Marsupitidées
Le calice ou corps sphérique sans tige se compose à sa base d’une plaque pentagone, non perforée, plus haut de 3 rangées transversales de plaques pentagones et alternant entre elles; les plaques supérieures où radiales sont échancrées au milieu pour fixer les bras, qui se bifurquent plusieurs fois. La bouche, placée entre les bras, au centre du calice, est pourvue de nombreuses et très petites plaques.
Genre VII. Marsupites Man.
Les plaques sont parcourues de stries rayonnées; leur centre légèrement convexe reste lisse. Ce genre se trouve dans la craïe blanche.
Esp. 219. Marsup. ornatus Manr.
Brons, Leth. geogn. IL p. 176. PL 34, fig. 9.
Les stries rayonnées des plaques diffèrent selon les individus; elles sont rarement distinctes. J Hab. dans la craie blanche de Kremenetz en Volhynie * et près de Ssimbirsk au bord du Volga.
Toutes les plaques sont pentagones, excepté les intercostales, qui sont hexagones.
Famille cinquième.
Astériadées voy. vol. I, p. 656.
Le corps libre est rayonné, à 5 rayons, qui entourent la bouche et se composent des deux côtés de plaques calcaires, placées en deux rangées jusqu’à l’extrémité rétrécie des rayons; les sillons entre les rangées de plaques soutiennent des suçoirs membraneux en tuyaux cylindriques mo-
* Voy. Puscu, Polens Paläontologie 1. c. p. 9. PI. IE, fig. 9.
biles, qui se fixent aux ambulacres des Astériidées et des Echinidées. Ce sont les grandes plaques anguleuses qui se rencontrent à l’état fossile.
Genre VIII. Goniaster Ac.
Asterias L.
Les plaques isolées du corps ou disque plat et des rayons sont polygones et placées en deux rangées alternes des deux côtés du corps et des rayons; leurs faces articulaires sont légèrement enfoncées et les surfaces granuleuses. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique et crétacé (c’est alors le sous-genre Tosia).
Esp. 220. Goniast. jurensis Münsr.
Asterias jurensis Münsr. Goupr. Petref. Germ. I, p.210. PI. 63, fig. 6.
Les plaques des rayons sont pentagones, à bords distincts et un peu saillants, à enfoncements lisses et légèrement concaves des deux côtés articulaires; leur surface est finement granuleuse.
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage oxfordien de Popilani et de Nigranden en Lithuanie.
Les plaques marginales sont munies de petits enfoncements ponctués, quand la croûte granuleuse se détache. Les rayons du corps sont plutôt obtus que pointus; ils ne se rencontrent pas à Popilani, où l’on ne trouve que les plaques isolées.
Esp. 221. Goniast. quinquelobus Ac.
an Tosia lunata Morr.? Asterias quinqueloba GoLpr. lc. p.209 PI. 63, fig. 5.
Le disque, à 5 angles obtus, est formé par les grosses plaques pentagones des bords concaves; la surface des plaques est trouée de petits pores.
Hab. dans la craïe blanche de Ssimbirsk.
Les plaques ventrales sont tétragones ou hexagones et perforées également; le pore du milieu est placé sur une élévation.
Ordre second.
Echinidées.
Le Corps est revêtu d’un test calcaire, composé de petites plaques
ambulacraires anguleuses et percées de nombreux pores, par lequels passent les suçoirs ou pieds en forme de petits cylindres membraneux; elles
offrent dixrangées, réunies par paires et constituent lesambulacres. D’autres plaques, les interambulacraires, plus grandes, également au nombre de dix et réunies par paires, sont munies de petits tubercules mamelonnés, auxquels se trouvent fixés des piquants mobiles pour favorises les mouvements de l’animal. La bouche est pourvue de 5 dents robustes et enchâssées dans une charpente calcaire; elle est placée en bas au centre des plaques, et l’anus occupe le sommet du test. Les organes de la respiration consistent en branchies externes peu développées, disposées autour de la bouche, et en branchies internes fort développées, qui se trouvent en dedans du test et y forment 5 rangées paires communiquant avec les plaques ocellaires. Les organes de génération se composent d’ovaires chez les femelles et de testicules chez les mâles; ces organes, dans les deux sexes, sont allongés et sé terminent chacun à une des ouvertures génitales du sommet. Les plaques génitales occupent au nombre de 4 ou 5 le centre du sommet. Chez les Échinidées, qui ont Panus au sommet, les 5 plaques, placées autour de l’anus, sont percées par un orifice génital. Ces 5 orifices correspondent aux extrémités des 5 paires de plaques interambulacraires. Lorsque l’anus n’est pas au sommet, il n’y a que 4 plaques génitales (voy. PL XVI, fig. 18 e et fig. 20 f.), deux à droite et deux à gauche; l’antérieure droite est la plus grande et porte en arrière une plaque tuberculeuse, que l’on nomme la protubérance madréporiforme. On regarde comme organe de la vision un petit corps pimenté, entouré d’un cercle plus clair et situé dans les orifices ocellaires de plaques, placées à côté des plaques génitales, au commencement des ambulacres (voy. PL XVI. fig. 20 s et fig. 18 d.).
Famille sixième.
Cidaritinées.
Le test sphérique est déprimé, l’anus entouré de 5 plaques génitales et de cinq autres, ocellaires, alternes avec celles-ci. Les 5 ambulacres se composent de 5 rangées complètes de petits plaques à pores pairs, séparées par deux ou un plus grand nombre de rangées de petites plaques à très petits tubercules. Ce sont ces plaques qui, avec les plaques à pores, forment les ambulacres et se nomment plaques ambulacraires. D’autres plaques plus grandes, à tubercules mamelonnés, occupent les espaces entre les ambulacres en rangées également paires et sont dites interambulacraires.
Genre IX. Cidaris KrE1\.
Le test sphérique a la bouche au milieu de sa face inférieure et lanus au sommet. Les petits pores des ambulacres occupent dix rangées, réunies par paires et séparées par de petites plaques à tubercules granuleux, disposés en deux rangées égales au milieu entre les plaques à pores. Les grandes plaques à gros tubercules ou à mamelons perforés occupent, en deux rangées plus larges, les espaces interambulacraires. Les piquants, également perforés et fixés aux mamelons, ont une forme très différente. Ce genre se trouve dans les Périodes moyenne et moderne,
dans tous les terrains.
Esp. 222. Cidaris coronata SCHLOTH.
Gozpruss, Petref. Germ. I, p. 119. PI. 39, fig 8. Bronx, Leth. geogn. II, p. 139. PI. XVII, fig. 1.
Le test sphérique est fortement déprimé, les ambulacres sont étroits et onduleux; les espaces interambulacraires, beaucoup plus larges, se composent dans chaque rangée verticale de plaques de 3 et 4 ou de 4 et 5 tubercules très grands. Les piquants sont en massue, munie de rangées longitudinales de petits tubercules; la base ou tige des piquants très gros est lisse.
Hab. dans le terrain jurassique corallien de Soudagh et de Novy Swiat en Crimée, et près de Donetzkaya au midi de la Russie.
Les piquants isolés ont une longueur d’un pouce et une largeur de 2 à 3 lignes; les rangées longitudinales des tubercules sont au nombre de 40; leur base est entourée d’un anneau finement strié, et l’extrémité articulaire est ornée de petits nœuds.
Esp. 223. Cidar. Blumenbachii Gozpr.
Petref. Germ. I, p. 117. PI. 39, fig. 3.
Le test sphérique, moins déprimé que celui de l’espèce précédente, est muni d’ambulacres étroits et onduleux; les plaques, munies de grands mamelons à base tuberculifère, composent, au nombre de 6 ou 7, les cinq rangées verticales paires; les piquants plus longs et plus gros que dans le précedent, sont armés de côtes longitudinales noueuses, au nombre de 20 à 25.
Hab. dans le calcaire noir jurassique de l’étage corallien près de Soudagh et de Novy Swiat, où les piquants sont très abondants; dans un semblable calcaire jurassique près de Petrowskaya et de Donetzkaya du district d'Ijoume, au midi de la Russie.
Les piquants, qui se trouvent isolés, ont 1 p. 8 1. de long et 4 L. de large; les côtes sont très délicates, ornées de petits nœuds espacés; les interstices entre les côtes sont granuleux; c’est ce qu’on ne remarque pas dans l'espèce précédente. La base ou tige lisse des piquants est également plus courte que chez celle-ci. La variété: Cidaris filograna Aa&ass., très commune à Wodna près de Cracovie, se retrouve à Soudagh, et près du village d’Aïdaniel en Crimée entre le mont Ayoudagh et le cap Nikita.
. Esp. 224. Cidar. gigantea Ac.
PI. XVI, fig. 14 grand. nat.
Quensrenr Jura p. 732. PI. 89, fig. 7—20.
C’est une des plus grandes espèces; les plaques interambulacraires sont robustes et les faces articulaires des mamelons entourées de gros tubercules et ceux-ci d’un disque lisse; de gros tubercules espacés occupent la surface des plaques. Les espaces ou aires ambulacraires sont munies au milieu de deux rangées longitudinales de très petits tubercules, et des deux côtés de deux rangées de pores alternes. Les plaques des aires interambulacraires portent des tubercules plus gros que celles des autres espèces de Cidaris. Les piquants très robustes sont tuberculeux, à tubercules plus grands à leur base que vers le sommet, qui est marqué de côtes longitudinales très délicates et noueuses.
Hab. dans le terrain jurassique blanc du corallien près de Katarasse en Crimée.
Les piquants ont une longueur de 3 pouces et une largeur de 4 à 5 lignes, les interstices entre les rangées de tubercules sont finement granuleux. Les plaques ocellaires et génitales rappellent beaucoup le genre Hemicidaris. Celles-ci sont triangulaires, échancrées des deux côtés et munies d’un grand orifice génital.
Esp. 225. Cidar. nobilis Müxsr.
PI. XVL, fig. 7 a grand. nat. vu du côté antérieur; b vu du côté postérieur ; c grossi.
Gozpruss, Petref. Germ. p. 117. PI. 39, fig. 4.
Le test est grand, sphérique et déprimé, les aires ambulacraires sont pourvues, au milieu, de 6 rangées de petits nœuds tuberculeux très serrés; les pores ambulacraires sont disposés par paires, et les mamelons des plaques interambulacraires perforés. Les piquants sont très longs,
moins robustes que ceux du Cidar. gigantea et munis de courtes épines espacées.
Hab. dans le calcaire jurassique blanc ou corallien de Katarasse en Crimée, ainsi que près du village d’Aïdaniel entre le mont Ayoudagh et le cap. Nikita, associé au Cidar. spathula Gopr.
Les piquants ont quelquefois une longueur de 4 pouces et davantage; les épines de leur surface ne forment pas toujours des rangées longitudinales régulières, et sont plus ou moins espacées. Parmi les piquants cylindriques et délicats se trouvent aussi dans le jura du Wurtemberg des piquants épais et comprimés, dont M. Quensrenr * à fait également mention. Il me semble que c’est une espèce particulière, à laquelle ont dû appartenir les gros piquants (voy. PI. XVI, fig. 7.) fortement comprimés de la Crimée. Leur surface convexe antérieure (1 c. fig. 7 a en gr. nat.; b grossie) est garnie de gros tubercules allongés, situés sans ordre et offrant leurs interstices finement parcourus de stries longitudinales, tandis que leur surface postérieure plane (1. c. fig. 7 b.) est dépourvue de tubercules et marquée de stries nombreuses très fines et serrées. Les piquants fragmentaires de Katarasse ont 4 lignes de large entre les deux côtés et une épaisseur de 3 L. entre le côté antérieur tuberculeux et le côté postérieur strié.
Esp. 226. Cidar. vesiculosa Gozpr.
PI. XVI, fig. 16 a plaque en fragment, grossie; b la même en grand, nat.; c piquant, gr. nat.
Petref. Germ. p. 120. PI. 40, fig. 2.
Les plaques interambulacraires sont hexagones, à deux côtés allongés et rétrécis, et aux deux autres raccourcis arrondis; le disque à mamelon perforé est lisse et entouré d’un bord à gros tubercules, tandis que la surface des plaques est occupée de petits tubercules granuleux; les piquants sont cylindriques, armés de petites côtes granuleuses et s’amincissent doucement en haut; ils sont perforés au milieu.
Hab. dans le terrain néocomien de Ssimbirsk et de Biassala en Crimée, tout à fait comme dans la marne crétacée d’Essen en Westphalie.
Les plaques interambulacraires robustes s'élèvent au-dessus du disque lisse à mamelon perforé, dont la base est entourée d’un petit cercle de tubercules serrés. Les tubercules du bord saïllant du disque sont plus grands, espacés et entremêélés de petites granulations.
# L c. Jura p. 643. PL 79, fig. 57.
Il y a aussi en Crimée d’autres plaques interambulacraires qui manquent du cerele de grands tubercules au bord du disque, et dont les tubercules sont très petits, comme granuleux, et tous d’égale grandeur. Leur forme générale est presque la même, mais elles semblent appartenir à une espèce différente, peut-être au Cidar. clavigera Kozx. du calcaire nommé plänerkalk inférieur. M. de Jazvkow * a observé une autre espèce, le petit Cidaris scutigera Münsr. dans la craïe blanche de Ssimbirsk.
Esp. 227. Cidar. foveolata m.
PI. XVL fig. 13 a gr. nat; b grossi; variété épineuse; c gr. nat.; d grossi.
Aculeus cylindraceus tuberculis mediocribus absque ordine dispositis et interstitia foveolata excipientibus.
Hab. dans le même calcaire néocomien rougeâtre de Biassala.
Je ne connais que des piquants très bien caractérisés par des épines en tubercules arrondis et à peine saillants, et par les interstices à petits enfoncements, en forme de mailles d’un réseau. Les tubercules sont situés sans ordre autour des piquants et laissent la base libre; celle-ci cependant est tantôt occupée par de semblables enfoncements en réseau, tantôt elle est lisse.
Les piquants ont une épaisseur de 2 lignes et ne se trouvent qu’en fragments de 1 pouce de long.
Les espèces crétacées sont rares en Crimée, et celle qui nous occupe me semble être différente des autres espèces de l’Europe occidentale.
La figure 13 c d«présente en outre un piquant cylindrique du terrain jurassique de la Crimée, de Novy Swiat, près de Soudagh, qui se rapproche du Cidar. nobilis; il se distingue comme variété echinata par sa petitesse, par des épines très fortes à la base et par des rangées de petites épines vers le sommet. Il n’y à que 8 rangées d’épines basa- : les et plus de 13 longitudinales très rapprochées au sommet obtus. Les interstices entre les grosses épines sont très finement striés, à stries longitudinales très rapprochées; la tige du piquant est également striée. D’autres individus ont les stries granuleuses et rappellent les piquants du Cidar.nobilis. Le Cidar. echinata a été trouvé dans le terrain jurassique supérieur, en piquants toujours isolés.
: Esp. 228. Cidar. glandifera Gozpr.
Petref. Germ. I, p. 120. PI. 40, fig. 3.
Les piquants, grands et ovalaires, sont munis de côtes longitudinales,
* Voy. le Tableau des terrains du gouvernement Ssimbirsk (en russe).
au nombre de 40 à 50; elles sont granuleuses, et leur nombre diminue aux deux extrémités; le pédoncule court est pourvu de côtes granuleuses rudimentaires.
Hab. dans le calcaire jurassique de l'étage corallien près de Balaclava en Crimée.
Les piquants seuls se trouvent fossiles, de 1 à 2 pouces de long et de 7 lignes de large au milieu.
Esp. 229. Cidar. clunifera Ac.
PI. XVE, fig. 15 grand. nat
Les piquants en massue s’élargissent brusquement au sommet grossi et obtus; la surface est munie de petits grains, rangés en lignes régulières longitudinales, très serrées.
Hab. dans le calcaire néocomien de Biassala en Crimée,
Les piquants ont une longueur de 1 p. 8 1. et une épaisseur au sommet de 5 lignes; il s’élargissent subitement vers le sommet arrondi et obtus, et leur surface est très finement granuleuse; les grains sont rapprochés et forment des lignées granuleuses, sans offrir les stries ou côtes très fines du Cidar. ornata GoLpr. du terrain jurassique. Les grains occupent toute la surface, et leurs interstices sont pourvus de très petits enfoncements, qui ne se voient qu’à l’aide d’une bonne loupe. Le sommet obtus des piquants présente cependant de fines stries rayonnées et entre elles les enfoncements microscopiques plus nombreux et plus
distincts. La tige des piquants est cylindrique, presque lisse, finement striée et munie également de petits enfoncements, si la surface est bien conservée.
D’autres individus, moins grands, ont la tige couverte de petits grains jusqu’à l’anneau basal, qui n’est séparé de la granulation que par une petite zone à peine visible et parcourue de stries longitudinales très fines. :
Le sommet du Cidar. ornata jurassique diffère par une pointe terminale et par des côtes longitudimales distinctes; il est en outre moins gros que le Cidar. clunigera de Biassala, dont la grosseur atteint o lignes.
Esp. 230. Cidar. armata Reuss.
PI. XVI, fig. 10 et 12 a et b grand. nat.; c grossi.
Die Verstein. d. bôhmisch. Kreide 1. c. p. 57. PI. 20, fig. 23—25. RouizLier et Vossinsey, Études progressives sur la géologie de Moscou. Bull. de
la Soc. des Nat. de Mosc. 1848. No. I, p. 271 et 1846, No. IV. PI. C, fig. 22. Eichwald, Lethaea rossica. II. 16
sous le nom de Cidarites florigemma Puizz.? et Bull. des Nat. de Mosc.
1849. No. 1, p. 16, sous le nom de Cidarites spiniger. PI. J, fig. 52—58 a
et No. 2. PI. K, fig. 49, sous le nom de Cidar. spathulatus Ausrs. var.
Le test est sphérique et déprimé, à plaques interambulacraires au nombre de 6 dans chaque rangée verticale, plus larges que longues, les basales sont les plus grandes; de là s'élèvent les autres, devenant de plus en plus petites vers le sommet; le mamelon perforé est entouré d’un cercle de 9 petits tubercules, et celui-ci d’un disque à peine concave. Les disques des plaques voisines se touchent mutuellement à bord droit.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre inférieur de Mniéwniki près de Moscou, et dans un calcaire semblable du mont Saragoul près d’Orenbourg, ainsi que dans le plänerkalk inférieur de Biline en Bohème.
Le test d’un individu incomplet de Mniéwniki, de ma collectien, à une hauteur de 7 lignes: les plaques interambulacraires basales ont 4 lignes de large et 2 de haut, les autres diminuent en largeur et le 6ième près du sommet n’a que 2 lignes de large. Les disques lisses sont entourés de petits tubercules d’égale grandeur, et placés jusqu'à 3 dans de petites rangées transversales. Les pores ambulacraires sont placés par paires en deux rangées, séparées Les unes des autres par 2 ou 3 rangées de petits tubercules.
Les piquants, traversés par un canal central, se trouvent avec les fragments du test; ils sont minces, cylindriques et armés de 4 rangées longitudinales irrégulières d’épines fort aiguës et courbées à leur sommet; celles-ci sont espacées, et leurs interstices sont finement striés, comme les piquants des individus de Biline, dont les piquants ont les épines plus nombreuses et par conséquent plus serrées que ceux figurés ici de Mnidwuiki.
Les piquants de l'espèce de Khoroschôwo ont 1 p. 4 L. de long et 3/1 de ligne de large; ils ne sont pas toujours cylindriques, deviennent légèrement comprimés et ménagent par là le passage à l’espèce suivante.
Esp. 231. Cidar. spathulata AvErs.
PI. XVI, fig. 11 a b gr. nat.; c coupe transversale du même; d fragment grossi.
AuerBACH, Bull. de la Soc. des Natur. de Mosc. 1844, p. 632. — Abhandl. der miner. Gesellsch. zu St. Petersb. 1846. — Rouizuer, Bull. de Mosc. 1847, No. 4. PL C. fig. 19.
Les piquants, seuls connus, diffèrent de ceux de l’espèce précédente.
Le piquant est cylindrique à sa base et s’aplatit vers le milieu et vers son
extrémité supérieure, qui se dilate de plus en plus vers le bout; il porte
sur l’un des côtés comprimés un sillon profond, longitudinal. D’ordinaire les épines occupent les deux bords et forment deux rangées opposées, mais quelquefois il y à aussi une épine au milieu de l'extrémité inférieure, et c’est là, à ce qu’il semble, le Cidaris muricata (Roem.) Rovrzx, *
Hab. dans le néocomien supérieur de Khoroschéwo.
Le premier tiers inférieur est chagriné de points ou grains, disposés le plus souvent assez régulièrement en lignes longitudinales. Quelquesunes de ces lignes ont 2 p. 4 L de long et 1°/4 ligne de large.
Esp. 232. Cidar. anceps Rovrz.
PI. XVI, fig. 9 a b grand. nat.
Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1847, No. 2, p. 441 et Bull. 1. c. 1849, No. 1. PL. J, fig. 51 a b. ‘
Le piquant comprimé est muni d’épines disposées très régulièrement sur les deux bords, ordinairement l’une opposée à l’autre; il y a quelquefois de petites épines entre les grandes.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre ou inférieur de Khoroschéwo.
Les deux côtés aplatis sont convexes et pourvus de très petits enfoncements, à peine visibles à la loupe.
On n’en connaît que des fragments d’un pouce de long et d’une ligne ou plus de large, voy. la fig. 9 à vue du côté antérieur, et b vue en coupe transversale.
Je présume que l’individu représenté par M. Rouizurer ** sous le nom ©. subelegans du néocomien de Khoroschéwo, appartient égale-
-ment à cette espèce.
Esp. 233. Cidar. gemmigera m.
PI. XVL, fig. 8 a b c grand. nat.; d e fragment du piquant grossi.
Géogn. de la Russie p. 477.
Aculeus brevis compressus spinosus, utroque latere granoso, pedunculo cylindraceo laevi.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre ou inférieur de Khoroschôwo.
Le piquant est petit, comprimé en haut et cylindrique à sa base; aux deux bords il porte de nombreuses épines d’inégale longueur; l’un des côtés est plus aplati que l’autre, qui est convexe et muni de quelques
* Rouizuier, Bull. des Natur. de Mosc. 1849, No. 1. PI. J. fig. 53 b, qui cependant diffère, par les épines plus allongées, du Cidaris muricata Rozx., lequel est muni de piquants courts.
** Bull. des Nat. de Mosc. 1849, No. 1. fig. 48.
épines courtes au milieu du côté, tandis que l’autre est garni de petits grains nombreux et serrés. De semblables granulations occupent aussi le côté convexe, mais elles sont encore plus petites. La base ou la tige est cylindrique et lisse.
Le piquant a 7 lignes de long et une ligne de large. Cette espèce se caractérise par l'inégalité des épines, dont quelques unes sont très petites et courtes, tandis que d’autres sont longues et robustes. Le test auquel ils étaient attachés, n’est pas connu.
La figure 8 a b donne l’individu en grandeur naturelle, vu des deux côtés, et © en coupe transversale, de grossi, vu près de la base des
deux côtés.
Esp. 234. Cidar. elegans Rourrr.
Bull. des Natural. de Mosc. 1847, No. 2, p. 439 et Bull. I. c. 1849, No. 1. PL. J, fig. 47ab cd.
Les piquants sont cylindriques, parcourus de sillons longitudinaux très délicats, de petits grains forment des lignées entre les sillons, au nombre de 16; la tige ou pédoncule des piquants est garnie de stries longitudinales, l'anneau basal est lisse.
Hab. dans l'argile jurassique noire de l’étage jurassique blanc moyen de Goliowa, de Khoroschéwo et de Mniéwniki, aux environs de Moscou.
La longueur d’un fragment est 1 p. 5 1., son épaisseur 2 1.
M. Router 1. c. donne encore une autre figure d’une espèce de la même argile jurassique (fig. 47 e. f. g. h.1.), qu’il nomme C. subelegans; les piquants sont très grêles, finement striés, à stries longitudinales et transversales, à anneau basal et à face articulaire munis de petits tubercules; mais les piquants n’ont qu’une demi-ligne de large. C’est donc une espèce particulière, qui ne ressemble ni au Cidar. jurensis, ni au C. Posidoniae du lias du Wurtemberg, avec lesquels on a cru pouvoir l'identifier *; elle semble faire le passage au Cidar. anceps.
Esp. 235. Cidar. acicularis d'ARCH.
Agica]. c. Grundzüge, voy. les Mém. de l’Acad. des Sc. de St. Pétersb. 1858, p. 70. Le piquant, très allongé, subcylindrique, aciculaire, a 12 ou un plus grand nombre de côtes verticales, inég'ales, séparées par des intervalles égaux et couvertes de petites granulations, allongées en bas, pointues et dentées en scie vers l'extrémité opposée.
# Zeitschr. d. deutsch. geol. Gesellsch. 1861, p. 430—31. Le Rhabdocrinus remus Des. cité I. c. me semble être la peau chagrinée de lAsterocanthus granulosus (voy. plus loin).
Hab. dans le terrain nummulitique de l'Arménie près de Koulpi.
La cassure du piquant offre des stries rayonnantes excessivement fines. Le piquant est voisin de ceux de Cidaris coronata, mais la base est plus étroite et couverte de stries verticales très fines.
Genre X. Tetragramma Ac. Des.
Le test sphérique et déprimé se compose de 4 ou d’un plus grand nombre de rangées verticales de plaques à grands mamelons, qui occupent les aires interambulacraires, et de deux rangées de plaques à grands tubercules dans les aires ambulacraires; d'ordinaire les rangées extérieures des grandes plaques à mamelons sont incomplètes. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé; il n’en existe qu’une seule espèce dans le jurassique portlandien.
Esp. 236. Tetragr. variolaris BRoNGx.
Gozpruss, Petref. Germ. L. c. p. 123. PI. 40, fig. 9.
Les plaques à mamelons sont entourées à leurs bords de grands tubercules, qui eux-mêmes sont entremélés de petites granulations; les faces articulaires des grands mamelons sont parcourues de stries rayonnées.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk.
Cette espèce est citée par M. Gorpruss comme provenant du terrain jurassique et du crétacé, quoiqu'il ne soit guère probable qu’elle se trouve ‘dans le premier de ces terrains.
La forme du test est presque pentagone, par ce que les ambulacres sont légèrement saillants et les plaques au milieu de ces organes légèrement enfoncées.
Genre XI. Hemicidaris AG.
Le test sphérique, presque conique, est élargi et aplati en haut, à ambulacres étroits, pourvus de tubercules plus petits que les mamelons des plaques interambulacraires; les pores ambulacraires forment de simples paires des deux côtés des tubercules également pairs; ceux-ci sont plus grands vers la base que près du sommet, où ils deviennent petits et granuleux. Les mamelons des plaques interambulacraires sont crénelés au sommet et perforés; ils supportent des piquants lisses en massue. La bouche est grande, à échancrures profondes. Ce genre se trouve dans les terrains triassique, jurassique et crétacé.
Esp. 237. Hemicidar. crenularis Law.
Baonn, Leth. geogn. IT, p. 142. PI. XVIIL fig. 4,
Le test assez haut offre la forme d’un cône court; les ambulacres sont onduleux; les tubercules au milieu des ambulacres sont granuleux en haut et plus grands vers la base; il existe 8 où 9 mamelons dans les deux rangées des plaques interambulacraires.
Hab. dans le calcaire .jurassique corallien blanc de la vallée d’Ardon près de la vallée de Kariou en Ossétie, et peut-être aussi dans le calcaire jurassique corallien près du village d’Aïdaniel entre le mont Ayoudagh et le cap Nikita en Crimée.
Les piquants sont très grands et offrent des stries très fines et longitudinales.
Famille septième.
Echininées.
Test sphérique, également déprimé en haut et en bas; les pores pairs forment des rangées onduleuses, les plaques interambulacraires sont munies de tubercules de la grandeur de ceux des plaques ambulacraires, les mamelons sont crénelés et non perforés. La bouche est arrondie.
Genre XII. Cyphosoma Ac.
Le test est sphérique, déprimé en haut et plat en bas; les pores ambulacraires sont simples et forment des rangées onduleuses; les tubercules des plaques ambulacraires paires sont aussi grands que les mamelons des plaques des aires interambulacraires; ceux-ci sont crénelés, sans être perforés, et placés en rangées paires entre les aires ambulacraires, les extérieurs sont moins grands que les intérieurs, qui sont très grands. La bouche est arrondie et légèrement échancrée. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 238. Cyphos. granulosum Goxpr.
Cidaris granulosa Goupr. Petref. Germ. p. 122. PI. 40, fig. 7.
Le test déprimé présente sur chaque aire ambulacraire et interambulacraire au moins 10 grands tubercules, dont les interstices sont munis de petites granulations; les rangées extérieures des grandes plaques interambulacraires se composent de petits tubercules, qui ne forment même que des demi-rangées.
Hab. dans le terrain néocomien supérieur de Biassala.
Li]
Les individus de la Crimée sont très petits, d’une largeur de 7 lignes et d’une hauteur de 3 lignes. La bouche est un peu plus grande que l'anus.
Esp. 239. Cyphos. nitidulum ».
PI. XVE, fig. 17 a gr. nat. : b plaques interambulacraires et ambulacraires grossies.
ZLoolog. special. I, p. 231. Vilnae 1829. Tab. 3, fig. 13.
Le test est sphérique et déprimé; les plaques des aires ambulacraires et interambulacraires portent des tubercules ou mamelons d’égale grandeur, au nombre de 8 dans chaque rangée verticale, dont les intermediaires sont les plus grands; ceux du sommet et de la base deviennent de plus en plus petits; les mamelons sont entourés d’un cercle de gros grains. Les cercles de grains sont incomplets vers les pores ambulacraires. Le bord des plaques y est crénelé ou divisé en 5 lobes, dont chacun supporte 2 pores, placés obliquement.
Hab. dans la craie blanche de Grodno et de Ssimbirsk.
La bouche est plus grande que l’anus, qui est enfoncé et entouré de très petits grains nombreux, en rangées régulières, semblant continuer les plaques des deux aires.
Le test a 1 p. et 3 1. de large et 6 à 7 lignes de haut. Le disque des plaques ambulacraires est lisse et touche immédiatement les plaques du voisinage, munies de grains rudimentaires.
Genre XIII. Pedina Ac.
Le test, sphérique et déprimé, a une petite bouche et un anus plus
petit, entouré de 5 plaques ocellaires et d'autant de plaques génitales.
Les pores ambulacraires sont obliquement disposés en 3 rangées; les mamelons perforés et crénelés. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 240. Pedin. excavata LEsKe.
Echinusexcavatus Lesxe Gozpr. Petref. Germ. L p. 124. PI. 40. fig. 12.
Le test est arrondi, plus ou moins anguleux à la circonférence, chaque aire est munie de 2 rangées de mamelons, entourés de petits grains.
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage corallien de Donetzkaya, au midi de la Russie.
Le test à 1 p. 8 I. de large et 11 L de haut. Il est convexe au sommet et plat à la base.
Cette espèce semble appartenir plutôt au genre Echinopsis.
Famille huitième.
Echinonéinées.
Le test, sphérique ou légèrement comprimé, est composé de 20 rangées verticales régulières de plaques à mamelons perforés et crénelés, placés en rangées régulières. La bouche circulaire est légèrement échancrée au bout des ambulacres. L’anus allongé se trouve entre le bord postérieur et la bouche. IL’appareil mastucatoire manque, mais il y a 5 plaques ocellaires et autant de plaques génitales.
Genre XIV. Galerites Lay.
Test enflé, quelquefois prolongé en tour, plus large en avant et plus étroit en arrière; la base est plane, la bouche pentagone, et l’anus placé au bord ou sous le bord postérieur. Les mamelons sont espacés et plus rares que dans d’autres genres; ils sont imperforés et placés sans ordre. La plaque génitale impaire est plus petite et non perforée. Ce genre ne se trouve que dans le terrain crétacé.
Esp. 241. Galer. albo-galerus Ken.
BRoNN, Leth. geogn. IE, p. 191. PI. 29, fig. 18.
Le test est conique, à peine convexe des deux côtés, la base plane est presque hexagone, plus ou moins arrondie; l’anus, oblong et renflé, occupe la bord postérieur, qui est légèrement saillant et plus comprimé que l’antérieur, la bouche est orbiculaire. Les tubercules à pignants sont un peu plus grands vers le sommet qu’à la base.
Hab. dans la craie blanche de Grodno, de Ssimbirsk et de la haute Arménie, province transcaucasienne.
Cette espèce est caractéristique pour la craie blanche du nord de l'Allemagne, de l’île de Rügen, du Danemark, de la Belgique, de la France, de l'Angleterre, de la Suède et ne descend pas au-delà du quader marneux médian.
Esp. 242. Galer. abbreviatus Ac.
Bronn, Leth. geogn. II, p. 192. PI. 29, fig. 17.
Le test est conique, à cône plus court que celui de l’espèce précédente, la base est circulaire, non anguleuse et les bords sont peu convexes; l'anus est circulaire et placé près du bord de la base.
Hab. dans la craïe blanche de Ssimbirsk.
Cette espèce est plus basse que la précédente et ressemble beaucoup au Galer. vulgaris, lequel est pourtant hémisphérique et plus élevé.
Esp. 243. Galer. vulgaris Lam.
Gorpruss, Petref. Germ. I, p. 128. PI. 20.
Cidaris Agassizi (Rôm.), Roumuer, Bull. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1846, No. 4. PI. C, fig. 21. Bull. 1. c. 1848, No. 1, p. 271.
Acassiz et DEsor, Sur les Echinites, famille des Clypéastroïdes, 3ième Monogr. * Des Galérites par E. Desor 1842, p.14 PL 2, fig. 1 -10 et PI. 13, fig. 4—6.
Le test est un cône raccourci, à face inférieure subcirculaire, la bouche est circulaire, un peu anguleuse, l’anus grand, elliptique et inframarginal, les bords du test sont fortement arrondis. La carène suranale, sans être très forte, est cependant très distincte, surtout dans les moules.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk et, à ce qu’il semble, aussi au bord du lac d’Aral.
Le plus souvent cette espèce se trouve en moule siliceux et, à ce que je crois, le Cidaris Agassizii (Roem.) Rouz. de l'étage né0comien de Khoroschôwo n’est autre chose que le moule du Galerites vulgaris, auquel il ressemble beaucoup, quoique la figure donnée par M. RouiLzrerR ne montre pas l’anus au bord de la face inférieure; lanus ne se voit pas non plus au sommet du moule, au moins pas de la grandeur habituelle du genre Cidaris. Le Cidar. Agassizi Roem. *, qui est une espèce jurassique, a le test hémisphérique, déprimé et non coni-
- que comme le Galerites vulgaris, dont le moule silicifié ne présente pas toujours l’orifice anal bien conservé; c’est peut-être là la raison qu’il est tout à fait omis dans la fig. 21 de M. Roumur&e, sur laquelle en outre la bouche et représentée trop grande pour un Galerites.
I1me semble même que le Galerites chovaresmicus, du bord du lac d’Aral, décrit par M. Trautscnozp **, pourrait appartenir au Galerites vulgaris, couvert encore de sa croûte extérieure; la protubérance seule ou une carène obtuse entoure l'anus; elle passe jusqu’à la bouche, qui y est plus marquée qu’elle ne l’est habituellement chez le Galerites vulgaris, mais elle se trouve dans presque toutes les espèces; la carène suranale, sans être très forte, est cependant nettement distincte, surtout sur les moules du Galerites vulgaris.
* Roëmer, d. Versteir. d norddeutsch. Oolithengeb. Nachtrag. Hannover 1839, p. 17. PI. XVIL, fig. 31.
** Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1859, No. 2, p. 7. PI. IV, fig. 2.
Les ambulacres, très délicats, marqués de pores ambulacraires en petits points, se distinguent très bien sur la variété chovaresmienne et forment 5 rangées paires, qui passent du centre de la base du test jusqu’à son sommet obtus. Le test de celui-ci à 1 p. 2 L. de large et 10 L de haut.
Genre XV. Pirina Desmoul. Ac.
Le test bombé est elliptique à la circonférence basale; la base est
plane ou légèrement renflée autour de la bouche, la bouche est pentagone,
oblique, simple, l’anus supramarginal, quelquefois dorsal, convexe; les mamelons à piquants sont très nombreux, dispersés sans ordre sur toute la surface, et perforés; les orifices génitaux sont au nombre de 4 Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 244. Pir. pygmaea Ac.
Bronx, Leth. geogn. IT, p. 193. PI. XXIX”. fig. 12.
Le test, petit, elliptique, est renflé, doucement rétréci vers le sommet et légèrement enfoncé à la base autour de la bouche; l’anus est au-dessus du bord postérieur, elliptique, quelquefois même plus haut vers le dos.
Hab. dans un calcaire néocomien jaune de Badrak en Crimée.
La surface est couverte de petits tubercules en mamelons à piquants, placés au milieu d’un disque enfoncé et entouré de très petites granulations en anneau complet. L’anus est variable dans sa position; il est tantôt supramarginal, tantôt rapproché du dos, comme chez le Pir. truncatula du hils-conglomerat près de Hanovre.
Le test a près de 5 L. de large et 6!}2 L. de long.
L’anus, de 11/3 1. de large et de 2 1. de long, se trouve placé entre les deux rangées de pores ambulacraïres pairs sur le dos tu test, comme dans le Pir. ovulum.
Genre XVI. Discoidea Gray.
Test hémisphérique, circulaire à la base, qui est légèrement enfoncée; bouche circulaire, placée entre les extrémités des ambulacres, au centre de la base, l’anus allongé est placé entre la bouche et Le bord postérieur. Les mamelons perforés et crénelés portent de très petits piquants et sont disposés en rangées régulières. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 245. Discoiïid. subuculus KLerx.
Gozpruss, Petref. Germ. Il, p. 190. PI. 29, fig. 19.
Test petit, presque conique, à base enfoncée; l’anus est elliptique, les mamelons sont placés en rangées plus ou moins distinctes, et de petits grains occupent les interstices entre les mamelons imperforés.
Hab. dans le grès néocomien de Badrak en Crimée.
Les aires ambulacraires sont divisées par une ligne longitudinale faible, et les aires interambulacraires sont marquées chacune de 2 lignées élevées ou noueuses, qui avec les rangées de pores ambulacraires forment 20 rayons de la surface. Le test à une largeur de 6 lignes.
M. Agicx * fait mention d’une espèce qui se rapproche du Discoid. concava AG., trouvée dans un calcaire ferrugineux oolithique du nord du Caucase, dans la vallée du Naridon, sans en donner ni description, ni figure; si c’est un Discoidea, on doit présumer que le calcaire n’est pas jurassique, mais crétacé, car ce genre n’a été trouvé jusqu’à présent que dans le terrain crétacé.
Genre XVII. Caratomus Ac.
Le test circulaire est renflé, quelquefois déprimé, légèrement prolongé en arrière, la bouche est anguleuse et oblique, l’anus est placé à la face inférieure près du bord, qui se prolonge en un petit rostre; les orifices génitaux sont au nombre de 4, et les ocellaires, comme partout,
au nombre de 5. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 246. Caratom. avellana Ac.
Dugoïs, Voy. au Caucase Ï. c. Catopygusavellana. PI. I fig 19—21.
Le test, épais et circulaire, est légèrement élargi, subrostré en arrière, par là la circonference devient presque ovalaire; la base est plane.
Hab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée.
Les ambulacres sont très étroits, formés de pores inégaux, simples, réunis par paires; les paires de pores sont étroites au sommet. La largeur du test est d'environ 7 lignes.
Famille neuvième.
Nucléolitinées.
Le test, de grandeur moyenne, est presque carré, plus ou moins
* Grundzüge der Geologie des Kaukasus 1 c. p. 454.
arrondi, plus large et plus échancré en arrière que sur le devant; les ambulacres incomplets ont les pores égaux et également espacés; la bouche pentagone est un peu excentrique à la face inférieure, l’anus situé au sommet aplati ou dans une fossette qui passe de l’anus et, en creusant le bord postérieur du test, il apparaît sur la face inférieure. Les ambulacres sont pétaloïdes, incomplets.
Genre XVIII. Nucleolites Aa. LAx.
Le test est arrondi, légèrement quadrangulaire, la bouche pentagone, à bords non enflés, l’anus placé sur le dos près du sommet, tantôt superficiel, tantôt dans une profonde fossette, qui fait une échancrure au bord postérieur. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire ancien; il vit encore dans l’océan actuel.
Esp. 247. Nucleol. scutatus Lam.
Bron, Leth. geogn. I. c. p. 151. PI. XV1, fig. 13. Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1862, No. IL, p. 562. PI. V, fig. 1.
Le test épais-est à peine convexe au sommet; la fossette anale est profonde et large, et se continue jusqu’au sommet.
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage corallien au bord du fleuve Donetz près de la ville d’'Izoume, et dans un terrain jurassique brun près du village de Khode dans l’Alaghir au Caucase.
Le sommet est légèrement rapproché du bord antérieur, qui est un peu plus étroit que le bord postérieur échancré.
Genre XIX. Pygaulus Ac.
Test petit, elliptique ou ovalaire, renflé, à face inférieure bombée, au centre de laquelle se trouve la bouche pentagone et placée plus ou moins obliquement, à bord simple, non renflé. Le bord postérieur du test est subrostral et fixe l'anus allongé à sa face inférieure. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 248. Pygaul. ovatus Ac.
Le sommet du test ovalaire est aplati et la bouche placée vers le bord antérieur élargi et arrondi, l’anus se trouve au bord postérieur, qui y fait une petite saillie. Les plaques sont transversales, à deux rangées placées entre les ambulacres et munies de plusieurs petits tubercules en mamelon.
Hab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée. L’anus est inframarginal et occupe la face inférieure de la saillie; il est plus long que large.
Famille dixième.
Cassidulinées.
Le test est presque conique, déprimé ou allongé, la bouche anguleuse est décagone, l’anus tantôt très grand et placé sur la face inférieure près du bord, tantôt plus petit, transversal, et à la face supérieure; les mamelons sont perforés; plaques ocellaires au nombre de 5 et plaques génitales au nombre de 4.
Genre XX. Holectypus Des.
Le test a une circonférence circulaire, la bouche inférieure est centrale, garnie de dix crénelures, le centre inférieur du test est concave, le sommet convexe; l’anus est très grand, ovale, submarginal ou même marginal. Les ambulacres sont composés de 2 rangées de petits pores ronds très rapprochés. Les tubercules, disposés par rangées régulières, sont mamelonnés et perforés; de petites granulations recouvrent les interstices entre les mamelons. Les 4 plaques génitales, à grands pores, sont réunies entre elles; les 5 ocellaires, à petits pores, occupent les côtés de celles-ci, qui par leur réunion aux ocellaires forment un anneau autour
de la plaque madréporique. Ce genre se trouve dans les terrains juras-
sique et crétacé.
Esp. 249. Holect. similis Des.
PI. XVII, fo. 1a bc gr. nat; d surface à tubercules mamelonnés et miliaires, grossie; f g les 4 orifices génitaux et les 5 ocellaires, grossis.
Picrer, Paléont. de la Suisse. Terrain aptien. p. 157. PI. 22, fig. 5.
Le test, circulaire ou subpolygone, est déprimé, à bord arrondi et à face inférieure concave, l’anus ovalaire, grand, occupant tout l’espace compris entre la bouche et l’anus; il est rétréci et aïgu vers la bouche, élargi et arrondi au bord du test.
Hab. dans le calcaire néocomien rougeâtre de Biassala en Crimée.
Les petits tubercules des plaques sont arrondis, plus petits à la face supérieure qu'à l’inférieure, formant au moins 6 rangées dans les aires ambulacraires, les granules miliaires interposés sont très peu visibles.
Les aires ambulacraires sont plus étroites que la moitié des aires interambulacraires.
Le test a 9 L. de large et 5 L de haut; mais on rencontre aussi des individus plus grands, de 1 p. 2 lignes dans une direction et de 1 p. 1 ligne dans l’autre de large, et de 5 lignes et davantage de haut; le sommet de ces derniers est plus aplati que celui des petits individus. Les mamelons, en rangées verticales, sont séparés par de semblables rangées de tubercules miliaires (voy. PI. XVII, fig. 1 d). Les 4 plaques génitales (1. c. fig. 1 g) composent un carré régulier, recouvert de petites granulations, et les 5 pores ocellaires (voy. 1. c. fig. 1 f) sont placés de telle manière que 3 d’entre eux forment un triangle, et que 2, réunis en paire, sont plus éloignés de ceux-ci.
La bouche est arrondie, anguleuse, l’anus allongé-ovalaire occupe tout l’espace entre la bouche et le bord du test.
Le grand individu figuré ressemble le plus au Holect. macropygus AG. qui cependant diffère par son test, dont les tubercules principaux sont très uniformes sur toute la surface et contrastent sous ce rapport avec les tubercules du Holect. similis, qui sont très gros sur la face inférieure et très petits sur la face supérieure. Les tubercules miliaires sont disposés par rangées horizontales concentriques sur la face supérieure.
Genre XXI. Conoclypus Ac.
Le test, hémisphérique, conique ou semi-ovale, renflé, est épais, à ambulacres très larges, allongés et réunis au sommet; la bouche, placée au centre de la face inférieure, est pentagone et entourée de 5 lobes renflés. L’anus est inframarginal et allongé, elliptique. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et nummulitique; quelques espèces sont tertiaires.
Esp. 250. Conocl. conoideus Leske.
Bronx, Leth. geogn. 1. c. II, p. 336. PI. XXXVL?, fig. 1.
Le grand test conique, à circonférence presque pentagone, est muni d’un sommet convexe, de côtés renflés et d’un bord légèrement arrondi.
Hab. dans le terrain nummulitique du Salghir, de Baktschissaraï et de Simféropol en Crimée.
La bouche est entourée de 5 bourrelets, dont chacun est formé par deux ambulacres, qui y descendent et se réunissent en une fossette. Les petits tubercules sont tous égaux et très rapprochés; ils sont fixés sur un disque enfoncé et très petit.
C’est une de plus grandes espèces; la base a 4 pouces 2 I. de large, et le test 3 p. 3 L. de haut.
Cette espèce, caractéristique pour le terrain nummulitique, se trouve aussi dans la craie supérieure de Montfort près de Bazin, au midi de la France.
Famille onzième.
Clypéastrinées.
Le test, arrondi ou allongé, est composé de 20 rangées rayonnées et régulières de plaques anguleuses et munies de petits tubercules égaux entre eux; la bouche est circulaire, excentrique, l’anus également circulaire, tantôt inframarginal, tantôt supramarginal; il y a 5 plaques ocellaires; les ambulacres sont pétaloïdes et occupent le sommet; les pores sont disposés en rangées simples. Le genre Clypéastre n’existe pas à l’état fossile en Russie.
Genre XXII. Fibularia Lam.
Le test est sphérique ou ovalaire, à ambulacres pétaloïdes, ouverts aux extrémités, à pores simples; l’anus est inframarginal. La cavité est dépourvue des lames internes ou des diaphragmes qui distinguent ce genre de l’'Echinocyamus. Ce genre très rare se trouve dans le terrain crétacé de Mastricht et vit encore dans l’océan actuel.
Esp. 251. Fibul. ambigua ».
PI. XVL, fig. 19 a b d grand. nat.; c surface grossie.
Fibularia ambigua Zoolog. spec. I. Vilna 1829, p. 229 et Naturhist. Skizze. Vilna 1830, p. 189.
Le test allongé, presque ovalaire, présente la base plane et le sommet convexe, la bouche circulaire est rapprochée du bord antérieur et placée dans un enfoncement à bords entiers; l’anus, circulaire et petit, occupe une légère proéminence du bord postérieur. Le test se compose de plaques hexagones (voy. L. c. PL XVI, fig. 19 c), avec un petit tubercule mamelonné au centre des plaques, et à petits tubercules miliaires occupant le disque autour des tubercules en mamelon.
Hab. dans le terrain néocomien de Biassala en Crimée, et dans le diluvien de la Lithuanie, provenant, à ce qu’il semble, de la craie de Grodno. £
Le test a un pouce et demi dans son grand diamètre, et 11 1. au petit diamètre; il mesure 8 L de haut.
Le test est le plus haut en arrière, et devient de plus en plus bas vers le devant, où il est plus déprimé, mais aussi plus large, tandis qu'il est plus étroit à sa partie postérieure. Le sommet est par conséquent excentrique.
Les plaques à petits mamelons sont partout bien visibles, mais les ambulacres pétaloïdes ne se reconnaissent pas bien dans l’individu figuré, parce qu’il est poli. L'individu dont j'ai fait mention antérieurement, dans ma Zoologie spéciale, est encore plus incomplet, mais appartient à la même espèce *. Il se peut que celle-ci n’appartienne pas au genre Fibularia, mais la mauvaise conservation des individus ne permet pas de la rapporter à un autre genre ou d’en faire un genre nouveau; les pores ambulacraires ne se trouvent qu’isolés en dessus de l’orifice anal, dans un enfoncement perpendiculaire, sans former des rangées complètes.
Famille douzième.
Spatanginées.
Le test, tantôt sphérique, déprimé, tantôt conique, élevé et carené ou échancré en arrière, est toujours garni d’une ou de plusieurs bandes ou fascioles lisses, qui entourent le sommet ou les côtés et la base du test. Les ambulacres sont pétaloïdes et se réunissent au sommet. La bouche est irrégulière, excentrique et rapprochée du bord antérieur, l’anus situé près du bord postérieur. Le nombre des pores génitaux est de 4. Tous les genres ci-après ont été rangés autrefois dans le seul genre Spatangus KLE1.
Genre XXIII Hemiaster Drs.
Le test, mince et renflé, à sommet excentrique, est caractérisé par la bouche presque bilobée, transversale, située en avant et pourvue d’une lèvre saïllante; l’anus ovale, quelquefois rond ou même transversal, est supramarginal. Les ambulacres pétaloïdes sont inégaux, l’impair est placé dans un sillon antérieur plus ou moins prolongé vers la bouche et composé de pores différents de ceux des autres ambulacres. Les ambulacres pairs sont également inégaux, les antérieurs sont les plus longs; leurs pores sont transverses et le plus souvent conjugués. Une bande peripétale régulière ou un fasciole entoure les ambulacres. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé et le tertiaire moyen.
* M. Bronx (Index palaeont. p. 607) avait des doutes à ce sujet, mais a considéré par erreur cette espèce comme une éponge, le Jerea excavata.
Esp. 252. Hemiast. monticulus m.
PI. XVI, fig. 20 a—d gr. nat.; e surface, grossie; f et g plaques génitales (£.) et ocellaires (g), grossies.
Testa conico-exaltata, vertice excentrico, versus posteriora accedente; margine postico verticaliter exaltato, antico declivi; ambulacris omnibus aeque fere latis, antico impari longissimo, omnibus iis fascia peripetali cinctis.
Hab. dans la craie blanche de Simferopol.
Le test est conique, relevé, surtout au bord postérieur, et offre tout en haut, dans un petit enfoncement, l’anus très petit et ovalaire; la bouche est inframarginale, transversale et munie d’un bord recourbé; de la bouche naissent trois sillons, dont deux, en s’élargissant, se continuent des deux côtés, tandis que le troisième se dirige vers le bord antérieur du test. L’anus occupe un petit enfoncement, vers la base duquel descend sur la face verticale un petit sillon.
Le dessus du test est fortement convexe; il s’élève vers l’enfoncement anal et y est tronqué verticalement; le sommet se rapproche du bord anal, et de là le test descend obliquement vers le bord antérieur. La base est ovalaire, et la plus grande convexité se remarque entre la bouche et le bord postérieur, qui y est légèrement rétréci. La partie bombée de la base se compose de petits tubercules mamelonnés très rapprochés; elle est entourée d’un fasciole large, arqué (voy. 1. c. fig. 20 b).
La surface (voy. L. c. fig. 20 e) est garnie de nombreux tubercules,
formant des mamelons dans les petits disques des plaques. Les ambu-
lacres sont fort inégaux, mais également larges; les deux antérieurs sont très courts, les deux moyens plus longs, et l’antérieur impair est le plus long. Les pores pairs sont séparés par un espace lisse, et un autre espace lisse occupe le milieu entre les ambulacres pairs, qui se trouvent dans des enfoncements d’égale longueur. L'appareil génital et l’ocellaire sont marqués de 4 pores génitaux placés en carré et qui sont plus grands que les cinq pores ocellaires. La plaque génitale supérieure droite est garnie de grands granules, la gauche est toute lisse. Les deux plaques génitales inférieures, presque d’égale grandeur avec les supérieures, sont placées tout près d'elles: l’une est la plaque madréporique. Les cinq plaques ocellaires sont très petites, irrégulièrement pentagones, et occupent les côtés anguleux des plaques génitales; les trois supérieures sont isolées, les deux inférieures réunies. Les plaques ocellaires sont lisses.
Le Hemiaster bufo AG. ressemble beaucoup au H. similis Des. Eichwald, Lethaea rossica. IL. 17
Es
et au H. monticulus, mais celui-ci est plus court et plus élargi au bord postérieur; son bord antérieur est tout à fait arrondi, et la plus haute partie du test se trouve sur le bord postérieur, qui est verticalement tronqué; l’ambulacre impair est en outre un peu plus long que les ambulacres pairs antérieurs.
Esp. 253. Hemiast. Nordmanni ».
PI. XVII, fig. 2 a b d gr. nat.; c fragment du test à piquants, grossi; f piquant, fortement grossi; g et h fragment de la base du test, grossi, à fasciole et à tubercules.
Testa subcircularis, postice adscendens leniter attenuata, et inflata, summitate subconvexa, ambulacris petaloideis inaequalibus fascia circulari cinctis, posticis brevissimis, antico longissimo, fascia basali ovatam planitiem cingente, posticam convexam et ab ore remotiorem; ore semilunato in lateralem utrinque sulcum excurrente, antico ïllo non obvio, anali parte rotundata nec verticaliter truncata.
Hab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée.
Le test, presque circulaire, est doucement renflé et légèrement rétréci en arrière. La face supérieure est convexe, à fasciole large très distinct et lisse; elle entoure les ambulacres, dont les deux postérieurs sont très courts, les deux antérieurs de longueur double, et l’impair antérieur le plus long, terminé en pointe, comme les autres. La bouche est transversale, presque en croissant et se prolonge des deux côtés en un sillon arqué, qui arrive jusqu'aux bords. Le troisième sillon, qui caractérise l’espèce précédente, lui manque.
L'espace basal, entouré par le fasciole inférieur, est ovalaire et muni de nombreux tubercules en granules, placés en rangées arquées régulières. Le bord postérieur s’élève, mais moins haut que dans l’espèce précédente, et ce bord n’est pas tronqué verticalement, mais arrondi.
Les piquants, qui se trouvent rarement réunis aux plaques, sont très petits, de la longueur d’une ligne, cylindriques, striés, à stries longitudinales; les stries de la base sont séparées, par un enfoncement lisse, de l’anneau terminal également strié. Les piquants sont fixés aux petits tubercules en granules, qui s'élèvent au milieu d’un disque, pourvu d’un bord relevé (1. c. fig. 2 f.).
La largeur et la longueur de cette espèce est de 2 pouces; elle a en arrière une hauteur de 1 pouce et en avant de !J2 pouce ou moins.
Cette espèce se rapproche du Micraster Matheroni Des. *, mais
* d'Orgicny, Paléont. franç. Terr. crét. p. 203. PI. 864 et 865.
son fasciole la distingue de ce dernier, pourvu en outre au bord antérieur d’une échancrure, qui manque à l’espèce de la Crimée. Les ambulacres sont presque d’égale longueur sur le Micr. Matheroni, tandis qu'ils sont très inégaux dans celle-ci.
Genre XXIV. Micraster Ac.
Spatangus Kzei.
Le test, cordiforme et mince, a la bouche bilabiée transversale, sinueuse et pourvue d’une lèvre saïllante en dessous; l’anus est ovale dans le sens longitudinal, supramarginal, placé au sommet postérieur de l’aire anale. Les ambulacres pétaloïdes sont inégaux; l’impair est placé dans un sillon médian antérieur et composé de pores toujours différents de ceux des autres ambulacres. Les ambulacres pairs sont placés dans des sillons élargis circonscrits et toujours inégaux, les antérieurs-sont les plus longs. Les pores sont transverses, placés en rangées paires des deux côtés des ambulacres et séparés par un espace lisse au milieu des rangées. Un fasciole sousanal forme une sorte d’anneau placé à la base de l’extrémité postérieure. Les tubercules sont très petits et fort éloignés, à face articulaire striée. Les piquants sont très grêles, aigus, droits ou arqués, à base crénelée. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé supérieur et nummulitique.
Esp. 254. Micrast. cor anguinum PARK.
Bron, Leth. geogn. I. c. Il, p. 200. PI. 29, fig. 23.
Le test renflé est caractérisé par une crête obtuse, qui prend naissance au sommet et se continue jusqu'à l’anus; une aire triangulaire allongée entre la bouche et l’anus est munie de petits tubercules en granules.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk, de Baktschissaraïi et de Karassoubazar, et dans la glauconie crétacée de Biassala en Crimée.
Les individus ont une grandeur fort différente; il s’en trouve près de Baktschissaraï d’une largeur de 1 p. 8 L. et d’une hauteur de 1 p. 31, à aire basale bombée.
Cette espèce se distingue du genre Hemiaster par son fasciole sousanal et par l'absence d’un fasciole ambulacraire.
Esp. 255. Micrast. Leskei d’Ors.
Paléont. franç. Terr. crét. PI. 869.
Le test cordiforme s'élève très haut au bord postérieur tronqué et AE
descend de là doucement vers le bord antérieur arrondi, marqué au milieu d’un profond sillon, qui passe de l’ambulacre impair jusqu’à la bouche, Le sommet du test est caractérisé par une carène très haute, qui commence entre les deux ambulacres postérieurs et se termine au bord postérieur tronqué. . ÿ
Hab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée.
La bouche est marquée des deux côtés d’un sillon transversal profond; les ambulacres occupent de semblables sillons profonds et larges. On a de la peine à reconnaître le fasciole sur l'individu de la Crimée.
Genre XXV. Holaster Ac.
Le test, ovale ou cordiforme, renflé ou déprimé, a la bouche ovale, transversalement placée en dessous près du bord antérieur, l’anus postérieur est supramarginal. Les ambulacres ne sont bien marqués que près du sommet, ils s’effacent vers le bord. L’ambulacre impair, placé dans un sillon, est composé de pores simples, différents des autres; les ambulacres pairs sont formés de zones inégales et de pores pareillement inégaux. Le fasciole manque. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 256. Holaster exilis m.
PI. XVE, fig. 21 a—d grand. nat.; e surface, grossie.
Testa inflato-ovalis, antice dilatato-rotundata, medio exsecta, postice attenuata et truncata, lato sulco notata, supra quem anus adparet; os ovato-rotundum prope marginem anticum dispositum. Summitate testae plano-rotundata ambulacris inconspicuis notata.
Hab. dans le terrain néocomien de Biassala en Crimée.
Le test, renflé et légèrement allongé, est rétréci vers le côté postérieur; il est également relevé en arrière et en avant, à peine plus haut au milieu du sommet. La bouche est placée au commencement d’un sillon antérieur, qui de là monte en haut jusqu’à l’ambulacre impair. Un semblable sillon, plus large et plus profond, descend de l’anus, pour se porter à la partie postérieure tronquée et de là à la base du test, où il se perd dans une proéminence prolongée.
La surface (voy. 1. c. fig. 21 e) est munie de petits tubercules, placés dans un disque enfoncé et lisse, qui est en outre entouré de nombreuses granulations, très serrées, occupant des espaces d’une largeur double de celle des disques. Les ambulacres sont presque tout à fait effacés dans les individus trouvés à Biassala.
Le test a 9 lignes de long et T L. de haut au milieu du sommet; il
a 8 L de large dans sa partie la plus élargie, et se rétrécit jusqu’à 5 I. et plus vers le bord postérieur.
Le test se caractérise par sa forme, également haute vers les bords antérieur et postérieur. La base du test n’est pas plane, maiïs légèrement
convexe au milieu et comprimée des deux côtés obliques.
Cette espèce ressemble un peu au Spatangus bicordatus Gozpr. *, d’un terrain crétacé du nord du Mecklenbourg, dont le test est plus distinctement cordiforme et dont les ambulacres sont séparés en deux au sommet, où ils laissent entre eux un espace libre.
Genre XXVI. Ananchytes Lau.
Le test, conique et très haut, est dépourvu du sillon antérieur; la bouche transverse à lèvre est placée près du bord antérieur en dessous; l'anus occupe le bord postérieur, ou est situé en dessous du bord. Les ambulacres élargis se rapprochent au sommet, sans être conjugués. L’appareil génital est allongé, les plaques génitales antérieures sont séparées des postérieures par les plaques ocellaires. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 257. Ananch. ovatus Law.
Gozpr., Peiref. Germ. I, p. 145. PI. 44, fig. 1.
Le test a la base ovalaire convexe au milieu et enfoncée près du bord antérieur; l’enfoncement transversal y est occupé par la bouche,
plus large que longue, à lèvre postérieure saïllante. Le bord antérieur
du test est élargi et arrondi, le postérieur rétréci et comme pointu. Le dessus du test est très convexe, et forme une courbe plus ou moins régu-
| ‘ lière, dont la plus grande hauteur est un peu en avant de la moitié, où
se trouve le sommet ambulacraire.
Hab. dans la craïe blanche de Grodno, de Kremenetz, de Toulezyn et de Simonowa en Volhynie, de Ssimbirsk au bord du Volga, de Karassoubazar et de Baktschissaraï en Crimée; en outre près du bord de l'Aral. :
Les ambulacres, très visibles partout et semblables les uns aux autres, sont tous formés de zones porifères égales, dont les pores pareïllement égaux sont ovales. Les tubercules égaux sont également espacés.
‘Le plus grand diamètre du test a 3 p. 3 1. de large et le plus petit, au milieu de la base, 2 p. 6 L
* Petref, Germ. L. c. E, p. 151. PL. 46, fig. 6.
M. de Jazyxow * mentionne encore l’Ananch. conoideus Gozr. observé par lui dans la craie blanche de Ssimbirsk.
Esp. 258. Ananch. depressus m.
PI. XVI, fig. 18 a b gr. nat.; a vu de la base; b vu du sommet et au-dessus de la fig. ; 18 b test, vu de côté; c surface, grossie; d appareil génito-ocellaire, grossi.
Zool. spec. I. Vilnae 1829, p. 229. PI. 3, fig. 11.
Le test déprimé a le sommet plus ou moins bien marqué et la base elliptique; la bouche, presque elliptique transversalement, a la lèvre antérieure enfoncée et garnie de nombreuses granulations, la lèvre; postérieure est relevée et bordée. L’anus, plus ou moins arrondi, est placé dans une proéminence marginale, qui forme une aire relevée triangulaire et arrive jusqu’à la bouche; les deux côtés de l’aire sont bordés par les plaques ambulacraires élargies et lisses.
Hab. dans la craie blanche de Grodno, de Kremenetz, de Karassoubazar et de Baktschissaraï, et dans le néocomien de Biassala en Crimée.
Le test, souvent fixé au silex de la craie blanche, se caractérise par sa forme aplatie, moins haute que celle de l’espèce précédente, et par son sommet, tantôt saïllant, tantôt à peine indiqué. L’anus est tout à fait marginal et placé obliquement ou un peu en dessous près du bord, mais gardant toujours la position oblique. L’appareil génital fort allongé diffère également de celui de l’'Ananch. ovatus; les quatre plaques génitales, à grands orifices, sont plus larges et plus longues que les cinq plaques ocellaires plus petites, dont deux moyennes sont placées entre les quatre génitales, deux postérieures occupent le bord postérieur de l'appareil, et la cinquième, impaire, le bord antérieur. Toutes ces plaques sont lisses et se distinguent par leur forme anguleuse (voy. 1. c. fig. 18 d.).
La surface des plaques du test est garnie de petits tubercules saillants, placés dans des enfoncements superficiels de disques, qui sont entourés de nombreuses granulations très serrées. Les pores ambulacraires pairs sont circulaires et forment des rangées plus distinctes au sommet que sur les côtés et à la base; à cette dernière ils ne s’aperçoivent que sur les moules des tests. C’est alors que les ambulacres apparaissent plus larges, comme je les ai fait figurer dans ma Zoologie spéciale sur des individus changés en silex, où le bord de la base est légèrement échancré entre les ambulacres.
* Voy. le Tableau des terrains du gouvernement de Ssimbirsk (en russe).
Un individu de Karassoubazar à 1 p. 2 L au grand diamètre, et au milieu du test au petit diamètre 1 p. 1 L.; sa plus grande largeur est par conséquent au milieu du test et non à sa moitié antérieure. Sa hauteur est d’un pouce ou un peu plus.
Esp. 259. Ananch. sulcatus Gozpr.
Petref. Germ. I, p. 146. PI. 45, fig. 1.
Le test, elliptique et déprimé, est parcouru de sillons rayonnés, occupant les ambulacres légèrement enfoncés. Le sommet est aplati et les côtés du test sont à peine convexes.
Hab. dans la glauconie crétacée de Simferopol, ainsi qu’à Mastricht.
La base du test est tout à fait elliptique, excepté le bord postérieur, où l’anus supramarginal fait une petite saillie.
Genre XXVIF Disaster Ac.
Le test, subcordiforme, déprimé ou elliptique, est très mince et garni d'ambulacres, prenant naissance de deux sommets, l’un antérieur, l’autre postérieur; la bouche pentagone est rapprochée du centre de la base, et l’anus situé près du bord postérieur en dessus. Ce genre se trouve dans le terrain jurassique et le néocomien.
Esp. 260. Disast. analis Ac.
- Monogr. des Echinod. 1. c. IV, p. 10. PI. 2, fig. 8—19,
Agica, Grundz. d. Geol. d. Kaukasus 1. c. p. 458.
Le test, ovale et déprimé, est élargi en avant, rétréci en arrière, le côté postérieur est tronqué; le sillon antérieur, correspondant à l’aire ambulacraire impaire, est un peu plus prononcé que le sillon sousanal. La bouche est pentagone.
Hab. dans le terrain jurassique de l’étage oxfordien inférieur ou callovien près du village de Khode dans l’Alaghir au Caucase.
Le test à 1 p. 4 1. de large dans son grand diamètre, et 1 p. 2 IL. dans son petit diamètre; sa hauteur est de 81) 1.
L’anus est presque circulaire et situé au bord supérieur de la face postérieure. Les ambulacres antérieurs se rencontrent en avant du sommet et laissent par conséquent un espace très grand aux aires interambulacraires postérieures paires.
Esp. 261. Disast. carinatus Law.
Spatangus carinatus Gozpr., Petref. Germ. I, p. 150. PI. 46, fig. 4. AGassiz, Monogr. des Dysasters par DEsor I. c. p. 20. PI. 3, fig. 1—4.
Le test, presque cordiforme, est échancré en avant et pointu en arrière; une carène longitudinale s’étend sur la partie postérieure de la face supérieure, depuis le milieu du test jusqu’à l’anus; la face inférieure est garnie de nombreux petits tubercules très serrés; l’aire interambulacraire impaire forme un relief très saillant.
Hab. dans le terrain oxfordien inférieur de l’étage corallien de Soudagh en Crimée.
L’anus occupe l’extrémité du bord supérieur pointu. La bouche est située au quart antérieur de la longueur du test.
Le grand diamètre de la base a 8!/2 1. dans le sens de la longueur; le petit diamètre au quart antérieur à 712 1. de large. La hauteur du test est de 5 1.
M. Rounuer * a donné la figure sans description d’un Spatangus carinatus Lesre de l'argile jurassique de Galiowa, lequel, s’il à été trouvé effectivement dans le terrain jurassique, pourrait appartenir au genre Toxaster AG., mais l'individu est si incomplet, au moins d’après la figure donnée par M. Rourczrer, qu'il est presque impossible de lui assigner sa place au système. Je suis pourtant porté à présumer que
c’est le Toxaster complanatus Ac. qui se trouve très fréquemment
dans le néocomien de beaucoup de localités d'Europe; il serait par conséquent de l’étage néocomien et non de l'étage jurassique de Galiowa.
Classe troisième.
Animaux annelés (Grammozoaires).
Voy. vol. I, p. 667.
Les animaux annelés ont le corps mou, généralement dépourvu de tubes calcaires, et n’en ont par conséquent pas laissé de traces à l’état fossile; d’autres sont renfermés dans des tubes calcaires, tantôt cylindriques, tantôt allongés et anguleux. Ce sont surtout les tubes cal-
* Bull. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1846, No IV. PI. C. fig. 20 et Bull. 1. c. 1848, No. 1. p. 271.
caires qu’on retrouve à l’état fossile. Leur nombre augmente dans la Période moyenne; les terrains jurassique et crétacé fourmillent de tubes calcaires, surtout en Crimée, où l’eau de mer semble avoir beaucoup favorisé la vie et la reproduction de ces animaux, qui vivent en nombreuses sociétés.
Gbrid'r'e premier Vrais Annéelides.
Famille première.
Tubicoles.
Le Spirorbis et le Serpula sont les seuls genres de cette famille qui se retrouvent à l’état fossile en Russie. Les animaux n'étant pas connus, il est très difficile de distinguer les deux genres Spirorbis et Serpula, et on est presque obligé de réunir, comme la fait M. Gozp- FUSS, le Spirorbis au genre Serpula.
Genre XX VIII. Spirorbis Lau.
Le tube calcaire allongé est toujours contourné en spirale, et forme un disque fixé à sa base sur d’autres coquilles; c’est là le seul caractère qui distingue ce genre d’avec celui des Serpula, dont il existe aussi plusieurs espèces, également contournées, mais en une spirale moins complète. Le genre Spirorbis se trouve dans presque tous les terrains,
surtout dans le crétacé.
Esp. 262. Spirorb. planorbis Gen. var.
PI. XVIIL, fig. 11 a b grand. nat.
Reuss, Verstein. d. bôhm. Kreide 1. c. p. 106. PI. 42, fig. 19.
Le tube calcaire en spirale est marqué de tours très serrés et confluents ou soudés aux précédents, de sorte qu’on n’y remarque que de légers sillons, qui indiquent les limites des tours. Le dernier, à ouverture circulaire, se prolonge verticalement.
Hab. dans la craïe blanche de Ssimbirsk.
Les tours de spire sont lisses et presque cylindriques, excepté le dernier tour, qui présente une petite carène à peine indiquée vers l’ouverture. La base est légèrement enfoncée, car elle était fixée sur une coquille un peu bombée. - On y remarque 4 tours, qui ne grossissent que très lentement; les circonvolutions sont très régulières et c’est là pourquoi j'ai placé cette espèce parmi les Spirorbis; elle diffère aussi par
ce caractère du Serpula gordialis (1 c. fig. 10) du terrain jurassique, dont les tours ne sont pas aussi réguliers et n’adhèrent pas les uns aux autres assez fortement pour ne former qu’une seule masse continue. Le tube en masse réunie a 5 L. de large et 1 L. de haut. l'individu est plus grand que le Serpula planorbis Gen, que M. Reuss L. c. suppose être une variété du Serpula gordialis; celui-ci cependant n’est jamais régulièrement contourné en spirale et n'offre pas de tours étroitement soudés.
Esp. 263. Spirorb. turricula ».
PI. XVIIL, fig. 16 a gr. nat.; b grossi.
Tubus cylindraceus, spiraliter contortus et sensim adscendens, angusta basi fixus et superiora versus sensim dilatatus, singulis ambagibus acuto margine notatis.
Hab. dans la craie blanche de Ssimbirsk.
Le tube, petit et cylindrique, est contourné en une spirale ascendante, s’élargissant de plus en plus au sommet. Les tours sont intimement soudés et ne montrent pas de cavité au milieu, en sorte que le tube n’était pas fixé le long de ses six tours, mais à sa base, où l’on remarque effectivement un petit enfoncement, par lequel il était attaché. C’est là une différence de structure avec le Serpula planorbis variété ascendante de M. Reuss *. En outre le côté extérieur des tours de spire est marqué d’un sillon, d’où il se forme un bord supérieur tranchant, qui caractérise notre espèce. Le sommet du tube élargi est plan, à peine convexe et légèrement enfoncé au milieu. L'ouverture du tube est rétrécie et soudée au dernier tour, comme tous les autres tours.
Le tube à une hauteur de 21/4 lignes et une largeur de 15/4 au
sommet,
Il se peut pourtant que ce soit effectivement le Serpula planorbis Gen. variété adscendante, du plänerkalk supérieur de la Bohème, mais alors cette variété devrait former une espèce particulière, surtout l'individu décrit et figuré ci-dessus, parceque le bord tranchant des tours le caractérise aussi bien que le manque d’une petite cavité entre les tours, qui selon M. Reuss a dû servir à les fixer. L’individu de Ssimbirsk n’a pas de cavité et s’élève verticalement, en s’élargissant dans le haut, et est fixé à sa base étroite.
Genre XXIX. Serpula L.
Vermilia More.
Le tube, allongé, contourné tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, est
cylindrique ou anguleux et pourvu d’une ou de plusieurs crêtes longitudinales; il est ouvert en avant et fermé à l’extrémité postérieure rétrécie et aiguë. Le tube est quelquefois contourné en une spirale plus ou moins irrégulière, c’est ce qui le rapproche du Spirorbis. Ce genre se trouve
* dans tous les terrains, surtout dans le jurassique et le crétacé.
Esp. 264. Serp. cincinalis Münsr.
Gozpeuss, Petref. Germ. I, p. 227. PI. 69, fig. 8.
Le tube, très petit, grêle, filiforme, cylindrique et lisse, est contourné en arrière en spirale, et prolongé en avant en un fil droit ou infléchi.
Hab. très fréquemment dans le calcaire jurassique corallien noir de la Crimée, près de Soudagh; en Allemagne, à Banz, dans un calcaire liassique.
Le tube est en fil très grêle, enroulé en spirale discoïde à sa partie postérieure libre et allongé vers l'ouverture; il est fixé à la roche par sa partie inférieure ; la petite spirale discoïde à 1 ligne ou plus de large.
Esp. 265. Serp. gordialis ScHLorx.
PI. XVII, fig. 10 grand. nat.
Gozpr., Petref. Germ. I, p. 232. PI. 69, fig. 8. Quensrepr, Jura p. 776. PI. 95, fig. 33.
Le tube, allongé et filiforme, est contourné en une spirale irrégulière, les tours sont entassés sans ordre les uns sur les autres et ne forment que rarement une spirale aussi régulière que les Spirorbis.
Hab. dans le terrain jurassique oxfordien inférieur de Popilani en Lithuanie, de Jeremowka près d’'Izioume, et dans le même étage corallien près de Soudagh en Crimée; l’espèce type de ScHLOTHEIM se trouve à Nattheiïm dans le jura blanc.
Le tube calcaire, plus gros que le précédent, est cylindrique et contourné irrégulièrement, il à une surface raide, couverte de petits grains; il n’est pas lisse, comme le Spirorbis planorbis du terrain crétacé, auquel il ressemble quelquefois par un tube plus ou moïns spiral. Cependant les tours n’occupent presque jamais le même niveau, comme ceux du S. planorbis, le disque est enfoncé çà et là, et le dernier tour ne monte pas en haut, mais descend en bas. Par là le dérangement des tours devient très grand.
M. Reuss * a donné une figure du Serp. gordialis ScxLorx., qui,
* Verstein, d. b‘hm. Kreïde I. c. p. 106. PI. 42, fig. 28.
à ce qu'il dit, provient du plänerkalk inférieur de la Bohème; je suis
plutôt porté à y voir le Serp. serpentina Gorpr. du même calcaire de Weisskirchlitz.
Esp. 266. Serp. ampullacea Sow.
Miner. conchol. vol. 6, p. 199. PI. 597, fig. 1—5.
PI. XVIIL, fig. 5—7. fig. 5 a vu d'en haut; b coupe verticale, gr. nat. de l’indi-
vidu de Buczak fig. 6. a b gr. nat., de celui de Badrak, et fig. 7 a b c gr. nat, de celui de Ssimbirsk.
Le tube calcaire, contourné en spirale irrégulière, est épais et la surface parcourue par des rides transversales confluentes, surtout sur VPun de côtés, tandis que sur l’autre on voit un sillon et une crête, qui longent les tours; le dernier tour se prolonge quelquefois en un tube tout droit.
Hab. dans le néocomien supérieur de Badrak et de Biassala en Crimée, ainsi que dans le cénomanien de Buczak près de Kiew et dans la craie blanche de Ssimbirsk.
Les tubes des environs de Kiew (1. c. PI. XVIIL, fig. 5) sont très abondants, contournés très irrégulièrement (voy. I. c. la coupe fig. 5 b); les tours grossissent rapidement, par là les faces supérieure et inférieure sont enfoncées, et le premier tour est plus large que haut, le dernier au contraire plus haut que large. Le test calcaire est plus mince que celui des tubes de la première localité, de Badrak. L’individu a 7 L de long et 3 L. de haut.
Les tubes de ur qui se trouvent aussi très fréquemment dans un grès cénomanien jaune, ont le test calcaire plus épais et sont également contournés en une spirale irrégulière; la surface est ridée, à rides plus distinctes, transversales, qui s'étendent même sur les diaphragmes intérieurs des tubes; les côtés sont plus ou moins sillonnés, à sillons longitudinaux. Le tube représenté (fig 6) a 5 1. de large, et le dernier tour allongé a 9 1. de long.
Le tube de la craie blanche de Ssimbirsk (1. c. fe. 7 a vu d’en haut; b vu de côté; c vu de la base) est double, c’est-à-dire deux tubes, placés l’un près de l’autre et soudés, sont contournés en une spirale adscendante, comme aussi le tube de l’espèce représentée par M. Sowergy I. ce. PL 597, fig. 2. Les tours sont plutôt lisses que ridés transversalement et présentent une carène à peine distincte au bord supérieur. Ils sont percés d’une cavité cylindrique, par laquelle ils semblent avoir été fixés à un objet cylindrique quelconque. La surface du tube est occupée par le
ER
Cellepora ectypus. Il est composé de deux tours, dont le dernier a 1 1. de large; le tube en général a 8 L. de haut. Esp. 267. Serp. Phillipsii A Rôm.
PI. XVIIL, fig. 9 gr. nat.
Versteiner. des Norddeutsch. Kreidegeb. Hannov. 1841, p. 102. PI. 16, fig. 7.
Tubus contortus, e lata basi superiora versus adscendens et sensim attenuatus, tribus quatuorve ambagibus transversim rugoso-striatis. -
Hab. dans un calcaire néocomien compacte à grains noirs de quarz, près du bord du fleuve Soswa, dans le district de Bogoslowsk, et dans le grès néocomien noirâtre de Khoroschôwo près de Moscou.
Le tube cylindrique, assez épais, est contourné en une spirale, qui s'élève de plus en plus haut, en tours, devenant successivement plus larges dans le haut, et se continuant enfin en un tube droit ou courbé, très allongé; ils sont ridés, à rides transverses, comme le Serp. ampullacea, en sorte que je suis presque porté à les réunir. Le tube cylindrique à test assez mince indique cependant une espèce particulière; les tours ne s’élargissent pas par l’accroissement dans le haut, comme ceux du Serp. ampullacea de la craie blanche, dont le tube est en outre marqué d'un côté d’une crête et de l’autre d’un sillon, qui longe le tube sur une grande distance.
Le tube a 7 L. de large au premier tour et 5 1. de haut; la largeur de lPouverture est de 2 1.
Je suppose que le terrain du Soswa est néocomien, parce que le Serp. Phillipsii de l'argile dite nilsthon ou speeton, et beaucoup d’autres fossiles dont je ferai mention plus loin, prouvent que ce n’est pas du terrain jurassique, pour lequel il a été pris jusqu’à présent. M. A. Rômer 1. c. le réunit au Vermicularia Sowerbyi Parc. du speeton de l'Angleterre.
Esp. 268. Serp. flaccida Gozcpr.
F PL. XVIIL, fig. 13 grand. nat.
Gozpr., Petref. Germ. p 234. PI. 69, fig. 7.
Le tube, calcaire, cylindrique, allongé, filiforme, s’épaississant légèrement vers l'ouverture, est lisse, et contourné tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. : !
Hab. dans le calcaire jurassique noir de l'étage corallien près de Soudagh, tout à fait comme près de Rabenstein en Bavière.
Les individus de la Crimée, de différente grandeur et très variables quant à leur épaisseur, se trouvent sur le même calcaire jurassique, d’autres sont plus grêles, d’autres encore plus épais, ceux-ci plus droits et allongés, . ceux-là plus contournés et onduleux, mais ils ne jar jamais enroulés en spirale comme le Serp. gordialis.
Les individus plus grêles sont d'ordinaire plus longs que les autres, qui sont plus épais; ils ont 2 à 3 p. de long et °/4 de ligne de large, tandis que ceux-ci ont une épaisseur double; tous les deux s’élargissent doucement vers l’ouverture.
Esp. 269. Serp. plexus Sow.
Min. conchol. VI, p. 201. PI. 598, fig. 1.
Serp. socialis (Gorpr.) Traurscuozn, Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1863, No. IV, p. 458. PI. X. A, fig. 1 a.
Le tube est cylindrique, onduleux ou courbé en différentes directions, presque d’égale épaisseur dans toute sa longueur; un grand nombre d’individus se trouvent placés les uns près des autres, sans former de faisceaux réguliers.
Hab. dans le grès néocomien jaunâtre de Baktschissaraï en Crimée, et dans un calcaire argileux grisâtre d’Indersk près d’'Orenbourg.
Les tubes sont contournés irrégulièrement, ou allongés et infléchis en différents sens, mais sans former de faisceaux réguliers comme le Serp. socialis Gozpr. du terrain jurassique du Wurtemberg. Le tube est assez compacte et lisse, et n'offre pas de stries transversales comme le $. filiformis.
L’épaisseur du tube est tantôt de 1 ligne, tantôt il est plus grêle et n’a que 1/2 ligne d'épaisseur; des individus très grêles se trouvent souvent associés aux plus gros. Cela est surtout le cas à Baktschissaraï, tandis que le vrai Serp. socialis GoLpr., du terrain jurassique du Wurtemberg, se compose de tubes nombreux, d'épaisseur égale et placés les uns près des autres en faisceaux allongés *. Le Serp. plexus Sow., du quader inférieur de Bannewitz près de Dresde, est très grêle et fort petit, contourné au commencement en spirale et ensuite prolongé en un fil courbé; il s’y trouve isolé par milliers d'individus.
* Voy. Quexsrepr, Jura p. 385. PI. 51, fig. 6.
Esp. 270. Serp. filiformis Sow.
ParkmNsON, Organ. remains vol. III. PI. VIL fig. 2.
Reuss, Verstein. d. bübm. Kreide, L. c. p. 20. PI. 5, fig. 26. Prcrer, Paléont. de la Suisse.
Traurscaozp, Bull. de Mosc. 1863, IV. PI. X. A, fig. 1 b.
Les tubes, cylindriques, plus ou moins grêles, allongés et légèrement courbés, sont réunis en faisceaux, leur surface est parcourue de stries transversales serrées.
Hab. dans le grès néocomien supérieur ou cénomanien de Badrak et de Baktschissaraï en Crimée, à Indersk près d’Orenbourg, dans un calcaire argileux cénomanien, et à Antipowka au bord du Volga, dans un calcaire semblable à petits grains de quarz, le plänerkalk inférieur.
Les tubes, cylindriques, d’égale épaisseur, ou comprimés et mêlés à des tubes plus grêles, sont toujours courbés dans une seule direction, même en suivant la forme d’un cercle, comme à Badrak, où tous les tubes sont réunis.dans la même direction, les uns près des autres. Leur surface est striée distinctement, à stries très serrées. Les tubés les plus épais ont 11/2 ligne d'épaisseur.
Les tubes du calcaire à Hippurites de Kutschline en Bohème sont plus grêles et moins courbés; ils sont réunis en faisceaux, comme ceux du calcaire argileux d’Indersk, qui sont également grêles, et courbés en différentes directions, mais comme ils sont réunis en faisceaux courts, ils ne me semblent pas pouvoir appartenir au Serpula plexus Sow., qui . est plus fortement contourné, surtout à son extrémité postérieure.
Je possède dans ma collection encore d’autres individus d’une espèce semblable ou de la même espèce, qui proviennent d’Antipowka, où on les rencontre dans un calcaire siliceux gris à nombreux grains de quarz foncé et de silicate hydraté de fer. Les tubes sont cylindriques, courbés en demi-cercle, associés les uns près des autres et striés. Cette espèce ressemble également au Serp. serpentina Gozpr.*, qui se trouve, plutôt isolé qu’en faisceaux, dans le calcaire dit plänerkalk inférieur de la Bohème.
Esp. 271. Serp. conjuncta Gen.
Die Verstein. von Kieslingswalda p. 7. PI. IV, fig. 6—9.
Tubes cylindriques, épais, fixés à la base contournée en spirale et allongée ensuite, et plus ou moins courbés et libres; la surface est lisse,
# Rauss L c. p. 106. PI. 42, fig. 22.
à stries d’accroissement à peine visibles, et marquée d’un ou de plusieurs sillons longitudinaux parallèles.
Hab. dans un néocomien supérieur ou plutôt cénomanien de Badrak. Voïiei une espèce bien caractérisée par sa grandeur; elle à plusieurs pouces de long et un demi-pouce de large, maïs elle est constamment comprimée, le test calcaire étant très mince et fragile: la surface lisse est marquée de 3 où 4 sillons longitudinaux, qui manquent quelquefois, ou bien on à’y voit qu’un seul sillon plus profond. Les individus de Kieslingswalda ressemblent en tout point à ceux de Badrak.
| Esp. 272. Serp. antiquata Sow.
PI, XVIIL fig 4 gr. nat.
Miner. Conchol. VI, p. 202. PL 598, fig. 4.
Picrer, Paléont. Suisse vol. I. PI. 1, fig. 9.
Le tube, cylindrique, plus ou moins droit, offre un test épais et marqué de rides très serrées et de bourrelets annulaires plus élevés.
Hab. dans le néocomien supérieur de Préobrajensk du mont Saragoul près d’Orenbourg, ainsi que dans le néocomien de Khoroschéwo; en Allemagne il se trouve dans le hilsthon, et en Suisse dans la couche inférieure du gault à la perte du Rhône.
Le tube épais d’Orenbourg est plus ou moins droit, légèrement flexueux; il est cylindrique ou comprimé et fixé d’un côté, par là il est aplati ou enfoncé; la surface est toujours ridée, à rides transversales en anneaux serrés. Il à une largeur de 2 lignes, et son test mince se détache facilement; sa longueur est de 2 pouces ou davantage. Les rides sont inégales, les unes plus épaisses, les autres plus minces; il en est de même des stries d’accroïissement.
Il me semble que cette espèce se retrouve, en petits individus, dans le néocomien supérieur de Khoroschôwo.
Esp. 273. Serp. carinella Sow.
PI. XVILL fig. 3 gr. nat.
Miner. Conchol. VI, p. 201. PI. 598, fig. 2.
Serp. subrugulosa (Quensr.) Traurscrozn. Bull. de la Soc. de Mosc. 1861. No. 1, p. 85. PI. VIIL, fig. 5.
Le tube, petit, cylindrique, social, est marqué de stries transversales, légèrement infléchies au dos, où elles se réunissent en une carène distincte.
Hab. dans le grès néocomien noirâtre de Mniéwniki près de Moscou.