LE LOCULUS DE LÀ VIERGE-MARTYRE
Hais, en mourant martyre, à la saison des fleurs ; En fuyant cette terre, humide de nos pleurs, Vierge, tu ne Tas point complètement laissée. L'odeur de tes vertus par nos cœurs est passée, Comme un souffle embaumé des senteurs du buisson, Gomme les doux parfums du temps de la moisson; Ton nom chéri de Dieu, ton nom si plein de grâce, Dans le livre des saints est venu prendre place; Gravé par le pontife au front de nos autels, A jamais il vivra, respecté des mortels.
Anges, semez de lis, Anges, semez de rose La tombe solitaire où la vierge repose !
Dors donc, aimable vierge, en paix, au loculus, Toi, le lis des martyrs, toi. le lis des élus ! Oh ! ne regrette point un bonheur éphémère, La beauté d'ici-bas est toujours passagère ; Eût-elle une corolle ou d'or ou de satin, Chaque fleur n'y peut voir qu'un rapide matin. Ton beau calice a bu les larmes de l'aurore Et puis s'est refermé, tout blanc, tout pur encore, Avec tout son arôme, avec son plus doux miel ; Les doigts qui l'ont cueilli, l'ont cueilli pour le ciel!
Anges, semez de lis, Anges, semez de rose La tombe solitaire où la vierge repose !