d'autres qui se sont retrouvés dans l'argile tertiaire d'Odessa, et dont nous ferons l’énumération spéciale ci-dessous; les Carnassiers, les Ruminants et les Rongeurs constituent la pluralité de ces Mammifères et nous révèlent une Faune toute différente de celle, qui peuple la Russie actuelle,
Les changements locaux du climat ont dù être fort grands pour amener un changement aussi remarquable de la Faune d’un empire aussi vaste que la Russie. Néanmoins la plupart de ces changements n'ont pas eu lieu simultanément et rapidement, mais peu à peu ou successivement dans le long cours des siècles passés ; or, il n’y a pas de doute que ces changements n’aient pas encore cessé dans le monde actuel et nous les voyons subsister non seulement dans la Faune du continent, mais aussi dans celle des mers de la Russie.
C’est ainsi que la mer Caspienne ne possède plus un bon nombre
* Naturh, Skizze von Volhynien. Vilna 1830.
d'espèces de coquilles qui peuplaient encore, il n’y a que quelques siècles, ses eaux saumâtres ; sa Faune diminue de plus en plus comme celle de la mer Morte, qui a changé aussi entièrement dans sa constitution chimique. Le même changement s'aperçoit aussi dans la Faune du continent du nord et du midi de la Russie. Les chroniques russes nous en nomment beaucoup d'exemples ; entre autres pour le district d'Ustsyssolsk au gouvernement de Vologda, pays dont les habitans étaient nommés par les Novogorodiens la Zawolotschnaja Tschud; c’est dans ce pays finnois du nord qu'habitaient beaucoup de Mammifères, recherchés de tous les temps à cause de leur fourrures précieuses. Ce fut vers 1385 que St. Etienne y apporta le baptême ; il y vivait alors des Castors, des Zibelines, des Tschernobouris (Canis argentatus) des Martes, des Hermines, des Loutres (Lutra vulgaris et lutreola) et beaucoup d'autres espèces, dont le souvenir seul est resté aux habitants, tandisque ces animaux de fourrure ont entièrement disparu. La destruction successive des forêts, l'augmentation de la population et les chasses continuelles faites à ces bêtes à fourrure ont dû sans doute beaucoup contribuer à la diminution ou à Ja complète destruction de quelques espèces indigènes de Mammifères. Nous voyons au moins maintenant, que la Zibeline ne se rencontre presque Jamais en deçà de l’Oural, mais toujours au-delà de cette chaine en Asie; c’est le même cas avec les Tschernobouris (Canis argentatus) qui nous fournissent des fourrures encore plus précieuses que la Zibeline ; ils sont connus sous le nom de Renards argentés (ou Silberfüchse) ; le Renard bleu“ est aussi une variété de cette espèce de Renards (c’est alors le Blaufuchs des Allemands); on les rencontre rarement aux bords de la Petschora au nord de l’Oural et en Sibérie; leurs peaux s’achètent surtout à la foire d’Irbite et il n’en vient plus ni du gouvernement d’Olonetz, ni de celui de Vologda. Le nord de la Russie d'Europe ne nous fournit que les Ours blancs et les noirs (d'Arkhangel), des Renardsblancs (les Pessetz des Russes, Canis lagopus) et de roux ou croisés (variété du Renard roux, distincte par une croix noire sur le dos), des Loups quelquefois très-grands, des Chats sauvages, quelques Loutres, les Hermines qui se trouvent partout dans la Russie boréale, où les Castors manquent au contraire entièrement, les Gloutons plus ou moins les Lynx et les Martres, qui ne se trouvent que trèsrarement dans certains endroits du nord de la Russie.
* Les Russes l’appellent Pessetz, comme le Renard blanc (Canis lagopus), mais il ne devient jamais blanc en hiver, comme celui-ci.
Quelques anciens livres de la douane du district de Jarem ou d’Ust-syssolsk de l'année 1639 nous montrent la grande différence des prix des pelleteries d’auparavant, en comparaison avec les prix d'aujourd’hui; la peau d’une Zibeline se payait alors 15 altyns, à peu-près 3 copeks d'argent d'aujourd'hui: tandis qu'elle se paie aujourd'hui 6 roubles d'argent, différence à peine concevable, si l’on n’ajoute pas à la plus grande rareté de la Zibeline le pénible et long transport de la Sibérie, qu’elle exige avant d’être arrivée chez nous. On faisait en 1639 la chasse aux Zibelines depuis les bords de la Petschora jusqu'à ceux de l'Wytschera, fleuve qui tombe à l'Est de la ville d'Ust-syssolsk dans la rivière de Wytschesgda, elles se trouvaient dans cette partie de la Russie d'Europe ensemble avec les Renards argentés, les Martes, les Gloutons, qui ne s’y rencontrent presque plus; les Zibelines et les Renards argentés y sont entièrement éteints.
Pendant que les toundres ou les marais du nord de la Russie d'Europe et d'Asie se développaient, il restait et au midi de la Russie beaucoup de lacs méditerranés formés par suite de la retraite de la mer Noire, qui en se desséchant de plus en plus, déposèrent le terrain noirouTschernosem, cet Eldorado de l’agriculture de Russie, mais qui ne contient de traces ni de Mammifères fossiles, ni de Coquilles de mer; il fourmille plutôt de carapaces siliceuses d’Infusoires et de Phytolithaires qui nous prouvent l’origine de ce terrain, simple sédiment mécanique des grands marais qui s'y trouvaient en grande abondance jusqu'au commencement des temps historiques. La Faune de ces contrées meridionales et surtout celle des Mammifères qui s’y était developpée successivement a dû subir de grands changements au fur et à mesure que les espèces étaient parvenues à leur plus haut développement; ces espèces après avoir commencé à diminuer successivement ont enfin terminé leur cycle de vie, comme p. e. les Cerfs à bois gigantesque, les Cheveaux sauvages, les Tours ou Boeufs primitifs qui y ont vécu encore jusq'aux temps du grand-duc Wladimir Monomakh. |
Aux genres fossiles les plus anciens de Mammifères apartiennent les Cétacés et les Carnassiers marins, qui se trouvent déjà dans la couche tertiaire moyenne; après viennent les Pachydermes gravigrades aquatques et les Ruminants fossiles qui étaient plus nombreux £t plus généralement distribués dans les deux Russies pendant la période des terrains d’alluvion que pendant nos temps historiques. Les Rongeurs et les Carnassiers terrestres se montrent plus tard, et ce n’est que dans les cavernes de l’Altai et dans l'argile
d’alluvion près d'Odessa, que leurs espèces augmentent en individus; les Chiroptères fossiles sont encore beaucoup plus rares. Le nombre des espèces fossiles entièrement éteintes est en général plus petit que celui des espèces qui habitent encore les mêmes régions, dans lesquelles elles se trouvent fossiles, car le nombre des espèces fossiles au nombre des espèces vivantes est à peu près comme 4 est à 5.
Ordre premier.
Cetaces.
Les ossements fossiles des Cétacés sont faciles à reconnaitre, parce que le crâne, les os des pieds et les vertèbres se distinguent par une conformation toute particulière; mais ils se trouvent en général très rarement et sont encore fort peu connus, principalement les espèces fossiles des couches tertiaires anciennes; nous en avons en Russie au bord orienfal et au bord septentrional de la mer Noire et près de Kertsch aux bords de la mer d’Azow et en Bessarabie , d’où provient aussi l'os du tympanum de la Baleine, découvert par Mr. de NORDMANN.
Famille première.
Balaenidae Cuv.
La tête des Baleinides est relativement au corps plus longue et plus large que dans la famille suivante ; l’occiput, déprimé d'en haut, ne s'élève pas très-haut; les apophyses zygomatiques sont très-prononcées à l'extérieur; la machoire supérieure au lieu de dents est garnie de fanons et l’inférieure est longue et très-infléchie. Les genres habitent encore maintenant l'océan et ne se rencontrent que par hazard dans Ja Méditerranée, dans la mer Noire et dans la mer Baltique; une jeune Baleine (Balaena longimana) a encore échoué en 1851 dans Ja Baltique près de Réval, où elle avait vécu pendant plusieurs années,
Genre I. Cetotherium BRANDT.
Le crâne est très-déprimé en arrière de haut en bas, le‘grand trou occipital est approché, comme dans le Dinotherium, du bord supérieur du crâne et entouré des deux côtés de deux condyles ovales trèsgros; les os zygomatiques se continuent en longues apophyses assez
grosses; la machoire supérieure se termine en arrière en pointe et se fixe à l’os frontal. Le genre fossile se trouve dans un calcaire tertiaire de la couche supérieure,
Esp. 1. Cetotherium Rathkii Br. *
Balaenoptera Rathke Mémoires de l’Acad. des scienc. de St. Pétersbourg. Tab. 1, Fig. 1.
Le petit crâne se trouve en fragment dans un calcaire très-dur, sa largeur entre les deux arcades zygomatiques n’est pas plus que d’un pied et demi, et sa longueur depuis l’os occipital jusqu'au bord antérieur de la machoire supérieure est de 5 pouces 8 lignes; il devait donc appartenir à une espèce de Baleine très-petite qui ne trouverait plus de semblabes parmi les vivantes.
Hab. près du promontoire de Takale de la presqu'ile de Tamane et près de la forteresse d’Anapa; le calcaire très-dur, dans lequel se trouvent ces fragments, est rempli de coquilles de mer non déterminées jusqu’à présent; je ne connais pas ces fragments par autopsie. Mr, RATHKE les a décrits sous le nom de Balénoptère; Mr. BRANDT en à fait une Baleine à fanons d’un ordre à part qui fait passage aux Sirenia de l’ordre suivant. Toutes les Baleines et les Balénoptères sont des habitants de l’océan, mais ces ossements se trouvent à l'embouchure d’une grande rivière qui se déversait dans le golfe ancien de la mer Noire, dans lequel pouvaient plutôt habiter des Dauphins que des Baleines, comme cela a lieu encore à présent ; le genre aurait ainsi plutôt appartenu aux Dauphins, si les ossements du Ziphius priscus doivent être rapportés au crâne mentionné ci-dessus, et dans ce cas-là le Cetotherium devrait être réuni au genre Ziphius. Le fragment de crâne, trouvé à Kertsch, forme toute sa partie faciale et occipitale; il y manque la machoire supérieure et les os intermaxillaires qui étaient peut-être allongés, comme dans le Chaenodetus et le Ziphius. En tout cas, il est très-difficile à décider, sans connaître la machoire supérieure, à quel genre appartient le crâne de Cetotherium et même la machoire inférieure que j'ai décrite sous le nom de Ziphius, et qui a beaucoup plus de rapport avec celle d'un cétacé de la famille des Dauphins, voisins du Chaenocetus,
* Branprt Notiz über die fossilen Knochen des Cetotherium, in den Verhandlungen der mineralogischen Gesellschaft zu St. Petersburg. 1844, pag. 239. .
que de celle des vraies Baleines, dont [a mâchoire inférieure est large et très-grande, beaucoup plus courbée et qui n’a pas, comme dans les fragments de Ziphius de Kertsch, des sillons longitudinaux du côté inférieur et supérieur, sillons qui sont peut-être les traces de l’insertion des dents.
Famille deuxième.
Rhynchocoeti Esoun.
Les deux mâchoires sont rétrécies en avant et s’allongent en un museau pointu; la bouche est petite et dépourvue de dents, qui ne se montrent que très-tard et à l’état rudimentaire ; la mâchoire supérieure est garnie de petits tubercules cornés, longs de 3 lignes, nommés ordinairement dents, ce qui à fait donner au genre le nom d’Hyperoodon; les yeux se trouvent à une grande distance en arrière de la bouche, le nombre des vertèbres et des côtes n’est pas grand; les nageoires pectorales sont petites et en-dessous du cou, on voit deux paires de sillons jugulaires. Il existe de cette famille dans l'Océan actuel le Chaenocetus (Hyperoodon) rostratus et le Micropteron (Delphinus) micropterum; dans l'océan antédiluvien vivait le genre Ziphius qui était très-riche en espèces. Le Chaenocetus se distingue surtout par les os de la face, qui s'élèvent très-haut et par sa machoire supérieure dépourvue de dents. La machoire inférieure a deux paires de dents de devant très-grandes, les molaires sont, au contraire, petites et rudimentaires. Le Micropteron n'a pas de hautes apophyses osseuses de la mâchoire supérieure et a beaucoup de rapports avec le Ziphius planirostris.
Les nouvelles recherches de Mr. EscaricaT* ont prouvé que tous ces genres se nourrissent principalement de Teuthis et de Loligo, et il leur a donné paf cette raison le nom de Teuthophagi; le troisième estomac est divisé en 7 ou 9 cavités; les espèces montrent en outre des traces de sillons ventraux comme les vraies Baleines. Mr. SCHLEGEL les avait nommés apparavant Dauphins édentés parce que les dents se trouvent toujours en état rudimentaire à l'exception des genres Hyperoodon, Physeter et Monodon qui appartiennent aux Teutophagi. Les vrais Delphinoideï pourvus de dents sont
Escuriour Untersuchungen über die nordischen Wallfische. Leipzig. 1849. Mit Kupfern in fol.
rangés maintenant parmi les Ichkyophagi, comme les genres Delphinus, Phocaena, Platonista, qui l'en éloignent plus ou moins et forment par les Balacnoptérines le passage aux vraies Baleines à fanons,
Genre I. Ziphius Cuv.
Les machoires sont étroites allongées et sans dents (?) l’inférieure est aplatie en dedans convexe, en dehors, le bord supérieur arrondi a un grand canal vasculaire au centre et des petits trous vasculaires du côté extérieur de la machoire, le bord inférieur est tranchant; les narines (d’un crâne décrit par CUVIER) sont fixées sur les apophyses osseuses qui s'élèvent très-haut et forment avec les os du nez des ouvertures escarpées, les os zygomatiques sont gros, les vertèbres sont grosses et aplaties aux deux extrémités, à grandes apophyses transversales et à grosses apophyses épineuses; de grosses branches latérales de Ja grande artère caudale passent par les trous des apophyses transversales des deux côtes; les vertèbres caudales sont pourvues à leur face inférieure de grandes apophyses épineuses inférieures (haematapophyses) pour la réception de cette artère; les os des nageoires antérieures sont les mêmes que dans les Dauphins.
Esp. 2. Ziphius priscus m. Tab. XII.
Urwelt Russlands Heft I. St. Petersburg 1840, mit Kupfern in 8.
Je l’ai déjà décrit autrefois d’après quelques ossements de la collection de la Société minéralogique de St, Petersbourg, tout récemment le Musée de l'Institut des mines a reçu plusieurs autres ossements, découverts à Kertsch par un de mes éléves Mr. ANTiPorr, lieutenant du corps des ingénieurs des mines, je les ai fait figurer ici; ces os prouvent encore davantage leur affinité avec ceux des Dauphins.
Hab. près de Kertsch et sur la presqu’ile de Taman, quelquefois dans des couches d’une mine de fer, ce qui rend ordinairement les ossements noirs et pesants; dans d’autres couches ils sont bruns ou jaunes ; Mr. de NORDMANN m'a communiqué (in litt.) qu'il se trouve des os de vrais Dauphins fossiles en Bessarabie, ce sont surtout des vertèbres et la caisse de l'organe de loue ; il est bien possible, qu’elles appartiennent au Ziphius priscus.
La mâchoire inférieure de ce Ziphius (voy. Urwelt Russlands Heft F, PI. I, Fig. 1—2) forme un os très-allongé et un peu courbé à l’éxtrémité postérieure; elle est convexe à l'extérieur, aplatie à l’intérieur et pourvue au centre d’un très-grand canal pour le passage
de l’artère de la mâchoire inférieure (arteria alveolaris inferior); ce canal est beaucoup plus grand à l'extrémité postérieure que vers l'extrémité antérieure de la mâchoire; ïil occupe le centre même au milieu de la mâchoire, mais à l’extrémité antérieure il se rétrécit de plus en plus et occupe le bord supérieur de la màchoire, comme dans les Dauphins (Ce bord supérieur est arrondi, renflé et se distingue du côté intérieur par un sillon longitudinal, et du coté extérieur par une rangée de petits trous vasculaires, pour la sortie des vaisseaux artériels et des nerfs de la mâchoire inférieure, comme dans le Chaenocetus. La structure intérieure de la mâchoire inférieure est osseuse, assez compacte, mais celluleuse vers le bord supérieur et au centre de la mâchoire. ( »
On ne voit nulle part des dents, mais dans un fragment de la mûchoire inférieure long d’un pied on remarque du côté intérieur un canal longitudinal près du bord supérieur, dans lequel étaient peut-être fixés de petites dents rudimentaires *, comme dans le Chaenocetus rostratus, qui a en outre deux paires de grandes dents à l’extrémité antérieure de la mâchoire inférieure, que je n’ai pas encore réussi à voir à l’état fossile ; je n’ai pas non’plus observé la mâchoire supérieure et le crâne même, si le cràne décrit par Mr. RATHKE sous le nom de Balenoptère ne lui appartient pas, comme le croit Mr. BRANDT, goiqu’il pût appartenir aussi à une autre espèce de Ziphius, ayant quelques rapports avec le crâne du Chaenocetus.
Les vertèbres sont pourvues de très-hautes apophyses épineuses supérieures et inférieures et ont une forme très-différente suivant l'endroit de leur attache.
Les vertèbres lombaires (PI. XIL Fig. 1, vues d’en arrière, Fig. 2 vues d'en bas) d’un jeune individu se distinguent par leurs Jongues apophyses transversales presque toutes droites et par les apophyses épineuses supérieures très-grosses, mais courtes, des deux côtés desquelles s'élèvent aussi des apophyses obliques courtes; le canal médullaire est comprimé des deux côtés, et par conséquent plus large que haut, caractère distinctif des vertebres du Dauphin. La face inférieure de cette vertèbre (PI. XII, Fig. 2) est pourvue d’un
* Il y a une grande ressemblance entre ce fragment et le morceau d’une machoire inférieure d’un Cétacé, fossile du terrain tertiaire de Wurtemberg, voy. le grand ouvrage publié par Mr. G. F. Jäcer fossile Säugthiere von Würtemberg. Stuttgart. 1835. Thl.1, pag. 7, PL. I, Fig. 26.
profond canal pour la branche latérale de l'artère caudale (arteria sacralis media); le jeune âge de cette vertèbre se voit par les lames orbiculaires osseuses ou des apophyses, fixées sur les deux extrémités du corps et qui ne sont pas encore entièrement soudées au corps; je connais aussi des vertèbres de la double grandeur et néanmoins tout-à-fait de la même forme, mais sans ces apophyses lamelleuses aux extrémités. La vertèbre que j'ai figurée appartient sans doute aux premières lombaires, parceque les apophyses obliques sont droites et non inclinées obliquement en avant, comme dans le Dauphin.
La vertèbre caudale (PI XII, Fig. 3) est très-grande; elle est haute de 2 pouces 10 lignes et presque de la même largeur, la longueur est de 2 pouces 5 lignes; parmi les arcs du petit canal dorsal s'élève une apophyse longue et haute (I. c. 4); les apophyses transversales sont plus petites (1. c. b) et entre les deux apophyses transversales et obliques (I. ec. c) se voient des apophyses encore plus petites (I. c. d), entre lesquelles et les apophyses obliques articulaires a passé une grande artère, branche de l’artère caudale principale, ce qui fait que son canal se trouve sur la face inférieure du corps vertébral, entre deux proéminences assez grosses (I, c. e). Une branche de la grande artère s'élève tout droit de chaque côté de la vertèbre dans un canal particulier près de l'extrémité postérieure du corps vertébral, en venant du canal artériel mentionné ci-dessus.
De toutes les autres vertèbres caudales, la vertèbre représentée sur la PI. XII, Fig. 8, est remarquable non seulement par sa grandeur, mais aussi parceque toutes les apophyses ne font pas une saillie aussi forte que dans les deux vertèbres que j'ai décrites ailleurs*. Ses apophyses transversales sont petites, les arcs etles apophyses épineuses sont à peine distinctes, le canal artériel de la face inférieure du corps vertébral est très-grand; au milieu des deux côtés, s’élève une branche latérale de cette artère, qui passe par le trou de l’apophyse transversale pour se diriger en haut, et dont partent quelques petites ramifications latérales.
Mr. ANTIPOFF a trouvé une rangée entière de vertèbres caudales, réunies encore entre elles; leur forme générale, mais réduite d’un tiers est représentée sur la PI, XII, Fig. 12 ; réunies, elles ont une longueur de 2 pieds 2 pouces. La première vertèbre a presque la forme
* Urwelt Russlands, Heft [, PI, I, Fig. 1 et 2. d’Eichwald, Lethaea rossica. F 22
globuleuse de son corps, ses apophyses transversales sont larges et percées de trous pour les branches latérales de la grande artère caudale qui se dirigent en haut; au dessus de ces apophyses il s’en trouve d’autres qui sont plus longues, obliques et articulaires et en-dessous de celles-ci il y a de pétites apophyses pour le passage des vaisseaux : l’apophyse épineuse supérieure est très-grosse, les autre apephyses diminuent peu-à-peu de grandeur, à mesure que les vertèbres deviennent plus petites.
J'ai décrit et figuré (PI. XII, Fig. 3) de grandeur naturelle la quatrième des vertèbres de cette rangée.
. La cinquième vertèbre est pourvue d’apophyses antérieures plus
petites, les antérieures supérieures sont un peu obliques, mais l’apophyse épineuse est assez haute; son corps est beaucoup plus haut que large et pourvu d’un canal latéral artériel qui ne s’observe pas dans les vertèbres suivantes.
La septième vertèbre (PI, XII, Fig. # a, b, © grandeur naturelle et Fig. 12 réduite au tiers) est très-comprimée des deux côtés; elle a 31/, pouces de haut, sa largeur est égale à sa longueur, c. à. d, de 2 pouces 2 lignes; sa forme générale est donc elliptique et aplatie aux extrémités, le canal médullaire est très-petit, les arcs ne s’élèvent pas beaucoup et l’apophyse épineuse qui se trouve entre eux est trèslongue et mince, les apophyses transversales lui manquent entièrement, comme à la sixième vertèbre.
La base du corps est pourvue d’un très-grand canal profond pour l'artère caudale (arteria sacralis media), percé au milieu de plusieurs petits trous pour les branches artérielles latérales; les côtés de la vertèbre ont quelques petits sillons, qui répondent aux empreintes des branches latérales de l'artère caudale.
Les deux vertèbres suivantes sont plus hautes que larges, et les trois dernières sont beaucoup plus larges que hautes ; voy. PI. XIT, Fig. à et 12; la vertèbre représentée sur cette planche est presque quadrangulaire; elle est large d’un pouce 7 lignes, haute d’un pouce 3 lignes et longue de près d’un pouce; l’extrémité articulaire antérieure est un peu plus concave que la postérieure qui est plutôt un peu convexe; on remarque au milieu de la base deux trous artériels, situés dans un seul sillon provenant de lempreinte de l'artère caudale; les deux artères, en passant par le corps vertébral, s’écartaient l’une de l’autre et sortaient au bord supérieur de la vertèbre (1 ec. b); on aperçoit au milieu de ces trous deux autres très-petits trous, entre les-
quels se trouve un troisième plus grand. Les deux côtés de la vertèbre, enfin, se distinguent par quatre angles à grosses apophyses obtuses, entre lesquelles il y a des deux côtés un très-grand enfoncement longitudinal, qui fait distinguer principalement les dernières vertèbres des antérieures.
Les vertèbres caudales sont pourvues en outre à leur base de quelques proéminences pour l’attache des apophyses épineuses inférieures (les haematopophyses), très-développées dans les poissons, dans les reptiles et dans quelques mammifères; elles sont fixées (Fig. 12) aux deux vertèbres voisines, les médianes sont plus grandes que les extrêmes; une des plus grandes est représentée sur la PI, XII Fig. 7; les deux arcs sont gros et s'unissent en bas en formant un angle tranchant constituant ainsi un très-grand canal pour l'artère caudale. Celle-ci envoie des deux côtés une branche qui, sur les vertèbres caudales antérieures, traverse les apophyses transversales et aparait en-dessous de l’apophyse épineuse supérieure ; dans les dernières vertèbres la branche latérale de l'artère passe par le corps de la vertèbre, même dans les vertèbres près du milieu de la queue, de sorte qu’elles sont percées de deux canaux verticaux, dont chacun est quelquefois de nouveau divisé en haut en deux canaux vasculaires.
Les côtes se trouvent très-rarement bien conservées; j'ai figuré le fragment d’une des premières (PI. XII, Fig. 10), long de 5 pouces sur une largeur au milieu d’un pouce 5 lignes et une grosseur de 9 lignes; sa surface est lisse d’un noir foncé, la structure osseuse en est celluleuse au centre et très-aplatie principalement à lextrémité supérieure qui est rétrécie (1. c. &); à l'extrémité inférieure qui est un peu renflée elle est très-compacte à l’intérieur et sans cellules.
Les autres côtes sont plus larges (PI, XIIL, Fig. 11), plus aplaties et pourraient être considérées comme les côtes postérieures d’un grand individu; le fragment que j'ai représenté a une largeur de 2 pouces 3 lignes sur une épaisseur de 10 lignes et diffère par conséquent beaucoup de Ia première côte.
Un os des plus remarquables trouvé aux environs du promontoire d’Akbouroune, à une distance de 4 verstes de Kertsch, c’est un humerus (voy. PI. XIE Fig. 9 a, b, c) du côté droit; il a 5 pouces de longueur, 21/, pouces de largeur au milieu, et un pouce et demi d'épaisseur; le condyle se trouve du côté extérieur, il est entièrement globuleux à l’extrèmité supérieure et a une circonférence de 2 pouces; il est pourvu au bord supérieur et intérieur d’une apophyse assez marquée,
à l'instar de l’apophyse de l'humerus du Phoque commun, du Dauphin et du Chaenocetus, mais pas d’une Baleine à fanons, dans laquelle cet os est ordinairement beaucoup plus comprimé. L’extrémité inférieure de cet humérus est pourvue de deux faces aplaties, larges et inégales, par lesquelles il se joint aux extrémités supérieures du. cubitus et du radius, comme dans les Dauphins, dans lesquels cet os est en général beaucoup plus long que dans les vraies Baleines à fanons, comme p.e. dans le Pterobalaena minor groenlandica”; le Ziphius priscus a plus de rapports aussi dans ce cas-là avec les Dauphins qu'avec les Zabines.
Ordre second.
Pachyderma ** Cuv.
Les Pachydermes ont habité la Russie en grand nombre pendant la période tertiaire; quelques-uns de leur genre sont entièrement éteints, et complètent par leurs ossements fossiles les genres vivants, difficiles à lier entre eux; les Pachydermes se sont montrés plus-tôt que les autres Mammifères, surtout que les Carnassiers, pour la subsistance desquels il fallait que d’autres animaux existassent. Le plus grand nombre des différents genres des Pachydermes ont vécu pendant toute la période tertiaire, principalement vers la fin de cette période et vers le commencement des temps d’alluvion, pendant lesquels les Pachydermes habitaient non seulement les régions équatoriales et tempérées, mais aussi les contrées septentrionales, qui n'étaient pas couvertes alors de glaces éternelles, dont le développement subit a dù rétrécir notablement les limites de la distribution géographique de ces genres colossals vers le nord. Dans la période de la terre d'aujourd'hui, aucun genre de Mammifères n’a de distribution semblable aux Mammouths ou aux Mastodontes du monde primitif.
Famille troisième.
Sirenia Ir.
Les pachydermes aquatiques diffèrent des Cétacées qui se nourrissent principalement de Poulpes, de Mollusques, de Poissons et
* Escaricur 1. c. Tab. XII, Fig, D, ** On écrit ordinairement Pachydermata, mais c’est sans doute une faute contre la longue grecque, dans laquelle se trouve le mot xa- Xvdepuos, a, ov, ayant au pluriel du neutre en latin Pachyderma, orum,
méme de quelques Mammifères, comme p. e. l’Orca, en ce qu'il sont herbivores; leur crâne est allongé en avant, les narines et les orbites sont rapprochées du front et la mâchoire inférieure est grosse et robuste, les vertèbres du cou restent libres, sans se souder entre elles; il y a au moins des dents incisives supérieures et des molaires toujours développées; les pieds de devant ont 5 doigts assez développées et le bassin a ses os plus développés que dans les Cétacées, Les Siréniens forment selon Mr. DE BLAINVILLE une famille avec les Eléphants et les Mastodontes, qui n’en diffèrent que par leur vie terrestre; c'est pourquoi il les à appellés Gravigrades terrestres et les premiers Gravigrades aquatiles; on les compte ordinairement dans l’ordre des Cétacées.
Genre IIL Dinolherium Kaur.
Le crâne colossal a des dents — Te, les molaires ont beaucoup de rapport avec les dents du Tapir, la première est la plus petite et tombe dans la jeunesse, comme une dent de lait; les deux incisives de la mâchoire inférieure sont très-longues, rapprochées, comprimées des côtés et recourbées en bas; un large et profond enfoncement de la mâchoire supérieure devant les os du nez laisse soupconaer un grand développement de la lèvre supérieure, comme dans le Tapir ou même une trompe large, comme dans l’Eléphant, mais l'animal était sans doute aquatique, ce qui se voit par l'os occipital, dont le condyle occipital est situé très-haut, comme dans les Cétacées; en outre le crâne colossal très-large et déprimé était fait pour être soutenu dans l’eau plutôt que dans l'air. Le genre s’est trouvé jusqu’à présent dans les couches tertiaires supérieures, mais non pas dans le
terrain d’alluvion.
Esp. 3. Din. proavus m.
Commentatio de Pachyd. et Pecorib. Lithuaniae, Volh. et Podol. dans Îles N. Act. Nat. Curios. Acad. Leop. Car. Vol. XVII, P. II, Tab. LVI et LVIT, sous le nom de Mostodon.podolicum, Tab. LX, fig. 1—5 Ces molaires en grand. natur.
A en juger d’après les molaires et le fragment de la mâchoire inférieure cette espèce a été plus grande que le Dinoth. giganteum KauP, duquel elle diffère par un autre fléchissement de la mâchoire inférieure et par deux proéminences tuberculeuses près du fléchisse-
ment; l’enfoncement au milieu de la mâchoire est plus grand, plus profond et d’une autre forme, que dans le Dinoth. giganteum, dans lequel le trou du nerf inframaxillaire ne se prolonge pas dans un sillon longitudinal, comme dans l’espèce.de Podoïie; une des molaires supérieures du côté droit se distingue par un enfoncement marqué du côté intérieur, qui ne se voit pas dans le Dinotheriu m gigante Ur.
Hab. près du village de Rachnow ljasssowy du district de Jampol, gouvernement de Kamenetz-Podolsk; tous les ossements sont pénétrés d'oxyde de fer ; par conséquent ils sont très-lourds et les molaires sont changées en opale noire,
On a trouvé en Podolie la première et la troisième dent molaire inférieure du côté gauche dans un sable tertiaire ferrugineux tout-à-fait comme à Eppelsheim au bord du Rhin.
Le genre est commun à toute l'Europe méridionale depuis les Montagnes des Pyrénées et le bord du Rhin jusqu’au Dniepr. Les os des extrémités ne sont pas encore connus, quoique Mr. LARTET présume qu'il les a découverts en France près de Sansan; il s’en suivrait dans ce cas-là que le Dinotherium a été un genre intermédiaire entre les Ma mmouths à incisives supérieures etles Manates à incisives infèrieures, s’approchant un peu plus des premiers. Mr. DE NORDMANN a découvert aussi une petite molaire dans le calcaire littoral d’Odessa.
Genre IV. Rhytine IL. ;
Le crâne muni de deux narines est dépourvu d’incisives et de cavines ; il manque même de vraies molaires, au lieu desquelles les mâchoires sont pourvues de lames cornées à sillons transverses obliques, et dont l’une se trouve au palais et l’autre sur la màchoire inférieure ; les pieds du devant sont seuls développés, petits et sans ongles; le genre est en général peu connu, Il vivait encore au commencement de ce siècle dans l'océan Oriental entre l'Asie et l'Amérique, mais depuis ce temps il n’a plus éte observé et compte parmi les genres éteints, peutêtre à tort.
Esp. 4. Rhyt. (Manatus) borealis PALL.
La tête de la Vache de mer est presque ronde, la nageoire caudale est semilunaire et le corps des deux côtés couvert de sillons transversaux ; la longueur du corps est de 24 pieds.
Hab. au promontoire des Vaches de mer de l'ile de Béring, près de l'ile de Cuivre et decelle d'Attou, qui appartiennent. au groupe des
iles Aléoutiennes ; il se trouve près du bord de ces iles des os isolés de pieds, des crânes, des côtes, des vertèbres dans le sable mouvant du littoral, rejeté du fond de la mer par les ondes. On recontrait auparavant très-souvent des Vaches de mer au sud vers le bord de l’Amérique boréale , mais avec le temps, exposées aux poursuites continuelles des Aléoutes, elles se retirèrent davantage vers le nord, d’abord à l'ile d’Attou, à celle de Cuivre et de Bérinse, où Mr. STELLER les a vues encore vers la fin du siècle passé en telle quantité, qu'elles auraient pu offrir une nourriture suffisante à tous les habitants du Kamtschatca, aux bords duquel elles vivaient dans des bas-fonds sablonneux, près de l’embouchure des fleuves; mais enfin elles se retirèrent à cause de ces poursuites encore davantage vers le nord et se trouvent peut-être à présent plus près du continent de l’Amérique, dans l’océan Glacial où elles peuvent se cacher et rester à l'abri des poursuites des Aléoutes.
Genre V. Manatus Ronp.
Le Lamantin est pourvu d'incisives supérieures, rarement d’incisives inférieures, les canines manquent toujours, les molaires, au nombre de 8 à 9 aux deux mâchoires, sont marquées de 6 tubercules ; le jugal est très-robuste, comme dans la Halicore:; les nageoires antérieures ont 5 doigts, dont # sont pourvus d'ongles plats; les côtes sont presque cylindriques, Le genre se trouve dans l’état fossile en beaucoup d’endroits, dans la couche moyenne et supérieure du terrain tertiaire et vit encore actuellement dans des golfes et des fleuves de l'Amérique méridionale ; il est herbivore.
Esp. 5. Man. maeoticus m.
Je n’en connais que des fragments de côtes et peut-être la der-. nière phalange d’un doigt très-marquée.
Hab. dans la couche supérieure tertiaire près de Kertsch, dans la presqu'ile de Tomane et probablement aussi dans les environs de Kischenew.
L’os que j'ai décrit dans mon Monde primitifdeRussie*, a beaucoup de rapport avec une côte; elle a 6 lignes de long, 1 pouce 10 lignes de haut et 2 pouces 3 lignes de large; elle est un peu com-
Mr. »ë Bramnvirse (Ostéographie des classes d'animaux vertébrés, fascicule XV, pag. 40) nomme les os du Lamantin compactes; les os longs, dit-il, ont une structure forte, éburnée et sans cavité médullaire proprement dite ; tant le duploé est serré.
primée de côté, et arrondie au bord en haut eten bas ; elle s'amincit un peu vers l'extrémité antérieure; sa structure est très-compacte et forte comme celle des os déManatus en général qui se distinguent par leur structure très-forte et compacte; elle n’est jamais celluleuse, comme les os des autres Mammifères aquatiques ; il ne se voit dans l'interieur de cette côte aucune cavité celluleuse ; sa surface est lisse, quoique l'extrémité inférieure du côté antérieur montre quelques traces de sillons rameux, provenant des artères costales. La recherche microscopique m'a montré non seulement les corpuscules osseux, mais aussi les canaux médullaires (vasculaires) ; les premiers sont elliptiques, souvent ovales, limités de tous les côtés, comme dans les os en général; les petits tuyaux calcifères (tubuli chalicophori) qui en sortent, sont très-distincts et nombreux; les corpuscules osseux sont disposés quelquefois en rangées concentriques, comme dans les os en général; les canaux médullaires se divisent souvent et se trouvent partout parmi les corpuscules, en sorte que l’os mentionné ne peut-être une dént incisive, à la quelle elle ressemble au premier coup d'oeil,
Un autre fragment d’une côte appartient probablement à cette espèce de Lamantin ; il est aussi tout-à-fait compacte et presque ovale sur la coupe transversale arrondi aux deux bords, voy. la PI. XIIT, Fig. 23; une forme semblable distingue les côtes du Lamantin et du Halicore, mais ne s’observe pas dans les autres genres de Cétacées ou Gravigrades aquatiques, exceplé dans le Zeuglodon qui vraisemblablement appartient à cet ordre des Mammifères marins, Cette côte est en outre toute noire, un peu infléchie et de la grosseur d’un poxce une ligne ; sa largeur est d’un pouce quatre lignes, comme cela ne se voit pas dans les côtes du Ziphius priscus, trouvées avec ses autres ossements *,
Enfin je dois faire mention d’un os douteux que je crois être la dernière phalange onguéale d’un doigt (dont j'ai donné la figure dans mon ouvrage Urwelt Russlan ds Heft I, PI. I, fig. 5—-6); l'os en
La côte décrite par Mr. DE BLaiNvizze (1. c. PI, X,g) comme côte de Lamantin de Bessarabie n'appartient pas, à ce que je crois, au genre Manatus, mais plutôt aux Phoques, quoique d’après les observations de Mr. ne Norpmann (über einige fossile Knochen von Südrussland, dans l'ouvrage pour le jubilé de Mr. Fisoner pe Waroneim à Moscou, 1847, pag. 11) ïl se trouve de vrais os de Lamantin en Bessarabie, qui se distinguent par leur grandeur énorme; ils sy rencontrent avec les ossements du Trichechus près de Kischenew.
est très-large, d'une largeur de 2 pouces et d’une longueur de 3 pouces 6 lignes; il est très-renflé à un bout et très-déprimé à l’autre; ces deux bouts sont arrondis, et l'extrémité renflée montre très-distinctement la facette articulaire pour recevoir la phalange suivante de ce doigt, A en juger d'après sa forme générale, la côte ressemble beaucoup à la seconde phalange du grand doigt des espèces vivantes de Lamantin, et ne se distingue que par sa grandeur très-marquée d’une semblable phalange du Manatusaustralis, tout-à-fait comme la côte mentionnée ci-dessus qui est beaucoup plus grosse que la côte de ce Manatus, car l’espèce antêdiluvienne surpassait beaucoup en grandeur la vivante. La surface de la phalange digitale est marquée de plusieurs enfoncements transversaux et inégaux, peut-être, parce que se fixaient sur cette surface les muscles et leurs tendons; l'os est celluleux en dedans et poreux sans aucune cavité médullaire.
Famille quatrième.
Proposcidii Cuv.
Le crâne énorme des Eléphants se distingue par ses deux incisives très-longues et courbées et par ses deux grandes molaires à large couronne , les quatre pieds à 5 doigts sont couverts jusqu'aux extrémités par une peau très-grosse; ce sont les Gravigrades terrestres de Mr. DE BLAINVILLE qui a démontré le premier que ces animaux font le passage à la famille précédente.
Genre VI. Elephas EL.
L’Eléphant se distingue par son corps énorme et par la longueur
1e On
de sa trompe. Les dents 5? les incisives de la mâchoire supé-
rieure sont très-longues et très-courbées, les molaires, une ou deux dans chaque mâchoire, se composent de lames verticales osseuses, couvertes d'un émail particulier et séparées les unes des autres par un ciment osseux; ces dents se développent continuellement d’arrière en avant; la première tout-à-fait développée est poussée par la suivante, en se développant de plus en plus en avant et cède, en tombant, sa place à celle-ci, qui la remplace; mais elle est bientôt à son tour repoussée par une troisième qui remplace la seconde. Le genre se trouve partout dans le terrain d’alluvion et vit encore en Asie et en Afrique. La distribution géographique de l’Eléphant fossile par toutes les parties du globe terrestre, et surtont dans toute l'Europe , prouve que le climat y a été
beaucoup plus chaud qu’il ne l'est actuellement dans cette partie du monde; ce climat tropique a duré peut-être jusqu’à l'apparition de l'homme sur la terre ; après sa création la chaleur diminua sensiblement : les Mammouths,les Mostodontes, les Carnassiers du climat antédiluvien disparurent peu-à-peu et furent détruits encore davantage par l'homme, mais ils laissèrent partout des traces de leur existence.
Esp. 6. Eleph. primigenius Bzum. — Eleph. mammonteus Fiscx, — Le Mammouth ou plutôt le Mammonte des Russes.
Commentatio de Pachyd. et Pecorib. dans les N. act. acad, Leop. Carol. Vol. XVII, P. II, Tab. LI, fig 4, 5, 6 et Tab. LII,
Le Mammouth était un peu plus grand que l’'Eléphant des Indes orientales: le jugal relativement à la longueur de l’axe du crâne, est situé beaucoup plus obliquement ; le nombre des lames verticales parallèles des molaires est aussi plus grand que dans cette espèce des Indes, avec laquelle la ressemblance est très-grande; le corps était couvert d’une fourrure d’un jaune clair et de crins bruns qui au cou formaient une crinière longue de 15 pouces.
Il parait que le Mammouth, qui est une espèce bien distincte, différait beaucoup d’après l’âge par rapport à la grandeur du corps en général et par rapport à la structure des molaires qui, au nombre de deux de chaque côté des deux mâchoires, se développaient pendant toute la vie de l'animal, en se remplaçant l’une après l’autre. Il faudrait donc considérer toutes les espèces fossiles comme variétés d'âge, d’autant plus que les molaires des jeunesindividus des Indes orientales diffèrent aussi notablement de celles des individus entièrement développés; les molaires doivent varier aussi suivant la grandeur relative de l’Eléphant luimême, car l'espèce ceylonienne est beaucoup plus petite que l'espèce indierne; l’Eléphant de Ceylon au Regentpark à Londres n’est pas plus grand qu'un petit boeuf d'Ecosse et l'Eléphant des Indes orientales y est au contraire très-grand.
En attendant que les recherches là-dessus soient terminées, je nommerai ici quelques variétés distinguées qui pourraient peut-être former autant d'espèces; elles on, en effet été, considérées comme telles par plusieurs auteurs.
var. &. Ele ph. mammonteus Fiscx. lames des molaires verticales, droites, parallèles entre elles et trés-rapprochées, crinière trèslongue, crins de la peau courts et noirs, entremélés de poils
d'un jaune clair; le nombre des lames des molaires adultes usées par la trituration est de 20 à 24. |
Hab. dans le terrain d’alluvion de toute la Russie d'Europe et d'Asie, plus rare près d’'Odessa dans le calcaire tertiaire littoral du nord de la mer Noire, très-fréquent dans la Russie d'Asie dans le sable aurifère, principalement aux bords des grandes rivières de la Sibérie boréale aux embouchures des fleuves qui tombent dans l'océan glacial et dans les iles adjacentes, comme dans les iles Ljakhoff et la nouvelle Sibérie, quise composent presque entièrement de ces ossements fossiles; on y trouve quelquefois des squelettes entiers, surtout dans le terrain gelé de la Sibérie boréale, même avec toutes les parties molles, couvertes de la peau bien conservée et avec tous les viscères, comme en 1799 à l'embouchure de la Léna; ce squelette tout complet se voit maintenant dans le Musée de l'Académie des sciences de St. Pétersbourg. On trouve rarement des ossements de Mammouth dans les cavernes de Khankhara et de Tscharysch dans l’Altai accompagnés d'ossements d’une espèce petite ou plutôt de petits individus de Mammouth.
La découverte des ossements de Mammouth dans le sable aurifère de l’Oural est aussi très-remarquable ; on en a trouvé souvent à 5 pieds de profondeur sous la surface, comme p.e. près de Kljectschewski et de Tzwetnoi, aux bords de la Ssoswa près du village de Pyschma non loin de Catharinebourg, dans les sables aurifères de Kazanskaja-pri- stane entre les rivières de Bilimbajewsk et de Tschoussowaja, dans ceux de Nagornoi, de Pétropawlowsk près de Berezowsk et dans l'Oural du midi près de Zlatoouste à Marjinski; des ossenrents de Mammouth se trouvent aussi le long des bords de la rivière de lOural, non loin de son embouchure dans la mer Caspienne, ainsi que les ossements du Boeuf primitif (le Tour des Russes) et de coquilles qui vivent encore dans la mer Noire*, ce qui prouverait que ces Mammifères éteints vivaient en même temps que les coquilles qui continuent peut-être encore à vivre, quoique PALLAS, qui en donne la notice, ne nomme pas les espèces de coquilles.
On trouve partout des squelettes et des ossements à différentes profondeurs, quelquefois à une profondeur très-grande dans les puits forés de la Sibérie, où aussi les grands fleuves, pendant les inondations
* Farcas de reliquiis animalium exoticorum dans le N. Comment. Acad. Scient. Petrop. T. XVI, pag. 580.
du printemps, emportent ordinairement avec leurs ondes le terrain argilleux ou sablonneux des bords, de sorte que les ossements fossiles, couverts par la glaise et le sable, sont bientôt mis à nu par les courants, et font ainsi présumer aux Géologues qu'ils furent emmenés des contrées lointaines plus chaudes, quoique les puits forés prouvent suffisamment qu'ils se trouvent encore dans leur patrie primitive.
Des squelettes entiers se rencontrent aussi quelquefois dans la Russie d'Europe; on en a trouvé p. e. dans un ravin (owragh”) aboutissant à la Moskwa au gouvernement de Moscou, dans une position droite, l'individu avait peut-être péri dans un profond marais; on en a trouvé aussi au bord du Niémen près de Grodno au gouvernement de Grodno et en beaucoup d’autres endroits*. Les ossements isolés, principalement les dents molaires, se rencontrent souvent dans le terrain d’alluvion d'Odessa, aux environs de Kertsch, sur la presqu’ile de Taman, dans la Crimée près de Simferopole, au gouvernement de Kherson et en Bessarabie.
Il est bien curieux qu'on n'ait pas trouvé d’ossements de Mammonte ni en Géorgie, ni au-delà du Caucase en général, ce qui indique une différence bien marquée avec l'Oural, habité jadis par grands troupeaux de Mammouths, qui n’existaient pas au Caucase, peut-être couvert alors en partie par la mer, de laquelle il s'élève en ile complête.
Demême il n’existe aucune trace d’ossements de Mammouths en Finlande, au gouvernement d’Olonetz, de St. Pétersbourg et en Esthonie, mais il yen a en Livonie et en Courlande, car une molaire de lait sans couronne de Mâmmouth a été déterrée au bord de la rivière d'Ogher en Livonie entre le 569 49 lat. bor., et le 429 50’ longt. orient., et quelques fragments d’une défense ont été trouvés** en Courlande, près d'Endenhof aux environs de Mitau.
Des ossements de Mammouth se trouvent au gouvernement de Vologda avec des crânes de Rhinoceros tichorrhinus et de Bos priscus ou du Bison primitif près de la ville de Totma dans un marais au bord de la rivière de la Ssoukhona, principal affluent de la Dwina.
* Voy. ma Zoologia specialis Rossiae vol. IT, pag. où jai cité tous ces gisements des ossements de Mammouth dans les provinces occidentales de la Russie,
+ Mr. le Baron C. pe KorFr m'a communiqué cette notice, en ajoutant que la défense a dû avoir la largueur d’un demi-pied.
Mr. FISCRER DE WALDHEIM à cherché à distinguer de l'Eléphant mentionné ci-dessus sous le nom d’Elephas mammonteus, les Elephas panicus, campylotes, Kamenskii, pygmaeus, comme espèces à part, mais qui, en effet, ne semblent différer que par la grandeur relative des molaires, les autres os n'étant pas connus; j'en excepte l'Elephas probolates FiscH., qui en diffère davantage, ainsi que l’Elephas odontotyrannus et l’Elephasaffinis, qui se caractérisent comme éspèces distinctes.
Var 6. Elephas proboletes FiscH. Nouv. chém. de la Soc. des Natur de Mosc. Tom. I, Tab. XVII, Fig. 1.
Comment, de Pecorum et Pachyd, reliq. fossil. 1. ec. Tab. LIT, Elephas meridionalis Nesr.
Les molaires se distinguent par leurs lames verticales très-élevées disposées obliquement et plus éloignées les unes des autres, ce qui n’est pas le cas dans l’Elephas mammonteus; les lames sont verticalement sillonnées des deux côtés et dentelées et leur côté antérieur est divisé en 2, 3 ou 4 pièces très-festonnées.
Hab. dans la caverne de Tscharysch de l’Altai, aux bords de Ja rivière de la Wetkha du gouvernement de Vladimir, près du village d'Ouschpolj aux bords de la Swenta au gouvernement de Vilna.
C'est la même espèce qui se trouve aussi en Italie sous le nom d’Elephas meridionalis NEsTr; jen ai vu aussi des restes en Bohême.
Les molaires entièrement développées diffèrent suffisamment de PElephas mammonteus pour en faire une espèce distincte ou au moins une variété marquée,
Var, y. Eleph. odontotyrannusm. (Comment. de Pecor. et Pachyd. reliq. foss. 1. c. Tab. LXIIT.
La molaire adulte très-grande et robuste est pourvue de 15 lames simples, minces et rapprochées, la couronne descend obliquement de l'intérieur à l'extérieur, ce qui rend le bord extérieur de cette face tranchant, le bord intérieur est obtus à lames verticales très-saillantes ; les côtés de cette grande dent molaire sont aplatis et concaves au milieu.
Hab. au bord du Niémen près de Schtschorse au district de Novogroudek du gouvernement de Vilna; la dent trouvée ici et représentée sur la planche citée ci-dessus, se trouve maintenant au
Musée de l'Université de Kiew et semble être la quatrième molaire de la mâchoire supérieure du côté droit; la couronne très-grande est située très-obliquement et n’a que 15 lames verticales, en ce qu'elle se distingue, de l’Elephas primigenius.
Var. 0. Eleph. affinis m. PI. XI, Fig. 36.
Les lames verticales de la dent molaire du côté gauche de la màchoire inférieure sont disposées sur la couronne presque en rhombes ou en forme de losange, comme dans l'Eléphant d'Afrique ; elles s’éloignent les unes des autres au milieu et deviennent ainsi rhomboïdales; le bord postérieur de la lame se prolonge ordinairement en pointe au milieu et l’antérieur est profondément échancré, d’où il suit que les lames ne forment pas de rhombes complets et leur forme se distingue un peu de celles de l'Elephas priscus; la molaire ressemble en tout cas plutôt à une molaire de cette espèce qu’à celle du Mammouth; elle est longue de 3 pouces 2 lignes et large de 2 pouces 2 lignes et n’a que 6 lames verticales à bords supérieurs finement dentelés, d’où le rapport avec la molaire del’Elephaspriscus devient encore plus remarquable; ses lames qui s'élèvent au bord extérieur jusqu’à 3 lignes, sont éloignées les unes des autres de plus de % lignes et les lames en losange n’ont pas plus de 21/, lignes de large. {
Hab. au bord de la rivière de Mjousse près de Taganrogh au littoral de la mer d’Azoff; la dent est conservée au Musée de l’Institut des Mines à St. Petersbourg,
Les Mammouths de Russie ressemblent en général à l'espèce des Indes Orientales; celle-ci a plus de rapport avec l’Eléphant d’Afrique et prouve l'existence d’au moins deux espèces au midi de la Russie pendant la période tertiaire moderne.
Ces espèces voisines de l’Elephas indicus habitaient en grandes sociétés* toute Ja Russie, ainsi que les bords et les îles de la mer Glaciale d'aujourd'hui; le nombre des ossements fossiles, augmente même à mesure qu’on approche de l’océan Septentrional, où l’on a trouvé souvent, comme il est dit plus haut, des ossements et même des squelettes entiers, pourvus de leurs muscles, de leur viscères et de toutes les parties molles bien conservées. II est donc impossible
* Les Mammouths habitèrent en semblables sociétés aussi aux environs de Cannstadt près de la montagne de Seelberge en Wurtemberg, où l’on a découvert un grand groupe de défenses du Mammouth en 1816,
voy. le bel ouvrage ci-dessus cité de Mr. Jarcer. Thl. If, pag. 125, PI. XIII, B.
de supposer que les troupeaux de Mammouths et de Rhinocéros, herbivores de dimensions colossales, aient pu trouver une nourriture suffisante dans un climat aussi sévère, que celui de la Sibérie actuelle dont l’été du nord ne se compose que de 30 jours, c’est-à-dire d’un seul mois, pendant que les autres onze mois forment une saison froide, dans laquelle ne peuvent pousser ni graminées, ni autres plantes nécessaires à la nourriture des Eléphants et où il n'existe ni grandes forêts, ni prairies, sans lesquelles, cependant, l’existence de ces Mammifères gigantesques ne saurait être possible.
Par là l'opinion des Géologues qui admettent un changement notable dans le climat de la Sibérie est effectivement justifiée, quoiqu'il soit très-diflicile de prouver, comment ce changement a eu lieu; se fit-il tout d’un coup ou peu-à-peu ? Le froid en Sibérie a dû peutêtre arriver subitement et changer la végétation et la Faune du pays, et au lieu de la Flore et de la Faune autrefois presque tropiques, il se développait successivement une Flore et une Faune appropriées à la Zone arctique, et qui existent encore maintenant. Le climat primitif tropical, également distribué sur tout le globe terrestre, a dû subir les changements de refroidissement aux deux pôles par suite de plusieurs raisons dépendantes de l'intérieur du globe. A la suite du soulèvement de la chaine de l’oural la chaleur de la surface terrestre a peut-être dû diminuer dans d’autres endroits, comme p.e. aux bords de la mer Glaciale, (Ce même soulèvement de l’Oural a pu être en même temps la cause de la destruction des Mammouths, des Rhinocéros, des Bisons primitifs et d'autres Mammifères qui sont restés ensevelis dans le terrain d’alluvion et dans les sables aurifères, qui se formèrent en même temps et dont les couches se déposèrent également aux deux pentes de l'Oural. 2
° Genre VII Mastodon Cur.
Le crâne, le squelette et les pieds du Mastodonte ressemblent entièrement aux mêmes parties de l’Eléphant; le premier ne PUR
FA 6 diffère que par lesdents 6 d’une autre structure ; Mr. DE BLAINVILLE
a même aboli ce genre, en le réunissant aux Eléphants, quoique les dents en diffèrent génériquement. La mâchoire supérieure est pourvue de deux incisives longues et cylindriques, un peu comprimées des deux côtés, comme dans le Missurium, et l’inférieure en a de très-petites, comme dans le Tetracaulodon; il a six molaires
dont deux, développées les premières, sont des dents de lait, ensuite trois autres à un âge plus avancé et enfin dans l’âge tout-à-fait mûr il s’en développe encore une cinquième et une sixième des deux côtés des mâchoires; les molaires se distinguent par leurs couronnes pourvues de plusieurs rangées transversales de collines ou mamelons coniques, dont le nombre est variable; entre les rangées de mamelons il y a de petits enfoncements de différente profondeur ou des espèces de vallées très-ouvertes. Les mamelons polis par l'usage affectent d’abord de petits enfoncements arrondis ou triangulaires (en trèfles), ensuite ils deviennent ovalaires et se réunissent entre eux, et dans les vieux individus tous ces enfoncements se joignent en un seul enfoncements général; chaque rangée de mamelons se compose d’une racine à part et chaque mâchelière paraît être composée de plusieurs dents, comme les màchelières de l'Elephant.
Le genre existait déjà en Europe pendant le dépot de la couche tertiaire moyenne, mais en Amérique il ne se trouve fossile que dans le terrain d’alluvion, postérieur à la couche moyenne de la période tertaire. Il est probable que le genre a disparu du globe terrestre pendant les temps historiques, dans lesquels il a pu encore vivre avec les Mammouths, les Cerfs gigantesques et les Boeufs primitifs, dont les os se trouvent toujours ensemble. On peut le prouver aussi par une observation faite dans l'Amérique septentrionale, où dans une vallée du Missisippi, à l'embouchure du fleuve des Pommes-deterres, on a découvert dans le terrain d’alluvion un squelette entier de Mastodon giganteum et tout près de lui quelques flêches siliceuses d’une forme ordinaire chez les Indiens d’aujourdhui, quoique beaucoup plus grandes; une de ces flêéches couleur de rose qui était placée en-dessous de l’os du bassin, avait fait une petite impression dans cet os; elle a dû arriver là pendant la chasse des Indiens aux Mastodontes, de sorte qu’il est très-possible que l’animala été tué par l’homme qui lui était contemporain. Le terrain d’alluvion d’un brun foncé qui couvrait le squelette, est de l’épaisseur de 3 à 4 pieds et contenait beaucoup de végétaux des tropiques, du boïs fossile de Cyprès, de Cannes, de Strehlitzia, des feuilles de Palmiers etc., plus haut il y avait de l’argile de différentes couleurs et des couches très-modernes, remplies de feuilles de chêne, de saule et d’autres arbres d'aujourd'hui, c’est ce qui prouve que les Mastodontes habitaient encore l'Amérique septentrionale pendant les temps historiques. | SG ‘9
Esp. 7. Mast, intermedius ".
Commentat. de Pecor. et Pachyd. reliq. foss. in Nov. Act. Acad. Nat. Cur, Leop. Car. I. c. Tab. LVIII et LIX.
Les molaires du fragment de la mâchoire inférieure diffèrent un peu de celles du Mastodon giganteus; il y a en deux, dont le dernier (le plus grand ou cinquième) se compose de cinq rangées transversales de collines mamelonnées; la dernière ou cinquième colline représente 2 mamelons, la quatrième trois, la troisième quatre, les mamelons latéraux de cette dernière sont une fois plus grands que les moyens; la seconde et la première collines se composent de deux mamelons à surfaces usées rondes; la màchelière a en outre à l'extrémité antérieure deux petites collines accessoires rapprochées; la quatrième mâchelière, située avant celle-ci, est très-usée et montre deux surfaces fort grandes rapprochées l’une de l’autre. Le fragment a le plus de rapport avec la mâchoire du Mastodontapiroides Cuv., quoiqu'il n’ait pas les mamelons accessoires de celle-ci.
Hab. dans le terrain d’alluvion à Studennitza en P odolie* ; la dent se trouvait autrefois au Lycée de Kremenetz, où j'ai fait le dessin donné dans l'ouvrage cité; maintenant elle se trouve au Musée de l'Université de Kiew.
Esp. 8 Mast. angustidens Cuv.
Les dents sont-allongées et plus étroites que celles de l'espèce précédente, la première dent de lait se compose de 2, la second de 3 collines transversales, usées en forme de feuille de trèfle,
Hab. au promontoire d’Akbouroune et sur la presqu’ile de Tamane **, mais plus souvent dans l’Europe méridionale et au Brésil.
Esp. 9. Mast. tapiroides Cuv.
Les molaires sont pourvues de rangées très-comprimées et presque tranchantes de mamelons disposés sur la couronne ; les collines sont beaucoup plus éloignées les unes des autres par des creux larges et profonds.
* La dent décrite dans le Bullet. de la Soc. des Nat. de Mosc., VIN. pag. 394, PI. X, Fig. 6, comme molaire d’un jeune Mastodonte de Rjazan, est la dernière molaire supérieure du Cochon ordinaire.
“* Selon Mr. Huor dans le N. Jahrb. f, Minéralogie, par Mr. DE LEoN- HARD et Mr. BRONN. 1845, pag. 124.
d'Eichwald, Lethaea rossica. I. 23
Hab, dans la presqu'ile de Crimée et dans la Russie asiatique, peut-être dans l’Oural, d’où PALLAS à décrit une dent semblable,
Les molaires, très-bien dessinées par BurFoN*, il y a presque un siècle, sont très-remarquables; on n’a pas trouvé de semblables dents de cette espèce de Mastodonte depuis ce temps; la première (Burrox I. c. PI. 1) est sans doute la plus grande ou la cinquième de la mâchoire supérieure, elle se distingue par quatre collines transversales, et par ses grandes racines ; la seconde (BUFFoN ]. c. PI. IT) représente la quatrième dent de la mâchoire supérieure du côté droit.
La dent, décrite par PALLAS ** est une molaire de la mâchoire inférieure et se compose de deux ou plutôt de 1!/, collines transversales polies entièrement par l'usage, de sorte que les grands enfoncements (ou les vallées) se réunissent; la surface rhomboïdale la mieux conservée est de deux pouces et deux lignes de long, et au milieu, où elle se rétrécit, d’une largeur de 9 lignes. Le côté extérieur de la dent est beaucoup plus usé que l'intérieur qui s'élève très-haut; le premier s'élève à 1 pouce 3 lignes, le dernier à 1017 lignes audessus de la surface. Les bords des deux surfaces rhomboïdales rapprochées l’une de l’autre se réunissent au milieu, et la dent se distingue par ce caractère seul de la mâchelière du Dinotherium giganteum, dans laquelle ces surfaces sont très-éloignées l’une de l’autre, étant séparées par de profondes vallées transversales. [L’émail de la dent provenant de l’Oural, est fort dur et d’une épaisseur de 2 lignes. .
Selon l'opinion de Mr. DE BLAINVILLE “** la dent décrite par PAL- LAS appartient au Mastodontapiroides, d'autant plus que cette espèce fait le passage par ses dents au Dinotherium, auquel
* Burron (époques de la nature Tome 1) communique la notice que le comte VERGENNES a apporté à Paris une dent de ce Mastodonte (PI. 1), trouvée dans la petite Tatarie, qui était peut-être la Crimée, et l'Abbé CHapré a apporté une autre dent (PI. Il) d’une localité inconnue de Sibérie. Mr. Cuvier (Recherches sur les ossements fossiles. Paris 1834. Edit. 4ième T. IV, pag. 256) a tort d’en douter.
** Voy. Acta Acad. Scient. Petrop. pro anno 1770. Tom, 1, part. II, pag. 215. La dent décrite par Parcas qui en donne aussi une bonne figure, se conserve maintenant dans le Musée de l’Institut des Mines à St. Petersbourg, où je lai découverte par hazard; je l'avais prise déjà, sans lavoir vue, pour la dent d’un Mastodonte, voy. mon ouvrage Urwelt Russlands Heft Il, pag. 162.
##* Ostéographie Mastodon pag, 320.
j'avais autrefois rapporté cette dent *. Une dent semblable a été découverte, à ce que je crois, par Mr,” DE NoRDMANN à 40 verstes d'Odessa, dans la couche supérieure du terrain tertiaire, dans lequel seul on à observé jusqu’à présent des fragments du Mastodontapiroideset du Mast. angustidens.
Famille cinquième.
Multungula CuUvr.
Les espèces colossales de cette famille se distinguent ordinairement par leurs pieds courts, par 2 ou 6 incisives, quelquefois nulles, par les canines très-rarement développées et par 7 molaires de chaque côté des deux mächoires, l’inférieure n’en a quelquefois que 6; leur couronne est pourvue de collines transversales réunies ensemble par paires ; l'os occipital est verticalement coupé, les os du nez sont souvent très-grands, les pieds antérieurs ont 3 ou #, les postérieurs 3 doigts onguiculés, On a trouvé en Russie les ossements fossiles du Rhinocéros et de l’Elasmotherium; les autres genres de cette famille, c'est-à-dire l’Hippopotamus**, lePalaeotherium,l’Anthracotherium, le Tapirus et beaucoup d’autres ne sont pas connus jusqu'à présent en Russie, excepté peut-être le genre Lophiodon.
Genre VIII Lophiodon Cur.
x 6 . 1 ° 6. « . CR La «a Les dents PAT sont très-constantes, les incisives sont renflées à
la base de la couronne, les canines sont coniques, les molaires supérieures assez grosses se composent, comme dans le Tapir, de deux collines transversales un peu obliques; les inférieures ont un nombre différent de collines transversales, les premières ont une colline, les suivantes deux et la dernière en a trois ; le squelette se rapproche de celui du Tapir, du Rhinoceros et de l'Hippopotame. Le genre se trouve dans la couche moyenne de la période tertiaire.
* Commentat. de Pachyd. et Pecorib. |. c. pag. 745.
Le bassin, décrit par Mr, Fischer DE Warpueim (Oryctographie de Moscou. 1837, PI. III) comme bassin d'Hippopotamus maximus, appartient, à ce qu'il paraît au Rhinoceros; le principal caractère de l'Hippopotame se voit dans les mâchelières; on n’en a pas encore trouvé en Russie.
Esp. 10. Loph. buxovillanum Cuv.
L'espèce est de grandeur moyenne et se distingue par ses molaires, qui se composent, comme dans le Rhinoceros et le Paleotherium, dans la mâchoire inférieure, de 2 ou mème de 3 prismes semilunaires.
Hab, dans une couche tertiaire près de Buchsweiler en Alsace, et d’après Mr. DE NoRDMANN * aussi dans le gouvernement de Kherson, non loin d’Odessa et en Bessarabie, il a fait mention de dents mâchelières et d'un os de carpe, trouvé dans le calcaire littoral tertiaire d'Odessa. Tous ces os cependant sont encore mal déterminés et appartiennent peut-être à un autre genre.
Genre IX. Rhinoceros L.
Le grand crâne est très-long, à os occipital coupé verticalement, les os du nez sont très-convexes et bombés à surface tuberculée, les petits tubercules proviennent de l’attache d’une ou de deux cornes sur 0—2.0.6—7 2—2.0.17—7 tombent à l’âge mür, d’où le nombre varie selon l’âge, comme dans le Rhinoceros indicus, qui en à # en haut et en bas, mais les deux supérieures extérieures et les deux inférieures intérieures tombent avec le temps et il ne lui reste que deux incisives dans chaque mâchoire; il y a entre ces incisives et les molaires de forme différente un très-grand espace vide dans les deux mâchoires; la première molaire est petite, les autres sont quadrangulaires; la dernière est triangulaire; la couronne des molaires en émail s'enfonce en plis à leur côté intérieur dans la masse osseuse des dents, et il se forme de cette manière du côté intérieur des dents trois collines verticales et entre elles de petites vallées, d’où proviennent avec le temps et l’âge qu’on voit sur la couronne des molaires, les 2 ou 3 enfoncements infundi-
ces os, les dents diffèrent en nombre, les incisives
* Voy. LeonxarD et Bron, N. Jahrb. f. Minéralogie. 1844, pag. 1925. . La dent incisive, décrite par Mr. Fiscuer DE Wacpnetm (N. Mém. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1, pag. 295. 1829. PI. XIX, Fig. 1—5) ne peut être une dent de Lophiodon, parce qu’elle s’est trouvée dans le calcaire cuivreux du Zechstein du gouvernement d’Orembourg ; il est possible qu’elle appartienne aux ossements du Rophalodon, forment peutêtre un fragment de son cubitus, car les incisives du Lophiodon se distinguent par leur forme conique et leurs pointes allongées de la couronne, ù
buliformes et qui sont remplis du ciment des dents; ces collines sont plus ou moins usées et leur forme varie à l'infini; les pieds sont pourvus de 3 doigts à petits ongles. Le genre se rencontré déjà, quoique rarement, dans la couche moyenne du terrain tertiaire, plus souvent dans la couche supérieure et dans le terrain d’alluvion, il vit encore à présent.
Esp. 11. Rhin. tichorhinus Par.
Nov. Comment. Acad. Scient. Petrop. Vol. XVII, Tab. XV. — BRANDT dans les Mém. de l’Acad. de St. Petersb. VI. Scienc. nat. Tom. V, PI. I—XXV.
Le corps était très-bas, la tête très-allongée et oceupant presque la moitié du corps, la tête était munie de deux cornes dont la première était comprimée des deux côtés et la dernière arrondie, presque anguleuse, une parois osseuse séparait les deux narines, les incisives tombaient déjà dans la jeunesse; le corps était, comme la tête, couvert d’une peau épaisse, poils courts réunis en faisceaux épais couvraient tout le corps et les pieds.
Hab. dans le terrain d’alluvion de toute la’ Russie d'Europe et d'Asie; c’est ainsi que ses ossements se rencontrent aux gouvernements de Vologda, de Rjazan, de Moscou, de Jekaterinoslaw et dans beaucoup d'autres gouvernements, ainsi que près d’Odessa en Bessarabie, en Asie dans le sable aurifère de l’Oural et même plus souvent que les os de Mammouths, comme p. e. aux bords de la Soswa, à Marjinski près de Zlatoouste à Konstantinowski, à Leontjewski, à Konewski près de Jekaterinbourg, où il s’est trouvé un crâne tout entier et très-bien conservé à une profondeur de 31/, toises, dans la couche sablonneuse aurifère ; par cette découverte se trouverait prouvée l’origine moderne, ces sables aurifères correspondant au commencement de la période actuelle du globe terrestre; il est aussi assez remarquable que ces débris de Rhinocéros se soient toujours trouvés sur la pente orientale de l'Oural. Desrestes de cette espèce se rencontrent aussi sur tout le rivage de la rivière de l’Irtysch, où ils sont souvent accompagnés d’ossements de Mammouthset de Boeufsprimitifs;les couches bigarrées du sable qui les renferme contient aussi des valves de coquilles et de grands poissons de mer, d’où suivrait l’origine marine de ce dépôt*.
Voy. Parcas Novi Comment, Acad, Scient- Petrop. T. XVIII, 1773, pag. 582.
En 1771 un Rhinocéros entier couvert de toutes ses parties molles a été déterré sur le bord de la rivière de Viloui par les Yakoutes, qui allèrent à la chasse pendant l'hiver de cette année; ils trouvèrent le corps du très-grand animal, dont on a expédié à PALLAS la tête, un pied de devant et un autre de derrière; ces parties s'étaient trouvées à moitié pourries dans un sable gelé, à 50 verstes au-delà du quartier d'hiver du Viloui à une distance d’une toise de l’eau et de 4 toises du bord escarpé et très-haut; il avait 3!/, archines de long et 21/, archines de haut c’est-à-dire sa grosseur ordinaire, et était encore couvert de sa peau, mais la tête et les pieds exceptés, aucune autre partie ne put être emmenée, car elles étaient pourries. La peau frontale du crâne montra deux enfoncements correspondant à l'attache des deux cornes, dont l’une était fixée entre les orbites sur l’os frontal et l’autre sur l'os nasal; les cornes étaient très-longues, recourbées en arrière; la postérieure était quadrangulaire, l’antérieure comprimée des côtés; les cornes que l’on prend ordinairement comme antérieures, ont toujours cette forme comprimée ; à la base de la corne on voit un enfoncement longitudinal symmétrique à bords entiers, qui répond à une crête moyenne aux os du nez. Cette crête qui est entourée d’un enfoncement élargi correspondant aux bords de la corne, servait à fixer la base de celle-ci ; l’enfoncement était, à cause de son attache immédiat sur la peau nasale, beaucoup plus long que large, quoique les deux côtés de cet enfoncement aient dû être un peu plus larges que la corne elle-même parce que* les parties tendineuses et fibreuses de l’attache de celle-ci étaient trèsdéveloppées à la base pour bien fixer la longue corne sur l'os frontal, C’est ce qui me ferait croire que les cornes telles qu’elles se rencontrent, sont entières et non coupées des deux côtés par les Jonkahires, pour en faire des arcs *. Quelques cornes sont bien coupées au bord antérieur, et les traces de cette coupure se voient encore à présent très-bien comme p. e. dans la corne figurée par M. DE FiscHER **, mais d’autres cornes très-comprimées des deux côtés sont intactes et leurs côtés sont encore pourvus des marques transversales d’accroissement disposées à égales distances et strès - symmétriquement, comme cela se voit aussi sur les cornes des Boeufs.
* Baron Wranczz, Reise längs der Nordküste von Sibirien I, pag. 118. Berlin 1839, raconte que les Jonkahires en coupent symmétriquement des deux côtés pour cet usage,
"*N. Mémoires des Natural, de Moscou I. c. Tome I. 1829. Tab. XVIIL fig. 3.
- Sur la peau de la tête e* des pieds se trouvent de gros poils en forme de soies de pore, longs de 3 lignes sur les picds et d’un peu moins .sur la tête; ils sont gris et disposés en faisceaux, dont chacun a un poil noir au milieu; tous les muscles, les tendons et même d’autres parties minces se sont bien conservés. On a parlé aussi des traces de leur nourriture, c’est-à-dire des feuilles linéaires acéreuses de Conifères, qu’on croit avoir trouvées dans les enfoncements des mâchelières, mais il est peu probable que ces feuilles de pins aient pu être des restes de leur nouriture; il est plus simple de supposer qu’elles forment des restes accidentels, tombés du terrain gelé dans les enfoncements dés mâchelières, et on pourrait encore moins prouver par cette observation vague, que les Rhinoceros aient vécu dans le climat froid d'aujourd'hui et se soient nourris de feuilles et de jeunes branches de Conifères, parce que les forêts épaisses de Conifères et même toute autre végétation manque dans ce climat sévère, dans lequel se trouvent les restes fossiles de Rhinocéros. Enfin leur corps n’était pas couvert d’une peau à poils assez épais pour supporter le froid excessif de la Sibérie.
On a découvert des ossements de Rhinocéros dans les cavernes de Khonkhava et de Tscharysch de l’Altaï, non seulement les mâchelières d’une grande espèce, mais aussi d’une petite ; les premières très-grandes sont très bien conservées, elles sont très-peu usées et ont appartenu à des individus jeunes; elles ont 2 pouces de long et une largeur égale, -les racines en sont cassées. Il ne se trouve pas d’ossements de Rhinocéros si loin au nord de la Russie d'Europe ; on en a trouvé un crâne entier aux environs de Staraja Russa mais pas au-delà vers le nord. Ils manquent aussi aux gouvernements de St. Pétersbourg, de l’Esthonie, de la Livonie et de la Courlande.
L. Coelodonta de Mr. BRONN est simplement un Rhinocéros à dent de lait, et ne forme pas un genre à part.
Esp. 12. Rhin. leptorhinus Cuv.
Rhinoceros Merkii Kaur.
Le corps de cette espèce était un peu plus long, les pieds étaient plus hauts; le crâne beaucoup plus court n'avait pas la paroi osseuse entre les narines; l’espèce avait deux incisives, comme le Rhinocéros d'Afrique ; la mâchoire inférieure était comme celle de l’espeèce précédente, mais les os du nez ressemblaient à ceux de l’espèce d'Asie; elle était aussi armée de deux cornes.
Hab. dans le terrain d'alluvion de l'Europe moyenne, de l’Angleterre, de la France, de l'Allemagne et de la Pologne, mais il est rare partout.
Genre X. Elasmotherium Fiscu.
Le fragment de la mâchoire inférieure de cet animal colossal a quelque ressemblance avec la mâchoire du Rhinocéros, et c’est à cause de cela que Mr. Kaup, qui a observé un fragment de crâne pourvu de l'os occipital sur les bords du Rhin, l'a comparé auRhinocéros; lesosdu front s'élèvent verticalement, en formant une proéminence tuberculeuse pour l’attache de la corne, l’occiput est divisé en 2 apophyses ailées ; les incisives de la màchoire inférieure ne sont pas connues; il y avait # mächelières composées de lames en émail, qui se replient davantage dans l’intérieur des dents, les plis profondément dentelés aux bords de la couronne descendent, en formant trois plissements principaux, dans la masse osseuse des dents auxquelles ils donnent ainsi un caractère {out particulier, Le genre se trouve dans le terrain d’alluvion de Russie asiatique.
Esp. 13. Elasm. sibiricum Fiscu.
Elasmofherium Fischeri Desm. et Elasmoth. Keyserlingii Fiscu.
L’éspèce avait la grandeur du plus grand Rhinocéros; les màchelières sont allongées, presque quadrangulaires, les deux côtés sont parallèles entre eux.
Hab. dans la Russie ‘asiatique vers la steppe des Kirghises au bord septentrional de la mer Caspienne.
L'espèce de l'Elasm. Keyserlingii Fiscn. était un peu plus grande, à en juger d’après une mâchelière qui en est seule connue, et un peu plus large au milieu, que vers les extrémités, quoiqw’elle ne diffère pas essentiellement de l'Elasmotherium sibiricum; elle a été trouvée dans la steppe des Kirghises près de Suriko non loin de la mer Caspienne.
Famille sixième.
Choiroidei *,
0—6.1.3—7 Le corps robuste est pourvu de pieds courts, les dents PT RATE
* Mr. Greser, (Fauna der Vorwelt Bd. J, Abth. I. Leipzg 1847, pag. 166) a le premier déterminé cette famille sous le nom impropre de Suina, au lieu de Suilla ; j'ai traduit ce nom en grec.
ne varient pas beaucoup, les incisives sont indéterminées, les molaires antérieures comprimées des deux côtés simples, les postérieures prismatiques, les os du nez se prolongent en avant pour l’attache de la trompe, les pieds sont pourvus de # doigts, mais les doigts du milieu seuls touchent la terre ; tous sont onguiculés, En Russie on trouve des ossements de cette famille, principalement des dents, très-rarement en état fossile, quoique le nombre des genres, observés dans la couche moyenne des terrain tertiaires, soit très-grand, comme les genres étrangers de Chaeropotamus, d'Adopis, d'Hyracotherium, de Dicotyles le prouvent.
c Genre XI. Sus L.
6.1.6 x Su ; ; Les dents or D sont très-constantes, les incisives sont disposées
presque horizontalement, les extérieures tombent de bonne heure; il n’en reste que 2 dans l’âge adulte, les canines supérieures sont pourvues de côtés tranchants; elles s'élèvent comme les inférieures en haut
sans descendre comme dans d’autres Mammifères ; les premières molaires sont éloignées des autres et tombent de bonne heure, les suivantes sont tuberculeuses, à tubercules obtus, il se trouve ordinairement sur la couronne des dents deux paires de tubercules très-grands, et les couronnes usées forment deux collines marquées et écartées les unes des autres par de profonds enfoncements des deux côtés. Les orbites sont très-grands, les jugaux sont robustes et les cavités en-dessous d’eux sont très-larges. Le genre se trouve dans la couche moyenne du terrain tertiaire et vit encore dans l’état sauvage dans toute l'Europe, et dans l’état domestique sur toute la terre,
Esp. 14. Sus scrofa fossilis Cuv.
L'espèce fossile ne diffère pas de l’espèce vivante, d’où il est probable que le Sus priscus GoLpr. des différentes cavernes et le Sus arvernensisCRoOIZET de la couche supérieure du terrain tertiaire du midi de la France, surtout de l’Auvergne, appartiennent à elle.
Hab. en Pologne et dans la Russie occidentale, dans Ie gouvernement de Minsk, où les dents molaires ont la longueur d’un pouce, près de Riga, dans le terrain d’alluvion, avec les dents molaires du Boeuf domestique et du Cheval ordinaire; ainsi que près d'Odessa, dans une argile moderne. Les sangliers du gouvernement.de Tschernigoff étaient
auparavant très-grands et tres-féroces, comme le raconte en 1096 le Grand-duc de Kiew, Wladimir Monomakh, dans son testament, communiqué dans la chronique russe lawrentjenne, ci-dessus mentionnée.
Famille septième.
Solidungula.
Les dents molaires etles pieds à un seul doigt distinguent cette famille de toutes les autres, le doigt du milieu est pourvu d’un très-grand ongle et des deux côtés de ce doigt on remarque un autre ongle rudimentaire très-mince, caché sous la peau. Le cheval, seul genre de cette famille trés-limitée, a été introduit avec l’âne de l'Asie centrale en Europe, de la même manière, que le chien, le boeuf, la poule et beaucoup d'autres animaux domestiques qui ont été naturalisés en Europe, comme aussi les Céréales.
Genre XII. Equus.
6 . 1 . 6 “ 0 noue F , Q Les dents ne sont très-constantes, les incisives se distinguent
par leur couronne aplatie montrant un enfoncement au milieu; les canines sont petites et tombent de bonne heure, les molaires sont prismatiques, quadrangulaires et pourvues de plis ondulés en émail, qui
descendent verticalement en prismes dans la masse osseuse des dents. Le genre se trouve déjà dans la couche supérieure du terrain tertiaire, surtout dans le terrain d’alluvion et vit à présent comme animal domestique sur tout le globe terrestre. Il est par conséquent très-probable que le Cheval vivait avant la création de l’homme; mais ayant disparu après cela dans quelques endroits, il a été de nouveau introduit par l'homme dans les endroits, où il s'était trouvé d’abord à l’état sauvage. Le cheval fossile de l'Amérique se distingue un peu du cheval vivant introduit en Amérique par les Espagnols; c’est ainsi que le cheval a été introduit de l'Asie centrale en Europe, après qu'il y était éteint.
Esp. 15. Eq. caballus fossilis.
Les dents molaires et même le cràne fossile qui se trouve en Russie, ne se distinguent point du tout de l'espèce vivante, excepte peutêtre par la grandeur générale.
Hab, dans le terrain tertiaire, accompagné d’ossements de Ru-
minants, de Pachydermes “ et de Carnassiers, surtout dans les cavernes de Khankhara et de Tscharysch; on y a découvert un fragment de la mâchoire supérieure avec des dents molaires, un autre avec des incisives et un troisième de la mâchoire inférieure, en outre des os séparés des pieds ; et dans l'argile tertiaire moderne près d’Odessa, dans laquelle se trouvent selon Mr. DE NORDMANN deux espèces, = Des os du Cheval se trouvent aussi selon Mr. DE VERNEUIL** dans le sable aurifère de l'Oural, quoique d’autres observations ne l’atent pas encore confirmé, principalement celles du lieutenant-colonel du corps des mines, Mr. KARPINSKI, qui m'a dit que les ossements du Cheval, des Rennes, des Saïgas ne se rencontrent que dans la tourbe qui couvre le sable aurifère, J'ai moi-même observé des màchoires entières du Cheval, couvertes d’un tuf calcaire, sur la pente septentrionale du Caucase près de Kislowodsk ; les molaires ne se distinguent de celles du Cheval ordinaire que par la grandeur, d’autres restes se trouvent en différents endroits du nord de la mer Noire jusqu’en Bessarabie. Un cràne que j'ai observé *** en Podolie est très-remarquable, parce que tous les os sont plus grands et plus gros que dans l’espèce vivante; il montre toutes les traces d’un crâne fossile, depuis longtemps enseveli dans le terrain tertiaire moderne. Il faut par conséquent présumer que le cheval sauvage habitait le midi de la Russie déjà dans les temps antéhistoriques. STRABON +, géographe grec du premier siècle de l'ère Chrétienne, raconte que dans son temps le cheval sauvage ou l'Onager vivait encore avec des Cerfs et des Sangliers en Scythie et en Sarmatie et que les habitants d’origine finnoise et slavonne leur faisaient souvent la chasse. Les chevaux ou ânes sauvages habitaient la plupart des steppes du midi de la Russie et le peuple des Kalipides de STRABON irait son nom de ses beaux chevaux, car le nom de Kallippides signifie (en doublant ses lettres l'et p) peuple ayant de beaux chevaux ft, dont la culture l'occupait peut-être exclusivement. PLINE ++ raconte aussi qu’il se trouvait des chevaux sauvages en grands troupeaux au nord de l’Europe, c’est
Les ossements fossiles du Cheval se trouvent en Wurtemberg toujours äccompagnés d’ossements de Mammouth, voy. l’intéressant ouvrage de Mr. G. F. Jicer, fossile Säugthiere Würtembergs 1. c. Thl. IF, pag. 181.
Annales des Scienc. géolog. par Mr. Rivière 1842, Nr. 1, pag. 17.
Naturhistor. Skizze von Lithauen |. c. pag. 238.
+ Libri geographic. VII cap. 4.
tt De Pecorum et Pachyderm. reliq. foss. 1. c. pag. 688. Fit C. Pzinius SEcunpus histor. natur. lib. VIII. cap. 15.
ainsi que les Romains appelaient le midi de la Russie, en ajoutant que les ânes habitaient l'Asie ; mais en 1096 le prince de Kiew, W£api- MIR MONOMAKH, fit encore la chasse aux chevaux sauvages du gouvernement de Tschernigoff, comme il le dit lui-même dans son testament; il en prit de ses propres mains, non seulement de 10 à 20 individus, dans les forêts, mais aussi dans les plaines (porowi). C’est ce qui prouve clairement que les chevaux sauvages habitaient alors, ainsi que les Tours (boeufs sauvages), les cerfs, les élans, les sangliers et les ours dans la Russie méridionale *. En général il s’en suivrait que l'espèce cheval à l’état sauvage existait encore en Russie au commencement du onzième siecle et devait y laisser beaucoup de restes fossiles, comme preuve de sa distribution jusqu’en Podolie. Dans ce temps-là le Cheval sauvage n'existait plus en Allemagne ni en France: il ne vivait que dans le midi de la Russie et de là plus vers lorient, comme le Bison (Bos urus L.) de nos jours ne se trouve nulle part ailleurs, que dans le gouvernement de Grodno, il est entièrement éteint dans les autres pays de l’Europe.
Ordre troisième.
Pecora L.
2 . Q . . Q 0—2 Les Ruminants se distinguent surtout par leurs incisives RE . O0—1 . 6 —6 | . », leurs canines 91 leurs molaires SO et par leur estomac divisé en
quatre cavités; leurs pieds ont deux ongles, derrière lesquels il y a encore deux autres petits ongles rudimentaires, n’atteignant pas la terre. Tous les genres de cet ordre se trouvent à présent en état de domesticité et nulle part dans l’état sauvage ; c’est probablement depuis la création de l'homme que ces genres de ruminants ont été apprivoisés et qu'ils ont quitté leur premier état sauvage. Ils se rencontrent fossiles déjà rarement dans la période moyenne du terrain tertiaire, c’est-à-dire bien plus avant les Carnassiers et après les Pachydermes, mais plus souvent dans le terrain d’alluvion et dans des couches modernes et actuelles ; ils ont perdu à plusieurs reprises et à différents temps quelques espèces par l'extinction subite ou par la culture humaine; la plupart des espèces éteintes se trouvent en état fossile avec les Mammouths
et les Mastodontes, qui leur étaient comtemporains. RUSSE À Voy. la chronique Lavrentienne (lawrentjewskaja ljetopis), St, Pétersbourg 1846, pag. 104.
Ex
Famille huitième.
T'ylopoda.
Les Tylopodes forment par leurs dents un passage aux Pachydermes, le nombre des molaires est d’une de moins chez eux que chez les Ruminants ordinaires, la première étant très-écartée des autres et plus proche de la canine, d’où elle lui ressemble aussi; lincisive de la màchoire supérieure a la même forme, et il semble que trois canines, S'y trouvent l’une près de l’autre. Les espèces sont distribuées par toute l'Asie méridionale et l'Afrique et ne se trouvent plus dans l’état sauvage.
Genre XIII Camelus L.
Les mâchoires allongées et étroites se distinguent par les hautes
À se SU 16 crêtes de l'os occipital, leurs dents sont Re 0 les molaires se com-
posent de 4 plis elliptiques, la dernière en a 5, réunis entre eux par paires et en forme de faux. Le genre ne se trouve fossile que dans le terrain d’alluvion.
Esp. 16. Cam. Dromedarius L,
L'espèce fossile ne semble pas se distinguer de la vivante.
Hab. très-rarement en Sibérie, d’où Mr. BoJANuUS, ci-devant Professeur de l’Université de Vilna, à décrit deux dents molaires sous le nom de Merycotherium sibiricum; elles sont plus longues que larges et dépourvues du petit tubercule conique entre les collines latérales comme dans le Chameau à une bosse, ayant selon Mr. CUvVIER la même structure, dont se distingue aussi le Camelus sivalensis CANTL. et FALC, qui se rencontre dans la couche supérieure de terrain tertiaire de la montagne de Sévalik dans l'Himalaya.
Famille neuvième,
Capreoli.
Le Corps des Cerfs est plus délicat et moins haut que le . 1—0 . 6 :
corps robuste des Chameaux, leurs dents : —S à ont la même
structure: les bois sont rameux (cerata) et les cornes (cornua) toujours simples ; il leur manque quelquefois les ongles rudimentaires.
Genre XIV. Cervus L.
La tête se distingue par ses bois rameux caduques très-hauts et solides en dedans ; les dents diffèrent de! ue le côté intérieur des molaires, qui se composent d’un ou de deux cylindres semilunaires sans plis, se distingue par un petit cylindre pointu dans l’enfoncement entre les deux bords semilunaires en émail; les cavités lacrymales sont profondes et les ongles rudimentaires très-écartés de la terre. Le genre se trouve dans la couche supérieure du terrain tertiaire et d’alluvion; les espèces très-nombreuses sont dispersées aujourd’hui sur tout le globe terrestre, surtout dans des contrées boisées, car elles se nourrissent d'herbes et de feuilles d'arbres. Les espèces fossiles sont difficiles à distinguer et d'autant plus qu'on ne trouve ordinairement que des ossements séparés, des molaires, des bois qui varient dans leur forme et leur grandeur selon l’âge et le sexe et qui fournissent des caractères spécifiques très-peu constants. Les Cerfs, semblables à ceux des pays méridionaux, surtout au Cerodama, se trouvent à l’état fossile par toute l’Europe et prouvent que le climat y a été beaucoup plus chaud qu'il ne l’est maintenant; d’autres espèces sont éteintes par le refroidissement du globe qui arriva peu-à-peu jusqu’à l'apparition de l’homme, d’autres enfin persistèrent plus long-temps et se sont éteintes dans les temps historiques , ou entièrement, comme p. e. le Cervus eurycerus, ou seulement dans quelques pays, comme les Cervus dama, alces et elaphus
Esp. 17. Cerv. eurycerus ALDR. — Cerv. megaceros HAREI, — Cerv. megalocerus Fiscx. — Cerf à bois gigantesque.
Cette espèce éteinte avait la forme générale du Renne, mais ses bois étaient plus longs, ils avaient la longueur de 7 pieds, leurs extrémités étaient écartées les unes des autres de 9 à 14 pieds; le bois est en général courké en haut et un peu fléchi en arrière pour s’aplatir ensuite en une spatule très-large et trois fois aussi longue que la perche, les 8 ou 10 andouillers sont de différente longueur, le second et le troisième du côté antérieur sont les plus grands ; le crâne est en général plus court, mais plus large que celui de l’Elan ordinaire, à narines plus petites et disposées .devant les orbites.
Hab. dans des cavernes de Tscharkoff près de la rivière d’Inda dans le royaume de Pologne, dans la caverne de Khankhara, dans laquelle les molaires sont ordinairement longues de 2%/, pouces, larges de 27, pouces et d’une grosseur de 6 lignes (voy, la pl. XI, fig. 37); l’une des
‘ molaires, la dernière de la mâchoire supérieure du côtè droit était trèsusée, du côté intérieur de la dent il y a deux courts cylindres très-pointus et sur la couronne encore d’autres cylindres en tuyaux également usés en forme de petites pointes. Un fragment du crâne s’est trouvé près du viliage d’Iljinsk à Tschoudskoje Gorodischtsche au gouvernement de Perme, l’os occipital seul est conservé, un autre fragment du crâne ainsi que sa partie postérieure a été découvert par feu Mr. JAZYKOFF près de la ville de Simbirsk dans un ravin de ce nom {Simbirski ovragh) et un bois très-grand près du village de Vinnofka au district de Sysran; je les ai décrits dans un mémoire * à part. Les os des pieds, surtout ceux du métatarse et l'astragale les débris de la mâchoire supérieure et de l’inférieure, pourvus de dents, la partie occipitale du crâne, pourvue de la perche d’un bois se sont trouvés dans la caverne de Khankhara dans J’Altai, Mr. CUvIER ** s’étonna que le Cerf à bois gigantesques, aussi généralement répandu à l'occident de l'Europe, principalement en Angleterre et aux bords du Rhin, ne se füt pas encore trouvé de son temps dans l’Europe orientale, là, où les Mammouths et les Rinocéros se trouvent en grande quantité; mais j'ai démontré par lé mémoire cité cidessus, que ce Cerf à bois gigantesque était aussi indigène à la Russie orientale et même à la Sibèrie et contemporain des Mammouths et des
Rhinocéros.
Cette espèce a vécu probablement dans les temps historiques, elle a été décrite par JuLEs CÉSAR *** comme un boeuf, de la figure d’un
cerf à bois très-hauts larges et rameux (mais il lui attribue un seul bois au millieu du front). Ces bois étaient fixés sur les os du front du mâle et de la femelle et étaient de la même forme dans les deux sexes, comme cela ne se voit aujourd'hui que dans le Renne.
Selon Mr. HigBERT + c’est aussi le Cerf d'Irlande du 12ème siècle, connu chez les vieux Bretons sous le nom de Seg, le Cervus palmatus de JULES CAPITOLIN ; c'etait à ce qu’il semble le Machlin de PLINE, répandu en quantité dans les forêts des Scandinaves et c'était selon Mr. Gozpruss aussi le Schelch sauvage des anciens Allemands, dont l’ancien poême allemand des Nibelongs (Nibelungen) fait mention. Par con-
Ueber den Riesenhirsch, dans le Bulletin des Natural. de Moscou
##* Ossements fossiles. Paris 1825. Tome IV, pag. 88. Jurius Cazsar de bello gallico lib. VI, cap. 25. + Voy. un mémoire de Brew%sr. dans l’Edinb. Journ. of Sciences, New serie, 1830. IV, pag. 301.
séquent ce cerf habitait les forêts de l’ancienne Germanie avec beaucoup d’autres Mammifères éteints, et a vécu plus long-temps * qu'eux, et jusq'aux temps historiques, il à disparu peut-être au moyen - âge ainsique le tour. Ses contemporains étaient dans les temps antéhistoriques les Rhinocéros, les Mastodontes, les Mammouths, dont les ossements fossiles se trouvent souvent avec ses débris dans le terrain d’alluvion ; à Clève au bord du Rhin, on en a trouvé même avec des urnes et des haches antiques.
Esp. 18. Cerv. alces fossilis MEy,
Les bois de cette espèce sont fort larges, mais sans l’andouiller des yeux, il y a ordinairement 18 andouillers en tout à lâge mür, c’està-dire presque le double de ceux du Cerf à bois gigantesque ; les bois sont ordinairement plus petits que dans celui-ci,
Hab. en beaucoup d’endroits de la Russie , au bord de la rivière de Swislotsch au gouvernement de Grodno; on y a découvert les bois avec un fragment du crâne à 18 andouillers à chaque bois; on l’a déterré aussi, selon Mr, PuscH qui l'appelle Cervus leptocephalus, dans le royaume de Pologne, et en outre dans le gouvernement de Kostroma, au district de Nerektski, c’est alorsle Cervus resupinatus Rouizz. **, jeune individu, qui par conséquent montre comme tel quelques différences d'avec le Cervus alces entièrement développé; son cràne est un peu plus mince et plus petit que dans ce dernier; le bois de cette espèce encore vivante se rencontre aussi dans le gouvernement de Pskow, en outre à 60 verstes de Moscou au bord du fleuve de Pouscha, d’où Mr. Fischer DE WALDHEIM l’a décrit sous le nom de Cervus Savinus comme une espèce intermédiaire entre les Cervus alces et euryceros, ainsi qu'en Livonie près de la ville de Felline, d’où il a été décrit par Mr. DE Fischer sous le nom de Cerv. fellinus Fiscx.; c'est un bois d’un individu de 5 ans parcequ'il a 5 andouillers, tout-à-fait comme l'Elan ordinaire, qui est pourvu d’un bois semblable; l’espèce y vit encore à présent; elle habitait auparavant toute l'Allemagne, surtout, selon la description de JuLes CÉsAR “**, la vaste forêt de la Hercynie, qui commencait aux frontières de la Suisse et le long de la rivière
* Voy. mon mémoire sur le Ricsenhirsch 1. c. pag. 29.
** Voy. le Jubilaeum semisaeculare Fischeri de Waldheim fol. maj. à Mosc. 1847. pag. 14, PI. 1—II—IHI—IV, " De bell, gall. lib. VI, cap. 27 sous le nom d’Alces consimilis capris figura,
du Danube et finissait au pays des Daces, la forêt Bohémienne, celle des Karpathes et de la Valachie appartenaient aussi à la Hercynie, Hercynia sylva, dont la longueur au nord était inconnue, mais selon l'opinion de César, on y pouvait faire 60 journées de marche sans en atteindre la fin.
Esp. 19. Cerv. leptoceros m.
Comment. de Pecor. et Pachyderm. reliq. fossil. Tab, LI, Fix. 2.
Le bois est très-long et étroit, sa longueur a un peu plus de k1/, pieds, la perche courbée s’élargit peu-à-peu vers l'extrémité et tous les andouillers sont courts, simples; ils ne sont pas divisés en deux, comme dans le Renne, les deux andouillers des yeux sont très-longs et simples, ils ne sont pas non plus divisés comme dans le Renne, linférieur est plus long que le supérieur et tout-à-fait aplati à l'extrémité; on voit au bord postérieur de la paume élargie et allongée trois andouillers rudimentaires pointus et rapprochés les uns des autres et au bord supérieur il y ên a deux petits, arrondis et à côté deux encore trois semblables petites proéminences, lesquelles ne se trouvent pas du tout sur le bois du Renne, de sorte que cette nouvelle espèce fossile s'en distingue suffisamment.
Hab. dans un ravin ou un lit ancien de la rivière du Boug près de Bjalostok au gouvernement de Grodno; il se conserve au Musée de l'Université de St, Wladimir à Kiew.
J'ai décrit et figuré ce bois d’abord sous le nom de Renne (Cervustarandus), mais ayant eu depuis l'occasion d'observer plus de bois de Renne à St. Petersbourg, je me suis convaincu de sa différence ; en tout cas il est très-remarquable, que le Renne ou une espèce très-voisine, le Cervusleptoceros, habitât pendant Ie sédiment du terrain d’alluvion aux environs de Bjalostok; car maintenant il n'y en a point du tout; ils vivent à présent beaucoup plus à l’orient et au nord de la Russie, où ils descendent quelquefois le long de la chaine de l'Oural et apparaissent en hiver au district de Czarewokoktschaiske, gouvernement de Cazan,
L'espèce a disparu à ce qu'il semble dans le temps historique et est peut-être identique avec le Cervus Tarandus fossilis Cuv., découvert en Bohême, en Allemagne, en France et en d’autres pays ; car il est peu probable que le Renne ait pu vivre dans l'Europe occi-
dentale et méridionale pendant un temps, dans lequel le climat était d’£Eichwald, Lethaea rossica. 4, * 2%
plus chaud que maintenant à moins de supposer que les Rennes d’alors se soient nourris d'une autre nourriture que ceux de nos jours ou que, à cause de la plus grande extension des glaciers du monde primitif, le climat du midi de l'Europe ait été affectivement plus sévère dans quelques endroits.
Enfin, on a déterré des ossements de Cerfs, mais d'espèces encore indétérminées dans l'argile. d’Odessa; les Cerfs habitaient le midi de la Russie, du temps de STRABON, c’est-à-dire au premier siècle de notre ère et peut-être c’est depuis ce temps que quelques espèces ont été détruites.
Esp. 20. ‘Cervy. elaphus fossilis Cuv.
Les ossements fossiles de cette espèce ne diffèrent pas de ceux de l'espéce ordinaire , quoique les bois d’après l’âge se distinguent beaucoup par leur forme,
Hab. en beaucoup d’endroits de la Russie et de la Pologne; ses ossements fossiles se trouvent en Courlande dans le lac de Widel, qui a été desséché par l’art de l’homme; le crâne était pourvu d’un bois de 3 pieds de long et à 12 andouillers; un autre crâne avec le bois à andouillers plus petits, a été pêché dans le fleuve de Windau près de Schleck ; il se trouve aussi au royaume de Pologne, en Volhynie, en Podolie, près de Moscou, très-souvent dans la forêt de Bialowesha, près de Bjalostok ainsi que près d’'Odessa aux Neroubaiski-Khoutory, il y a même des bois et des dents molaires de Cerfs qui se sont trouvés dans le calcaire tertiaire d’Odessa.
L’espèce ne vit plus à présent au midi de la Russie, où elle était encore indigène, il y a quelques siècles, car en 1096, le Grand-duc de Kiew, W£LADIMIR MoNOMAKu, faisait la chasse aux Cerfs au gouvernement de Tschernigoff, dans lequel il n’y en a plus depuis longtemps*; ils y vécurent alors avec les Elans, les Sangliers et les Ours; l'espèce vit encore très-souvent au Caucase, à l'Oural et à l'Altal, partout dans les régions montagneuses boisées.
Esp. 21. Cerv. capreolus L.
L'espèce fossile ne diffère pas de l'espèce vivante.
Hab. en état fossile dans la caverne de Khankara de l’Altai, où l'on a trouvé entre autres la mâchoire inférieure du côté gauche; l’es-
# Voy. la chronique Lavrentienne (en Russie) à St. Pétersbourg. 1846, pag. 104.
pèce vit encore aujourd’ hui partout dans la Russie méridionale et dans l’Altaïi, le Caucase, l'Oural.
Famille dixième.
Cavicornia ILz,
Le corps robuste à la tête pourvue de cornes simples, caves dans l'intérieur, persistantes et fixées sur des apophyses osseuses de l’os du front, des deux sexes, les dents presque telles que dans la famille précédente, les pieds semblables, les ongles accessoires plus développés que chez les Cerfs. Les genres de la famille se trouvent en état fossile dans la période moyenne du terrain tertiaire et ne diffèrent presque pas des espèces vivantes.
Genre XV. Antilope Paz.
Les cornes longues, courbées, lisses ou annelées transversalement, quelquefois les deux sexes en sont dépourvus, quelquefois il y en a deux fixées des deux côtés aux os du front; les dents molaires sans cy-, lindres accessoires aux bords intérieurs. Le Genre se trouve déjà dans la couche moyenne du terrain tertiaire et vit maintenant dans l’Altai et le Caucase.
Esp. 22. A, Rupicapra fossilis L.
Elle ne diffère pas de l’espèce vivante, Hab. dans les Neroubayski-Khoutory près d'Odessa.
Genre XVI, Capra L.
Le corps est plus robuste et plus fort que dans le genre précé dent, les cornes ne sont pas aussi courbées, à grandes cavernes en dedans, Le genre habite les endroits montagneux presque de tout le globe terrestre et se trouve en état fossile dans des cavernes,
Esp. 23. Cap. hircus fossilis L.
Elle ne diffère pas de l'espèce encore vivante. Hab, dans les Neroubayski-Khoutory près d'Odessa, si ces restes fossiles n'appartiennent pas à la Capra ovis fossilis.
Genre XVII Bos.
Le corps est robuste, très-gros, le crâne très-grand, allongé à
apophyses osseuses sur les os du front pour l’attache des cornes co- 24 *