SEGONDE PARTIE
AAMAYOM HOT.
HE Oryctozoologie
ou
description des animaux de la Période moyenne.
La Faune secondaire ou les animaux fossiles de la Période moyenne de la Russie appartiennent, comme les végétaux de cette Période, pour la plupart aux habitants de l’océan et des îles secondaires d’une grandeur peu considérable. Le continent à l’orient de la Russie d'Europe, qui, pendant la Période ancienne, se composa du grès cuivreux, semble avoir continué encore au commencement de la Période moyenne ei y avoir formé un terrain de transition, intimement lié au dyassique, en sorte qu'il est difficile de dire si c’est
- effectivement le Dyas ou plutôt le Trias qui y existait. J'ai rangé
en attendant ce terrain dans le Dyas.
Le vrai Trias ne se trouve que dans le royaume de Pologne: il y est caractérisé par le Ceratites nodosus, les Lyrodon vulgaris etcurvirostris Scuzorn, A vicula socialis, Plagiostoma striatum et laeve, Terebratula vulgaris, Encrinus liliiformis et beaucoup d’autres espèces qui ne se rencontrent nulle part en Russie. Nous ne sommes pas non plus en droit d'attribuer au vrai Trias le mont Bogdo, qui ne contient pas une seule espèce caractéristique du Trias ni de la Pologne, ni de l’occident de l'Europe; j'ai eu déjà l’occasion de faire mention des animaux fossiles du mont Bogdo parmi les espèces de la Période ancienne.
Ce n’est pas seulement le calcaire coquillier à Coquilles marines qui manque au mont Bogdo; c’est aussi le keuper aux Fougères Cottaea, Caulopteris, Crematopteris, Anomopteris et Clathropteris, dont on ne trouve pas de traces en Russie; on
n’y trouve pas non plus le grès bigarré avec les Conifères Haidingeraet Voltzia, genres qui cependant se rencontrent en Russie, le premier dans un terrain carbonifère près d’Artinsk, le second, de même qu'un genre voisin, le Walchia, dans le grès cuivreux de Kargala d'Orenbourg.
Le grès bigarré de l'Europe occidentale, de même que le calcaire coquillier, fourmille aussi de Reptiles extraordinaires, surtout de la famille des Labyrinthodontes, des Nothosaurus, Conchiosaurus, Simosaurus, Trematosaurus, Mastodonsaurus, Capitosaurus, Metopias, Belodon, Chirotherium et une foule d’autres genres qui n’ont pas encore été trouvés en Russie, en sorte que nous ne sommes pas en droit d'y présumer le Trias; mais de vrais Labyrinthodontes se rencontrent pourtant dans le grès cuivreux de l’ancienne Période de la Russie. Déjà au commencement de la Période moyenne nous nous trouvons très embarrassé pour reconnaître en Russie un équivalent du terrain triassique. Il en est absolument de même relativement aux terrains jurassique et crétacé, qui en Allemagne, en France et en Angleterre se composent de nombreux étages, que nous voyons à peine dévéloppés en Russie. Nous n'osons pas compter le lias parmi les terrains russes, car nous ne trouvons nulle part dans le terrain jurassique de Russie le Gryphaeaarcuata, ni le Lima gigantea, niles Ammonites Bucklandi et bisulcatus, ni d’autres espèces liassiques. La même difficulté se présente quant aux terrains portlandien, kimmeridien et autres, et nous supposons que le terrain jurassique en Russie n’a pas eu une aussi longue durée que dans les pays étrangers. Nous concevons cependant très bien que le climat a dû produire une grande différence et que par conséquent les espèces les plus caractéristiques d’un terrain quelconque peuvent manquer à la Russie, sans que pour ce motif le terrain n’appartienne pas à la même époque d'un terrain équivalent de l'Europe occidentale. Le cas contraire a eu également lieu; or nous rencontrons quelquefois une ou deux espèces très caractéristiques d’un terrain plus ancien dans un terrain plus moderne, et néanmoins nous ne devons pas y supposer un terrain équivalent au terrain plus ancien, si la plupart des espèces nous prouvent que c’est plutôt un terrain plus moderne. L'Ammonites biplex par exemple se trouve, comme espèce caractéristique, dans le terrain à chailles ou argovien, il se retrouve dans le terrain à spongiaires de Nattheim, réuni à lAmmonites
alternans et au Rhynchonella lacunosa;: lAmmonites biplex remonte en Russie plus haut et même jusqu’au néocomien de Khoroschowo, près de Moscou; il offre cependant dans sa forme générale une modification qui semble suffire pour en faire une espèce particulière et pour séparer le terrain qui le récèle d'avec l'étage jurassique.
——$cx6t 2E—
Exposition systématique des animaux fossiles.
Classe première.
Zoophytes (Phytozoa).
Ordre premier.
Amorphozoaires BLAINV, (Spougiae L.)
Les Amorphozoaïires ont le tissu très varié: il est tantôt mou et corné, tantôt compacte et siliceux ou calcaire. Les premiers sont très nombreux parmi les éponges vivantes, et les derniers n’ont été trouvés que parmi les fossiles de la Période moyenne, surtout dans le terrain jurassique et le crétacé. Leur tissu se compose de fibres ou filaments siliceux très minces, qui se croisent sous un angle droit, et aux points d’intersection il se présente un noeud plus où moins octaédrique: alors se forme un tissu treillissé. D’autres espèces sont constituées par un tissu vermiculé, tantôt siliceux, tantôt calcaire; les filaments sont courbés en différents sens et deviennent dichotomes; ils s’anastomosent entre eux, sans former des noeuds à leur point de réunion. Le tissu vermiculé ab-
onde d'ordinaire en aiguilles siliceuses cylindriques, simples ou étoilées. La surface de ces spongiaires est poreuse, à pores très fins, mais souvent on remarque de grands enfoncements (oscula), qui tantôt sont superficiels, et qui tantôt percent toute la masse jusqu’à la base et forment des canaux. Un épiderme lisse, sans pores, recouvre la surface du tissu et se distingue de l’épithèque basale, qui est concentriquement sillonnée et manque aux éponges vivantes des mers actuelles.
D’autres spongiaires sont lamelleux ou pourvus d’expansions minces ou épaisses; ils forment des gobelets, des soucoupes en oreille, ou sont massifs en globe, en demi-globe ou en cylindre. F
M. Fr. À. Roemer * à décrit en détail l’année passée les Spongiaires de la craie et nous suivons ici sa classification.
Fam. 1. Coeloptychidées.
Le tissu des Coeloptychidées est treillissé, et couvert d’un épiderme presque lisse, à peine poreux, dans lequel on remarque plusieurs enfoncements arrondis et dépourvus d’un bord particulier. Le tissu inférieur se compose de filaments dichotomes ou de lames infléchies, qui se détachent quelquefois à la base du spongiaire.
Genre I. Coeloptychium Gozpr.
Le spongiaire a la forme d’un globe dimidié et pourvu d’une courte tige, ou d’une table ronde à pied indistinct; la partie supérieure est plate ou concave, à nombreux enfoncements ou sillons; l’inférieure convexe et pourvue de plis concentriques à tissu treillissé et à oscules lisses arrondis. Les côtés sont couverts d’un épiderme lisse. Ce genre se trouve dans la craie blanche.
Esp. 1. Coelopt. Goldfussii Fiscx.
PI, VL, fig. 9 grand. nat.
Bull. de la Soc. des Nat. de Mosc. 1844. No. 2, p. 280. PI. VII, fig. 2—3.
Le spongiaire en demi-globe est arrondi, très épaissi et compacte, à surface supérieure légèrement convexe et à base très convexe avec ru-
-diments d’une courte tige. Le bord est lobé, à lobes inégaux, séparés les
uns des autres par des sillons profonds. Le sommet, légèrement convexe, est marqué de crêtes simples ou bifides, rayonnantes et portant de petites verrues. °
Hab. dans une marne crayeuse à concrétions de chaux phosphatée ferrugineuse de Schilowka, dans le gouvernement de Simbirsk, et dans un grès néocomien près du village de Kaloughino du district de Kirssanow dans le gouvernement de Tambow.
La surface supérieure est pourvue de côtes bifides indistinctes, garnies de petits tubercules verruciformes et de plusieurs enfoncements arrondis, placés entre les côtes; ces dernières se prolongent en lobes saillants, obtus ou tranchants. La partie inférieure, très convexe, couverte d’un épiderme compacte, est pourvue de nombreux oscules, placés vers le bord.
* FR. A. Roruer, Die Spongitarien des norddeutschen Kreidegebirges, voy. Palaeontographica publiés par M. W. Duxxer. Cassel, 1864.
Les autres espèces, décrites également par M. de Frscxer, me semblent être de simples variétés de celle-ci, comme par exemple le Coelopt. verrucosum Fiscx., 1. c. 1843, No. 4, pag. 668, PI. XV, qui a la même forme hémisphérique et la surface supérieure marquée de sillons profonds, divisant.les lobes larges et munis de petites verrues annelées. Cette espèce a été trouvée dans les sables néocomiens de la Sedounka, petite rivière qui tombe dans la Moskwa, vis-à-vis du monastère des Demoiselles; le Coelopt. confluens Fiscx., 1. c. 1843, p. 669, PI. XVI, fig. 1, de même forme, avec la différence que la partie supérieure ne présente que les oscules arrondis assez nombreux, mais non les verrues, ni les côtes rayonnées; cette espèce a été trouvée dans le même terrain crétacé sur les bords de la Protwa aux environs de Moscou.
Le Coeloptychium Jazykowii Fisox. 1. c. 1844, No. 2, p. 281, PL VIIL, fig. 3—4, est un peu mieux caractérisé comme espèce. Sa forme est arrondie, à surface plane et à base prolongée en une longue tige. La surface est munie au milieu d’un entonnoïir arrondi peu profond et de lobes courts et dichotomes, qui se prolongent vers le bas en se dirigeant en rayons coniques vers le centre commun ou la tige nettement distincte; il y a quelquefois quatorze lobes. Cette espèce a été trouvée dans la marne crayeuse compacte de Schilowka.
Le Coelopt. Münsteri Fiscæ, L c. 1844. No. 2, p. 279. PL VIX, fig. 1, diffère encore moins du Coelopt. Goldfussii; il est arrondi, comme celui-ci, fort épais et offre la surface supérieure très bombée; la tige de la base fait défaut; les lobes du bord sont plus allongés que dans aucune autre espèce et se terminent en pointe: c’est l’espèce la plus grande: elle a 6 pouces 5 lignes de large et 2 pouces de haut; on l’a trouvée dans la craie chloritée du village de Jazykowo au gouvernement de Simbirsk. C’est de la même localité de Jazykowo que provient une autre espèce, le Coelopt. truncatum Fisex., L c. 1844, No. 2. pag. 278, PL VIII, fig. 1—2, que je suppose être le bord tronqué d’un grand individu du Coelopt. Jazykowii; c’est le segment d’un cercle qui donnerait à l’espèce complète un diamètre de cinq pouces. Le sponglaire semble avoir été creux; on trouve à l’intérieur, outre la surface lisse, des côtes fusiformes raccourcies et placées alternativement en deux séries. Les côtes paraissent cohérentes avec la courbure des lobes, qui sont aplatis, bifurqués et portent chacun deux ou trois verrues oblitérées. Les fragments du bord doïvent, à ce qu’il semble, avoir entouré un large enfoncement en entonnoir, qui paraît avoir été très grand à l’âge ayancé
de l'individu, et très petit ou à peine accusé à son jeune âge. Cette espèce ressemble beaucoup au Coelopt. agaricoides GoLpr.
Esp. 2. Coelopt. variolosum Fiscx.
Bull, de Mosc. 1843. No. IV, p. 670. PI. XVI, fig. 2.
Le spongiaire siliceux a la surface supérieure bosselée par des lignes ondulées ou des impressions inégales; le bord présente quelques incisions, qui paraissent indiquer des lobes. La surface inférieure est également inégale par la présence d’impressions linéaires. La tige est courte, conique, à surface sillonnée.
Hab. dans le sable néocomien de la Protwa du côté de Borofsk près de Moscou.
Ce spongiaire a la forme d’un Coeloptychium, mais le tissu semble être différent. Il a un diamètre de 14 lignes et une hauteur de 4 lignes.
Genre II. Camerospongia d'Ors.
Le spongiaire forme une cupule, criblée ou treillissée en bas, élargie, presque lisse en haut, avec une ouverture ronde; la surface est garnie de côtes simples ou bifurquées, qui s'élèvent souvent au dessus du bord, se prolongent en se bifurquant et se réunissent de nouveau. Le tissu est fibreux, à filaments qui se croisent sous un angle droit; les côtes, au dessus du bord, sont creuses intérieurement. Ce genre se trouve dans la
craie.
Esp. 3. Camer. Auerbachii ». PI. IX, fig. 1. a côtes, grand. nat.; b cupule à côtes; c tissu treillissé.
Spongiarium obconicum intus cavum, extus costatum, costis longitudinalibus superficiei simplicibus in costas liberas margini infixas et inflexas, bifidas iterumque connexas excurrentibus; superficies subtiliter clathrato-striata.
Hab. dans la craie blanche du village d’Akhmat sur le bord du Volga, à quelques verstes au sud de Saratow.
Voici une espèce toute particulière, qui diffère même du genre Camerospongia, auquel je l’ai réunie en attendant, pour ne pas en faire un genre nouveau, par ses côtes allongées et creuses en dedans, qui
se bifurquent et se réunissent de nouveau; elles sont plus longues que
la cupule et se réfléchissent vers le dehors. Le bord de la cupule est obtus et donne attache aux côtes, qui sont libres; il semble avoir été
entièrement entouré par les côtes, mais comme M. AuerBacx ne possède Eichwald, Lethaea rossica. II. 6
dans sa collection qu’un seul fragment de la cupule, il n’est pas certain que les côtes occupaient effectivement tous les côtés. Les côtes simples garnissent cependant toute la surface de la cupule, sont compactes en dedans et non creuses, comme les côtes libres recourbées. Le tissu est distinctement treillissé (voy. PI. IX, fig. 1 c.), des filaments transverses se croisent avec des filaments longitudinaux sous un angle droït et forment des enfoncements carrés. Les côtes recourbées et l’intérieur de la cavité sont également treillissés.
La base de la cupule est incomplète, ce qui est un indice qu’elle était fixée au sol de la mer.
Les côtes simples, au nombre de 7 à 9, entourent la cupule, sont rudimentaires d’un côté et ne semblent pas se prolonger en côtes hbifides; de l’autre côté elles sont distinctement bifides, allongées, cylindriques et fortement infléchies. Quelques unes d’entre elles (1. c. fig. 1 a) se dilatent à leur extrémité et se réunissent, pour se bifurquer de nouveau, en sorte. que c'était une espèce avec une ornementation toute particulière, telle. qu'on ne la voit pas ordinairement parmi les Camerospongia.
Ce spongiaire a une hauteur de 2 1/2 pouces; les côtes, recourbées en bas, sont plus longues, et la largeur de la cupule en haut est de 1 p.10 I, et en bas de 1 p. du côté où elle est le plus large.
Genre III. Cephalites Suirx.
Les spongiaires sont coniques ou cylindriques sans cavité en dedans, d’autres étaient fixés par des racines au sol de la mer. Le sommet composé d’un épiderme lisse, est percé d’un ou de plusieurs oscules à bord mince; la surface était garnie de côtes longitudinales, de mailles rhomboïdales ou de nodosités. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé et jurassique.
Esp. 4 Cephal. maximus ».
PI. VIL fig. 12 grand. nat.
Scyphia maxima Géogn. de la Russie 1. ce. p. 492.
Notre fragment de ce spongiaire est aplati, élargi et garni de mailles hexagonales très larges, formant des rangées transverses régulières; les bords des mailles semblent être poreux.
Hab. dans un grès micacé jurassique de la Crimée, entre Aloupka et Yalta.
C’est avec doute que je réunis ce spongiaire au genre Cephalites, car je n’en connais qu’un fragment de la surface, portant des
mailles hexagonales très larges; des mailles rhomboïdales semblables se trouvent également sur la surface du Cephal. rhombifer Roex.
Ce spongiaire doit avoir été très grand et très large, à en juger par ses mailles, qui ont 6 lignes de haut et 41) lignes de large; leurs bords offrent une épaisseur de 11/4 ligne. Les mailles étant placées sur un niveau, le spongiaire ne forma pas de cône ou cupule, mais semble avoir été plat ou en entonnoir très large, comme le Scyphia polyommata Gozpr., à mailles ovalaires, et à bords poreux placés entre les mailles.
Esp. 5. Cephal. ventricosus m.
Géogn. de la Russie (en russe) p. 490. St. Pétérsb. 1846. Radiolites ventricosus Bull. de la Soc. de Mosc. 1862. No. 2. Anthophyllum sp. Rouzier, Bull. de Mosc. 1847. No. 2, p. 443. PL K. fig. 54.
Pleurophyllum argillaceum Traurscmozp, Bull, de Mosc. 1861. No. 1. PI. IV, fig. 1—3. | Cephalites ventricosus m., Bull. de Mosc. 1865. No. 3, p. 37.
Spongiarium infundibuliforme, medio incrassatum, costatum, costis longitudinalibus ad basin usque descendentibus et e nodis elongatis exstructis; sulcis inter costas porosis.
Hab. dans'le néocomien inférieur de Mniowniki et de Khoroschôwo près de Moscou, réuni à un grand nombre de Térébratules et d'Acéphales néocomiens.
Le spongiaire en entonnoir est garni de côtes longitudinales plus ou . moins complètes, descendant jusqu’à la base et formées de nodules ou tubercules allongés; elles garnissent également le bord supérieur du spongiaire, au milieu duquel il y avait un enfoncement central rétréci. La cavité, limitée par une paroi épaisse très poreuse, ne descend pas jusqu’à la base; les pores ou oscules irréguliers occupent les deux faces, l’intérieure et l’extérieure, surtout les sillons longitudinaux de celle-ci *.
La paroï épaisse contient des lames inégales, rayonnées et verticales, qui sont dépourvues d’une columelle quelconque, en sorte que ce que lon trouve à Mniowniki n’est nullement un calice ou une cellule d’un polypier lamelleux, comme le suppose M. T'RAUTSCHOLD, mais un spongiaire, appartenant au genre Cephalites, dont les paroïs sont également munies de côtes, qui se dirigent vers l’intérieur et y simulent les lames dun calice de corail. Les lames verticales sont ondulées, se réunissent plus bas les unes aux autres et présentent par là un caractère tout
* Voy. Bull. de Mosc. 1849, No. 2. PI. K, fig. 54 b et Bull. 1. c. 1861, No. 1. PI. IV, fig. 1—3. 6 *
particulier, bifide; mais il n’y à pas de lames transverses, ni même d’axe central, comme l’admit M. TraurscroLp *, pour ranger cette espèce dans les polypiers lamelleux.
Le spongiaire a 3 p. de haut et 2 p. 21h L de large au milieu vers la partie supérieure, où il s’épaissit brusquement. La paroi a une épaisseur de 9 1.
Cette espèce est voisine du Cephalites seriatoporus Roem. *#, dont la forme est pourtant tout à fait cylindrique et dont les côtes ne sont pas aussi régulières que celles du Ceph. ventricosus. Celui-ci a été méconnu à cause de sa structure, qui n’est pas bien nette, et dont le tissu par ses cellules ou pores anguleux ressemble tout à fait à celui des Rudistes, d'autant plus que des canaux obliques bifurqués traversent la paroi réticulée.
Les Cephalites, ainsi que les Ventriculites, auxquels notre espèce ménage le passage, sont, comme les Rudistes, des fossiles caractéristiques pour le terrain crétacé, qui n’ont pas encore été trouvés dans le terrain jurassique; par leur présence, le terrain supposé jurassique de Mniowniki est considéré par moi comme appartenant au crétacé inférieur. Ajoutez-y le Radiolites (Cibicides) Rozowii, figuré par M. de FrscHER dans son Oryctographie, et lEnargetes, moule d’un autre Radiolites, dont il fait aussi mention dans l’Oryctographie, et le terrain néocomien de Moscou se confirme de plus en plus, surtout par les deux Spongiaires, le Cephalites et le Ventriculites. Or le néocomien du mont Salève près de Genève ne contient pas de Coraux, mais d’après les recherches de M. de Lorroz 31 espèces de Spongiaires en 16 genres; c’est là une observation très curieuse, qui répand une vive lumière sur l’âge relatif du terrain néocomien de Moscou.
La roche à laquelle le Cephal. ventricosus se trouve attaché, est très dure, siliceuse et non argileuse; le nom de Pleurophyllum argillaceum n’est pas par conséquent bien choisi, car le terrain n’est pas argileux, mais compacte et changé en silex; la roche est noire, formée d’un,grès très fin, quartzeux, entremêlé de grains verts de glauconite.
Dans le Ceph. ventricosus les côtes, recourbées vers le sommet, se dirigent obliquement vers le haut et forment des tubercules allongés
* Voy. PI. IV, fig. 3 du Bull. de Mosc. 1861. No. 1. L’original de la figure se trouve maintenant dans la belle collection paléontologique à Munich, où je l’ai vu; je n’y ai cependant pas pu reconnaître les lames ou diaphragmes transversaux de la fig. 3.
*#* Palaeontographica, vol. XIIT, livr. 1. PL. IV, fig. 5. p. 7.
et séparés tout à fait des côtes longitudinales; antérieurement ils me semblaient former un opercule particulier; mais la coupe longitudinale n’est pas venue confirmer la présence d’un tel opercule.
Esp. 6 Cephalit. lacunosus ».
Spongiarium parvum, conicum, costatum, costis longitudinalibus e tuberculis elongatis exstructis, pariete crasso e plicis bifidis, lacunas inter se linquentibus conflato.
Hab. dans le néocomien inférieur de Mniowniki près de Moscou.
Le petit spongiaire est conique et pourvu de côtes longitudinales, qui, formées de tubercules ou nœuds allongés, entourent toute la surface du spongiaire; par là les côtes sont inégales, épaisses et comme interrompues; elles sont séparées par des sillons, dans lesquels on observe les oscules, qui traversent la paroi épaisse, occupée par les côtes verticales, se réunissant au milieu de la paroi; c’est ce qui leur donne Papparence de lames bifides.
Le spongiaire à 2 p. de long et 1 p. 4 L de large. J'ai fait une coupe transversale de cet échantillon et je trouve des lacunes entre les lames et un enfoncement au centre du spongiaire, comme preuve qu’il y avait plusieurs cavités dans l’intérieur de notre espèce, ce qui est conforme au caractère de ce genre.
Par cette structure notre espèce est très voisine du Ventriculites figuré par M. Mawrezz * de la craie blanche de l'Angleterre, dont pourtant la forme est toute différente. -
Genre IV. Porospongia d'Ors.
Le spongiaire lamelleux ou cupuliforme est criblé de pores et d’oscules des deux côtés; les lames épaisses sont couvertes à la surface extérieure d’un épiderme lisse et munies d’oscules très grands du côté intérieur de l’épiderme ridé, et pourvues de petits pores. Le tissu offre en dedans des plis à structure treillissée. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 7. Porospongia regularis m.
PI. VI, fig. 1 gr. nat.
Spongiarium magnum pocilliforme, vel explanatum, osculis pertusum
* Voy. Manrez, Geology of Sussex. London, 1822, p. 173. PI. XIE, fig. 1., PI XV, fig. 1.
majoribus, rotundatis, series subregulares formantibus, remotis margineque vixdum prosiliente praeditis, interstitia inter oscula lata et cariosa.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux, identique au hils, de Koursk.
Notre fragment part d’une base étroite et s’élargit vers le sommet; la surface est enfoncée à la base, et convexe plus haut, en sorte que le spongiaire semble avoir formé un gobelet très élargi. Il ne présente qu’une large expansion à paroi épaisse et à bord arrondi; la surface est marquée de nombreux oscules circulaires, disposés en rangées assez régulières, presque quinconciales, et placés à une distance qui est deux fois plus considérable que le diamètre des oscules. Les interstices sont raboteux et légèrement enfoncés, car les bords des oscules font une saillie assez fortement accusée.
Je n’ai fait représenter qu’un petit morceau du grand fragment, qui a une hauteur de 3 pouces et une épaisseur de 3 lignes. La base en est également incomplète et plus étroite que le sommet.
La plupart des spong'iaires de Koursk se trouvent dans un conglomérat ferrugineux à gros fragments calcaires et siliceux arrondis, terrain qui semble être identique au hils-conglomérat de l'Allemagne septentrionale.
Esp. 8 Porosp. megastoma Roën. sp.
Manon megastoma Rorëm. Reuss, Bühm. Kreideverst. PI. XX, fig. 1. PI. XLIIL, fig. 9.
Agica und Bucu, Deutsche geolog. Zeitschr. 1851. p. 33.
Ce spongiaire sphérique, irrégulier, à la surface supérieure convexe, à orifices très grands, espacés, elliptiques ou arrondis et entourés d’un bord saïllant, tranchant; les interstices sont composés d’un tissu compacte.
Hab. dans un calcaire crétacé de Kharikzila au Daghestan, réuni à de nombreux fragments de Coraux et de petites Térébratules, par exemple de Ter. Tamarindus.
Esp. 9. Porosp. Fahrenkohlii ».
PI. VI. fig. 6 grand. nat.
Spongiarium perquam irregulare, compactum, subconicum, superficies granosa, foveolata, osculis praedita mediocribus, prosilientibus, rotundatis et irregulariter remotis.
Hab. dans un grès vert inférieur ou calcaire argileux compacte près
du village de Kaloughino au district de Kirssanow du gouvernement de Tambow.
Le spongiaire très irrégulier est obconique, légèrement comprimé, à surface inégale, raboteuse et garnie de nombreux oscules arrondis, à bord fort saïllant, et irrégulièrement disposés. La base est étroite, le sommet élargi et pourvu de plusieurs enfoncements. . L'intérieur du spongiaire est compacte; les interstices entre les orifices saillants sont granulés, mais compactes et dépourvus d’un tissu distinct.
Cette espèce ressemble au Manon sparsum Ress, L c. PL XVIII, fig. 12—20, qui est cependant en forme de massue plus régulière, les oscules sont bien plus petits et plus espacés, la surface est lisse et égale, non enfoncée. Une autre espèce, le Manon contortolobatum Mrcx., diffère de celle de Kaloughino par les canaux larges qui en traversent toute sa masse.
Esp. 10. Porosp. quincuncialis m.
PI. VIE, fig. 2 grand. nat.
Spongiarium latum, crassum, expansum magnisque osculis quincuncialibus ovatis praeditum.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk.
Le spongiaire très large et fort épais est muni sur sa surface de nombreux et grands oscules ovalaires et disposés en quinconce; les oscules sont rétrécis vers le bas et légèrement élargis ou arrondis dans le haut; ils sont placés en rangées obliquement ascendantes, et éloïgnés les uns des autres à une distance égale à leur largeur ou un peu plus considérable. L'autre côté du spongiaire est raboteux, à oscules moins grands,
- moins profonds, et irrégulièrement placés, à interstices granulés et in- ‘égaux. Le bord du fragment est arrondi.
Cette espèce se rapproche beaucoup du Scyphia bifrons Reuss * du terrain crétacé de Bohème, qui cependant a les oscules plus petits et plus rapprochés; en outre ils ne sont pas placés en quinconce comme dans l'espèce de Koursk; celle-ci semble se trouver aussi dans un terrain crétacé de Karassoubazar en Crimée.
Le fragment de Koursk à 2 pouces de haut et présente sur cette hauteur 5 oscules, placés les uns au dessus des autres. La largeur du fragment est le double de sa hauteur, et son épaisseur est de 5 lignes. Le fragment est légèrement enfoncé et semble être le segment d’un gobelet large.
# J. c. IL, pag. 76. PI XVIIL fig. 6.
Fam. IL Cribrospongidées.
Les spongiaires, tantôt en gobelet ou en soucoupe, tantôt lamelleux ou cylindriques, sont pourvus des deux côtés de petits orifices arrondis ou anguleux, qui ne percent pas tout à fait la paroï et sont séparés les uns des autres par des intervalles à pores étroits très nombreux. Le tissu est treillissé.
Genre V. Goniospongia d'ORs.
Le spongiaire en gobelet est formé de filaments droits, simples, parallèles et réunis par des traverses, qui les coupent à angle droit et forment des mailles carrées. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 11. Goniosp. Eichwaldi Fiscx. sp.
Scyphia Eichwaldi Fiscn., Bull. de la Soc. de Moscou. 1844. No. II, p. 283. PI. IX, fig. 1—3. |
Spongiaire en gobelet, à base arrondie et marquée de quatre lobes par deux sillons qui se croisent sous un angle droit; la surface est couverte de fibres très minces, longitudinales et transversales, qui forment un réseau très délicat à mailles carrées.
… Hab. dans la craïe chloritée du village de Jazykowo, dans le gouvernement de Simbirsk.
La surface réticulée présente à quelques endroits des orifices ronds ou allongés et grands, qui paraissent placés en rangées longitudinales. Le bord est assez épais et raboteux, l’intérieur de la cavité lisse et uni.
La hauteur est de 1 pouce 10 lignes, le diamètre supérieur de 2 pouces, l’inférieur de 1 p. 6 L.
Genre VI. Cribrospongia dOrs.
Le spongiaire en soucoupe, en gobelet, ou en entonnoir, à parois minces, est percé de pores ronds ou anguleux, épars sur les intervalles d’oscules ronds ou oblongs, réguliers et disposés en-dedans et en dehors du spongiaire. Les oscules extérieurs alternent avec ceux du côté intérieur, dont ils diffèrent par la grandeur. Ce genre se trouve dans les terrains crétacé et jurassique.
Esp. 12. Cribrosp. Beaumonti Reuss. sp.
Verstein. d. Kreiïde v. Bühmen IL, p. 76. PI. XVIL, fig. 12.
Le spongiaire en gobelet élargi et aplati est fixé par une tige épaisse et irrégulière; les parois sont très épaisses, à bord supérieur légèrement
tranchant. Les oscules sont distribués d’une manière différente sur les deux faces.
| Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk, où il est très fréquent.
La face intérieure est munie d’osculés arrondis, légèrement carrés, très serrés et disposés en rangées longitudinales et transversales très régulières; les intervalles sont fort étroits et finement poreux; la face extérieure au contraire est pourvue d’oscules ovalaires plus petits, placés en rangées régulières et divergentes, entre lesquelles existent d’autres rangées accessoires. Les intervalles sont plus larges que les oscules et finement granulés. Quelques individus sont très larges et aplatis en soucoupe; on en connaît des fragments de 3 pouces de large, en sorte que ce spongiaire a dû avoir une largeur de 6 pouces; les paroïs ont 6 lignes d'épaisseur. Les oscules sont tantôt plus larges, de 1 ligne, tantôt plus étroits, de l}2 ligne.
Esp. 13. Cribrosp. isopleura Reuss sp.
Verstein. d. Kreide v. Bôhm. I. c. PI. XVIL, fig. 10.
Le spongiaire, en expansion très large et légèrement infléchie, paraît avoir formé un large gobelet, dont la surface était recouverte de très petits oscules, placés en rangées obliques très régulières et très serrées. Le bord en est arrondi.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk.
Les individus de Koursk diffèrent un peu du Cribr. isopleura - REuss, mais ne présentent pas de caractères suffisants pour constituer une espèce particulière; la surface porte de très petits oscules, dont 4 occupent la largeur d’une ligne. L’épaisseur du spongiaire est variable dans le même fragment; elle est en général de 2 lignes.
Esp. 14. Cribrosp. longiporata Puscx sp. m.
PI. VE, fig. 3 grand. nat. PI. VIL, fig. 11 a fragment en grand. nat.; b grossi. Puscu, Palaeont. Polens. Stuttgart, 1837. p. 7. PI. IL, fig. 3.
Ce spongiaire, en gobelet très grand et légèrement comprimé, est caractérisé par ses parois fort épaisses, dont la face extérieure porte des rangées longitudinales d’oscules allongés et pointus vers le bas; la face intérieure porte des rangées d’oscules pareïlles beaucoup plus petits; les intervalles sont plus larges que les oscules et criblés de nombreux pores placés assez régulièrement-entre de petites rides et élévations longitudinales.
ab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée et dans une marne crayeuse de Kazimirz au bord de la Vistule en Pologne.
M. Pusca a donné une description très courte du Scyphia longiporata, que je suppose être identigne avec les individus que M. de Norman m'a communiqués de Karassoubazar, où ils ont été trouvés dans une marne crayeuse semblable. J’en donne des figures à la PL VI, fig. 8, une empreinte du côté intérieur du spongiaire de grandeur naturelle, et à la PL VIT, fig. 11 à de la face extérieure en grandeur naturelle et b grossi. Les oscules sont ovalaires, allongés, étroits et presque linéaires, caractère qui les distingue du Scyph. polyommata Gozpr. du terrain jurassique, dont les oscules sont toujours plus ou moins arrondis. Le spongiaire est en gobelet d’une largeur de 4 pouces et plus en haut, il se rétrécit doucement vers le bas; notre fragment de la Crimée a une hauteur de 3 pouces et au delà, et offre en bas la largeur de 3 pouces 5 lignes. L’individu de la Pologne diffère un peu par sa forme en entonnoir, qui se rétrécit beaucoup plus rapidement vers le bas et y présente une tige étroite, par laquelle le spongiaire était fixé au fond de la mer.
La fig. 11 a de la PL VII est de grandeur naturelle; c’est un très petit fragment du grand individu de la Crimée; son épaisseur est de 3 lignes; les oscules n’ont que l}2 ligne de large, tandis que leur longueur dépasse une ligne. Le fragment fortement grossi de la fig. 11 b présente 3 oscules, les intervalles portent de nombreux petits pores, placés entre les petites élévations granulées en crêtes indistinctes longitudinales. Les intervalles sont un peu plus larges que les oscules; ces derniers sont disposés en quinconces plus ou moins réguliers.
Les individus de la Crimée sont plus larges que ceux de la Pologne et rappellent beaucoup le Scyph. Oeynhausenii Gozpr., pour lequel on les à pris autrefois. M. GernrTz * réunit celui-ci au Dentriculites radiatus Manr., qui cependant est pourvu d’oscules moins nombreux, beaucoup plus grands, garnis de radicelles ramifiées à leur base.
M. d’Orgreny ** range le Scyphia longiporata parmi les Ocellaria Lam., pourvus de côtes longitudinales, sur lesquelles les oscules sont placés, quand ils ne se trouvent pas disposés en sillons entre les côtes longitudinales.
M. Desnaves fait mention, dans le mémoire géologique de M. de Verxeuiz sur la Crimée, du Seyphia Sackii Gozpr. comme originaire de la craie blanche de Baktschissaraï; cette espèce y est réunie au Scyph. Oeynhausenii. Ilest possible cependant que ce soit là encore
* Das Quadersandsteingebirge. Freiberg, 1849, p. 258. #% VerNEUIL, sur la Crimée voy. Mém. de la Soc. de Géolog. de France. Tom. 3, No. 1; p. 21.
une empreinte de la face intérieure du Cribrosp. longiporata de Karassoubazar, dont les oscules sont arrondis, et non elliptiques ou allongés, comme ceux de la face extérieure. Les petites crêtes ou stries élevées et longitudinales de l’individu de Karassoubazar ne se croisent pas avec des stries horizontales, comme dans le Scyph. Sackii, mais elles sont toujours simples et longitudinales, à oscules petits, placés entre les stries. La grandeur et la forme générale sont cependant les mêmes dans les deux espèces.
Esp. 15. Cribrosp. Maximiliana Fiscx. sp.
Scyphia Maximiliana Fiscu., Bull. de Mosc. 1843. No. IV, p. 792. PI. XVII.
Le spongiaire cylindrique est légèrement dilaté vers le sommet, rétréci au milieu et vers la base; les paroïs sont épaisses et fibreuses, à oscules irréguliers et anguleux, placés en rangées plus on moins spirales.
Hab. dans un terrain crétacé près du village d’Olschanko dans le gouvernement de Tambow, et dans une localité inconnue de Sibérie (Fiscx.).
Le spongiaire a une hauteur de 3 pouces, une largeur de 21} p., l'épaisseur des parois est de 6 lignes. La surface d’un individu dont je conserve dans ma collection un petit fragment, que je dois à M. KouLrB1we, lieutenant-colonel du corps des ingénieurs des mines, est garnie de grands oscules ovalaires, disposés en rangées spirales irrégulières, et de très petits pores, placés entre les grands oscules. La base fort épaisse a un pouce et plus de large, tandis que ceile de l’espèce de M. Frscer est de largeur double. L’individu de Tambow lui ressemble absolument, et il - paraît que celui de M. Frscxer ne provient pas de la Sibérie, mais également du gouvernement de Tambow.
à Esp. 16. Cribrosp. obesa #».
PI. VII, fig. 13. a grand. nat.; b quelques oscules grossis ; c face extérieure raboteuse.
Spongiarium patellare, planum, crassum, interna facie osculis ovatis minoribus per series regulares dispositis ornata, et externa tuberculis exiguis concatenatis obstructa, parietibus crassis tubulos osculorum internae faciei manifestantibus.
Hab. dans le calcaire jurassique noir de la vallée de Soudagh en Crimée.
Ce spongiaire en large soucoupe est presque plat, offre une cavité à peine sensible, et pourvu de nombreuses rangées d’oscules longitudinales et transversales très serrées et très régulières. Les oscules sont ovalaires et très rapprochés les uns des autres; les intervalles sont plus étroits
que les oscules et pourvus de petits tubercules. Les oscules se continuent en canaux parallèles, qui occupent les paroïs épaisses et paraissent aboutir au côté opposé du spongiaire. Ce côté extérieur est également muni d’oscules, mais ceux-ci sont oblitérés par de petits tubercules ou nœuds placés en rangées obliques très courtes et indistinctes. De semblables tubercules, mais isolés, occupent les intervalles entre les oscules de la face interne.
Le fragment qui est conservé au Musée de l’Institut des mines a 3 pouces de haut et 21J2 p. de large et est légèrement enfoncé. L’épaisseur des parois est très considérable; elle a 4 lignes, comme le Cribrosp. Beaumonti de Koursk, dont Les individus adultes lui ressemblent beaucoup. Les oscules ovalaires ont 1 ligne de long, sont un peu moins larges et disposés en rangées horizontales très régulières, coupées par d’autres rangées longitudinales. Ces rangées augmentent en nombre vers le bord par interpolation, comme cela se remarque également chez le Cribrosp. Beaumonti, dont les intervalles entre les oscules sont cependant plus larges que les oscules, tandis que le cas contraire a lieu chez le Cribrosp. obesa.
Notre espèce ressemble encore plus au Cribrosp. Sackii, qui n’a cependant pas des rangées d’oscules aussi régulières; il manque même tout à fait de rangées transversales; les oscules sont plutôt alternes, et il se forme par là des rangées spirales au lieu de rangées longitudinales; en outre les intervalles de ce dernier sont plus larges que les oscules, contrairement à ce que nous voyons dans le C. obesa.
On a fait mention * aussi du Cribrosp. Neesii Gozpr., du C. reticulata Gozpr. et du C. parallela GoLpr. comme originaires du terrain jurassique de la Crimée, entre le cap Nikita et le mont Ayoudagh, mais je ne les ai trouvés ni dans la belle collection de fossiles rapportés de la Crimée par M. de Norpmanx, ni au Musée de l’Institut de mines.
. Esp. 17. Cribrosp. milleporata Gozpr. sp.
PI. VIL fig. 10 a gr. natur.; b grossi.
Le spongiaire en gobelet irrégulier porte à sa surface des oscules très serrés, arrondis et disposés en rangées spirales très serrées, en sorte que les intervalles granulés et très minces sont fort étroits; les parois sont épaisses.
Hab. dans un calcaire jurassique noir près de Katarasse en Crimée.
Je ne connais qu’un petit fragment de cette espèce, dessiné en gran-
# Voy. le mém. de M. de VerneuL sur la Crimée |. c.
deur naturelle sur la PL. VII, fig. 10 a; les oscules sont plus larges que les intervalles granulés très minces (1. c. fig. 10 b.). Le fragment est légèrement convexe et indique la forme d’un gobelet. Les oscules ont une demi-ligne ou plus de largeur et sont très irréguliers, anguleux, et tantôt plus grands, tantôt plus petits; les intervalles sont quelquefois plus larges et distinctement poreux.
Le fragment figuré, de la longueur d’un pouce, est d’une épaisseur de 2 lignes. $
Genre VII. Pleurostoma F. À. Roux.
Le spongiaire en gobelet a les parois très minces et enfoncées ou comprimées en différentes directions; de petits oscules arrondis occupent les paroïis, en rangées très régulières, et les intervalles sont finement granulés. Ce genre se trouve dans la craie blanche.
Esp. 18. Pleurostoma seriolatum ».
. PI VIL fig. 6 a grand. nat.; b fragment.
Scyphia seriolata Géogn. de Russie 1. c. p. 524.
Spongiarium pocilliforme, compressum, parietibus exstructum tenuissimis, impressis et concavis, osculis rotundato-ovatis exiguis, series perquam regulares exstruentibns, interstitiis granulosis.
Hab. dans la craie blanche de Karassoubazar en Crimée.
Le spongiaire en gobelet plus ou moins comprimé est caractérisé par ses parois minces et enfoncées; elles sont munies de petits oscules
arrondis ou ovalaires, disposés en rangées longitudinales et transversales très régulières; elles se. croisent par conséquent sous un angle droit et sont séparées par des intervalles de la même largeur que les oscules. Les intervalles sont finement granulés et munis, ça et là, d’un très petit oscule ou pore, qui occupe l'intervalle entre deux oscules.
Le spongiaire fragmentaire a 21/2 pouces de haut et presque la même largeur. On compte cinq oscules sur la largeur de 2 lignes. Il ressemble un peu au Scyphia tenuis Roem., qui appartient au genre Diplostoma From. et diffère par des sillons dichotomes, occupés par des oscules ovalaires, qui sont beaucoup plus grands que ceux du Pleurost. seriolatum.
: Les rangées d’oscules de ce dernier sont rayonnées; elles prennent naissance à la base de la tige et deviennent de plus en plus nombreuses par l’interpolation de nouvelles rangées.
L'individu du Musée de l’Institut des mines est plus complet; il a la forme d’un grand gobelet comprimé ou élargi et enfoncé sur les côtés,
en sorte que l’ouverture au sommet est très large; les oscules sont cependant encore plus petits que chez l'individu trouvé par M. de Norp- MANN.
Esp. 19. Pleurost. consobrinum #».
PI. VIL, fig. 3 a vu de côté; b vu d’en haut.
Spongiarium pocilliforme, compressum, cavitate à superiore nredio coarctata, parietibus subincrassatis oseula parva per series longitudinales disposita offerentibus. ë
Hab. dans le grès néocomien du village de Kaloughino dans le district de Kirssanow du gouvernement de Tambow.
Le petit spongiaire en gobelet à sa base rétrécie et cylindrique, le sommet subitement élargi; il est comprimé, et son ouverture est rétrécie au milieu par les lobes arrondis et saillants des deux côtés. Les parois sont assez épaisses et portent de petits oscules, placés en rangées longitudinales très serrées. Les intervalles deviennent par là fort étroites; généralement ils sont plus étroits que les oscules ou d’égale largeur avec eux.
Le spongiaire à 1 pouce et plus de haut, au sommet comprimé il offre 1 p. 1 ligne de largeur dans une direction et 6 lignes dans l’autre; la tige a moins de 5 lignes de large et une épaisseur de 11/2 ligne. L’individu est changé en une masse compacte siliceuse et ferrugineuse; le tissu est fibreux et vermiculé. Les intervalles entre les oscules sont granulés et poreux.
Esp. 20. Pleurost. coarctatum ».
PL VII, fig. 4.
Spongiarium pocilliforme, parvum, compressum, basi coarctatum. osculis parietum incrassatorum majoribus et minoribus alternis, inaequalibus, series vixdum longitudinales, potius transversas, irregulares oïferentibus.
Hab. dans la craie blanche de Grodno.
Ce petit spongiaire en gobelet comprimé est pourvu de parois épaisses et garni d’oscules ovalaires superficiels placés sans ordre en rangées transversales plus ou moins régulières; de petits oscules alternent avec de plus grands et rendent la surface irrégulièrement treillissée. Les intervalles entre les oscules sont recouverts de pores très petits et nombreux.
Le tissu est poreux ou plutôt compacte, à petits pores qui apparaissent çà et là dans la masse siliceuse.
Le spongiaire a 1 pouce de haut, 8 lignes de large au sommet et 2 lignes à la base, où il était fixé; les parois ont 1 ligne d'épaisseur. Il
est plus petit que le Scyphia angustata Roem. * de la craie blanche de Tœplitz et de Kutschline en Bohème, qui lui ressemble un peu, mais qui en diffère par sa forme et ses oscules.
Genre VIII. Cylindrospongia F. À. Rozu.
Le spongiaire est cylindrique, simple ou rameux, dichotome, à parois minces et munies d’oscules très petits et disposés irrégulièremeut sur la surface, sans former des rangées ni verticales, ni horizontales. Ce genre se trouve dans la craie blanche.
Esp. 21. Cylindrop. subseriata Row. sp.
Le spongiaire en fragment est cylindrique, légèrement comprimé et dichotome ou simple; les oscules sont très petits, très serrés et entourent toute la surface; ils sont si petits que six oscules occupent la largeur d’une ligne. Les intervalles sont encore plus étroits et pourvus de petits pores à peine visibles moyennant une bonne loupe,
Hab. dans la craie marneuse de Karassoubazar en Crimée.
L’individu décrit est simple et a 2 pouces de long et 8 lignes de large; il est accidentellement comprimé et par conséquent triangulaire ou anguleux; la cavité est très grande, les paroïs sont minces. Un autre individu du Musée de l’Institut des mines est dichotome et plus grand que celui-ci; il est changé en silice ferrugineuse.
Genre IX. Retispongia d'Or.
Le spongiaire, en forme de gobelet ou de soucoupe, est muni de parois assez épaisses, quelquefois minces; les oscules ovalaires occupent en rangées alternes des sillons placés entre des plis ou côtes bifides. Les oscules se trouvent également sur la face interne, quoique M. d'Orgreny dise le contraire. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 22. Retisp. sulcata m.
PI. VI, fig. 10 grand. nat.
Spongiarium pocilliforme, superiora versus dilatatum, costis bifidis approximatis et sulcis inter costas osculigeris praeditum, stipite brevi acuto basin occupante.
Hab. dans le grès néocomien du village de Kaloughino dans le district de Kirssanow du gouvernement de Tambow.
Le spongiaire en gobelet court et élargi était fixé au fond de la mer
* Versteinerungen d. bôhm. Kreide, p. 74. PI. XVI, fig. 11.
par une courte tige pointue; les parois épaisses sont pourvues de côtes bifides et finement granulées, entre lesquelles il y a des sillons, occupés par les oscules allongés et placés très près les uns des autres. Les sillons sont d’égale largeur avec les côtes; celles-ci passent au-dessus du bord épaissi, et offrent de nombreux oscules dans leurs interstices.
La cavité est petite, conique; les oscules se retrouvent sur la face interne du spongiaire, comme caractère constant des Cribrospongidées.
Le spongiaire à 11J2 pouce de haut, le sommet à son bord est de 2 ‘p. 2 lignes de large, et la paroi offre une épaisseur de 9 lignes.
Le tissu ne se reconnaît plus, le spongiaire étant changé en une masse calcaire compacte, dans laquelle on remarque de petits pores remplis de silice.
Le bord du spongiaire n’est pas réflechi, et la tige n’est ni aussi distincte ni aussi cylindrique que chez le Retisp. radiata Manr. sp. celui-ci offre au contraire plus d’affinité avec l’espèce suivante, qui en est très voisine.
Esp. 23. Retisp. patellaris ».
PL. VIL, fig. 16.
Spongiarium patellare stipitatum, stipite crasso superiora versus subito in amplum marginem reflexum et acutum dilatato, costis granosis bifidis oscula ovata inter se invicem excipientibus.
Hab. dans le grès néocomien du village de Kaloughino dans le district de Kirssanow du gouvernement de Tambow. :
Le spongiaire, en soucoupe à bord réfléchi, à la tige très épaisse, conique, pour se fixer au fond de la mer. La surface extérieure est munie de côtes granulées bifides, entre lesquelles on observe les oscules ovalaires aussi larges que les côtes; ils sont tantôt superficiels, tantôt plus profonds, et ne traversent pas toute la masse du spongiaire. La face intérieure présente les mêmes oscules placés entre de courtes côtes, sans former cependant des rangées aussi régulières qu’elles sont indiquées dans notre figure.
Le bord supérieur est très large, convexe et tranchant; il est de la même largeur que la cavité du spongiaire, qui n’est pas profonde, indice que la tige n’était pas plus longue.
Le spongiaire a 1 pouce de haut, la tige à 1 p. 1 L. d'épaisseur; le bord réfléchi est d’une largeur de 2 p. 8 lignes. Le tronc à 4 lignes d'épaisseur.
Le Retisp. radiata Mar. sp. *, du terrain crétacé de l’Angleterre, ressemble beaucoup à cette espèce, mais il s’en distingue par une tige cylindrique plus allongée et par une cavité centrale qui s’étend jusqu'à la base de la tige; les côtes sont aussi plus minces et plus nombreuses que chez le R. patellaris à tige courte et large.
* Le Secyphia clathrata Gorpr., du terrain jurassique de Streitberg, se rapproche également beaucoup du Retisp. patellaris, mais il est plus petit et les grands oscules sont si irréguliers que par là cette espèce affecte un caractère tout particulier; en outre les intervalles sont plus épais et de la même largeur que les oscules, la tige est plus longue et se continue en une base pointue.
M. Pacar ** à décrit un Scyphia, sans le déterminer, du terrain crétacé de Tambow; je le crois identique avec le Retisp. patellaris; il à été trouvé, selon lui, dans un sable glauconitique sans autres fossiles, entre les villages de Rogedestwenski et de Khmelinka près de Tambow.
Genre X. Ocellaria Lay.
Le spongiaire en gobelet ou en entonnoir a les paroïs minces et pourvues d’un bord tranchant; la face extérieure porte des côtes longitudinales ondulées, entre lesquelles se trouvent des oscules disposés en rangées horizontales ou irrégulières; la face intérieure est pourvue également d’oscules, maïs qui sont disposés irrégulièrement. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 24. OcelLl Jazykowii m.
Spongiarium pocilliforme, dilatatum, superficies costis tenuioribus longitudinalibus, undatis et interstitia inter eas osculis minoribus praedita.
Hab. dans la craie blanche du village de Jazykowo dans le gouvernement de Simbirsk.
Le spongiaire, en grand et large gobelet, se trouve en fragments élargis, légèrement convexes; la surface est pourvue de côtes étroites, longitudinales, ondulées, et les intervalles portent de nombreux oscules arrondis, qui forment des rangées horizontales et verticales.
* Voy. F. A. Roeuer, Die Spongitarien, l. c. pag. 15. PI. VI, fig. 2; c’est
aussi, selon M. Rogmer, le Ventriculites striatus Swru et le Scyphia Oeynhausenii Gorvr.
** Voy. Mémoires de la Soc. géogr. russe: vol. XI, p.126. St. Pétersb. 1856. Eichwald, Lethaea rossica. II. 7
Genre XI. Ventriculites IMaAnr.
Le spongiaire est en gobelet étroit, presque cylindrique ou obconique, à parois épaisses et à cavité centrale rétrécie au sommet; la face extérieure est pourvue de côtes dichotomes, souvent noueuses, entre lesquelles les sillons portent des oscules arrondis. Ce genre ne se trouve que dans le terrain crétacé.
Esp. 25. Ventric. costatus m».
Spongiarium magnum, infundibuliforme, dilatatum, costatum, costis curtis, ad basin non descendentibus et nodoso-tuberculatis, sulcis inter costas longitudinalibus porosis, interna facie parietis incrassati reticulatoporosa. ‘ -
Hab. dans le néocomien inférieur de Mniowniki près de Moscou.
Le spongiaire très grand, en large entonnoir, est muni de côtes longitudinales, composées de tubercules allongés et plus ou moins infléchis. Les sillons contiennent ça et là des côtes rudimentaires, inégales en longueur, et quelquefois très courtes. Les côtes disparaissent vers la base rétrécie du spongiaire, qui-est raboteuse et dont la paroi est plus épaisse que celle du bord supérieur.
Notre fragment forme un segment d’un grand entonnoir; il a 3 p. de large et semble indiquer la largeur totale d’un très grand spongiaire de 4 ou plus de pouces en diamètre. La cavité était par conséquent très large; sa paroi interne contient de grands oscules ovalaires, qui semblent former des canaux longitudinaux et infléchis tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. La paroi interne devient par là réticulée, comme celle du Ventriculites représenté par M. MaxteLz de la craie blanche de l’Angleterre *,
Cette espèce est très voisine de l'Hippurites Mortoni Dix. * de la craie blanche de Sussex, que je suppose être également un Ventriculites; c’est ce qui prouve que même en Angleterre, où les Ventriculites sont fréquents dans la craie blanche, on les à confondus avec les Rudistes.
Esp. 26. Ventric. interruptus ".
PI. VIL, fig. 14.°
Spongiarium pocilliforme obconicum basi nonnihil inflexum, costa- * 1. c. PI. XII, fig. 4.
“* Dixon, Geology and fossils of the tertiary and cretaceous formations of Sussex. London. 1850. PI. XXVL, p. 354.
tum, costis longitudinalibus, aliis subrectis, aliis anflexis et interruptis, sulcis inter eas osculigeris.
. Hab. dans la craie glauconitique de Simbirsk.
Le spongiaire est obconique ou en gobelet étroit, à base infléchie et pointue et à surface pourvue de côtes longitudinales tantôt droites, tantôt infléchies et interrompues; elles sont fortement saïllantes et arrondies, et les sillons portent dans leurs intervalles profonds des oscules peu nombreux. Les côtes sont finement granulées et arrivent jusqu’au bord supérieur, qui est arrondi et légèrement tranchant. La cavité du gobelet est profonde.
Le spongiaire a 2 p. 3 L. de haut, et au sommet 1 p. 1 1. de large, les parois sont d’un côté d’une épaisseur de 3 lignes, de l’autre de 2 1, et présentent par couséquent une épaisseur inégale.
Notre individu est caractérisé par les côtes irrégulières; elles sont contournées à un endroit, du côté gauche, et à un autre, du côté droit, et laissent entre elles un espace libre, qui est occupé par des côtes droites, partant de la base. L’individu se rétrécit en outre d’un côté près du sommet, tandis qu'on n’observe pas ce rétrécissement subit de l’autre côté. Les côtes atteignent de ce côté, avec des interruptions, le sommet et forment des sillons plus larges à côtes rudimentaires intercalées.
Il ressemble beaucoup au Scyphia costata Gorpr.* du calcaire de l’Eifel et à un autre individu du calcaire jurassique de Baireuth, près de Streitherg. Les fossiles de la dernière localité jurassique rappellent en général beaucoup les fossiles crétacés, comme par exemple le Reti-
spongia patellaris, qui est très voisin du Scyphia clathrata Gozpr. de Streitherg. Le Ventric. interruptus est caractérisé cependant par les côtes interrompues et par d’autres côtes rudimentaires intercalées, ainsi que par les côtes infléchies des deux côtés, en sorte que les côtes ne sont pas placées en rangées longitudinales régulières, comme chez le V. costata, mais en rangées très irrégulières. Les intervalles sont pourvus de gros oscules profonds et éloignés de 3 lignes les uns des autres.
Esp. 27. Ventric. vasculum #.
PI. VIL, fig. 7 gr. nat.
Spongiarium pocilliforme, costis indistinctis, osculis vero majoribus profundioribus dilatatis series longitudinales approximatas exstruentibus, margine superiore incrassato, rotundato-obtuso. Hab. dans le grès néocomien du village de Kaloughino dans le
* Petref. German. p. 6. PL IL, fig. 10. a et b. 7 *
district de Kirssanow du gouvernement de Tambow, ainsi que dans la craie chloritée du village de Jazykowo près de Simbirsk.
De spongiaire en gobelet s’amincit doucement vers la base rétrécie et a le bord supérieur très renflé, obtus et arrondi; les parois épaisses sont munies de larges oscules très rapprochés, formant des rangées également très rapprochées, sans montrer de côtes distinctes. Les oscules sont arrondis, rarement dilatés et comme anguleux; ils sont profonds et percent toute la surface et même le bord supérieur renflé.
Le spongiaire à 1 p. 9 L. de long, et au sommet 1 p. 3 IL. de large, il se rétrécit jusqu’à 5 L. de la base.
Il est changé en une masse siliceuse, de même que tous les autres fossiles de la localité citée; c’est ce qui leur donne l’aspect de fossiles crétacés.
Esp. 28. Ventric. pedester m.
PI. VI, fig. 2. a vu de la surface extérieure; b de l’intérieure.
Spongiarium magnum pocilliforme, margine paullo reflexo, basique in radiculas breves crassasque excurrente, oscula superfciei plicatae ovata, profunda, passim parietem perforantia.
Hab. dans le grès néocomien du village de Kaloughino dans le district de Kirssanow du gouvernement de Tambow.
Le spongiaire est grand, en gobelet à bord réfléchi et à base rétrécie et munie de courtes racines très épaisses. Les parois sont épaisses et percées ça et là par de grands oscules ovalaires, disposés irrégulièrement dans des sillons longitudinaux de la surface, qui est plissée ou ridée entre les sillons. Les plis sont ondulés et longitudinaux, allant d’eu bas vers le sommet et offrant de petites granulations entre les oscules. ”
Le spongiaire à 2 p. 5 L. de haut et plusieurs pouces de large; je ne possède que le fragment figuré, qui doit avoir eu une largeur d’au moins 3 p. Les parois ont 6 lignes d'épaisseur. Les racines sont incomplètes, mais doivent avoir été très épaisses.
Les oscules de la face intérieure sont plus nombreux, plus rapprochés et plus petits que ceux de la face extérieure; parmi le grand nombre d’oscules, deux seulement percent la paroi complétement et y forment de larges canaux.
Famille troisième.
Siphonidées.
Le spongiaire oviforme ou piriforme, à courte tige, est pourvu d’une cavité centrale à parois lisses, la surface est parcourue de canaux plus ou
moins allongés et ondulés. Le tissu vermiculé est composé de filaments qui se croisent sous un angle droit.
Genre XII. Siphonia PARK.
Spongiaire oviforme, piriforme ou sphérique, à tige courte; une cavité tubuleuse perce le sommet jusqu'aux /4 du spongiaire; les oscules sont dispersés sur la surface et manquent à la tige; les orifices de canaux presque horizontaux arrivent jusqu’à la cavité centrale. Ce genre se trouve déjà dans la Période ancienne et est très fréquent dans la moyenne, surtout dans le terrain crétacé.
Esp. 29. Siphon. Pirum ».
PI. VL fig. 8 grand. nat.
Spongiarium piriforme, basi attenuata, summitate sensim latiore rotundata et cavitate centrali mediocri praedita, superficies porosa, poris minutis fibrosam massam perforantibus.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux du village de Mougelakowo près de Koursk.
Le spongiaire en forme de poire s’éléve à partir d’une courte base rétrécie vers le sommet élargi et arrondi; la cavité centrale profonde, assez large et arrondie, ne s’étend pas jusqu’à la base. Celle-ci est parcourue de stries longitudinales.
Le spongiaire a 2 pouces 5 lignes de long, la base 1 p. 1 L. de large dans une direction et 11 1. dans l’autre, en sorte qu’elle est légèrement comprimée. Le sommet a 2 p. 2 IL. de large et les parois ont 9 lignes d'épaisseur. Toute la masse se compose d’un calcaire compacte.
Esp. 30. Siphon. rivuligera m.
PI. VI, fig. 7 gr. natur.
Spongiarium oviforme, magnum, stipite brevi praeditum, lata basi sensim in summitatem coarctatam excurrente, superficie sulcata, sulcis rivulorum instar undatis approximatisque ab angusta cavitate superiore inferiora versus descendentibus.
Hab. dans le grès néocomien de la même localité du gouvernement de Koursk que l’espèce précédente.
Le spongiaire ovalaire est un peu plus large à sa base que vers le sommet, où la cavité centrale forme un enfoncement profond; la surface est lisse et pourvue de nombreux sillons longitudinaux simples ou bifides, qui descendent du sommet vers la base, sans atteindre la tige. Les sil-
lons sont ondulés, infléchis tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et se bifurquent plus souvent vers le bas que vers le haut.
Toute la surface est en outre pourvue de petits enfoncements ou pores, placés entre les sillons longitudinaux, sans occuper la base, qui est toute lisse; c’est d’elle que prend naissance la tige courte et épaisse.
Les pores se présentent comme des canaux minces, qui percent la masse calcaire dans toutes les directions.
Le spongiaire à 4!}2 p. de long et 2 p. 7 L de large à la base; il est par conséquent plus long que le Siphonia piriformis Gozpr. de la craie chloritée de l’Angleterre, de la France et de l'Allemagne.
Esp. 31. Siphon. piriformis Gozpr., Petref. Germ. Tab. VI, fig. 7. Siphonia radiata Fiscn., Oryctographie de Moscou p. 179. PI. 48, fig. 3—4.
Le spongiaire est sphérique, à longue tige cylindrique, le sommet est aplati et muni d’une cavité centrale étroite et cylindrique, qui ne dépasse pas %/4 de la longueur du spongiaire.
Hab. dans le terrain crétacé près du village de Bouschevoyé à 10 verstes de Moscou.
Le spongiaire est changé en pyromaque rouge; en le fendant on voit le centre creux presque triangulaire, d’où des lames parallèles se dirigent obliquement vers la périphérie (Fiscx.). Il à 1 p. 9 1. de long et 1 p. 71 de large; la tige à 1 p. de long et 8 1. de large; elle prend brusquement naissance à la base du corps arrondi, dont la surface est revêtue de pores très serrés.
Cette espèce est intermédiaire entre le Siphonia piriformis Gozpr. et le S. rivuligera m.
Genre XIII. Eudea Lay.
Le spongiaire simple est cylindrique ou conique, à cavité cylindrique profonde, la surface est poreuse, les pores sont superficiels et réunis par de courtes fibres en une masse spongieuse. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 32. Eud. subelegans ».
PI. VIE, fig. 9 a grand. nat.; b surface grossie.
Spongiarium cylindraceum, superiora versus constrictum, basi atte-
nuata fixum, superficies porosa, pori numerosi approximati et fibris brevibus conjuncti.
Hab. dans le calcaire jurassique de la Crimée, entre les villages de Souya et de Soudagh.
Le spongiaire cylindrique est légèrement infléchi, et offre trois constrictions, dont la supérieyre est la plus fortement accusée ; l’inférieure est moins distincte et donne naissance à la tige par laquelle l'individu était fixé au sol. La surface est poreuse; des pores plus grands (les oscules) sont séparés par des pores plus petits en ponctuations à peine visibles à la loupe; un tissu fibreux occupe les intervalles des pores et rend la sur-
‘face spongieuse.
La cavité centrale est cylindrique et descend jusqu'aux ?/4 du spongiaire et au delà.
L'individu à 1 p. 3 L. de long et 5 L de large; la cavité médiane n’a que 2 1. de large.
Le Scyphia elegans Gozcpr. lui ressemble beaucoup; le Spongia furcata Mieux. et le Scyphia lagenaria Mircx., du terrain corallien du département de la Meuse, sont des espèces très voisines, qui en diffèrent cependant, la première par sa bifurcation, la seconde par la division en quatre rameaux, qui caractérise la S. lagenaria.
Genre XIV. Siphonocoelia Frou.
Le spongiaire simple est cylindrique, conique et fixé par une courte tige; un canal en cavité centrale, dont les parois sont lisses, descend du sommet à la base; la surface du spongiaire est percée de nombreux pores irréguliers, qui sont superficiels et n’atteignent pas la cavité. Ce genre
se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 33. Siphonoc. clavata Rom. aff F. A. Rouen, Die Spongitarien 1. c. p. 29. Tab. I, fig. 2.
Le spongiaire est cylindrique, arrondi au sommet et muni d’un canal cylindrique étroit; la surface est percée de pores peu nombreux, entre lesquels de petits grains occupent la surface, qui devient par là finement granulée.
Hab. dans le terrain jurassique de l’étage corallien près de Souya et de Soudagh en Crimée, et dans le hils de Schüppenstedt et de Berklingen au Nord de l'Allemagne.
Le spongiaire cylindrique est légèrement infléchi, à base rétrécie et attachée; la surface est finement granulée, et les petits pores sont à peine visibles par une bonne loupe. Ila 1 p. 91. de long et 6 L. de large et me semble avoir été rameux à sa base, car on y observe une cicatrice comme
trace d’un rameau cassé; dans ce cas cette espèce seraït différente du S. clavata.
Esp. 34 Siphonocoel. digitalis Fr. À. Rozx.
PI. VIL, fig. 17. a grand. nat.; b la surface grossie.
Le spongiaire, petit et cylindrique, étroit et superficiel, est simple et pourvu d’une cavité cylindrique; la surface est poreuse et spongieuse, à pores entourés de fibres courtes et disposées en étoile (voy. L. c. fig. 17 b). Ce sont les oscules, qui percent la surface sans atteindre le canal central; d’autres pores, beaucoup plus petits, occupent les intervalles entre les oscules.. Il s’en développe un tissu spongieux superficiel, tandis que l’intérieur du spongiaire est composé d’un calcaire compacte.
Hab. dans un terrain crétacé inférieur de Badrak, de Karagatsch et de Mangoupe en Crimée; se retrouve dans le tourtia de Kahnstein au nord de l’Allemagne.
Genre XV. Plocoscyphia REuss.
Le spongiaire sphérique ou ovalaire est pourvu au sommet d’un large canal, et d’une tige à sa base; la partie supérieure se compose de nombreuses expansions contournées en différents sens, à tissu très poreux, dans lequel ou remarque de petits sillons à pores. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 35. Plocoscyph. contortolobata Mrcx. sp. PI. IX, fig. 2. grand. nat.
Le spongiaire sphérique, difforme, présente au sommet une cavité ou un enfoncement large et profond, qui perce en canal étroit la masse siliceuse jusqu’à la tige courte et épaisse par laquelle le spongiaire était fixé au fond de la mer; d’autres canaux, à larges parois réunies entre elles, s'élèvent de la base dans toutes les directions et forment une masse à oscules larges. Ceux-ci se retrouvent également sur les côtés du spongiaire.
Hab. dans le terrain néocomien ferrugineux de Popofka dans le gouvernement de Koursk, et de Kaloughino dans celui de Tambow; c’est une espèce du grès vert de Quedlinburg.
Le Plocoscyphia contortolobata ne semble pas différer du Ploc. labyrinthica Reuss; c’est aussi le Achilleum Morchella (Gozpr.) Gen. du terrain crétacé de Koutschline en Bohème.
Le spongiaire de Kaloughino a 2 p. 9 L. de haut et un peu plus de large au sommet, qui est fortement dilaté.
Genre XVI. Hippalimus Lau.
Le spongiaire en champignon est convexe en haut et pourvu d’un enfoncement au sommet; la surface est munie de pores et de côtes rayonnées; la base est légèrement concave, munie de rides et dépourvue de pores; la tige courte est lisse. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 36. Hippal. granosus ».
PI. XIV, fig. 26. a gr. nat.; b grossi.
Spongiarium semiglobosum, supra convexum et medio cavo granoso instructum, superficie convexa et ipsa granosa et costata, costis interruptis indistinctis et interstitiis porosis; basi subconcava et rugoso-granosa, porisque destituta, stipite plano, lato laevique.
Hab. dans le terrain jurassique de Soudagh en Crimée.
Le spongiaire hémisphérique à la surface convexe, enfoncée au milieu et poreuse sur les côtés ; l’enfoncement superficiel et les côtés sont granuleux et ceux-ci pourvus de côtes minces, irrégulières et interrompues, tantôt très courtes, tantôt allongées, se divisant vers le bas. La base est légèrement concave et ridée; une courte tige lisse et plate occupe le milieu de la base, elle est dépourvue de pores ainsi que la base elle-même. Le tissu paraît poreux et fibreux. Le spongiaire a 4 1. de haut et 51/2 1. de large. La tige ne fait pas de saillie, mais offre la forme d’une petite plaque à face basale inégalement enfoncée.
Genre XVII. Jerea Lay.
Le spongiaire est cylindrique, conique ou sphérique, simple, à sommet enfoncé et garni d’orifices de tubes nombreux, qui de là descendent vers la base; la surface, munie de côtes longitudinales, ou lisse, est percée de pores ou oscules placés en rangées irrégulières. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 37. Jerea spiculigera Fr. A. Roem. aff.
PI. VIL fig. 15.
Le spongiaire est obconique, presque cylindrique, à côtes longitudinales interrompues et rapprochées et à sillons placés entre les côtes et plus étroits qu’elles; des oscules occupent les sillons et ça et là aussi les côtes, qu’ils percent. Les côtes sont couvertes d’une mince croûte siliceuse très poreuse, des pores plus grands y sont entourés par d’autres très petits, à peine visibles à l’aide d’une bonne loupe. Si cette couche
La
siliceuse, qui revêt la surface des côtes, est détruite, il se développe des filaments siliceux, qui entourent les oscules.
Hab. dans la craie chloritée de Simbirsk.
Le centre du spongiaire est compacte et rempli de craie chloritée, il est percé par des tubes ou canaux, qui se dirigent tantôt verticalement, tantôt horizontalement, et aboutissent à la surface du spongiaire. Plusieurs canaux sont plus grands que les autres, surtout au sommet brisé et à la base rétrécie; à cette dernière, les tubes plus grands du milieu sont entourés par des pores très petits.
La surface de mon échantillon n’est pas aussi bien conservée que celle du Jerea spiculigera A. Roe.* de la craie blanche du nord de PAllemagne, et je n’y vois pas distinctement les aiguilles siliceuses qui se trouvent dans les intervalles des côtes: je vois plutôt les sillons et les côtes couverts d’un réseau siliceux, dont les pores ou mailles plus grands sont entourés de pores plus petits, en sorte que nous avons peut-être affaire à une espèce particulière. Il y existe en outre plus de trente côtes, qui ça et là sont plus distinctes et se bifurquent rarement, d’autres sont oblitérées et infléchies. La partie dépourvue de côtes présente les orifices des tubes plus distincts et plus profonds que la surface bien conservée.
L’'individu de Simbirsk à 2 p. 6 L de long et au sommet 1 p. 5 I. de large; il s’amincit insensiblement vers la base, qui n’a que 11 I. de large.
Esp. 38. Jerea Cockburni Baiïly sp.
Quarterly journ. of the géol. Soc. of Lond. 1857. Vol. II, p. 134. Baiy, fossils from the Crimea. PI. VIIL, fig. 1. a b.
Le spongiaire est sphérique, allongé, à 10 ou 11 plis saillants, qui prennent naissance au canal central élargi et circulaire et dépassent la moitié des côtés. La structure est finement poreuse, à pores très rapprochés. >
Hab. dans un terrain jurassique ou plutôt néocomien de Balaclava en Crimée.
L’échantillon à 1 pouce 6 lignes de haut et 1 p. 4 I. de large.
M. Baxy en fait un Scyphia; il paraît que c’est plutôt un Jerea, qui se rapproche du Jerea sexplicata A. Roëm. *, de la craie blanche à Belemnites mucronatus du nord de l'Allemagne et qui n’en diffère que par 6 plis ou côtes longitudinales; le Jerea Melo Rom. de
* Die Spongitarien I. c. p. 34. PI. XII. fig. 6. ## ], c. p. 33. PI. XII, fig. 4.
la même localité lui ressemble également beaucoup et n’en diffère que par son canal plus étroit, en sorte que je serais porté à considérer le terrain de Balaclava plutôt comme crétacé que comme jurassique, d’autant plus que l’Isastraea polygonalis Mror. s’y trouve réuni à notre spongiaire; c’est une espèce de corail qui provient du terrain supra-crétacé de Turin et des bassins de Bordeaux et de Dax; le calcaire rouge de Balaklava ressemble en outre beaucoup au calcaire de Biassala, qui est un terrain néocomien.
Genre XVIII. Polycoelia F'Rox.
Le spongiaire se compose de plusieurs cylindres réunis sur une base commune , de laquelle ils partent en diverses directions; leur surface est pourvue de pores très rapprochés et séparés par des bords étroits granulés, raboteux. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 39. Polycoel. reticulata m.
PI. VIL fig. 5 a grand. nat.; b pores grossis.
Spongiarium compositum e cylindris compressis et basi connexis vel tota longitudine connatis, superficies reticulata, e poris rotundato-angulatis arcte conjunctis exstructa, marginibus tenuibus, granulosis.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk, dans une argile bleue crétacée de Kiew, au bord du Dnjepr, à 7 verstes de la ville; et dans la craie chloritée de Simbirsk et de Karassoubazar en Crimée.
Le spongiaire composé émet à sa base des cylindres comprimés, réu-
nis dans toute leur longueur ou agglomérés à leur point d’origine. La surface
est munie de très petits pores arrondis ou anguleux très rapprochés, séparés les uns des autres par des bords étroits granulés ou raboteux. Les pores se prolongent en de petits tubes, qui cependant n’atteignent pas l’intérieur des cylindres.
Les cylindres, en fragments, ont 2 p. de long et 9 I. de large, sur une épaisseur de 11. et plus. Les pores sont très petits; il y en a 3 sur l’espace d’une ligne.
Le spongiaire est changé en fer pyriteux, aussi bien dans le grès ferrugineux de Koursk que dans l'argile bleue de Kiew; ce qui semble être dû à la même cause et indiquer le même terrain crétacé.
Notre espèce ressemble beaucoup au Scyphia heteromorpha Reuss * du plaener inférieur de Biline en Bohème, qui est identique au
* Verstein. d. bôhmisch. Kreide p. 74. PI. XVIII, fig. 1—4 et A. RoEMER, Die Spongitarien 1. e p.22. PI. VII, fig. 11.
hils-conglomérat du nord de l'Allemagne: le $S. heteromorpha se distingue pourtant par une autre forme du spongiaire, dont les cylindres ou plutôt les cônes ne sont jamais réunis dans toute leur longueur et dont les intervalles des pores sont beaucoup plus larges.
.. L'individu de Karassoubazar est rameux, bifide, à rameaux cylindriques ; les bouts des cylindres sont tantôt obtus, tantôt pointus; la surface | est munie de pores ou très petites mailles arrondies et fort rapprochées. Les rameaux sont d’une épaisseur de 8 lignes.
Famille quatrième.
Chénendoporidées.
Les spongiaires en entonnoir ou en soucoupe sont caractérisés par un tissu vermiculé, qui devient compacte sur les deux faces et n'offre que des oscules superficiels très petits et disposés irrégulièrement.
Genre XIX. Chenendopora Lay.
Les spongiaires en gobelet ou en entonnoir ne présentent le tissu vermiculé que sur le bord et à la coupe transversale; les deux faces sont couvertes d’un épiderme compacte, légèrement sillonné, et présentant de rares enfoncements ou oscules très superficiels. Un épiderme lisse revêt le fond des oscules, et une large cavité occupe l’intérieur du spongiaire. | Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 40. Chenend. leprosa ».
PI. VI, fig. 4 a grand. nat.; b surface intérieure grossie.
Spongiarium infundibuliforme, margine lato reflexo, cavo angustato ad basin stipitis descendente, superficies externa epidermide sublaevi contecta et osculis raro pertusa, interna vero asperitatibus elongatis per series subregulares dispositis osculaque in sulcis interpositis excipientibus, praedita.
Hab. dans la craïe chloritée de Simbirsk.
Le spongiaire en entonnoir offre un bord large et réfléchi, et une cavité rétrécie, qui descend dans la tige large jusqu'à sa base. La surface est revêtue d’un épiderme presque lisse et recouvert par de très petits oscules superficiels, à bords échancrés; les oscules sont plus profonds aux endroits dépourvus d’épiderme. La face intérieure du sponglaire présente, sur le bord élargi et réfléchi, un grand nombre d’inégalités ou d’aspérités allongées, disposées en séries assez régulières, transversales et séparées les unes des autres par des sillons superficiels à
oscules semblables à ceux de la surface extérieure. La cavité de la tige semble être marquée en dedans de sillons verticaux, au nombre de six à huit, qui descendent jusqu’à la base du spongiaire. Les parois sont épaisses.
Le fragment figuré a plus de 2 pouces de long, et la tige est large de 1 p. 2 L.; le bord réfléchi a 3 1. d'épaisseur; le spongiaire est plus épais au milieu de la tige comprimée.
Cette espèce ressemble beaucoup au Chenend. subplena Mrox. *, mais la tige est comprimée, convexe d’un côté et plate de l’autre, et le bord réfléchi porte de petites aspérités saïllantes, en rangées transversales, qu'on n’observe pas dans le Ch. subplena. Le Scyphia pedunculata Reuss **, du même terrain crétacé, offre également quelque analogie avec le Ch. leprosa; mais il est moins grand et son bord n’est ni aussi large ni aussi réfléchi; c’est là un caractère qui le distingue également du Chenend. subplena.
Famille cinquième.
Amorphospongidées.
Les spongiaires de cette famille sont dépourvus de tubes et d’oscules quelconques; ils manquent d’épithèque et d’épiderme, on n’y remarque qu’un petit nombre de pores, qui occupent un tissu vermiculé ou treillissé; ce sont des corps organiques des plus simples.
Genre XX. Cupulispongia dORrs.
Le spongiaire en gobelet ou en oreïlle a la tige plus ou moins allongée et légèrement comprimée, la cavité très large et la surface finement poreuse. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 41. Cupulisp. tenuipora A. Rozx.
Die Spongitarien |. c. p. 51. PI. IL fig. 7.
Le spongiaire en entonnoir à les parois épaisses; la tige allongée se continue à la base en un bord renflé et pourvu de courtes racines épaisses, la surface est finement poreuse et raboteuse.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk, ainsi que dans le hils-conglomérat de Berklingen au nord de l'Allemagne.
Notre espèce est plus grande que celle du Harz; elle n’a été trouvée jusqu’à présent près de Koursk qu'en un fragment de la tige, qui est légèrement comprimée., d’une largeur de 2 pouces et de la même
# Iconographie zoophytolog. Paris. 1841. PI. 41, fig. 1. ** [. c. Kreideverst. von Bôhmen IL p. 75. PI XVII, fig. 7.
longueur. L'épaisseur des parois dépasse 4 lignes; elle est par conséquent plus considérable que chez le Cupulisp. tenuipora du nord de l'Allemagne; le bord inférieur de la tige est renflé, arrondi et porte quelques traces’ de racines. Le tissu est tout à fait compacte et poreux.
Esp. 42. Cupulisp. rimosa A. Roex. af.
Die Spongitarien I. c. p. 51. PI. XVII fig. 8.
Le spongiaire, en oreille ou lame élargie droite, à une paroi épaisse et la surface garnie de plis longitudinaux, interrompus, courts et très rapprochés, entre lesquels on observe des enfoncements fort petits et échancrés. La face intérieure est très inégale et raboteuse.
Hab. dans le grès néocomien ferrugineux de Koursk et dans la craie blanche à Belemnites mucronatus et quadratus du nord de l'Allemagne.
Le fragment de Koursk diffère un peu de l’espèce type de la craie
blanche et paraît même former un genre particulier. La surface de l’expansion, élargie dans un seul plan, présente de courts plis, qui se dirigent vers le bas en rangées très rapprochées, arrivent jusqu’à la base et traversent également l’intérieur du spongiaire, à partir de la face extérieure jusqu’à l’intérieur. Ils sont disposées en couches arquées et parallèles, qui sont très serrées et forment le tissu de l’expansion, en sorte que ces couches concentriques, formées de petits grains, se voient très distinctement sur le bord cassé du spongiaire. Les enfoncements entre les plis sont superficiels et ne forment pas de pores. La face intérieure ne montre pas les rangées de plis, mais est plutôt raboteuse et marquée d’enfoncements plus grands que la face extérieure.
- Le bord n’est pas complet, et il n’est pas certain qu’il était crénelé comme chez le Cupulisp. rimosa de l'Allemagne, lequel ne paraît pas avoir la structure à couches concentriques du spongiaire de Koursk; les plis aussi ne sont pas interrompus et les intervalles ne sont pas marqués de petits enfoncements, comme sur l'individu de Koursk.
Notre fragment a une largeur de 1 p. 91. et une hauteur pareïlle; il a 31. d'épaisseur et mérite de former un genre particulier, caractérisé par les couches demi-circulaires et parallèles de sa masse compacte et siliceuse.
Genre XXI, Amorphospongia d'Ors.
Le spongiaire est polymorphe, rameux, tuberculeux, à tissu vermiculé et poreux; il n’est jamais en gobelet, ni en expansion droite. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 43. Amorph. ramosa Manr. sp.
Geology of Sussex. London 1822, p. 162. PI. XV, fig. 11. Millepora cervicornis Puscu, Polens Palaeont. p. 7. PI. IT, fig. 4 et Munon digitatum, Puscn, |. c. fig. 5.
Le spongiaire, grand et rameux, se bifurque en rameaux garnis de pores rapprochés, arrondis et entiers.
Hab. dans la craie marneuse chloritée du bord de la Vistule près de Kazimirz, où cette espèce forme de grands récifs.
Le spongiaire cylindrique a 5 p. de long et 9 L. de large; il s'élève tout droit vers le haut, en se bifurquant. Les extrémités des rameaux sont arrondies et obtuses; c’est ce qu’on observe très bien sur les jeunes individus, que M. Puscx à nommés Manon digitatum.
Esp. 44. Amorphosp. sanguisuga Mrox.
PI. VIL, fig. 1 à grand. nat.; b grossi.
Iconogr. zoophyt. I. c. PI. VIL fig. 4.
Le spongiaire est en expansion tuberculée; les tubercules sont plus ou moins saillants, arrondis et portent, comme l'expansion elle-même, de nombreux pores, dont les intervalles sont finement granulés.
Hab. dans le terrain néocomien de Badrak en Crimée, ainsi que dans le grès vert inférieur du département de Vaucluse.
Le spongiaire en expansion irrégulière est comprimé, à tige courte et à plusieurs protubérances peu saiïllantes, arrondies et obtuses; la sur-
‘face est couverte de pores arrondis, dont les intervalles, plus étroits que
les pores, sont granulés.
La largeur du spongiaire dépasse un pouce et sa hauteur égale presque sa largeur.
Famille sixième.
Sparsispongidées.
Les spongiaires sont cylindriques, sphériques ou hémisphériques, à surface poreuse et pourvue d’oscules superficiels étoilés, tantôt simples, tantôt groupés irrégulièrement sur un seul individu; le tissu est vermiculé.
Genre XXII. Stellispongia d'Ors.
Le spongiaire sphérique ou hémisphérique est fixé à une large base et pourvu de pores nombreux et d’une ou plusieurs étoiles, au milieu desquels se voit l’oscule. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé,.
Esp. 45. Stellisp. Rotula GoLpr. sp.
PI. IX, fg. 3 a b gr. nat.; c grossi.
Cnemidium Rotula Petref. Germ. I. c. PI. VL fig. 6. Stellispongia Rotula d’Ors., Prodrome de Paléont. L. c. I, p. 391.
Le petit spongiaire hémisphérique est poreux, à oscule du sommet pourvu de sillons rayonnés en étoile.
Hab. dans le terrain jurassique près de Katarasse en Crimée.
Le spongiaire, fixé sur un Protoseris Waltoni, a 21h L. de large; il n’a que 11} L. de haut.
Je dois, à la fin des Spongiaires, faire encore mention d’un genre ambigu, du Clione Grant, qui à une structure particulière, différente de celle de tous les genres décrits ci-dessus.
Genre XXIII. Clione GRANT.
Vioa Nardo. Entobia Bronx.
Le spongiaire est composé de loges ou cavités intérieures formant un corps plus ou moins arrondi ou anguleux, à plusieurs rayons très minces et courts, qui passent d’un individu aux autres et constituent par là des groupes nombreux; une petite protubérance se voit au milieu de la surface et paraît indiquer un rayon brisé. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 46. Clione Conybearii More.
PI. XIV, fig. 26. grand. nat.
Astropolia Brakiana Zborzewski, Bull. de la Soc, des Natur. de Mosc. 1834, p. 250. PI VIII.
De petits globes déprimés sont réunis entre eux par 6 à 8 filaments tubuleux et forment, sur un même niveau, des groupes attachés à la surface de plusieurs coquilles; une protubérance en forme d’une petite nodosité occupe le milieu des globes.
Hab. dans le terrain crétacé de Sapanow en Volhynie.
Le petit corps plat et arrondi a 2 lignes de large et ressemble presque entièrement au Clione de la craie blanche de Kent, excepté que les rayons ou filaments communiquants de celui-ci sont plus délicats et plus nombreux.
La figure de PAstrophia Bradkiana Zborz. diffère un peu de mon échantillon de Sapanow; elle a les tubes communiquants encore plus épais, et d’autres tubes très grêles disposés en 2 rangées autour de la
protubérance médiane ; si le dessin est conforme à la nature, ce serait là une espèce distincte.
Les petits spongiaires de ce genre vivent encore dans les mers actuelles et percent les coquilles ou même des roches calcaires; M. BLAmNvILLE y à fondé un genre particulier, le Calcispongia, et M. Hancock un autre genre, le Thoosa; ce dernier contient dans l’intérieur de petits corps cristallins siliceux, tandis que le Clione présente des spicules siliceuses dans une masse molle et transparente.
Ordre deuxième.
Coraux (Coralluria).
Les caractères généraux des Coraux étant exposés déjà dans l'ancienne période, vol. I, pag. 419, nous pouvons les omettre ici d'autant plus que nous suivons aussi dans lexposition des Coraux de la Période moyenne l’arrangement donné par MM. Mrixe Enwarps et Harme.
Subordo I. Anthozoa aporosa M. Epw., Harme.
Le polypier se compose d’un sclérenchyme dermique lamelleux à appareil septal très développé, les lamelles verticales ou septales sont très complètes et forment primitivement 6 systèmes ou un nombre double, voy. pag. 439.
Famille première.
Turbinolidées.
Le polypier est simple, la multiplication se fait par des bourgeons ou gemmes latérales; mais elle n’est jamais fissipare. Les loges inter- Septales vont depuis le sommet jusqu’au fond de la cavité viscérale, qui est dépourvue de diaphragmes quelconques. Les parois sont minces, lamellaires, imperforées; les lamelles septales rayonnées sont très développées, simples, compactes, granulées des deux côtés. Les côtes, nettement accusées, sont droites. +
Sous-famille première.
Turbinolinées.
Calice absolument dépourvu de palissades,
Genre XXIV. Smilotrochus M. Epw., H4me.
Le polypier est simple, droit, obconique, ou en massue, libre ou
enfoncé à la base, où il se trouve attaché. Le calice est elliptique ou Eichwald, Lethaea rossica. Il. 8
presque circulaire. La columelle manque. Les lamelles septales sont droites, légèrement granulées, à peine saïllantes. La paroï est pourvue de côtes simples, droites, granuléés, très distinctes à partir de la base jusqu’au sommet. Ce genre se trouve dans le grès vert.
Esp. 47. Smilotr. striatus m.
PI. VIL fig. 8 en grand. nat., la base tournée vers le haut.
Polyparium obconicum, costatum, costis crassioribus basi perquam conspicuis interque eas striis Longitudinalibus obviis, basi rotundata, fo-. veola pro stirpe figenda instructa.
Hab. dans le terrain néocomien de Biassala en Crimée.
Le polypier simple est obconique, à base arrondie, pourvue de côtes épaisses et de stries fines dans les interstices; au milieu de la base on remarque un enfoncement, qui semble destiné à servir de point d’attache au polypier. La fig. 8 de la PI. VIT montre la base tournée vers le haut. Le calice n’a pas encore été trouvé; les lamelles rayonnées étaient nombreuses et formaient une étoile plutôt ronde qu’elliptique. La columelle manque tout à fait.
Le polypier à 8 1. de large, sa longueur n’est pas connue.
Sousfamille deuxième.
Cyathininées.
Le calice’est pourvu d’une ou de plusieurs rangées de palissades, disposées entre la columelle et les lamelles rayonnées.
Genre XXV. Bathycyathus M. EDw., Has.
Le polypier obconique, cylindrique, simple, légèrement comprimé, est libre ou fixé; il est entouré d’une épithèque; Le calice est très grand et profond, la columelle à peine développée, et les cloisons sont très saïllantes, droites, nombreuses; le dernier rang des cloisons est plus développé que les précédents; les cloisons et les côtes, épaisses ou minces et très rapprochées, sont finement granulées et saïllantes au bord supérieur du calice. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé et peut-être aussi dans le jurassique.
Esp. 48. Bathyc. tauricus m.
PI. IX, fig. 8 grand. nat.
Polyparium magnum simplex, obconicum, superne dilatatum, tumidum costatumque, costis granosis majoribus et crassioribus cum minoribus et tenuioribus alternis; basi attenuata laevi.
Hab. dans le terrain jurassique corallien de la vallée de Soudagh en Crimée.
Le polypier simple, obconique et très court, a la base fortement rétrécie et comprimée, le calice élargi, elliptique, à columelle indistincte et à lamelles septales droites, épaisses près de la cavité, légèrement infléchies et plus minces vers le bord extérieur. Elles y forment six groupes. Le polypier a 1!}2 pouce de haut, la base en est incomplète. Il a près du sommet une largeur de 2 pouces 4 lignes dans une direction, et de 1 p. 1 1. dans l’autre. Les lamelles ont plus de 1 ligne d'épaisseur, surtout celles du premier cycle, qui descendent vers la base en s’infléchissant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Les lamelles du second cycle ne sont pas aussi longues, mais également courbées; celles du troisième sont encore plus courtes; enfin celles du quatrième sont Les plus courtes.
Les côtes sont d'épaisseur différente, de larges alternent avec d’étroites et laissent de profonds sillons entre elles; les unes et les autres sont granulées sur la crête ou au milieu de leur face tranchante. Leurs côtés sont parcourus de stries fines, très rapprochées et plus distinctes sur Les côtes épaisses, qui sont également en saillie sur le bord supérieur du calice. De là les côtes se dirigent en lamelles rayonnées et granulées vers le centre du calice. La base de la tige est lisse, et celle-ci est un peu rapprochée d’un côté du polypier, et non symétriquement placée dans son milieu.
Cette espèce diffère du Bathycyathus Sowerbyi M. Epw., Haime *, du gault d'Angleterre, par sa grandeur double, par les côtes granulées et ne descendant pas jusqu’à la base extrême; chez celui-ci les côtes sont presque toutes d’égale épaisseur. Le calice des deux espèces est cependant également elliptique et le centre allongé et vide passe d’un côté du calice à l’autre comme une large cavité, remplie de roche calcaire, ce qui empêche de bien reconnaître la conformation du centre.
Genre XXVI. Trochocyathus M. Epw. et Hume.
Le polypier simple a la tige attachée ou libre à l’âge adulte. Calice à cavité viscérale large et peu profonde; columelle bien développée et composée de pieux prismatiques ou formée d’une spirale. Les palissades aussi sont très développées, entières, mais inégales, à l'instar des lamelles rayonnées, devant lesquelles elles sont placées; les lamelles sont saillantes, larges, épaisses et striées des deux côtés, et forment quatre ou
* Corals from the gault L. c. PI. XI, fig. 2.
six cycles. Les côtes sont souvent munies de spicules. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.
Esp. 49. Trochocyath. conulus Paz. sp.
M. Epwarps et Haïmg, L. c. Corals from the gault p. 63. PI. XI, fig. 5. Turbinolia sp. Pacur, Recherches géolog. de Tambow, voy. Mém. de la Soc. géogr. de St. Pétersb. 1856, vol. XL, p. 137. PI. VI, fig. 5 (en russe).
Polypier obconique, droit, rétréci ça et là; les 40 à 45 côtes sont réunies par paires et séparées par des sillons profonds et larges, et couvertes de petites granulations. s
Hab. dans une argile siliceuse néocomienne près d’un village au bord du Stemassou dans le gouvernement de Tambow.
La surface est couverte d’une épithèque très incomplète; les côtes sont granulées et très rapprochées, mais peu saillantes et marquées de profonds anneaux d’accroissement.
Notre fragment à 6 lignes de haut et 41. de large près du sommet.
Une autre espèce, le Trochocyathus multistriatus Mrcxe. sp. *, se trouve dans le terrain nummulitique de Koulpi en Arménie.
Genre XXVII. Paracyathus M. Epw., H4ause.
Le polypier simple, obconique, est pourvu d’une mince épithèque et . attaché par une base peu épaisse; le calice est formé d’une fossette large et fort peu profonde; la columelle large est munie de papilles, formées par le bord intérieur des lamelles septales. Les palissades sont lobées à leur bord supérieur, très rapprochées, et deviennent plus petites à mesure qu’elles s’approchent de la columelle. Les lamelles sont presque égales, faiblement saïllantes et très rapprochées, fortement granulées des deux côtés et offrent quelques traces de diaphragmes imparfaits; il y en a de 4 ou 5 cycles, les systèmes sont également développés. Les côtes sont presque égales, droites, très rapprochées, peu saïllantes et légèrement granulées. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, tertiaire et vit encore dans la Méditerranée.
Esp. 50. Paracyath. denudatus ».
PI. XI, fig. 11. a grand. nat.; b calice grossi.
Polyparium obconicum, elongatum, epitheca tenui et irregulariter ac transversim rugosa contectum, ipsa stirpe sub epitheca longitudinaliter
* Micmeuin, Iconogr. zoophytol. I. c. p. 209. PI. 61, fig. 8. voy. Agicn, Vergl. Geogn. des Caucasus, Mém. de l’Acad. des Scienc. de St. Pétersb. 1858, p. 70.
costato-striata, costis granulosis, calyce acute marginato, septisque numerosis superne lobato-denticulatis ac latere septorum utroque dissepimentis instructo, palis exterioribus prominulis, interioribus cum columella pa-
pillosa connexis.
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage corallien de Tschorgono
en Crimée.
Le polypier obconique est couvert d’une épaisse épithèque à nombreux bourrelets concentriques, séparés par des rides concentriques; les côtes granulées en stries sous l’épithèque sont minces et très rapprochées. Le calice se compose de 5 cycles de lamelles, dont les deux côtés sont munis de granulations en forme de diaphragmes et dont le bord supérieur est lobé ou denticulé. Les palissades sont nombreuses, les extérieures saillantes, les intérieures basses et rapprochées de la columelle simple, placée dans un enfoncement central. Le bord du calice ovalaire est tran- . chant et les lamelles sont plutôt enfoncées que saillantes.
Ce polypier a 3 p. de long et 8 I. de large en haut au plus grand diamètre, et 6 L. au plus petit; il a 4 1. de large en bas au plus grand diamètre, eb un peu moins au plus petit.
Famille deuxième.
Oculinidées.
Le polypier composé gemmifère présente en général un coenenchyme abondant et compacte, dont la surface est lisse, finement striée et les calices faiblement granulés. Les paroïs sont entières, non différentes du coenenchyme, et la cavité viscérale se remplit peu-à-peu du bas vers le haut par l'accroissement des parois. Les loges sont divisées imparfaitement par quelques diaphragmes, qui ne sont pas de vrais synapticules. Les lamelles sont entières ou légèrement divisées au bord supérieur.
Genre XXVIII Synhelia M. EDw., Harwe.
Le polypier dendroïde, rameux, offre une gemmation irrégulière; les calices sont superficiels, les lamelles à peine saillantes et réunies par quelques diaphragmes. La columelle est styliforme, compacté en petit tubercule. Les palissades sont rudimentaires. Ce genre se trouve dans
le terrain crétacé, et, à ce qu’il paraît, aussi dans le jurassique.
Esp. 51. Synhel. approximata m.
PI. IX, fig. 11. a grand. nat.; b grossi. = Astraea approximata m., Géognosie de la Russie (en langue russe) p. 492. Polyparium cylindraceum, inflexum, ramosum, gemmas plures et
ramos proferens exiguorum instar tuberculorum; superficies polyparii calycibus majoribus contecta, verticalibus lamellis singulorum calycum secum invicem ita confluentibus, ut nulla inter eos libera remaneant interstitia.
Hab. dans le terrain jurassique de Soudagh et de Katarasse en Crimée.
Le polypier cylindrique, infléchi, dendroïde, à des branches latérales complètes ou en simples tubercules, la surface couverte de calices granûs et rapprochés. Les lamelles sont allongées, ondulées, granulées, de plus longues alternent avec de plus courtes, en sorte qu’elles forment quatre cycles. Les lamelles d’un calice passent aux lamelles d’un autre et se réunissent les unes aux autres, sans laïsser d’espace libre entre les calices. Le milieu des calices est occupé par une columelle en tubercule et par quelques autres tubercules entourant la columelle et qui semblent présenter des palissades. Celles-ci se réunissent souvent aux lamelles et ne forment avec elles qu’une masse compacte, à laquelle adhère même la columelle,
Notre fragment n’a que 1 p. 81. de long; son épaisseur est à peine de 6 L Cette espèce est rameuse, les rameaux sont courts ou simulent des tubercules, qui poussent au sommet du cylindre à coenenchyme compacte; elle diffère du Synhelia Sharpeana M. Enw., Hame *, de la craie inférieure de l'Angleterre, par les interstices calicinaux occupés par les lamelles septales allongées du calice, tandis que les interstices sont libres ou dépourvus de lamelles dans le Synhel. Sharpeana.
Genre XXXIX. Enallohelia d'Ors.
Le polypier dendroïde a les rameaux superposés en rangées verticales opposées ou alternes, les calices sont arrondis à l’extrémité des rameaux; la surface est parcourue de stries longitudinales épaisses; les lamelles sont inégales, entières et à peine saillantes, la columelle est rudimentaire. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, corallien et dans le crétacé inférieur.
d Esp. 52. Enallohel. anceps m.
PI. XI, fig. 12. a b grand. nat.
Polyparium erectum, cylindraceum, superiora versus bifidum, propter gemmam ad latus dextrum exortam, ejusdem fere cum stirpe crassitiel; stirpe dein non ad sinistrum latus, sed antice 1. e. sub recto angulo gemmigera; gemmis recte adscendentibus ac remotis, radiis striatis.
* M. Epw., Han I, c. Corals from the upper chalk PI. IX, fig. 3.
Hab.dans un calcaire jurassique corallien près de Soudagh en Crimée.
Le polypier cylindrique, droit, est comme bifide, par suite de la gemmation; une gemme très grande prend naissance du côté droit de la tige et ne tarde pas à prendre l’épaisseur et la forme de la tige mère; les autres gemmes ne se développent pas du côté gauche de la tige, mais toujours à sa face antérieure, c’est-à-dire sous un angle droit avec la gemme du côté droit. Les gemmes en général sont superposées les unes aux autres et forment des rangées verticales, qui ne sont pas opposées, mais alternes, et dont les gemmes très longues ont une direction verticale plutôt qu'horizontale, tandis que les gemmes très courtes de l'Enallohelia compressa Gozpr. sp. * s’infléchissent vers le bas à la tige
aussitôt après leur naissance. La tige est striée grossièrement, à stries
longitudinales qui forment des côtes granulées et s’infléchissent légèrement à l'extérieur, en gardant une égale grosseur dans tout leur parcours. Les calices sont toujours comprimés, presque jamais circulaires; ils sont souvent confluents, surtout les longs calices à leur origine; ou bien ils sont fortement rapprochés, d’où la tige semble être bifide, tandis que l'E. compressa présente plutôt des calices courts en rangées opposées et des rameaux distincts, que je ne vois pas sur l'E, anceps.
L'échantillon dessiné a 2 p. 41 de long; il a 3 1. d'épaisseur à l’endroït où il est cylindrique et dépourvu d’une gemme quelconque; il devient de plus en plus large au point où la gemmation commence; les gemmes sont espacées de 7 à 11 lignes, tandis qu’elles sont très rapprochées chez l'E. compressa; les lamelles rayonnées sont nombreuses,
mais indistinctes et difficiles à compter.
M. Mrouezn a décrit un Lithodendron funiculus ** du calcaire corallien de St. Mihiel, département de la Meuse, que MM. M. Epwarps et Harme rangent dans les Cladophyllia, en sorte que je n’ose pas le réunir à l'Enallohelia anceps, auquel il ressemble le plus par sa bifurcation sous un angle aigu et par les côtes minces obliques. Ce sont ces côtes obliques qui le distinguent du Cladophyllia, car celui-ci présente des côtes droites et plus espacées; les deux branches de la tige, après leur bifurcation, sont égales en largeur, et non inégales comme chez le Enallohelia, où l’une est toujours plus épaisse et l’autre plus mince. Les calices sont en outre toujours fortement comprimés chez lEnallohelia, tandis qu'ils sont circulaires chez le Cladophyllia et
* Brown, Leth. geogn. Jura, p. 98. PI. XV, fig, 6. Dlc pp 995 2BI M9 fi 17
le Rhabdophyllia Phillipsii M. Epw., Hamme *, du coral-rag, qui se bifurque également par scission des gemmes sous un angle fort aigu, et offre les deux branches de la tige entièrement égales en épaisseur après leur développement complet. Les côtes très obliques de l’'Enallohelia caractérisent le plus ce genre et le distinguent des autres.
Famille troisième.
Astréidées.
Le polypier composé ou simple a les parois imperforées et sa multiplication est souvent fissipare; les cellules ou polypites deviennent plus longs par l’accroissement ultérieur, et chaque individu reste toujours parfaitement séparé des autres. Le coenenchyme n'existe pas, ou se forme par le développement des côtes ou de leurs diaphragmes, ou même par le tissu épithécal seul, sans constituer une masse compacte, comme chez le Oculinidées. La loge viscérale n’est jamais oblitérée en bas par l’accroissement des parois, mais divisée et plus ou moins fermée par les diaphragmes interseptaux très nombreux. Les synapticules font entièrement défaut.
Sous-famille I.
Eusmilinées.
Les lamelles rayonnées sont parfaitement développées et entières,
leur bord supérieur n'étant ni lobé, ni denté. Les côtes sont souvent armées, la columelle compacte ou styliforme.
*) Eusmilinées proprement dites.
Le polypier est simple ou composé, et dans ce cas il est formé de cellules (polypites) dendroïdes ou en faisceaux et disposées en lignes; les calices ne sont jamais réunis, et la multiplication se fait par fissiparité.
Genre XXX. Parasmilia M. Enw., H4us.
Le polypier est simple, obconique, à tige allongée, fixée au moins au jeune âge; la surface porte les traces d’un accroissement intermittent, Les côtes sont simples, légèrement ramifieés et plus distinctes vers Le calice qu’à la base. Le calice est presque circulaire, la fossette peu profonde, la columelle spongieuse, les lamelles sont saïllantes, leurs deux côtés granulés et leur bord supérieur légèrement arqué. Les diaphragmes
lc prorMPIEXV Mig:
ne se trouvent que vers la base du polypier. Les parois sont couvertes d’une épithèque rudimentaire ou en sont dépourvues. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 53. Parasm. corniculum ».
PI. XI, fig. 8. a grand. nat.; b calice grossi.
Polyparium obconicum, basi repente attenuatum et inflexum apiceque baseos libero instructum, epitheca basin contegente costisque superis aequalibus dissepimenta inter se excipientibus supraque marginem calycis exsertis inque laminas verticales excurrentibus; columella De exigua.
Hab. dans le grès vert de Badrak en Crimée.
Le polypier obconique est brusquement rétréci vers la base infléchie fort aiguë, en sorte qu’il a dû être libre; la base est couverte d’une épithèque délicate, qui laisse à peine voir à travers les côtes très fines, égales et lisses. Elles sont réunies dans le haut par des diaphragmes nombreux, qui semblent passer même au-dessus des côtes et se réunir en bourrelets transversaux, dont on voit plusieurs rangées, surtout près du calice. La dernière rangée est la plus épaisse, et c’est au-delà de celle-ci que les lamelles rayonnées font une saillie très distincte, par laquelle le P. corniculum diffère du Parasm. Fittoni. Celui-ci a la columelle très large, tandis qu’elle est petite dans le P. corniculum et se compose de quelques papilles comprimées.
Les lamelles forment quatre cycles, séparés les uns des autres par de profondes fossettes. Les lamelles s'élèvent en arc vers la columelle, ‘ et sont séparées de cette dernière par une petite fossette ou enfoncement, qui entoure la columelle. Les lamelles du premier cycle sont d’égale longueur avec celles du second, mais les premières s'élèvent plus haut au bord du calice que les secondes. |
La forme du polypier en général ressemble à une petite corne de boeuf; il est très court et fort large à sa base; c’est par là que le P. corniculum diffère du Parasm. Fittoni, qui est plus allongé, presque en cylindre et dont les côtes sont distinctement granulées, tandis qu’elles sont lisses dans le P. corniculum. Sa hauteur est de 9 lignes, la largeur du calice circulaire de 71/2 1.; la pointe de la base n’a que lb ligne d'épaisseur, et n’est pas attachée.
Genre XXXI. Coelosmilia M. EDw., HAE.
Le polypier simple et subturbiné est fixé à une base fort étroite; une épithèque rudimentaire recouvre les côtes granulées et séparées par
un accroissement intermittent; le calice circulaire, à fossette profonde, est pourvu de lamelles largement échancrées et plus hautes vers Le centre, qui est dépourvu de toute columelle. Les deux côtés de lamelles sont légèrement granulés. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 54. Coelosm. aurora ».
PI. XI, fig. 10. a grand, nat.; b grossi.
Turbinolia aurora Géogn. de Russie p. 510.
Polyparium subturbinatum, basi angusta inflexum fixumque, tenui epitheca baseos superne nulla, costis granosis strias tenuissimas longitudinales excipientibus et supra marginem calycis prominulis, lamellis verticalibus, majoribus alternis cum minoribus illisque ad centrum cavum inflexis.
Hab. dans la craie blanche de Simbirsk.
Le polypier s’élargit rapidement vers le calice, qui est pourvu d’un bord tranchant, à côtes légèrement saillantes. Les côtes prennent naissance à la base étroite et comprimée, s’élèvent jusqu’au bord supérieur et sont granulées; d’autres côtes, finement granulées, occupent les interstices des côtes en stries très délicates. Le calice est très profond, comme il ne l’est pas d'habitude chez le Coenosmilia, et le centre est une petite fossette, dépourvue de columelle, Les lamelles sont minces, munies des deux côtés de quelques granulations très fines et espacées; le bord intérieur des lamelles est haut et légèrement contourné, caractère tout particulier de cette espèce.
Le polypier à 10 1. de haut, et 9 1. de large au bord supérieur du calice. Les traces d’accroissement sont peu marquées. La base comprimée est enfoncée, preuve qu’elle était attachée; elle à 1 L. de large.
Il me semble que c’est aussi le Turbinolia centralis (Manr.) d’'Ors., Paléont. de la Russie 1. c. pag. 497, PL 43, fig 34, qui n’est pas le Turb. centralis ManT. Celui-ci est le Parasmilia centralis M. Eow., Hamme *, qui est plus allongé, cylindrique, courbé en différents sens, et rétréci en plusieurs endroits; le calice a une cavité peu profonde, jamais cependant aussi profonde que celle du Coelosm. aurora.
Genre XXXII. Thecosmilia M. EDw., HAIME.
Le polypier est composé, fasciculé, à multiplication bifide ou trifide et à lamelles rayonnées très rapprochées, à peine saillantes et fortement granulées; les diaphragmes sont nombreux, et la columelle manque entiè-
* ]. c,. Corals of the upper chalk PI. VIIL, fig. 1.
rement. Les paroïs sont couvertes d’une épithèque épaisse, qui remonte jusqu’au bord du calice. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire.
Esp. 55. Thecosm.annularis M. Epw., Harwe, Le. p. 84. PI. XII fig. 1. PI. XIV, fig. 1.
Lobophyllia trichotoma MCoy, Annals and Magaz. of nat. hist. vol. X, p.271.
Le polypier est fasciculé; les calices se divisent en 2 ou 3 cellules, dont l’une se réfléchit brusquement et reste courte, tandis que l’autre devient de plus en plus longue; les calices sont placés de la sorte à un niveau différent, très convexe. L’épithèque est fortement développée.
Hab. dans le terrain jurassique corallien de Simphéropole, de Soudagh et de Tschorgono en Crimée.
Le polypier est entouré de plis ou anneaux concentriques très nombreux, et d’une épithèque épaisse; les lamelles sont denticulées ou plutôt granulées au bord supérieur et des deux côtés. -
Le polypier jeune est simple; il est légèrement courbé ou droit; il est fissipare; adulte, il devient rameux, en sorte qu’il atteint une hauteur de 8 pouces, comme cela se voit dans les individus de Tschorgono.
Esp. 56. Thecosm.horrida #».
PI. XIE, fig. 1. a vu d’en haut ; b vu de côté; c lamelles grossies, vues d’en haut.
Polyparium fasciculatum, singulis cellulis bifidis, dividuis, majoribus compressis Cum minoribus unam massam compactam componentibus, lamellis singulis grosse granulosis.
Hab. dans le calcaire jurassique corallien de la vallée de Soudagh en Crimée.
Le polypier composé forme un faisceau de nombreuses cellules bifides, dont les plus grandes sont comprimées, elliptiques et prêtes à se diviser; les plus petites sont arrondies, circulaires et distribuées sans ordre entre les plus grandes; toutes Les cellules sont réunies entre elles, et forment un niveau peu convexe. La surface des cellules est parcourue transversalement des rides très grosses de l’épithèque. Si celle-ci manque, les côtes longitudinales granulées apparaissent, réunies par des diaphragmes.
Les lamelles portent également à leur bord supérieur des granulations souvent épaisses et inégales; il s’en développe une surface raboteuse (v. fig. 1 a et c.).
Le polypier à 3 p. 3 1. de haut et 5 p. de large dans une direction, et 3 p. 8 L. dans l’autre.
Cette espèce ressemble beaucoup au Thecosm. gregaria M. Epw., Hamme *, du terrain jurassique de l’Angleterre, mais elle diffère de ce dernier par ce que les cellules sont réunies en une masse compacte, et non séparées par paires, comme chez le Thecosm. gregaria, dont les cellules à longue tige bifide s’élèvent à différentes hauteurs, de même que chez le Thecosm.annularis.
Les bords supérieurs des lamelles rayonnées du Thecosm. horrida sont granulés, tuberculés et même hérissés de granulations épineuses très nombreuses, tandis qu’ils sont plutôt lisses dans les deux autres espèces. L’épithèque ridée est également hérissée de nombreux tubercules.
Genre XXXIII. Montlivaltia Lau.
Le polypier simple, pédonculé et fixé, à les lamelles rayonnées fortement saillantes, très nombreuses et rapprochées; elles forment 12 ou un plus grand nombre de cycles. La columelle manque. La paroi est couverte d’une épithèque très développée et ridée transversalement. L’accroissement est continuel, non intermittent. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique, crétacé et tertiaire,
Esp. 57. Montliv. trochoides M. Enw., Harme.
1 c. p. 129. PI. XXVL fig. 2—4. PI XXVIL fig. 2 et 4.
Polypier simple, turbiné, à base obtuse, légèrement infléchie; l’épithèque grossièrement ridée recouvre tout le polypier et ne laisse libre que son bord supérieur, au-dessus duquel les lamelles rayonnées s’élèvent et forment une saillie très haute et obtuse. La fossette au milieu du calice est peu profonde et les lamelles se continuent jusqu’au centre.
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage corallien aux environs de Katarasse, de Soudagh et de Tschorgono et même au Tschadirdagh ** en Crimée.
Cette espèce se distingue d’abord par ce que le bord supérieur du calice est toujours obtus, jamais tranchant, comme chez le Montl. acute marginata, ensuite par ce que la fossette est peu profonde, et le polypier droit, à tige quelquefois subitement rétrécie; notre échantillon paraît être gemmipare.
Le polypier à 1 p. 9 1. de haut et 1 p. 3 1. de large au bord supérieur.
# ].c. Corals from the inferior oolite p. 135. PI. 28, fig. 1. *#* Baizv, Quarterly journ. of the geolog. Soc. of London 1857, p. 135.
Esp. 58. Montliv. acute-marginata m.
PI. XI, fig. 7. a vu d’en haut; b vu de côté.
Polyparium obconicum, inflexum inque brevem basin acutam excurrens, margine calycis lamelloso-exaltato scindente, cavitate viscerali profunda. ,
Hab. dans le calcaire jurassique de l’étage corallien près de Soudagh en Crimée.
Le polypier obconique est légèrement infléchi, à base pointue, couvert d’une épaisse épithèque et pourvu d’un bord lamelleux du calice très saillant et tranchant; la cavité viscérale est très profonde et les lamelles sont fort nombreuses, inégales et légèrement granulées; elles se continuent jusqu’au centre très profond.
Le polypier est légèrement comprimé, le calice devient par là un peu plus large entre les deux côtés qu’en arrière vers le devant, où son diamètre a 1 p. 1 L., tandis que son diamètre entre les deux côtés est de 1 p. 3 lignes. Le bord postérieur du calice s’élève plus haut que l’antérieur. Le bord forme en général une saillie tranchante de 3 lignes au- . dessus de lépithèque, qui est fort épaisse et pourvue de nombreuses rides transversales.
Le polypier a 1 p. 8 L. de haut au bord postérieur; mesuré au-dessus du bord antérieur, il n’a que 11 I. de haut.
Esp. 59. Montliv. cupuliformis M. Epw., Harme. 1. c. p. 132. PI. XXVIL, fig. 1.
Le polypier cylindrique est droit et contracté près du calice et plus bas en plusieurs endroits; il est attaché par une large base et couvert d’une épithèque fortement ridée transversalement.
Hab. dans le calcaire jurassique corallien de Tschorgono et de Soudagh en Crimée.
L'épithèque recouvre le polypier jusqu’au bord du calice; le sommet de celui-ci est presque horizontal, et l’enfoncement central très petit, mais nettement distinct.
Le polypier a 1 p. de haut et 9 IL. de large.
L’individu de Tschorgono n’est connu qu’en un fragment à bord supérieur bien conservé; sa largeur est considérable; il à 1 p. 1 L. de large au calice, qui est pourvu d’un enfoncement central superficiel; le polypier est fortement contracté au-dessus du bord supérieur.
Esp. 60. Montliv. de la Bechei, M. Enw., Harwe. L c. p. 132. PI. XXVI, fig. 5—6.
Le polypier est discoïdal, à lamelles finement granulées, très nombreuses, à fossette centrale très petite et circulaire; la face inférieure est faiblement concave ou convexe; il est attaché par une tige courte. L’épithèque distincte est marquée de plis concentriques.
Hab. dans un calcaire jurassique inférieur entre Souya et Soudagh en Crimée.
Le polypier a la surface légèrement convexe, le bord obtus; les lamelles rayonnées sont très fines; celles du premier ordre sont constamment simples, celles du second et du troisième ordre sont souvent confluentes et comme bifurquées.
L’échantillon de Soudagh à 11 1. de large au bord du calice et 6 I. de haut, longueur remarquable, parceque la surface est convexe et que la base se prolonge en tige pour se fixer; la face inférieure est rayonnée, parcourue de stries très fines et couvertes de plis transversaux concentriques.
Esp. 61. Montliv. plana #».
PI. XI, fig. 6. a calice, vu d’en haut, gr. nat.; b vu de côté.
Polyparium planum, calyce subconcavo, fossula centrali nulla, lamellis radiantibus ad latus leniter contortis eam adimplentibus, granosis, crassioribus cum tenuioribus alternis; tales radïi, inferiorem etiam paginam convexam occupantes, in stirpem excurrunt fixam; epitheca nulla.
Hab. dans le calcaire jurassique inférieur de Soudagh.
Le polypier très plat a la surface du calice enfoncée, légèrement convexe et les lamelles rayonnées très nombreuses et rapprochées; elles ne sont pas absolument droïtes, mais contournées d’un côté et vers le centre, où elles se réunissent, en sorte que la fossette centrale disparaît entièrement. Les lamelles du premier ordre sont plus épaisses que celles du second et du troisième. De semblables lamelles d'épaisseur inégale occupent aussi la face inférieure légèrement convexe et portant au milieu une courte tige pour se fixer. Le bord du calice est tranchant; le calice a 11 1. de large au grand diamètre et 9 L. au petit. La tige est quelquefois plus épaisse et plus longue, et l'individu prend par là une forme plus conique.
Esp. 62. Montliv. rosula m.
PI. XL, fig. 4 a vu d’en haut: b vu de côté, en gr. nat.
Polyparium obconicum, depressum, superficie calycis concava, facie inferiore convexa in stipitem crassiusculum excurrente, laminis radiantibus
crassioribus, laeviusculis, distantibus, subaequalibus et subtiliter granosis, cyclis earum indistinctis; similes costae granosae in inferiore pagina obviae.
Hab. dans le calcaire jurassique supérieur de Mangoupe.
Le polypier obconique est fortement déprimé, à surface du calice légèrement concave, et à face inférieure prolongée en une tige courte et épaisse, pour se fixer. Le bord du calice est parfaitement circulaire ; les lamelles rayonnées sont légèrement saïllantes et espacées; elles sont toutes d'égale épaisseur et presque d’égale longueur, et se réunissent au centre, qui est légèrement enfoncé; leur surface est très finement granulée et les interstices pourvus de diaphragmes nombreux. Le bord du calice est lisse et dépourvu d’épithèque, mais les côtés portent ça et là une épaisse épithèque.
L’individu le plus grand est conservé au Musée de l’Institut des mines de St. Pétershbourg; le petit a 9 lignes de long et 1 p. 5 L de large, mesuré au bord du calice; l’échantillon le plus grand a 2 p. de long et 11 1. de large.
La structure du calice diffère de celle des Montlivaltia et je penche à croire que l'espèce figurée devrait être rapportée à un autre genre.
Esp. 63. Montliv. dispar Pau.
M. Eowarps, Harmx, Corals from the coral rag p. 80. PI. XIV, fig. 2. Anthophyllum obconicum Gozpr., Petref. Germ. PI. 37, fig. 14. Thecophyllia arduennensis d'Ors., Prodrome I, p. 384.
Le polypier obconique et allongé présente des traces d’accroissement fort épaisses, entre lesquelles on voit de profonds sillons, Le calice, à cavité peu enfoncée, est légèrement comprimé; les lamelles sont minces, droites et granulées, et formemt 6 cycles complets.
Hab. dans le calcaire jurassique corallien de la vallée de Soudagh.
L'individu conservé au Musée de l'Institut des Mines à 8 p. de long et 1 p. 11 1. de large au bord du calice.
Les lamelles sont légèrement «triées des deux côtés, Les stries se composent de petites granulations. Les stries longitudinales ainsi que les marques d’aceroissement semblent manquer aux individus du coralrag de l'Angleterre.
Genre XXXIV. Barysmilia M. Epw., Hume.
Le polypier composé est fissipare et forme une tige très grosse, sur l'extrémité supérieure de laquelle deux ou plusieurs gemmes sont atta-
chées transversalement; la columelle est nulle ou quelquefois rudimentaire. Les lamelles rayonnées sont très rapprochées, souvent ondulées et sé réunissent au centre. Les parois sont épaisses, dénuées d’épithèque et composées de côtes très fines, presque égales et granulées. Ce genre se trouve dans le terrain crétacé.
Esp. 64. Barysm.undulata ».
PI. XIV, fig. 29. a grand. nat ; b coupe transversale en gr. nat.
Polyparium magnum, cylindraceum, compositum, fissiparum, perquam compressum, à basi ad summitatem usque aequaliter crassum, costis tenuissimis numerosis granulosis, exigua dissepimenta approximata excipientibus.
Hab. dans un calcaire néocomien d’Altschakaya, près de Soudagh en Crimée.
Le polypier est fortement comprimé, élargi et fissipare; les deux gemmes, qui prennent naissance au sommet par fissiparité, restent d’abord réunies au même niveau de la tige et sont disposées transversalement ; ensuite elles prennent une direction divergente. En outre il y a des branches latérales qui semblent s’être développées, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre; car on y voit de profondes fossettes, qui étaient occupées par des branches, tombées ensuite par la fossilisation. Les calices sont assez profonds et garnis de nombreuses lamelles rayonnées, dont celles du premier ordre sont ondulées, plus épaisses que les autres et s'élèvent assez haut; les lamelles, contournées d’un côté ou de l’autre, se réunissent entre elles au centre, sans former une columelle quelconque. Le polypier reste de la même largeur et de la même épaisseur depuis la base jusqu’au sommet, comme chez l’'Eusmilia, qui n’en diffère que par sa columelle lamello-spongieuse. La surface n'offre aucune trace d’épithèque, mais elle est pourvue de nombreuses côtes très rapprochées et délicates ; elles sont légèrement comprimées et pourvues de granulations, qui se continuent des deux côtés en cloisons très rapprochées, et simulent par là la conformation du Barysmilia serrata du néocomien d’Altschakaya, avec lequel cette espèce se trouve réunie dans la même localité. Je lavais considérée antérieurement comme identique avec celui-ci, maïs elle est bifide par fissiparité, et ne montre pas la fausse columelle qui caractérise le Barysmili a serrata, quoique les lamelles de l’un et de l’autre soient ondulées.
Le polypier est toujours fortement comprimé ou même triangulaire en coupe transversale, et présente les côtes inég'ales en épaisseur, c’est-à-
dire des côtes épaisses alternent avec des côtes minces, intercalées et réunies aux premières par les diaphragmes Le polypier est tantôt tout droit, tantôt courbé, comme le Barysmilia serrata, dont les constrictions lui manquent pourtant tout à fait.
Notre fragment\du polypier est très grand; il a 5 p. de longueur et 2 p. 2 L. de largeur au grand diamètre, tandis qu’il n’en à que 11 L. au petit.
M. M. Epwarps dit * qu’il a vu, au musée de Poppelsdorf près de Bonn, un fossile, nommé. par M. Gozpruss Lothodendron dispar, qui n’est pas le Montlivaltia dispar; celui-ci est toujours simple, tandis que celui-là est bifide, caractère bien constant des individus de la Crimée, qui dans ce cas ne présentent pas tout à fait les caractères du genre Barysmilia, dont les gemmes naissent toujours en plusieurs rangées transversales, qui se croisent sous des angles droits.
Le Thecosmilia annularis diffère par son polypier rameux et par ce que la tige n’est pas d’égale largeur en haut et à la base, comme celle du Barysmilia undulata, mais qu’elle se dilate de plus en plus dans le haut et qu’elle devient très large à son point de bifurcation; il a en outre une épithèque distincte, qui n’est souvent indiquée que par les anneaux concentriques espacés du polypier. Le Barysmilia undulata semble conserver les gemmes en calices bien développés, peut-être pendant toute sa vie, ou au moins plus longtemps que l'Eusmilia, qui se rapproche beaucoup de l'espèce de la Crimée.
Esp. 65. Barysmil. serrata m.
PI. IX, fig. 7. a vu de côté; b vu d’en haut, grand. nat.
Polyparium cylindraceum compressum, calyce superne tumido, numerosissimis costis tenuioribus, serratis, fasciculatim junctis inque calycis margine lamellas exstruentibus, visceralem cavitatem coarctantes, ipso centro crispo in alïis passim columellae instar elato.
Hab. dans le même terrain néocomien d’Altschkaya près de Soudagh en Crimée que l’espèce précédente.
Le polypier cylindrique, comprimé et infléchi, est légèrement renflé au bord supérieur et contracté plus bas, en-dessous du sommet; la surface est garnie de côtes minces, portant des granulations élargies et tranchan-
tes, en rangées longitudinales régulières, qui offrent la forme des dents d’une ‘ scie. Les côtes en plusieurs faisceaux forment les lamelles rayonnées, qui
* L c. Corals from the coral rag p. 80.
Eichwald, Lethaea rossica. II. 9
deviennent ondulées près du bord supérieur et vers le milieu du calice et arrivent jusqu’au centre de la cavité. Le bord supérieur du calice compliqué se rétrécit, se resserre, et l'ouverture du calice devient par là très étroite.
Les lamelles, en coupe transversale du calice, sont infléchies en différentes directions, comme ondulées, et dans une variété elles s'élèvent - même quelquefois au centre en une fausse columelle. Les côtes extérieures sont tantôt égales en épaisseur, tantôt d’une épaisseur différente, d’épaisses alternant avec de très minces. Les granulations des côtes se dilatent des deux côtés et viennent se réunir au même niveau.
En outre il y a, de distance à autre, des constrictions, qui distinguent le polypier; elles se forment par l'accroissement continuel du polypier et se présentent quelquefois à une grande distance les unes des autres; d’autres fois elles sont très rapprochées, et toute la surface du polypier devient par là comme treillissée et donne lieu à une variété. Les côtes très minces sont alors presque lisses et réunies par de petits et nombreux diaphragmes, qui semblent produits en partie par des granulations, dont cependant on ne voit plus de traces; ils semblent même remplacer les granulations. Partout les constrictions du Barysmil. serrata lui manquent. Celui-ci, au lieu de diaphragmes extérieurs nombreux, en présente à l’intérieur, car on observe ça et là, entre les lamelles, quelques rares diaphragmes, qui viennent réunir deux lamelles.
Le Barysmil. serrata, tout à fait comprimée, offre dans son plus grand diamètre du sommet 1 p. 3 L. de large, et au plus petit diamètre 10 1. de large; c’est un fragment de 1 p. 9 L. de long (voy. la fig. 7 a).
La variété treiïllissée, moins comprimée et presque cylindrique, presente au grand diamètre du calice la largeur de 1 pouce, et au petit celle de 9 L; le sommet s'élève très haut, et se rétrécit subitement vers la cavité caliculaire fort étroite. Le fragment a 2 p. 10 1. de long.
Ces deux individus sont en général très différents. L’un a les côtes toutes droites, l’autre les à infléchies ou ondulées, et le sommet fort renflé, et celui-ci est caractérisé par des constrictions ou même par des ceintures, qui semblent, à en juger par les interruptions fréquentes dans l'accroissement, provenir du polypier. La plupart n’ont que 4 cycles de lamelles septales et 12 faisceaux de côtes, quoique d’autres individus ne les présentent pas distinctement.
Il existe encore une seconde variété (voy. PL. XIV, fig. 30. a grand. nat.; b calice avec la fausse columelle en gr. nat.) très curieuse: elle est légèrement comprimée et courbée, sa surface est garnie de côtes très
fines, granulées, comme dentelées en scie; les côtes sont presque égales, de plus minces alternent avec d’autres à peine plus épaisses. Les côtes sont en outre interrompues par des ceintures légèrement indiquées; ce sont, à ce qu'il semble, les traces d’accroissement de la tige; elles sont très rapprochées les unes des autres et se présentent à des intervalles de 3 à 4 lignes. Le bord du calice est tranchant et non obtus, comme dans les autres variétés. Les lamelles septales, également plus nombreuses que les côtes, descendent d’abord au fond du calice et s’élèvent ensuite en une fausse columelle, qui se développe par les lamelles contournées en différentes directions, et occupant toute la hauteur de la fausse columelle. Le grand diamètre du calice a 1 p. 1 L. de large et le petit n’a que 11 1. Le fragment a 3 p. de long. Cette variété à été trouvée avec les autres dans la même localité de la Crimée.
Genre XXXV. Trochosmilia M. EDw., Hawe.
. Le polypier simple est attaché; calice presque horizontal, columelle nulle; les lamelles septales se réunissent au centre de la cavité viscérale, sont nombreuses et très rapprochées; les systèmes septaux sont nombreux, les diaphragmes abondants. La paroi est tantôt pourvue d’épithèque, tantôt gaïnie d’une épithèque rudimentaire. Les côtes sont toujours simples, granulées, délicates et distinctes depuis la base jusqu’au sommet, Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 66. Trochosmil. sulcata aff. M. Epw., Harme. PI. XIV, fig. 28. a grand. nat.; b coupe en grand. nat.
Corals from the gault p. 68. PI. XI, fig. 6.
Le polypier simple, turbiné, droit, comprimé, presque pédonculé, est libre à sa base; la paroi du polypier est marquée des deux côtés de deux sillons longitudinaux. Les côtes sont distinctes depuis la base jusqu’au sommet du calice; elles sont à peine saillantes, très rapprochées et inégales, surtout vers leur extrémité supérieure. Le calice elliptique est légèrement arqué. La fossette caliculaire allongée est peu profonde. Les
“lamelles septales forment 4 cycles ou plus, inégaux, fortement rapprochés, minces et faiblement saillants, les diaphragmes sont peu nombreux.
Hab. dans le terrain jurassique de Soudagh en Crimée; en Angleterre dans le gault de Folkstone.
Il me semble que l'espèce de Soudagh n’est pas le vrai Trochosmil. sulcata, car je ny vois que de légères traces d’un seul sillon longitudinal des deux côtés; ils sont opposés l’un à l’autre et rappellent
beaucoup l'espèce gaultienne. La forme générale et la grandeur de l'individu de Soudagh sont absolument les mêmes que celles de l’échantillon d'Angleterre. Grâce à la bienveillance de M. de NoRDMANN, qui les a découverts à Soudagh, j'en connais deux individus, dont l’un est comprimé, l’autre arrondi au calice; le polypier lui-même est turbiné. Le calice n’est pas bien conservé, mais il offre une cavité distincte et peu profonde, les lamelles septales sont nombreuses et r’arrivent pas jusqu’au centre. Les côtes sont nombreuses, granulées, très rapprochées et comme tranchantes; elles sont un peu inégales, et couvertes par des ceintures transversales, traces de l’accroissement graduel du polypier. Les ceintures sont tantôt distinctes, tantôt confluentes, et forment de la sorte une épithèque légère, qui s’épaissit vers la base, où elle devient compacte. L'épithèque est plus distincte chez l’individu conique que chez l’autre; celui-ci est plus fortement comprimé, et se distingue en outre par les sillons longitudinaux mieux développés.
Les sillons semblent se développer quand les côtes longitudinales manquent sur l’un ou l’autre côté; c’est pour cette raison qu’elles ne sont ni régulières, ni égales en épaisseur. En tout cas il est singulier que cette espèce se trouve en Angleterre dans le gault, et en Crimée dans un calcaire noir très compacte, que je dois suppôser jurassique, corallien surtout, à cause d’autres espèces de Coraux jurassiques qui s’y rencontrent en abondance. ù
L’individu, conique ou plutôt turbiné, non comprimé, a 1 p. 4 I. de long et 7 1. de large, mesuré près du bord supérieur du calice.
La base conique est couverte d’une épithèque bien développée et garnie de petites inégalités, preuve qu’elle était libre dans l’âge adulte. L'autre individu est plus fortement comprimé, et offre une largeur de 6 1. dans le grand diamètre de l’ouverture caliculaire et de 4 1. dans le petit.
**) Eusmilinées agrégées.
Le polypier composé et massif est pourvu de polypites qui ne présentent pas de rangées, mais qui restent distincts, ou réunis tantôt par leurs parois, ou par un cœnenchyme de côtes, tantôt par une expansione annulaire des parois.
Genre XXXVI. Stylina Lau.
Le polypier est gloméré, astréiforme, les polypites allongés sont réunis par leurs côtes et leurs diaphragmes; ils ressemblent à des cônes tronqués au bord supérieur. Les calices circulaires ont le bord libre, et
sont éloignés les uns des autres. La columelle styliforme est saillante.
Les lamelles sont également saïllantes, peu nombreuses et forment 6, rarement 8 systèmes. Ce genre se trouve dans les terrains jurassique et crétacé.
Esp. 67. Stylina de la Bechei M. Enw., Han.
Corals from the coral rag. p. 79. PI. XV, fig. 1.
Le polypier convexe a les calices peu saillants et assez éloignés les uns des autres; il se compose en outre de plusieurs couches, en sorte que la cavité viscérale des polypites est divisée en plusieurs étages superposés, comme chez les Cyathophyllidées.
Hab. dans le calcaire jurassique corallien de Mangoupe et de Simféropole en Crimée, ainsi que dans le coral-rag de Steeple-Ashton en Angleterre.
Cette espèce se reconnaît facilement par les 8 systèmes de lamelles rayonnées, et par les couches superposées qui occupent la cavité viscérale. Les calices sont placés à des distances inégales; ils sont circulaires, mais d’inégale largeur; la fossette est large, la columelle styliforme et faible-
ment saillante. Les interstices entre les calices sont occupés par le tissu
d’une exothèque, et par des côtes qui se continuent au dessus des interstices.
Cette espèce ressemble beaucoup au Stylina tubulifera M. Enw., H. * du coral-rag d'Angleterre, dont les polypites plus saillants sont ce-
“pendant plus rapprochés et dont la base du polypier est obconique et con-
centriquement sillonnée.
L'échantillon de l’Institut des Mines a presque 7 pouces de large et 4 pouces de haut. Les polypites sont parcourus par des stries longitudinales, séparées par des diaphragmes, qui se continuent dans les couches horizontales, superposées Les unes aux autres.
Esp. 68. Stylin. solida M. Enw., Harme.
Corals from the great oolite IL. c. p. 105. PI. XXI, fig. 3.
Le polypier massif a la surface plus ou moins convexe et Les calices espacés et à peine saillants; ils sont d’une épaisseur inégale et la columelle est faiblement comprimée. Les lamelles forment troïs cycles complets et inégalement développés. Le diamètre des calices a 1 ou 11h 1. de large. Ù
# 1. c. p. 76. PI. XIV, fig. 3. C’est le Sitylina tubulosa Mic.
Hab. dans le calcaire jurassique de Soudagh en Crimée, dans le grand-oolithe d'Angleterre, et près de Metz en France.
Le polypier ressemble au Styl conifera par les 6 systèmes des lamelles également développées et par les 3 cycles de ces mêmes lamelles, mais les polypites ne sont ni aussi saillants ni aussi coniques que chez celui-ci, dont les interstices sont plus rapprochés.
L’échantillon de Soudagh n’a que 2 pouces de large, et offre une surface concave, comme l'individu figuré par MM. M. Enwarps et HaIme.
Esp. 69. Stylina conifera M. Enw., Harme, var. tenuistriata m. PI. X. fig. 6. a grand. nat.; b grossi.
Corals from the great oolite I. c. p. 105. PI. XXL, fig. 2.
Le polypier massif a les polypites en courts cônes tronqués, à peine libres à leur extrémité supérieure ; les calices sont circulaires, à bord obtus. La columelle styliforme est rudimentaire et manque généralement. Les lamelles forment 6 systèmes également développés et 2 cycles complets, le troisième est rudimentaire; il y a de la sorte un nombre de lamelles plus ou moins grand; les 6 lamelles primaires seules sont bien développées, les secondaires le sont moins, et de cette manière le nombre des lamelles tertiaires diffère considérablement.
- Hab. dans le calcaire jurassique inférieur d’Alouschta, près de Soudagh, et dans le corallien entre Badrak, Karagatsch et Mangoupe en Crimée, en une variété finement striée.
Ce polypier se trouve en Crimée en une variété qui ‘pourrait même constituer une espèce particulière; elle diffère du St. conifera par ce que les polypites sont très peu saillants, en cônes obliques très rapprochés, dont l’un des bords est plus bas que l’autre et dont la surface est très finement striée, à 3 stries longitudinales, nettement accusées sur chaque côte, tandis que celles du St. conifera de l'Angleterre sont moins nombreuses et différentes en épaisseur, des stries minces alternant avec d’autres, qui sont épaisses. Le fond de la fossette caliculaire est ordinairement dépourvu de la columelle, ou bien cette dernière est petite et rudimentaire.
La base du polypier est plate, à peine convexe et ridée, à côtes ou élévations irrégulières, qui se divisent vers le bord et deviennent par là plus nombreuses; la surface du polypier est légèrement concave et occupée par les polypites, placés obliquement et sans ordre les uns près des autres. Les interstices sont finement striés, comme la surface des cônes eux-mêmes; les stries sont granulées.
Notre fragment a 2 pouces de large et une épaisseur de 6 lignes.
Esp. 70. Stylina geminata GoLpr. sp.
PI. X, fig. 5 a grand. nat.; b grossi.
Le polypier a tantôt 6, tantôt 8 systèmes de lamelles, le nombre en est constant dans le même individu; les polypites sont très petits et fort rapprochés; ils restent cependant toujours distincts et éloignés les uns des autres, et offrent des interstices granulés ou raboteux et striés.
Hab. dans un calcaire, à ce qu’il semble crétacé, de Mangoupe en Crimée.
Les polypites sont très petits et fort rapprochés; la columelle est distincte, entourée de lamelles, dont le bord supérieur est granulé. Le polypier est composé de plusieurs étages ou couches horizontalement superposées.
M. Bronx * donne des figures de cette espèce: les polypites droits sont cylindriques, très rapprochés et à stries longitudinales très fines; les calices n’ont que 6 cycles à columelle assez épaisse (voy. fig. 14 a. a’ c.); notre figure 5 de la PI. X correspond très bien à celles données par M. Bronx. C’est un polypier de plusieurs pouces de haut et de large; je n’en ai figuré qu'un petit fragment d’un pouce de haut; on y voit distinctement les polypites cylindriques et les couches horizontales d’accroissement qui les croisent. Les interstices entre les polypites sont granulés. Outre ces figures, M. Bronx en donne encore d’autres, qu’il considère comme des moules de celles-ci; on y voit les calices qui s’élèvent en cônes à 8 cycles de lamelles et pourvus de côtes passant d’un polypite aux côtes des autres et se réunissant mutuellement. Cette conformation me semble différente de celle que font voir des individus mieux conservés, et je penche à les rapporter à une autre espèce, et peut-être à la suivante, le Styl. elegans. |
Esp. 71. Stylina elegans ».
PI. X, fig. 8 a grand. nat.; b grossi.
Polyparium exiguum, expansum. calycibus minimis prominulis, cylindraceis, e sex vel octo cyclis septorum compositis et interstitiis laevibus ab invicem sejunctis.
Hab. dans un calcaire jaune néocomien à grains glauconitiques de Sabli en Crimée.
Le polypier très petit et mince est composé de polypites cylindri-
* Lethaea geogn. : Kreide p. 161. PI. XXIXS, fig. 14.
ques, qui sont de là même largeur jusqu’au sommet, et non coniques, c’està-dire non rétrécis au sommet, comme les polypites du Styl. geminata. Les cycles, au nombre de 8, entourent une petite columelle, et la surface des polypites porte des côtes longitudinales, qui deux à deux forment un cycle. C’est presque la conformation du moule du Styl. geminata, figuré par M. Browx L. c. PI. XXIXS fig. 14. b. b', mais les polypites (L. c. c‘) sont coniques, tandis qu’ils sont tout à fait cylindriques dans l’espèce de Sabli, dont, en outre, les interstices sont lisses, et non pourvus de côtes réunissant un polypite à l’autre.
Mon échantillon est légèrement convexe, à peine d’un pouce de large; son épaisseur n’est pas connue.
Esp. 72. Stylina Ploti M. Enw. Harme.
PI. VI, fig. 5 a vu d'en haut; b vu de côté.