‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la RussieChapitre 10 sur 21 · ES · texte numérisé non relu

ES

Esp. 167. Cellep. concatenata d’Ors.

PI. XIV, fig. 11 a grand. nat.; b cellules grossies. Membranipora concatenata d'Ors., Terrains crétac. 1. c. p. 553. PI. 729, fig. 5—6.

La petite colonie est composée de rangées régulières de cellules ovalaires, distinctes, formées d’une enveloppe ovale et entourées d’un encadrement complet. Un pore ovarien se voit au-dessus de l’ouverture cellulaire.

Hab. dans le grès néocomien de-Badrak, aïnsi que dans la craie blanche de Meudon et de Tours en France et de Kutschline en Bohème.

La colonie à presque 6 lignes de long et 3 L de large; les cellules sont quinconciales, assez régulièrement disposées; elles sont entourées d’un bord elliptique complet, dans l’enfoncement duquel on observe dans quelques cellules une cloison transversale, qui semble diviser la cavité viscérale en deux creux, conformation particulière qui se retrouve dans plusieurs Eschares et Cellépores; M. de Hacexow * en donne une description, qui se rapporte, à ce que je crois, à cette conformation. Ces espèces ne se multiplieraient-elles pas par une division spontanée?

Esp. 168. Cellep. orbiculata Gozpr.

Petref. German. 1. c. PI. XIL, fig. 2.

Quexsrenr, Jura. p. 665. PI. 81, fig. 71. 72.

La petite colonie discoïde ou légèrement anguleuse se compose de cellules allongées divergentes, naissant d’un centre commun vers le bord inférieur de la colonie; les cellules sont renflées, à ouverture arrondie et rétrécie.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage oxfordien supérieur près de Tambow, dans une localité nommée Antonowa poustoschsch; il y est fixé sur un Gryphaea; se trouve aussi dans le jura blanc du Würtemberg.

Le disque a 3 lignes de large et de long; les cellules prennent naïssance près d’un bord anguleux et constituent des rangées divergentes, qui s'élèvent à peine au-dessus de la surface du disque; elles laissent entre elles des intervalles, qui sont un peu plus larges que les cellules ellesmêmes.

Cette espèce semble appartenir à la famille de Tubuliporidées plutôt qu'aux Escharidées, car les cellules sont allongées, presque tubuleuses et n’ont nicouverture cellulaire, ni encadrement, comme celles des Escharidées.

MHNCS perte

Genre LXXIII Stichopora Hac.

La petite colonie calcaire est convexe et fixée par une base concave; elle se compose d’une seule couche de cellules épaisses, à ouverture placée d’un côté. Les cellules forment des rangées rayonnées, qui naïssent d’une seule cellule primordiale et restent symétriques; cependant il se développe également des cellules en forme de fissure et d’autres cellules accessoires et même des pores accessoires; de la sorte les Stichopores doivent être placés entre les Cellépores et les Lunulites; car ils présentent les expansions irrégulières et libres des Cellépores et les formes symétriques des Lunulites. Les cellules sont réunies entre elles, comme dans les Urcéolées en général, par des canaux germinatifs. Ce genre se trouve dans la craie blanche,

Esp. 169. Stichop. centralis #».

PI. XIV, fig. 13 a grand. nat.; b grossi.

Testa discoidea, convexiuscula celluligera, cellulis angulato-rotundatis, series quincunciales efformantibüs, apertura cellularum centrali.

Hab. dans le grès vert supérieur de Badrak en Crimée, et dans la craie blanche de Simbirsk. :

La colonie discoïde est légèrement convexe et composée de cellules arrondies, un peu anguleuses; l'ouverture des cellules est circulaire et entourée par un bord également large en haut et en bas de l'ouverture. | Les cellules sont tellement serrées qu’elles prennent ça et là une forme hexagonale, quoiqu’en général fort peu distincte.

Le Stichopora clypeata Ha. * de la craie blanche de Maastricht montre cette forme plus distincte et diffère aussi par son bord inégal autour de l'ouverture cellulaire, car il est plus large en bas de l’ouverture que dans le haut, et de la sorte l’ouverture n’occupe pas le milieu de l’enfoncement, comme chez le St. centralis.

La petite colonie a 1 1 de large et présente 9 cellules, placées dans cet espace. Elle est attachée à une Serpule en Crimée.

Genre LXXIV. Lunulites Lam. d'Or.

La tige hémisphérique est fixée dans le jeune âge, plus tard elle devient libre; les cellules presque carrées, à ouverture centrale enfoncée, ne se trouvent que sur la face convexe et forment des rangées rayonnées, entre lesquelles on observe des rangées plus courtes. La base est concave, et les rayons poreux ou lisses. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et tertiaire.

Esp: 170. Lunulit. depressus m.

PI. XIV, fig. 14 a b grand. nat.; © d grossis.

LS

Stirpe semiglobosa, depressa, vertice conspicuo e cellulis minoribus exstructo, lateralibus majoribus series radiantes easque bifidas coëfficientibus, cellulae quadrato-orbiculares transversim confluentes, at utrinque ad latus series cellularum sulcis ab invicem diremptae; basi medio excavata, radü exinde aborti laeves et extrema parte dehiscentes, sulciferi.

Hab. dans la craie blanche de Grodno, au bord du Niemen.

La tige hémisphérique est déprimée, les cellules, au nombre de 9 ou 10 dans chaque rangée, sont carrées, à ouverture centrale très enfoncée et arrondie; les rangées concentriques des cellules ne sont pas distinctes et les sillons intercellulaires ondulés.

La base est concave, surtout à son sommet, occupé par une petite cavité limitée, tandis que le reste de la base présente un bord convexe, formé par des rayons lisses, qui continuent les cellules à la base. Les rayons sont creux par la présence de sillons aux extrémités du bord tranchant de la colonie; voy. la fig. citée.

La tige a 1 L. de haut et 3 1. de large. C’est surtout la base qui distingue cette espèce; elle est partagée en deux parties: la supérieure est concave et remplie de côtes rayonnées lisses; ce sont les prolongations des premières cellules; la seconde est au contraire convexe et composée également de semblables côtes ou prolongations tubuleuses des cellules subséquentes. Les extrémités des côtes sont pourvues d’un sillon, . tandis que les côtes elles-mêmes sont lisses; elles sont en outre d’épaisseur inégale, car des côtes minces s’intercalent entre les côtes épaisses et plus âgées, mais on n’observe ni pores, ni stries à la base de la petite colonie.

Cette espèce diffère, par la forme déprimée et par la base lisse et non poreuse, du Lunulites radiatus Lam. du terrain nummulitique de la Perse près de T'ebriz, où il se trouve à une altitude de 7239 pieds anglais ; il existe dans un calcaire semblable des Diablerets de la Suisse.

Le Lunulites Hagenowii Bosa. * de la craie de Maastricht lui ressemble encore plus, mais sa base est également concave, non divisée, comme chez le L. depressus, en cavité distincte au sommet et en partie convexe très large vers le bord.

# Voy. von Hacexow, L c. p. 101. PI. XII, fig. 16.

Famille seconde.

Tubuliporidées (Auloporinées).

La tige est composée de cellules tubuleuses, allongées, calcaires, réunies à leur base par une substance calcaire et formant par là des colonies, ou bien elles sont réunies par leur extrémité et forment de petits tubes en rangées dichotomes. L'ouverture des cellules est arrondie, tantôt élargie, tantôt rétrécie dans quelques genres rampants. (C’est l’ancienne famille des Auloporinées.

Genre LXXV. Stomatopora BroNN, d'Or.

La petite colonie forme des tubes très grêles, réunis à leurs extrémités; les cellules sont allongées, à ouverture antérieure orbiculaire et rétrécie; elle pousse un autre tube cellulaire, se prolongeant également, pour donner naïssance à une troisième et à une quatrième cellule, qui s’attachent aux corps marins par leur face inférieure. Les cellules se dichotomisent souvent ou se divisent irrégulièrement. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire. (C’est le genre Alecto Lamx., nom qui à été déjà employé par M. Leacx en 1815; c’est pourquoi M. Browx à proposé pour ce genre en 1825 la dénomination de Stomatopora.

Esp. 171. Stomatop. serpens m.

PI. XIV, fig. 15 a gr. nat.; b grossi.

Cellulae exiguae, ovatae, breves, prorepentes, secum invicem connexae indeque in varium latus inflexae, undatae, passim dividuae.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage oxfordien supérieur près d’Antonowo poustoszstch dans le gouvernement de Tambow.

Les cellules sont microscopiques, très courtes et ovalaires; elles sont réunies les unes aux autres et forment des fils ondulés, simples ou divisés irrégulièrement; elles sont toujours rampantes et fixées aux Bélemnites par leur partie inférieure. La petite ouverture arrondie occupe l'extrémité antérieure, tandis que l'ouverture postérieure adhère à lindividu précédent. Cette espèce est fixée sur une Bélemnibe.

La petite colonie se compose de nombreux individus, qu’on pourrait prendre pour des Serpules, si l'ouverture extrême de chaque individu ne venait prouver le contraire.

Esp. 172. Stomatop. gracilis Bronx.

d’Ons. Terr. crétac. p. 843. PI. 758, fig. 17 —18. La colonie très petite est composée de rameaux grêles et plus minces

qu'un fil, divisés à de courtes distances par des dichotomisations. Les cellules sont flexueuses, six fois plus longues que larges. Hab. dans la craie blanche de la Crimée, près de Simferopole. Cette espèce est attachée à un Terebratula carnea; son ouverture est petite, orbiculaire et saïllante; elle ressemble au Stomatop. dichotoma Gozpr. du terrain jurassique de l'Allemagne, qui cependant se ramifie constamment par dichotomie.

Genre LXXVI. Pustulipora Branv. (Entalophora dOr.).

La tige, fixée sur une large base, est cylindrique, et souvent rameuse; elle pousse à la surface un grand nombre de petits tubes ou cellules cylindriques saillantes, placées en quinconce, ou non disposées en lignes régulières. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.

Esp. 173. Pustulip. dispersa ».

PI. XIV, fig. 16 a grand. nat.; b grossi; c échantillon de Tambow, grand. nat. ; d grossi. :

Stirps ramosa, ramis cylindraceis, cellulas tubulosas suberectas, approximatas, apertura coarctata instructas excipientibus.

Hab. dans le grès néocomien de Biassala en Crimée et peut-être dans un semblable terrain du gouvernement de Tambow, près d’Antonowa poustoschtsch.

La colonie dendroïde de cette espèce est formée de rameaux cylindriques, qui supportent des cellules nombreuses, très rapprochées et allongées, à ouverture circulaire rétrécie. Les cellules prennent naissance irrégulièrement à tous les côtés de la tige et des rameaux, sans offrir des lignes régulières, tandis qu’elles sont ordinairement quinconciales sur d’autres espèces. Les cellules sont tantôt très serrées et se touchent à leur base, tantôt elles sont plus espacées, de sorte que les intervalles qui les séparent sont de la largeur des cellules à leur base.

La colonie est pourvue d’une large tige inégale, enflée, se divisant irrégulièrement en rameaux latéraux. Elle a 10 lignes de long, et 3 lignes de large à sa base.

Le Pustulipora tubulosa Hac. *, de la craie de Maastricht, se distingue par ses cellules plus longues, et rapprochées de telle sorte que leurs bases se touchent; les ouvertures des cellules ne sont pas rétrécies,

* v. Haesnow, L. c. p. 14. PI. L, fig. 2.

mais de largeur égale avec la cavité viscérale. La tige semble en outre simple, tandis qu’elle est rameuse dans le P. dispersa.

L’échantillon de Tambow (fig. 15 c d) a presque la même forme rameuse de la tige; ses rameaux sont cylindriques, tubuleux et se divisent par bifurcation; il y en a 5 sur la petite tige, comme chez le P. dispersa de Biassala, mais les cellules sont plus courtes, plus espacées, et laissent un intervalle qui surpasse la largeur des rameaux. La tige commence à la base par une lame élargie, qui se recourbe des deux côtés et forme un tube; les rameaux présentent la forme tubuleuse et se développent des deux côtés opposés, en se bifurquant. Un sable ou grès ferrugineux enveloppe l'individu, qui à 5 L. de large et autant de long. Les rameaux ont 1 1. de large et s’élargissent légèrement au sommet; les cellules sont courtes et offrent la même largeur au sommet qu’à la base.

Esp. 174. Pustulip. madreporacea Gozpr. sp.

PI. XIV, fig. 17 a grand. nat.; b tige en coupe verticale et grossie; c la même, vue d'en haut; d cellules grossies.

La tige est dichotome, à base large, et à cellules circulaires, pourvues d’un bord relevé en anneau; elles sont disposées en rangées quinconciales plus ou moins régulières; les intervalles sont étroits.

Hab. dans le terrain crétacé de Badrak en Crimée et dans la craie chloritée de Simbirsk.

Cette espèce est caractérisée par une tige élancée et par le cadre circulaire des cellules, qui forment des spirales assez distinctes. La tige est compacte au centre et poreuse vers les bords, les pores deviennent de plus en plus épais ou larges, car ce sont les bases des cellules coupées, et comme les cellules (voy. fig. 16 b) offrent un niveau différent, les pores deviennent plus larges quand les cellules sont coupées plus haut.

Le fragment figuré à 21/2 1. de long et 1 L. de large.

Cette espèce fait la transition aux Cériopores et a été nommée antérieurement Ceriopora madreporacea Gozpr. *; C’est M. DE BLAINvILLE qui l’a réunie aux Pustulipores **

Genre LXXVII Berenic ea LAMx.

La colonie se compose d’une lame calcaire incrustée, plate, composée de cellules tubuleuses, soudées à leur base amincie, et libres à

* Petref. German. I, p. 35. PI. X, fig. 12.

**# Dictionn. des Sc. natur. vol. LX, p. 382. -

leur ouverture élargie; elles forment des rangées assez régulières, rayonnées. Les Diastopores Lamx. ont la même conformation, mais leur tige est dendroïde et non incrustée, et se ramifie en s’élevant. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, cretacé et tertiaire et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 175. Beren. centrifuga TrauTso.

Diastopora centriluga Bull. de Mosc. 1861. No. 1, p. 66. PI. IV, fig. 4.

La petite colonie est circulaire, à bord crénelé et à cellules disposées en lignes arquées régulières, partant du centre vers la circonférence.

Hab. dans un terrain néocomien de Mniowniki près de Moscou, fixé sur un Perna.

La tige circulaire et plate semble avoir, à en juger d’après la figure, un diamètre de 10 L.; les rangées de cellules sont très nombreuses. Cette espèce se rapproche beaucoup du Diastopora densata d'Or. * du terrain crétacé, que d’OrBrany nomme dans la description Berenicea regularis; il a le bord échancré et la colonie arrondie et fixée; elle est rampante, assez mince et se compose de cellules éparses, assez éloignées et lisses dans leurs intervalles. Cette espèce se trouve dans le cénomanien du Calvados, au Havre.

M. TraurscnoLp fait en outre mention d’un autre individu, fixé sur un Myoconcha du même terrain de Moscou; les cellules présentent cependant des rangées droites, non arquées, eb ce caractère suffirait pour en faire une autre espèce, plus voisine du Beren. regularis que du - B. centrifuga.

M. de-Fisomer fait mention * d’un Aulopora de Khoroschôwo, qui à été perdu ensuite et dont il ne donne pas de figure; cette espèce doit être le Berenicea qui nous occupe.

MM. Prcrer et Rexevier *** donnent la description du Flustrella Rhodani du terrain aptien de la perte du Rhône, qui offre la disposition des cellules en rangées arquées de l’espèce de Moscou, avec la quelle je suis porté à la supposer identique.

Esp. 176. Beren. compressa Gozpr. sp.

Aulopora compressa Gozr. Petref. Germ. PI. 38, fig. 17. Les petits tubes de la colonie discoïde sont allongés, un peu dé-

* ], c. Terr. crétacé p. 865. PI. 637, fig. 2. PL. 636, fig, 9—10. PI. 637, fig. 3 —4. ù #* Oryctographie de Moscou L. c. p. 162.

**#% Description des fossiles du terrain aptien etc. Genève 1858.

primés et disposés en rangées rayonnées toutes droites; l'ouverture s’élève en une petite saillie et se bifurque.

Hab. dans l’argile oxfordienne de Dmitrijewo sur les bords de l’Oka.

Les cellules prennent naissance, non au centre, mais au bord de la colonie.

Un vrai Diastopora, voisin du Diast. foliacea Lam. se trouve attaché sur la valve du Gryphaea dilatata Sow. au bord du Syssola dans un terrain jurassique ambigu.

Genre LXX VIII Idmonea LaAumx.

La tige calcaire, cylindrique ou anguleuse, est dendroïde et fixée quelquefois sur une base large; les rameaux comprimés sont nombreux, courts et se réunissent; l’intérieur de la tige est poreux par suite des cellules tubuleuses qui y prennent naissance et qui, en divergeant et s’infléchissant, apparaissent à la surface des deux côtés opposés de la tige, sur laquelle leurs ouvertures forment des rangées transversales; un troisième côté est dépourvu de cellules et finement pointillé ou muni de très petits enfoncements rapprochés. Les cellules de la ligne médiane sont les plus grandes. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 177. Idmon. repens ».

PI. VIIL, fig. 10 a gr. nat. ; b grossi.

Stirps exigua repens ramosissima, ramis brevibus, bifureis ac dein coalescentibus, cylindraceis, passim triangulis, binis ramulorum faciebus celluligeris, tertia punctato-foveolata.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

La tige très petite est rampante et très rameuse, les rameaux courts, bifurqués et coalescents, forment un réseau compliqué; les rameaux sont cylindriques, comprimés, anguleux, triangulaires, à cellules placées en rangées transversales sur deux côtés divergents; le troisième côté est dépourvu de cellules et garni de très petites ponctuations enfoncées et fortement rapprochées.

La tige rampante semble pousser continuellement de nouvelles radicelles, qui la retiennent dans la direction horizontale au fond de la mer; les courts rameaux, qui s'élèvent de la tige, se réunissent entre eux et poussent dans toutes les directions d’autres rameaux également courts et d'épaisseur égale. Ils vont se réunir aux rameaux voisins et forment de la sorte une masse réticulée élargie, qui s'étend en rampant sur la

convexité du grès vert. Les cellules sont à peine saiïllantes, tout à fait circulaires et pourvues d’un bord relevé.

Les colonies ont 1 1}2 pouce de large, et la tige est d’une épaisseur de 1 ligne; 4 à 6 cellules ou même plus sont placées sur chaque rangée transversale.

L’Idmonea (Retepora) lichenoides Gocpr. sp. * de la craie de Maastricht ressemble beaucoup à cette espèce, mais il en diffère par une base large, de laquelle s’élève la tige ramifiée, à rameaux libres et très rarement coalescents; les cellules transversales forment en outre des rangées longitudinales, séparées par des stries ou côtes longitudinales, conformation que je ne vois pas dans VI. repens de la Crimée. Les rameaux sont plus longs, s'élèvent plus haut et sont striés du côté qui est dépourvu de cellules.

Esp. 178. Idmon. striatula #».

PI. XIV, fig. 18 a grand. nat. ; b coupe transversale grossie; c surface fortement grossie.

Stirps exigua cylindracea, intus porosa, extus ab anteriore celluligera, a posteriore tenuiter striata, striis longitudinalibus tenuissimis.

Hab. dans le même grès vert de Badrak.

La tige cylindrique est petite, simple, poreuse en-dedans et à l’extérieur, pourvue du côté antérieur de cellules allongées, légèrement saillantes près de l’ouverture arrondie, et du côté postérieur de stries longi- . tudinales très fines et très serrées. Les cellules sont légèrement inclinées, presque verticales et très espacées; elles sont placées en quinconce et forment par là des rangées assez régulières; les intervalles sont striés également, de même que le côté postérieur de la tige.

La tige en fragment n’a que 11} ligne de long et à peine 1 L de large.

Ce n’est pas l’Idmon. lichenoïides, car il lui manque les côtes entre les cellules; du moins elles ne sont pas aussi saïllantes chez PI. striatula, caractérisé par ses stries longitudinales nombreuses,

Esp. 179. Idmon. conspicua m.

PI. VIIL, fig. 12 a b deux individus en grand. nat.; c d l’un d’eux grossi des deux côtés; e coupe transversale grossie.

Stirps erecta, compressa, dendroidea, antice cellulis prominulis per

* v. HAcenow, 1. c. p. 28. PI. IL, fig. 6.

series longitudinales et transversas dispositis atque postice minutissimis granulis praedita.

Hab. dans la craie chloritée du gouvernement de Simbirsk.

La tige de la petite colonie est droite et comprimée; elle se ramifie par bifurcation et s’élargit légèrement dans le haut; le côté antérieur (1. c. fig. 12 c.) est pourvu de cellules légèrement saillantes et disposées en rangées transversales très régulières, formant également des rangées longitudinales. Les cellules sont séparées les unes des autres par des espaces lisses plus considérables que l’épaisseur des cellules; le côté postérieur de la tige (1. c. fig. 12 d) est finement granulé, à granulations très serrées et à peine visibles à l’œil nu. La coupe transversale de la tige cylindrique (1. c. fig. 12 a) ou comprimée (1. c. fig. 12 e) est poreuse en-dedans, quand on fait la section transversale des cellules allongées.

Les cellules latérales sont un peu plus saillantes que les médianes et forment des lignes longitudinales régulières, tandis que les rangées médianes ne sont pas aussi régulières.

Les rameaux sont caractérisés par leur bifurcation et restent toujours libres, sans se réunir en réseau; la tige s’élargit légèrement au point où elle se bifurque.

Genre LXXIX. Crisina d'Orz.

Les Crisines ont une tige très rameuse, les rameaux s'élèvent, en se bifurquant, d’une base attachée, et les rameaux secondaires se bifurquent de nouveau; ils sont lisses à la partie postérieure ou extérieure et se continuent en-dedans en lames qui se réunissent avec les lames voisines et portent sur les deux côtés des rangées transversales de cellules. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 180. Crisin. Nordmanni ».

PI. IX, fig. 4 a b c grand. nat. du côté postérieur de la tige, fig. 5 a b côté intérieur de la tige, grossi.

Stirps oblique erecta ramosissima, ramis tenuissimis oblique adscendentibus, inflexis, fere parallelis, compressis, et lamina duplice exstructis; utraque laterali antica celluligera, cellulis series transversas formantibus, et postico latere laevi parvulos, laterales ramulos obliquos in vicinos verticales primarios emittente.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

Cette espèce est fort compliquée. La tige se compose de nombreux rameaux parallèles, s’élevant obliquement; ils sont légèrement infléchis

et fortement comprimés, surtout du côté antérieur ou intérieur, où chaque rameau se divise en deux lames (voy. L c. fig. 5 a), qui se réunissent en avant et sont garnies de rangées transverses de cellules, entre lesquelles on observe de petits pores et des stries longitudinales, courtes. Ces lames doubles sont en général courtes et se réunissent aux lames voisines (voy. L. c. fig. 5 b), en formant par leurs anastomoses continuelles des enfoncements carrés ou anguleux; elles présentent des crêtes, ou les bords postérieurs des rameaux de la tige tranchants, tandis qu’on voit dans les enfoncements anguleux les deux côtés striés des lames antérieures.

Toute la tige se compose par conséquent d’une paroi perforée en un réseau, dont les mailles sont très irrégulières. L'ensemble de la forme distingue en outre cette espèce du Crisina ramosa d’Ors.* de la craie blanche de Royan. Les branches de ce dernier se bifurquent également, maïs elles semblent rester libres, sans se réunir aux rameaux voisins et il ne s’y développe pas les maïlles carrées ou anguleuses qui caractérisent le Crisina Nordmanni. Il n’y a que des mailles dans celui-ci, auquel manquent les rameaux libres qui semblent caractériser l'espèce de Royan; du reste les deux espèces se ressemblent beaucoup.

Cette espèce, de la largeur et de la hauteur d’un pouce, n’est pas rare en Crimée. Les mailles ont 1 ligne et plus de long et un peu moins de large.

Genre LXXX. KReteporidea dOnrs.

La tige, en gobelet perforé, s'élève d’une base étroite, par laquelle elle est fixée; la base pousse des rameaux ascendants et divergents, qui sont réunis par de courts rameaux collatéraux, entre lesquels il reste des mailles ovalaires. La surface des rameaux est couverte de nombreuses cellules, disposées sur les deux côtés en rangées transversales. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 181. Reteporid, pyromachi m.

. PL VIT, fig. 2 a grand. nat.; b fragment de la surface grossi.

Retepora pyromachi Naturhist. Skizze I. c p. 190. Vilna 1830.

La tige, en gobelet subitement élargi, s'élève d’une base étroite et forme une expansion large; les rameaux prennent naissance à la base, s'élèvent d’abord verticalement pour s’infléchir ensuite de tous les côtés, et former un gobelet large. Ils se bifurquent dans le haut et se réunis-

* d'OrBieny, terrain crétacé V. PI. 611, fig. 11—13. Eichwald, Lethaea rossica. II. 14

sent par de courts et minces rameaux collatéraux, entre lesquels se développent les maïlles ovalaires. La tige était fixée.

Hab. dans la craie blanche de Grodno, de Kreminetz, de Satanof et en d’autres localités de la Volhynie; se retrouve près de Karassoubazar en Crimée.

La tige de la colonie a les bords enfoncés d’un côté, et l’ouverture est par là en forme de croissant. Les rameaux sont presque cylindriques eb pourvus de nombreuses cellules (1 c. fig. 2 b), très serrées, séparées les unes des autres par de très petits intervalles. Les rameaux collatéraux sont très courts et limitent les mailles ovalaires.

La tige a 2 p. 6 L. de haut et une largeur au bord supérieur de 3 pouces entre les deux côtés; elle à 1 p. 4 1. de large d’avant en arrière. Les mailles sont disposées en rangées régulières et ont la même largeur que les rameaux principaux, entre lesquels elles se développent à l’aide des courts rameaux collatéraux; elles ont 1 1. de long et {/3 1. de large.

J'avais antérieurement réuni ce genre aux Rétépores, et je ne sais si je lui assigne maintenant une place plus convenable en le rangeant parmi les Reteporidea, genre encore peu connu et mal limité.

Le Reteporidea Royana d'Ors. * lui ressemble beaucoup, mais les mailles sont fort allongées, irrégulières et inégales.

Genre LXXXI. Reticulipora dOrz.

La tige s’élève d’une base en éventail et les rameaux verticaux contiennent les cellules très serrées du côté antérieur; les mailles sont carrées ou sexangulaires et limitées pas des rameaux collatéraux, qui comme les verticaux offrent des crêtes lisses du côté antérieur. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 182. Reticulip. flabellata m.

PI. VIIL fig. 1 grand. nat.

Stirps flabellata, complicata, ramis verticalibus dichotomis compressis, secum invicem alternatim junctis maculasque quadrangulas ovatasve excipientibus.

Hab. dans la craie marneuse des environs d'Ekaterinoslaw dans la Russie méridionale.

La tige très large est compliquée et composée de rameaux verticaux dichotomes, placés les uns près des autres; ils sont interrompus à des

* Terrain crétacé V, p. 937. PI. 608, fig. 1—5. PI. 772, fig. 18,

distances égales, et offrent les mailles aux points d'interruption, en sorte que les rameaux collatéraux manquent tout à fait à cette espèce; c’est ce qui la fait différer du Reticulipora Girondina d'Or. * de la craie blanche de Royan, dont les rameaux principaux, à crête longitudinale, portent des deux côtés des rameaux collatéraux, pourvus d’une crête transversale, et forment des mailles carrées.

La tige a plus de 4 pouces de haut et 3 p. de large. Les principaux rameaux se bifurquent continuellement et par là ils s’inclinent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Les mailles des deux rameaux voisins sont alternes et placées de la sorte symétriquement; elles ont 1 1. de long et un peu moins de large.

Famille troisième.

Cérioporidées.

Les cellules courtes, arrondies ou prismatiques, forment des couches minces, qui par leur superposition constituent des tiges lobées, incrustantes, dendroïdes. Leurs ouvertures sont simples, d’égale largeur avec les cellules et dépourvues d’opercules, comme les Tubuliporidées. La tige est compacte au centre et c’est de ce dernier que partent des la-

melles, qui forment quelquefois des proéminences rayonnantes à cellules à la surface de la colonie.

Genre LXXXII. Coelocochlea Ha.

La tige creuse est fixée, calcaire, droite et simple; la surface est munie de cellules très serrées, qui sont tubuleuses, fort courtes et forment plusieurs couches superposées. Elles prennent naissance à l’intérieur des couches et passent en direction légèrement oblique à la surface de la tige, dont leurs ouvertures recouvrent toute la surface. Ce genre se trouve dans le terra crétacé.

Esp. 183. Coelocochl. heteromorpha m.

PI. VIII, fig. 3 a grand. nat.; b et c ouvertures des cellules arrondies grossies; d d’autres cellules anguuses grossies.

Stirps cylindracea, intus cava, extus celluligera, cellulis circularibus angulatisve praedita, marginibus cellularum granosis.

Hab. dans un grès vert ferrugineux au pied du mont Akkaya près de Karassoubazar en Crimée.

* d’OrgiGny, Terr. crét. V, p. 265. PI. 609, ti. 7—12. | 14 *

La tige cylindrique, à cavité large, s'élève d’une base élargie et se rétrécit successivement vers le haut; son sommet est arrondi et fermé; la surface est resserrée en deux endroits, et la base courbée d’un côté. Les cellules arrondies, carrées ou même hexagonales, occupent toute la surface, sans former des rangées régulières; elles sont très serrées et deviennent par là anguleuses; leurs bords sont munis de petites granulations, qui se perdent quelquefois, et alors les bords deviennent lisses. Les cellules se continuent en canaux courts, communiquant avec la face intérieure de la cavité. Le sommet rétréci est légèrement comprimé et marqué de plusieurs courtes côtes lisses, qui semblent continuer les cellules placées en-dessous des côtes.

La tige a 1 p. 10 1. de long, et 7 L. de large à la base, dans uue direction, et 3 L. seulement dans l’autre, ce qui marque l’état de la compression de la tige.

Genre LXXXIII Heteropora Brainy.

La tige plus ou moins allongée, cylindrique, est attachée par sa base; elle pousse souvent des rameaux très courts, divisés derechef par bifurcation, et il s’en développe une tige dendroïde, non réticulée. Les rameaux sont pourvus, sur toute leur étendue et dans tout leur pourtour, d’une seule ou de plusieurs couches de cellules tubuleuses, à ouverture circulaire; elles sont éparses à la surface et entre elles on voit un nombre plus ou moins grand de petits pores également épars. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé et même dans la Période ancienne.

Esp. 184. Heterop. furca ».

PI. XIV, fig. 19 a grand. nat.; c coupe transversale grossie; c surface grossie.

Stirps dichotomice divisa, fixa, ramis cylindraceis brevibus, iterumque dividuis, celluligeris, cellulis circularibus, majoribus, exsertis, poris numerosis exiguis easdem cingentibus.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

La tige, de taille moyenne, se bifurque sous un angle aigu, les rameaux secondaires sont, comme la tige, cylindriques et munis de cellules circulaires très rapprochées, légèrement saïllantes et entourées de petits pores irréguliers et disposés sans ordre, comme les cellules.

La tige, d’une hauteur de 5 lignes, se bifurque 3 fois, dans des directions opposées, c’est-à-dire la tige pousse à sa base deux rameaux, dont l’un se porte à gauche et l’autre à droite; une nouvelle division arrive au même niveau, mais ces 6 ou 8 rameaux se bifurquent de nouveau

|. en sorte que les uns regardent le côté postérieur et les autres le côté antérieur. Il se forme ainsi des rangées très symétriques des rameaux, et une forme qui semble différente de celle du Heteropora dichotoma, sur lequel les cellules sont en outre placées plus loin les unes des autres que sur le H. furca. Les cellules de ce dernier offrent un intervalle à peine aussi large que l’épaisseur des cellules, tandis que chez celui de la craie de Maastricht deux cellules pourraient occuper l'intervalle qui existe entre elles. Dans le H. furca les cellules sont légèrement saïllantes, dans le H. dichotoma elles sont plutôt enfoncées et placées en rangées presque quinconciales; c’est ce qu’on ne remarque pas si nettement sur le H. furca. L’épaisseur des cellules de celui-ci est de 2 lignes; d'ordinaire elle est cependant moins considérable. Cette espèce semble remplacer à Badrak le H. dichotoma, car elle y est aussi fréquente que le H. dichotoma l’est à Maastricht.

Esp. 185. Heterop. Constantii d'Ors.

PI. XIV, fig. 20 a grand. nat.; b surface grossie.

La tige, assez grande et cylindrique, est rameuse et munie de nombreuses cellules arrondies et très rapprochées, entourées de pores plus petits, qui semblent se transformer dans un âge plus avancé en vraies cellules.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

La tige est rameuse, mais elle ne se bifurque pas régulièrement, comme celle du Heterop. furca; les rameaux naissent irrégulièrement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre; la tige est fixée par sa base épaisse; le sommet s’amincit et s’arrondit légèrement. Les cellules sont inégales, tantôt entourées par de petits pores, comme vers le sommet de la tige, tantôt rapprochées au point de se toucher mutuellement, surtout vers la base de la tige; par suite de cette structure les pores des intervalles semblent se développer en cellules.

Les cellules sont réparties sans ordre sur toute la surface: c’est là un caractère qui distingue notre espèce du H. furca et du H. dichotom a.

La tige à 1 p. 9 1. de haut et presque 3 L. d'épaisseur. Les rameaux qui se développent au haut de la tige, sont courts et compactes au centre; les cellules tubuleuses sont également courtes et disposées obliquement autour de la tige.

* d'Orgieny |. c. terr. crétacé p. 1071. PI, 799, fig. 6—7.

Esp. 186. Heterop. brachiata #».

PI. XIV, fig. 21 a grand. nat.; b grossi.

Stirps intus cava, ramosissima, ramis e stirpe principali in utrumque latus egressis, numerosis, aliis minoribus simplicibus conglomeratis, aliis longioribus deorsum inflexis et secum invicem coalitis; cellulis majoribus per series curvas vel subregulares dispositis lato intervallo poroso utrinque ab aliis cellulis sejunctis.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

Voici une espèce toute particulière. Elle se divise très irrégulièrement; la tige principale, épaisse et fixée, pousse d’un côté des rameaux très courts, coniques, creux à la base élargie et poreux au sommet compacte: ce sont des bourgeons, qui ensuite se développent en longs rameaux, Du côté opposé de la tige on voit effectivement les rameaux déjà très développés ; ou bien un plus grand nombre y naissent sous un angle droit, s’infléchissent de rechef vers le bas et plus tard aussi vers le haut, et poussent en tous sens de nouveaux rameaux collatéraux, qui se réunissent même par anastomose aux rameaux voisins. De cette manière il se forme un réseau de branches, qui est caractéristique pour cette espèce.

La surface de la tige et des rameaux est criblée de cellules et de pores. Les cellules circulaires sont disposées ça et là en séries régulières infléchies ou également éparses sur la surface; les intervalles entre les séries cellulaires sont occupés par de petits pores très rapprochés et moins distincts, au point qu’ils disparaissent même entièrement et que les intervalles deviennent lisses. La tige ainsi que les rameaux sont creux, mais les parois deviennent de plus en plus épaisses avec l’âge, les couches cellulaires augmentant en nombre, et le sommet des rameaux et de la tige est par là toujours compacte et occupé par des cellules très nombreuses. A la coupe longitudinale, les rameaux sont en général compactes et montrent en grand nombre les cellules tubuleuses, placées les unes vis-à-vis des autres à des intervalles de la largeur des cellules; mais les pores n’y apparaissent pas.

Le fragment dessiné à 9 1. de haut et 3 1. d'épaisseur ; les rameaux collatéraux ont 9 1. de long et 11/4 1. d'épaisseur. Toute la base est entourée, surtout d’un côté, de 15 ou d’un plus grand nombre de rameaux

courts et agglomérés, qui n’ont que !} L. de long et laissent entre eux des intervalles remplis de cellules.

Esp. 187. Heterop. cryptopora Gozpr., Mrox.

Iconograph. zoophyt., I. c. p. 3. PI LI fig. 2.

Ceriopora cryptopora Hacenow, L. c. p. 53. PI. V, fig. 6.

La tige, de taille moyenne, est rameuse, à rameaux épars, nombreux, à cellules inégales, de plus grandes alternent avec de plus petites, qui semblent remplacer les pores. Les couches ne sont pas distinctes.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée; se retrouve dans les Ardennes à Grandpré, et dans la même terrain à Maastricht.

La tige a plusieurs pouces de large et de haut et donne naïssance à de nombreux rameaux, qui se ramifient de nouveau. Les petites cellules semblent être des pores, et cette espèce paraît effectivement appartenir au genre Heteropora plutôt qu’à celui des Cellépores, auquel cependant elle ménage le passage; elle est très fréquente en Crimée.

Genre LXXXIV. Ceriopora Goxrpr. (ex parte).

La tige sphérique ou arrondie est composée de couches nombreuses, formées par de courtes cellules cylindriques, très serrées, superposées les unes aux autres et formant des masses sphériques, incrustantes, ou divisées en rameaux latéraux. L'ouverture circulaire est sans opercule. Ce genre se trouve presque dans tous Les terrains, surtout dans le crétacé.

Esp. 188. Ceriop. polypora m.

PI. XIV, fig. 22 a gr. nat. ; b grossi.

Stirps semiglobosa, major, simplex, superficies celluligera, cellulae

majores, circulares interstitiis latioribus ab invicem diremptae. : Hab. dans le grès vert de Badrak, Karagatsch et Mangoupe en

Crimée. à

La tige demi-globuleuse est incrustante, à large base concave, ätta- chée à différents corps marins, la surface convexe, dépourvue d’un enfoncement quelconque, est munie de cellules nombreuses, assez grandes et arrondies; elles sont séparées par des intervalles granulés de la largeur des cellules; les granulations des intervalles sont très petites et ne se voient pas bien.

L'individu (L c. fig. 21 a) est fixé par toute sa base; on n’y voit pas l’intérieur de la tige; il a 10 L. de large dans une direction et 5 1. dans l’autre; sa hauteur est de 41

Ce n’est pas le Cereop. mammilla Reuss *, du plänerkalk de

# |. c. Kreideverst. v. Bôhmen p. 63. PI XIV, fig. 11—12.

Biline, qui à des cellules anguleuses et disposées en rangées obliques régulières; il est en outre enfoncé au sommet,

M. d’OrBieny a décrit un Reptomulticava simplex, qui est un Cériopore et ressemble beaucoup au C. polypora; mais l’espèce du terrain senonien de la France est très petite, de la forme d’un mamelon irrégulier, où plus élevée et formant alors un double mamelon pédonculé; les cellules sont remarquablement petites, poriformes et distinguent cette espèce de celle de la Crimée.

Esp. 189. Ceriop. micropora GoLpr.

La tige, sphérique ou tubéreuse, est caractérisée par des cellules très petites, égales et dispersées sur toute la surface.

Hab. dans le grès vert de Badrak.

M. de VerneuIz fait mention de cette espèce ainsi que du Ceriopora striata Gozpr., comme se rencontrant en Crimée. Les ouvertures des petites cellules tubuleuses sont petites, mais visibles à l’œil nu.

Esp. 190. Ceriop. theloidea Hac.

Die Bryozoen I. c. p. 52. PI. V, fig. 5.

La tige plus ou moins grande est en mamelon allongé, à base rétrécie et à sommet arrondi, sphérique et pourvu de cellules nombreuses et égales.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.

C’est une espèce des plus fréquentes, qui est de grandeur très variable; elle semble se trouver dans un calcaire néocomien entre Djanataï et Tirenaïr, à 12 verstes de Simferopole. Elle est plus souvent en massue et pourvue d’un long pédoncule, plus étroit que la grande massue du sommet; l’intérieur est compacte, mais la surface porte des cellules nombreuses; cette variété ferrugineuse à un pouce de long et se trouve entre Badrak, Karagatsch et Mangoupe.

Esp. 191. Ceriop. polytaxis Ha.

PI. XIV, fig. 23 a grand. nat.; b grossi; c individu du lac d’Aral, grand. nat.: d grossi.

Die Bryozoen I. c. p. 51. PI. V, fig. 2,

La tige hémisphérique est composée de plusieurs couches super-

eee CET

posées; les cellules tubuleuses sont très petites, plus distinctes au bord que vers le centre.

Hab. dans le grès vert entre Badrak, Karagatsch et Mangoupe; se retrouve dans une brèche ferrugineuse nummulitique du lac d’Aral et dans le terrain crétacé de Maastricht.

Les cellules sont séparées par des interstices de la largeur des cellules elles-mêmes. La tige a 3 lignes de large et 2 I. de haut.

Le petit individu, d’une île du lac d’Aral, a moins de 1 1. de large; les cellules tubuleuses sont séparées par des intervalles aussi larges que les cellules elles-mêmes. L'intérieur de la colonie est pourvu d’une petite cavité, qui semble s'étendre jusqu’au sommet. L’individu est convexe au sommet et fixé par une large base à une brèche ferrugineuse brunâtre, nummulitique, à ce qu’il paraît. *

Esp. 192. Ceriopora serpgns #.

PI. VII, fig. 5 a grand. nat.; b grossi.

Stirps explanata, magna, e cellulis apprime appositis, angulosis exstructa; cellulis strata tum concentrica, cum remota ab invicem componentibus parietibusque tenuissimis ac transversim granoso-striatis efformatis. S

Hab. dans le grès vert aux environs de la ville de Kharkow.

La tige aplatie, élargie, d’une taille assez grande, est composée de plusieurs couches, dont les unes sont continues et attachées entre elles, les autres se détachent et laissent subsister de grands intervalles entre

celles-là. Les cellules sont anguleuses, pentagonales, hexagonales ou ar-

rondies, réunies par des parois très minces et parcourues transversalement de stries granulées ou formées de petites granulations; cela donne à cette espèce, un caractère tout à fait particulier, suffisant pour la faire placer dans un autre genre.

Le Ceriop. Schweiggeri Ha, * a beaucoup de rapports avec le Ceriop. serpens, ce qui me l’avait fait rapporter d’abord à cette espèce, mais M. de Hacenow ne fait pas mention des stries transversales à granulations sur l'espèce de la craie de Maastricht et ne dit pas que les cellules en sont anguleuses. Les cellules à ouverture circulaire de cette dernière sont séparées par des intervalles plus larges que chez le C. serpens, mais l’incrustation en plusieurs couches fort espacées est la même et la grandeur presque égale.

* Die Bryozoen I. c. p. 51. PI. V, fig. 1.

Le Ceriop. serpens a 3 pouces de large et les cellules ont la hauteur d’une ligne: c’est là aussi l'épaisseur des couches superposées, dont la couleur est tantôt verte, tantôt ferrugineuse. M. d'OrBieny a fondé son genre Reptomulticava (quel nom barbare!) sur de semblables Cériopores. É

Esp. 193. Ceriop. flabellum Mrox. sp. d'Ors. af. PI. XIV, fig. 24 a grand. nat.

Reptomulticava flabellum d’'Ors., Terr. crétac. PI. 791.

La tige aplatie, élargie et formée de nombreuses couches très minces et concentriques, semble avoir été attachée par sa large base aux corps marins; la surface est pourvue de cellules ou pores très rapprochés, qui se prolongent en tubes très courts et parallèles, occupant toute l’épaisseur des couches.

Hab. dans le calcaire jurassique corallien de Soudagh en Crimée.

La tige, d’une taille assez grande, semble former un corps aplati et arrondi, presque circulaire, qui s’acroît par l’addition de couches concentriques. Ces couches deviennent de plus en plus grandes et occupent presque le même niveau; ceci est aussi le cas chez le Reptomulticava flabellum Mic, qui cependant se trouve dans le terrain crétacé et non dans le jurassique.

Il me semble que l’individu figuré se compose de trois fragments différents, dont l’un (1. c. fig. 22 a) montre son côté à stries concentriques, l’autre (1 c. fig. 22 b) également le même côté, et le troisième (1. c. fig. 22 c) présente son sommet garni de nombreuses cellules arrondies, qui correspondent aux ouvertures des cellules tubuleuses. De celles-ci partent les stries parallèles aux couches concentriques de la tige; les cellules tubuleuses y apparaissent en rangées concentriques sur les côtés de la tige, et présentent leurs ouvertures au sommet de cette dernière. En tout état de cause, c’est là un genre particulier, qui cependant mérite un nom mieux composé que celui de Reptomulticava; mais je ne suis pas sûr que ce soit la même espèce crétacée.

Genre LXXXV. Plethopora Ha.

La tige calcaire, rameuse et attachée, se compose de couches superposées de cellules tubuleuses très courtes; sur la surface de la tige s'élèvent des proéminences ou collicules; c’est d’elles que prennent naissance les cellules plus grandes; les intervalles sont couverts de petits pores. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé. FF

Esp. 194. Plethop. pseudotorquata Hac.

Die Bryozoen I. c. p. 45. PI. V, fig. 9.

La tige dichotome est munie de quelques proéminences transversales à grandes cellules, séparées par des enfoncements alternes, à cellules semblables.

Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée, et dans le même terrain de Maastricht.

Les fragments ont 5 L de long et 1 1. de large. Les élévations imitent des proéminences annulaires et contiennent, comme les enfoncements, des cellules égales en largeur, entièrement circulaires.

Genre LXXXVI. F'ungella Hac.

La colonie en champignon est fixée par un court pédoncule; intérieurement elle est composée de plusieurs couches de cellules tubuleuses polygonales, dont les ouvertures très serrées se reconnaissent sur la surface convexe. Le pédoncule est lisse. Ce genre n’a été trouvé jusqu'à présent que dans le terrain crétacé.

Esp. 195. Fungella porosa ».

PI. XIV, fig. 25 a gr. nat.; b grossi.

Stirps exigua fungiformis, superficie plana, subconcava, pedunculo brevi, sulcis 12 notato.

Hab. dans un terrain probablement crétacé au bord de la rivière de Soswa, au nord de l’Oural.

La petite colonie en champignon a la surface légèrement enfoncée et munie des petites ouvertures des cellules tubuleuses, qui descendent le long de la tige jusqu’à la base du pédoncule. Les côtés sont parcourus de 12 sillons ou plus, qui prennent naissance aux cellules extérieures légèrement enfoncées. Le bord de la partie supérieure arrondie de la tige est tranchant; celle-ci est presque plane, lisse et poreuse.

La tige a 1 1. de haut et 11/2 L. de large au bord supérieur.

Genre LXXXVII Defrancia Br.

La petite tige discoïde est fixée par sa large base, ou s'élève en champignon sur un pédoncule court; elle est composée de petites cellules tubuleuses, qui prennent naissance au centre enfoncé et se dirigent de là à la circonférence. Les cellules sont rayonnées, d’abord horizontales

et ensuite relevées sur des crêtes ou côtes, entre lesquelles on voit d’autres

cellules dans les intervalles. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire et vit encore dans les mers actuelles.

Esp. 196. Defranc. reticulata Ha.

Die Bryozoen I. c. p. 43. PI. IV, fig. 4.

La tige discoïde, légèrement convexe et enfoncée au milieu, est fixée par toute sa large base; les côtes rayonnantes sont nombreuses, complètes et intercalées; chacune d’elles contient une seule rangée de cellules, et le milieu enfoncé est pourvu de petites fossettes, qui occupent aussi les sillons entre les côtes.

Hab. dans la craie blanche de Simbirsk; à l’île de Rügen, en Scanie eb à la montagne de Maastricht.

La tige discoïde n’a que 2 lignes de large.

Esp. 197. Defranc. radicula #».

PI. IX, fig. 6 a grand. nat.; b grossi.

Stirps exigua, discoidea, radiato-costata, costis e centro exortis, dichotomis, laevibus, inflexis, interstitiis porosis.

Hab. dans le calcaire jurassique cristallin de Soudagh en Crimée.

La tige discoïde, très petite et plate, est attachée par toute la base; elle est convexe; les côtes, dépourvues de pores, prennent naissance au centre et se bifurquent vers la périphérie; elles sont infléchies et forment 5 rayons principaux, qui se divisent des deux côtés en plusieurs rameaux collatéraux. Les intervalles entre les rayons sont occupés par des cellules ou plutôt par les ouvertures cellulaires très rapprochées. Le bord du disque est tranchant et poreux, ainsi que toute la surface.

La largeur du disque est de 1!}2 L.; il est entièrement plat et ressemble peu aux espèces du Defrancia, parceque le milieu n’est pas enfoncé, mais convexe, car les côtes commencent au centre; c’est ce qu’on n’observe pas dans les Defrancia, dont le centre est ordinairement occupé par un enfoncement. La surface poreuse de notre individu le rapproche pourtant du Defrancia.

Genre LXXXVIII Radiopora d'Ors.

La tige cylindrique, creuse et fixée, se compose de nombreuses cellules, limitées ou non limitées, qui occupent toute la surface de la tige, dendroïde et poreuse, ou sphérique et piriforme. Les individus sont agrégés et chacun d’eux ressemble à un Defrancia; c’est donc un Defrancia composé. Les individus présentent un centre enfoncé poreux

et des côtes rayonnant du centre, qui se bifurquent et sont garnies d’une rangée des cellules. Les intervalles contiennent des cellules semblables en grand nombre. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 198. Radiop.inaequalis m».

PI. VII, fig. 4 a grand. nat. ; b quelques cellules grossies.

Stirps communis cylindracea, intus cava, extus costis e centro cavo radiantibus celluligeris exstructa, interstitiis porosis; cellulis singulis confluentibus, non limitatis.

Hab. dans la craie chloritée marneuse de Baktschissaraï et de Badrak en Crimée.

La tige de la colonie est cylindrique, à large cavité dans l’intérieur et à nombreux individus fixés sur la surface. Chaque individu se compose d’une petite protubérance, à centre légèrement enfoncé et à 8 ou 10 rayons en côtes simples ou bifurquées, qui prennent naissance au centre et vont à la circonférence.. Les cellules occupent les côtes en une rangée, et leurs nombreuses ouvertures recouvrent les intervalles. Les individus forment des lignes verticales régulières, ou sont épars sans symétrie sur toute la surface, à ce qu’il paraît à un âge où les individus augmentent en nombre par intercalation. Il me semble même que des couches nouvelles en recouvrent d'anciennes et rappellent par là la conformation des Cériopores. Les individus se réunissent de manière à former une couche continue, composée de nombreux individus.

La tige à 1 p. 6 L. de long et 4 1. de large. Si les individus sont

disposés en rangées verticales, on compte 6 à 8 rangées autour de la

tige cylindrique.

Famille quatrième.

Salpinginées.

La tige de la petite colonie est calcaire, fixée, simple ou rameuse; elle se compose de cellules quelquefois allongées, disposées en verticilles ou spirales autour de l'axe; elles s’inclinent vers la surface et y sont fermées par une membrane trouée. La surface rappelle par suite de cette structure la forme des Eschares, tandis que la coupe horizontale présente la conformation des Tubuliporidées. Les ouvertures semblent avoir été closes par un opercule et les cellules réunies par des canaux à bourgeons.

Genre LXXXIX. Inversaria HAc.

La tige de la colonie est cylindrique, dendroïde, simple ou rameuse,

lisse à l'extérieur, à ouvertures cellulaires grandes, arrondies ou allongées et enfoncées; elles se prolongent en tubes courts, ordinairement hexagonaux, et se recouvrent en plusieurs couches. L'ouverture est petite, n'offre que la moitié de la longueur des cellules; le bord de l’ouverture se réfléchit vers l’intérieur de la cellule. Les canaux à bourgeons occupent les paroïs des cellules. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.

Esp. 199. Inversar. tubiporacea Gozpr. sp.

Cerioporatubiporacea Gozpr., Petref. Germ. [, p. 35. PI. X, fig. 13. Alveolites tubiporacea Bramnv. Dict. des Sc. nat. 1834, p. 405. Inversaria tubiporacea Hac. 1. c. p. 58. PI. VI fig. 9.

La tige cylindrique s’élargit vers le sommet arrondi et se compose de 10 à 12 couches de cellules superposées, l’axe est compacte et contient les couches les plus âgées. Les cellules sont très courtes et de forme elliptique; elles sont éparses sur toute la surface, et des cellules régulières, normales, sont dispersées parmi des cellules anomales, irrégulières. à s

Hab. dans le grès vert des environs du village d’Antipofka sur les bords du Volga. :

Le fragment de ma collection est fort indistinct, car il est entouré par la roche à petits grains de silex cornés et à grains verts chlorités; il a une longueur de 9 1. et une largeur de 4 1.; on y distingue plusieurs couches de cellules elliptiques; les canaux à bourgeons se présentent des deux côtés des parois aussi bien qu'aux deux extrémités rétrécies des cellules.

Classe seconde.

Animaux rayonneés (Echinoderma).

Les Echinodermes se composent‘ d’une charpente calcaire ou plutôt d’un test, revêtu d’une peau coriace et muni d’épines ou de piquants mobiles. Le test ou corps est tantôt sphérique, comme chez les Oursins de mer, tantôt divisé en rayons, le plus souvent au nombre de cing, comme chez les Étoiles de mer, tantôt il est prolongé en une tige fixe, divisée en nombreuses articulations, comme chez les Étoiles de mer. Leurs viscères occupent la cavité intérieure de la charpente calcaire, qui leur tient lieu de squelette. Un système vasculaire tout particulier

établit la communication avec les organes de génération, de respiration et d’assimilation; le système nerveux se compose de filets distincts. Les Échinodermes fossiles en Russie se divisent en deux ordres, en Echinodermes rayonnés proprement dits (Crinoïdées) et en Oursins de mer (Echini).

Ordre premier.

Crinoidées.

* Siylidées.

Les‘rayons du corps pedonculé, au nombre de cinq, se bifurquent ordinairement; leur nombre devient par là très grand. La bouche est tantôt en dessous, au centre des rayons et sert d’anus; tantôt, lorsque le corps se prolonge en une tige articulée, la bouche est en haut au centre et Panus d’un côté. La tige est branchue; les branches sont articulées et divisées dichotomiquement en rameaux, ceux-ci sont également articulés et portent des rangées de filets très délicats. La plupart des genres sont fossiles.

Famillepremière.

Pentacrinidées, voy. vol I, p. 575.

Les Pentacrinidées de la Période moyenne sont plus nombreuses que celles de l’ancienne, mais les espèces n’ont laissé en Russie que des

fragments peu caractéristiques; on n’y rencontre que les articles isolés

de la tige.

Genre I. Pentacrinus Mir, voy. vol. I, p. 576.

Ce genre est très répandu dans le terrain jurassique, surtout le liassique du Würtemberg; il est moins commun dans le terrain crétacé.

Esp. 200. Pentacr. basaltiformis Mnx.

Gozpr. Petrefaci. Germ. p. 172. PI. LIL fig. 2. Quensrepr, Jura p. 158. PI. 24, fig. 20 —31.

Les articles de la tige sont très.plats et inégaux en hauteur; leur surface est lisse, maïs au milieu des côtés ou sur les bords extérieurs des faces articulaires il y a des rangées transversales de petits tubercules très rapprochés. Les arêtes des articles sont tranchantes et les faces articulaires ornées d’enfoncements ovalaires, complets, à bords crénelés, qui atteignent jusqu’au centre des faces.

Hab. dans le calcaire jurassique blanc moyen de Katarasse entre Souya et Soudagh en Crimée, et dans l'argile jurassique noire, parallèle au terrain jurassique blanc inférieur de M. Fraas des environs de Moscou *, près de Galiowa et Dorogomilow. Lt

Les rameaux en verticilles sont placés entre 9 articles, et ceux-ci . sont quelquefois hexagonaux par déformation, ou lisses, dépourvus de tubercules à leur surface.

Cette espèce se trouve ordinairement dans le lias du Würtemberg, mais le terrain de la Crimée semble être moins âgé, c’est à dire un oxfordien inférieur. |

Esp. 201. Pentacr. pentagonalis Gozpr.

Petref. Germ. L. c. p. 175. PI. LIIL fig. 2. |

La tige pentagone a les arêtes arrondies et par là elle devient quelquefois cylindrique; les articles sont lisses, tantôt pourvus de quelques tubercules en rangées transversales, tantôt ornés d’autres dessins.

Hab. dans le terrain jurassique oxfordien inférieur ou callovien à Popilani en Lithuanie, réuni au Pentacr. crista galli.

Les tiges pentagonales sont plus fréquentes que les cylindriques; elles sont plus étroites que celles du Pentacr. basaltiformis, mais semblent passer à celles-ci.

Esp. 202. Pentacr. scalaris Gorpr.

Petref. Germ. I. c. p. 173. PI. 52, fig. 3.

Les articles de la tige ont les côtés enfoncés, et au milieu des enfoncements il y a de petites fossettes et des proéminences transversales alternes, qui forment, en rangée longitudinale, une espèce d’escalier sur les 5 côtés de la tige. Les arêtes latérales ne sont pas tranchantes, mais arrondies.

Hab. dans le terrain jurassique blanc moyen de Donetzkaya du district d’Izoume, au midi de la Russie, ainsi qu'à Katarasse en Crimée, réuni au Pentacr. basaltiformis.

Des articles gros alternent avec de plus minces et tout lisses, à Donetzkaya; ils diffèrent un peu de ceux de Katarasse, qui se distinguent par des articles plus gros, entre lesquels il y en a trois autres plus minces, dont le médian est pourvu au milieu d’un petit tubercule, au dessous et en dessus duquel se trouve l’enfoncement latéral. Les arêtes sont obtuses et tuberculées.

* Voy. Rouizzrer, Bull. d. Naturalistes de Mosc, 1846. No. 18. PI. C. fig. 10-12.

Esp. 203. Pentacr. subteres GoLpr.

Petref. Germ. PI. 53, fig. 5. p. 176.

Les articles sont tantôt pentagones, tantôt cylindriques et toujours lisses; le bord de la face articulaire est finement crénelé; au milieu de la face on voit cinq rayons également crénelés.

Hab. dans le terrain oxfordien inférieur du versant septentrional du Caucase, près du village de Khode, dans l’Alaghir, où le terrain jurassique brun est superposé immédiatement à un schiste marneux ferrugineux à sphérosidérites; en Crimée dans le même terrain près du village de Novi Swiat.

Les articles ont une hauteur d’une ligne et une largeur de 1%/4 de ligne; d’autres, plus gros, atteignent jusqu'à 4 lignes d'épaisseur; de gros articles à bras auxiliaires cylindriques alternent avec de plus petits sans bras et également cylindriques.

Esp. 204. Pentacr. exilis m.

PI. XVI, fig. 2 a b grand. nat.; c coupe grossie.

Stirps exilis, annulis pentagonis, angulis rotundatis margineque faciei articularis minimis nodulis confluentibus ornatis, medio planis, laevissimis; ramulis cylindraceis, elongatis, tenuissimis, articulatis interque denos articulos verticillos minimorum ramulorum obviis.

Hab. dans le silex de la craie blanche de Kremenetz, près de Sa-

ratow en Volhynie.

: La tige, petite et A a 8 lignes de longueur et 1 ligne de largeur; elle se compose de très petits articles arrondis, dont les faces articulaires sont ornées d’une étoile à 5 rayons: la tige est entourée de verticilles de 5 rameaux très petits, placés à des distances régulières entre 10 articulations. Le même silex contient aussi d’autres articles (L. c. PL XVI, fig. 2. c) en empreinte, à bords ornés de petits nœuds confluents sur la face articulaire, qui cependant est lisse autour du petit canal alimentaire.

Esp. 205. Pentacr. tenellus ».

PI. XVI, fig. 1 a b tige en grandeur naturelle; c tige grossie. Pentacr. basaltiformis (Gozpr.) Ropne Ball. de Mosc. 1846. IV. PI C. fig. 9.

Stirps exigua, articulis pentagonis, angulis obtusis et superficie

plana, laevi, marginibus articulorum denticulatis. Eichwald, Lethaea rossica. Il. 15

Hab. dans le grès noirâtre néocomien de Khoroschôwo près de Moscou. î

La petite tige en fragment n’a qu’une longueur de 5 lignes, sur une largeur de %/4 de ligne, et se compose de 12 anneaux. Les articles pentagones, joints par des bords crénelés, offrent des côtés lisses et plans.

Les petits rameaux, qui entourent la tige, sont disposés en verticilles entre 9 articulations. i

Les Crinoïdées sont très rares dans le terrain néocomien, et notre espèce est presque le seul échantillon découvert jusqu’à présent à Khoroschéwo.

Notre petit fragment est très mince et ressemble le plus au Pentacr. scalaris GoLpr. *, qui cependant est pourvu d’un petit enfoncement allongé au milieu des côtés; de grands articles alternent avec de petits, tandis'que ceux du Pent. tenellus sont égaux en longueur; les cinq angles de la tige ne sont pas aussi aigus et tranchants que ceux du Pent. scalaris.

La même espèce se trouve dans un semblable néocomien marneux sur le bord du fleuve Ilek aux environs d’Isobilni; elle a été prise ** pour le Pentacr. crista galli Quensr. du terrain jurassique. Une autre variété ou espèce particulière se trouve dans un terrain crétacé d’Indersk près d’Orenbourg ***,

Esp. 206. Pentacr. florifer #.

PI. XVI, fig. 3 a tige gr. nat.; b face articulaire grossie.

Stirps mediocris pentagona, articulis laevibus, medio laterum singulorum impressis, facie articulari quinque impressionibus ovatis petaloïdeis et margine externo denticulis ornatis, angulis stirpis obtusis.

Hab. dans la craïe blanche de Ssimbirsk f.

La tige est petite, de grandeur moyenne, pentagone, à côtés lisses et enfoncés au milieu; elle ne présente pas les enfoncements réguliers du Pentacr. scalaris; la face articulaire est garnie de cinq enfoncements ovalaires, entourés de petites crénelures, qui occupent aussi les

* L’espèce est figurée chez Quensrepr Jura. PI. 13, fig. 50 —57. ##* En. Horrmann, der Jura in der Umg. von Iletzkaya Saschtschita. Verhandl. d. miner. Gesellsch. St. Petersb. 1864, p. 161. ###% TRauTsCH. Bull. Mosc. 1. c. 1863. IV. p. 463. PI. X. B. fig. 13. + M. de Jazyxow (voy. le Tableau des terrains du gouvernement de Ssimbirsk, en russe) fait encore mention dans la craie blanche de cette localité du Pentacrin.lanceolatus Rozu. (Kloedeni Hag.), que je nai pas vu.

cinq bords et les angles obtus de la tige. Le canal alimentaire est très petit.

La structure semble être fibreuse, car la surface des articles est finement striée; les stries longitudinales très fines sont à peine visibles à l’aide d’une bonne loupe. Les bords des articles sont crénelés.

Le fragment, composé de 6 articles, n’a que 5 lignes de long et 21/2 lignes de large.

Il diffère de la tige du Pentacr. scalaris par le manque des enfoncements en pores sur les cinq côtés et par les bords des deux faces articulaires, qui seuls sont crénelés; les crénelures sont confluentes et v’atteignent pas jusqu’au canal nutritif entre les enfoncements ovalaires.

Esp. 207. Pentacr. modestus m. \

PI. XVI, fig. 4 a tige, grand. nat.; b face articulaire grossié®

Stirps mediocris pentagona, articulis medio laterum singulorum subimpressis, angulis singulis marginato-prominulis, facie articulari margines parallelis lineis iisque brevissimis ornatos et flosculi medii radios verrucosos angustos offerente.

Hab. dans le terrain jurassique blanc moyen de Soudagh en Crimée. La tige, de grandeur moyenne, est pentagone, à angles obtus, faiblement saillants, les côtés sont lisses, légèrement enfoncés au milieu des côtés, et à faces articulaires ornées de bords occupés par de courtes stries parallèles et au centre de 5 rayons, dont chacun se compose de . deux rangées de petits tubercules. Le canal alimentaire est très petit. La tige, de la longueur d’un pouce, est composée de 12 articles, dont chacun à une largeur de 21} lignes.

On ne voit nulle part les traces de rameaux. Les bords des articulations sont lisses extérieurement; on n’y remarque pas les stries marginales de la face articulaire; la tige y paraît lisse. Les angles de la tige

sont saillants ou munis de rebords, ce qui ne se voit pas sur les autres Pentacrinites.

Esp. 208. Pentacr. ambiguus ».

PI. XVI. fig. 5 a grand. nat.; b grossi.

Stirps mediocris, cylindracea, tuberculis obsita exiguis, series regulares transversas exstruentibus, facie articulari utraque striis subtriangularibus ornata concentricis, et decem fasciculos exstruentibus.

Hab. dans un terrain crétacé ou dans un terrain, à ce qu’il paraît, plus ancien près de Sapanow en Volhynie.

La tige cylindrique est pourvue de 10 tubercules très petits, groupés en rangées régulières de deux à deux, autour de la tige, laquelle devient par là presque anguleuse. Les deux surfaces articulaires sont garnies de stries presque triangulaires et concentriques, disposées en faisceaux, de sorte que chaque groupe correspond à un tubercule; il y a autant de groupes de stries que de tubercules; par ce caräctère notre espèce rappelle un peu le Pentacr. pentagonalis.

La tige à 5 lignes de long et 2 1. de large. Le canal alimentaire passe au centre de la tige. Ce n’est pas un Pentacrine bien déterminé, le terrain même dans lequel on le trouve n’étant pas bien connu.

Famille seconde.

Encrinidées AUST.

La tige, à canal alimentaire cylindrique, est pourvue de surfaces articulaires à stries rayonnées, très épaisses près du bord extérieur; rameaux verticillés nuls; calice composé de 5 plaques basales, de 5 costales en double rangée, et de 5 radiales axillaires à bras doubles, bifurqués et pourvus de tentacules.

Genre II. Encrinus Mirr. Ac.

La tige cylindrique se compose d'articles épais, alternant avec d’autres plus étroits; les 5 plaques basales petites sont cachées par la première rangée des plaques costales, en sorte qu’on ne les voit pas à l'extérieur, la seconde rangée des plaques costales se trouve placée immédiatement au-dessus de la première; les 5 plaques radiales portent 10 bras bifurqués, munis de tentacules articulés. Ce genre se trouve dans le terrain triassique.

Esp. 209. Encrin. liliiformis ScaLotk.

Petrefactenkunde 1. c. 1, 335. II, 73. 88. PI. 23, fig. 1. Encrin. moniliformis Mizz. Crinoid. p. 40. PI. IL fig. 1. Gozpruss, Petref. Germ. I, p. 177. PI. 53, fig. 8. PI. 54.

Les articles de la tige cylindrique sont plus longs que chez d’autres Crinoïdes; les faces articulaires portent des stries rayonnées épaisses, n’occupant que la moitié des faces articulaires; les plaques basales sont enfoncées au milieu des costales très bombées; les radiales sont pourvues des deux fossettes articulaires pour recevoir deux bras, qui se bifurquent plus haut.

me nn

Hab. dans le muschelkalk du royaume de Pologne, près de Porzow entre Kielce et Szydlow, et en d’autres localités du royaume, ainsi qu’en Allemagne et en France.

Ce sont surtout des articles isolés de la tige qui se trouvent en Pologne, mais on ne les voit nulle part en Russie, ni même au mont Bogdo près d’Astrakhan.

Famille troisième.

Apiocrinidées d'ORB.

La tige, à canal alimentaire cylindrique, est pourvue de surfaces articulaires ornées de stries rayonnées, mais elle est dépourvue de rameaux verticillés; le calice se compose de plaques épaisses et basses, étroitement réunies et ne contenant qu’une petite cavité; les plaques basales sont formées en partie des premiers articles de la tige. Les bras, au nombre de 5 ou 10, se divisent une ou deux fois en rameaux, creusés à l’intérieur par un petit canal nutritif,

Genre III. Bourguetocrinus d'Ors.

Apiocrinus Mis. sp.

Le petit calice n’est pas plus gros que la tige; il se compose de 2 articles élargis de la tige, de 5 plaques basales et de 5 plaques radiales

axillaires, qui portent les bras simples. La tige contient des articles

cylindriques ou elliptiques; les faces articulaires ne sont jamais rayon-

. nées; le canal nutritif est très mince et ne se dilate en cavité intestinale

qu’en haut entre les bras.

Les espèces peu nombreuses de ce genre appartiennent aux terrains jurassiques, crétacé et tertiaire ancien.

Esp. 210. Bourguetocr. ellipticus Mr.

PI. XVE, fig. 6 a b grand. nat.; c grossi.

Les articles de la tige sont elliptiques et placés de manière que leurs diagonales les plus grandes des deux faces articulaires se réunissent sous un angle droit; les faces elles-mêmes sont enfoncées, à bords légèrement saillants; une crête médiane et une ou deux crêtes latérales, parallèles entre elles et munies d’un petit pore nutritif, occupent l’enfoncement des faces.

Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk.

L’'individu figuré diffère un peu de l’espèce ordinaire par sa grandeur et sa forme. Le grand diamètre des articles a 41/2 lignes de large

et le petit n’en a que 312. La crête médiane est marquée d’un petit canal, qui passe jusqu'à l’orifice nutritif; deux autres crêtes latérales moins grandes sont également munies d’un canal alimentaire. Les côtés de la tige sont lisses et on n’y reconnaît pas mème de tubercule pour fixer les rameaux. Or dans ia craie blanche de Ssimbirsk se trouvent d'autres articles d’une tige très mince, qui sont cylindriques et réunis entre eux, et que je suppose être les rameaux isolés de la grande tige; ils sont légèrement renflés aux bouts, et enfoncés au milieu des côtés; ils présentent 11/2 ligne de long sur 12 ligne de large.

Genre IV. Millericrinus dOrz.

Apiocrinus Mi. sp.

Le calice, déprimé en soucoupe et muni de cinq bras bifurqués, se compose d’une plaque basale simple, de cinq plaques parabasales et d'autant de plaques radiales; la tige est cylindrique, rarement avec 5 enfoncements ovalaires, ordinairement à stries rayonnées sur la face articulaire et avec.un canal nutritif circulaire. Les espèces se trouvent pour

la plupart dans le terrain jurassique, rarement dans le terrain de la grauwacke et le crétacé.

Esp. 211. Millericr. Milleri ScxLotx.

Petrefactk. IT, p. 89. PI. XII, fig. 2.

Gozpruss, Petref. Germ. I, p. 185. PI. 57, fig. 2.

Le calice en soucoupe est plus large que haut et a la base plate; il est pentagone et rétréci en haut. La tige cylindrique se compose de nombreux articles à stries rayonnées du bord, qui n’atteignent pas jusqu’au canal nutritif arrondi.

Hab. dans le calcaire jurassique blanc moyen ou corallien de Soudagh en Crimée.

Les articles sont tantôt lisses, tantôt ridés, à rides très délicates et rapprochées. Les stries rayonnées sont assez épaisses et courtes. La tige a quelquefois une épaisseur de 6 lignes.

Esp. 212. Millericr. mespiliformis SCHLOTH.

Petrefactk. I, p 332. PL 29, fig. 5.

Gozpruss, I. c. p 184. PI. LVIL. fig. 1.

Le calice, en globe déprimé, est fixé sur une tige cylindrique toute

lisse avec de nombreuses stries rayonnées, qui passent jusqu’au canal nutritif circulaire.

Hab. dans le terrain jurassique corallien de Soudagh en Crimée, réuni au précédent.

Les articles de la tige des deux espèces décrites ci-dessus se ressemblent tellement qu’il est très difficile de distinguer ces deux espèces.

Esp. 213. Millericr. rosaceus ScaLoTx.

Petref. Nachtr. IL, p. 90. PI. 23, fig. 4.

Gozpruss I. c p. 183. PI. LVI. fig. 3.

Le ealice en cloche s’élargit doucement au sommet et se fixe à une tige légèrement élargie en haut; les articles cylindriques sont lisses à leur surface, et quelquefois de plus épais alternent avec de plus minces.

Hab. dans le corallien de Soudagh en Crimée.

Les articles ont quelquefois 9 lignes de large; la tige est tout à fait cylindrique; les sutures sont marquées d’un enfoncement, limité des deux bords, comme dans l’espèce figurée * par M. Quexsrept; la surface de la tige est granuleuse.

Esp. 214. Millericr. echinatus SCHLOTH.

Petrefactk. p. 331.

Gozpguss 1. c. p. 199. PI. 60, fig. 7.

De cette espèce on ne trouve que les articles de la tige en grande quantité, mais dépourvus de calice; ces articles sont légèrement enflés au milieu et munis de petits tubercules, qui augmentent en nombre et en longueur vers la racine.

Hab. dans le terrain jurassique corallien de Soudagh et à Kamenka, district d'Tjoume, au midi de la Russie.

Cette espèce offre beaucoup de variétés; l'espèce type a les articles renflés et munis de petits tubercules, disposés ça et là sans ordre. Une autre variété (Millericr. echinatus annulatus Quensr. **) a les articles convexes et les tubercules placés, en rangée simple, sur la crête médiane de chaque article; elle est très abondante à Soudagh, près de Katarasse en Crimée, de même qu’à Koktebel, entre Soudagh et Féodosie. Une de ses variétés se caractérise par de petits tubercules très nombreux et très rapprochés, qui occupent toute la surface des articles convexes; c’est le Millericr. echinatus multipunctatus Quensr. ** Toutes

* Der Jura p. 716. Tab. 87, fig. 20.

oc Tab: 87 fig.33:

*#* ]. c. Tab 87, fig. 34.

ces variétés se trouvent pêle-mêle avec la forme typique en Crimée et ne constituent qu’une seule espèce.

La variété à articles légèrement bombés et sans tubercules, c’est-àdire à crête médiane lisse, se trouve à Kamenka au district d’'Ijoume, dans un terrain jurassique, l’oxfordien supérieur.

Genre V. Apiocrinus Mir.

Le calice piriforme, pourvu de 10 bras, se compose de 5 plaques basales, parabasales et radiales; la tige est enflée en haut, s’amincit doucement vers le bas et devient cylindrique; la face articulaire des articles est pourvue de stries rayonnées, le canal nutritif est circulaire; entre celui-ci et les stries on remarque souvent de petits tubercules, qui couvrent la face articulaire. Les bras auxiliaires manquent. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique, à l’exception d’une espèce silurienne et d’une autre, tertiaire.

Esp. 215. Apiocr. Parkinsoni ScHLorx.

Bronx, Leth. geogn. IL, p. 121. Pi. XVIL, fig. 15. Apiocrinitesrotundus Mic. Gozpr., Petref. I, p. 181. PI. 55.

Les articles cylindriques et lisses constituent une tige, qui vers le haut s’enfle de plus en plus et passe doucement en un calice piriforme, lequel s’amincit en un cône arrondi à son extrémité.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage corallien entre le mont Ayoudagh et le cap Nikita près du village d’Aïdaniel en Crimée.

Les articles seuls ont été trouvés en Crimée.

Esp. 216. Apiocr. incrassatus Roew.

Die Verstein. des Oolithg. p. 31. PI. I, fig. 12.

La tige cylindrique est droite et lisse; elle se compose d'articles courts eb également hauts; la face articulaire est striée; les stries sont rayonnées, de longues alternent avec des courtes; les articles supérieurs s’élargissent subitement et forment un cône renversé très court.

Hab. dans le terrain jurassique de l’étage corallien entre le couvent de St. George et Balaclava.

Les articles seuls se rencontrent fossiles en Crimée.

Esp. 217. Apiocr. elongatus GoLpr.

Petref. Germ. 1. c. p. 183. PI. 56, fig. 2.

La tige s’enfle très doucement vers le haut et y forme une massue; les articles sont plus longs que dans l’espèce précédente.

Re

Hab. dans le même calcaire jurassique corallien de la Crimée près du couvent de St. George.

Un échantillon très grand de cette espèce existe au Musée de l’Institut des Mines; il a la largeur de */4 de pouce, la racine est très épaisse et pourvue de longues radicelles.

Une autre racine est encore plus grande; elle a 2 pouces de large sur une hauteur de 3 pouces; les articles de la tige, à leur base, ont une épaisseur de 11 lignes; le canal nutritif est très petit et Les rayons de la face articulaire vont de l'ouverture au bord. Les 6 articles ne sont pas distinctement séparés, et munis de petites granulations confluentes, que l’on remarque aussi sur la surface de la racine.

Genre VI. Mespilocrinus QUENSI.

Acrochordocrinus Traurscn Bull. de la Soc. de Mosc.

Le calice a une plaque basale simple, arrondie et élargie en haut; elle semble appartenir encore à la tige et soutient 5 autres plaques oblongues, les basales, auxquelles viennent s’articuler autant de parabasales, qui sont tronquées en bas, arrondies en haut et munies de 2 faces articulaires pour fixer de chaque côté une plaque radiale de la forme de la plaque parabasale. Les articles sont cylindriques, lisses ou légèrement granulés et les faces articulaires ont les bords finement striés; les stries sont rayonnées, et entre elles, et le petit canal nutritif il existe de nombreuses granulations très petites et très rapprochées, qui semblent être perforées par de petits canaux nutritifs. Ce genre se trouve dans le

terrain jurassique.

: Esp. 218. Mespilocr. macrocephalus Quensr.

Haudb. d. Petrefactenkunde p. 612- — Epochen der Natur. Tüb. 1861, p. 579. Acrochordocrinus insignis TrAurscn. Bull. de la Soc. des Naturalist, de Mosc. 1859. No. 3. PI. L fig. 1—11.

Les articles cylindriques, qui seuls se trouvent en Russie, sont tantôt plus longs que larges, tantôt plus larges que longs; leur surface est finement granulée; de semblables granulations, qui occupent les faces articulaires, sont quelquefois confluentes et perforées par de petits orifices où canaux nutritifs. Les stries rayonnées du bord des articles sont rarement apparentes, maïs en général imperceptibles.

Hab. dans l'argile jurassique noïre de l’étage jurassique blanc inférieur de Golcowa, de Dorogomilow et du village de Smetanninka près de Moscou.

M. Quenstepr à observé cette espèce partout au Wurtemberg dans le jura blanc; il la rapporte à notre genre. Les articles de l'argile noire de Dorogomilow ont une largeur de 6 lignes sur une hautenr de 3 lignes; leur surface n’est pas lisse, mais munie de rares granulations très petites, qui se montrent en plus grand nombre sur les faces articulaires, jusqu’au bord des articles; c’est là une conformation qui rappelle celle de quelques Apiocrines et Eugéniacrines.

** astylidées.

Famille quatrième.

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