‹ LETTERS SUR L'AMERIQUE DU NORDChapitre 12 sur 69 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

aucuD compte des motifs de leur renvoi, sans qu'on prenne la peine d*en instruire le public. Il se trouve que par là on a créé un redoutable instrument de tyrannie. Sous l'administration bienveillante et modérée des anciens présidents , il n'en avait point été fait usage (i) ; mais, depuis Tavénement du général Jaclcson, il s*est établi un régime de destitution systématique. Les emplois publics sont devenus une curée ; il est entendu qu'ils sont le prix de la victoire dans les luttes de partis ( spoils ofvictory ) (2). Le président Jackson a inféodé à ses créatures toutes les places de l'administration des douanes et des postes. Cette méthode a gagné les États particuliers, les comtés, les villes ; à chaque revirement d'opinion, les États changent leurs administrateurs ; les législatures, leurs secrétaires, leurs imprimeurs, et jusqu'à leurs huissiers ; les tribunaux, leurs greffiers ; les villes, leurs trésoriers, leurs inspecteurs des marchés, leurs vérificateurs des poids et mesures, jusqu'à leurs balayeurs eileurs watchmen. Les fonctionnaires savent maintenant que la conservation de leurs places et le pain de leurs familles sont

(1) M. JeffersoD seul enleva un pelit nombre de fonctions non politiques à des hommes du parti opposé, pour les donner à ses amis.

(2) C'est le terme dont s'est servi , il y a trois ans , en plein sénat des EiatsUnis, M. Marcy , aujourd'hui gouverneur de rÉtat de New-York , alors sénateur du même Etat, et l'un des principaux amis du général Jackson, u Nous n'hésitons pas à proclamer, dit-il, que les dépouiUes de la victoire doivent appartenir au vainqueur.»

mis en question à chaque élection municipale ou d'État, ou fédérale (i) , selon qu'ils relèvent des cornmunes, des États ou du gouvernement central. Jadis ils ne prenaient aucune part aux manœuvres électorales ; les présidents l'avaient formellement défendu à tous les fonctionnaires de la fédération ; ils en sont aujourd'hui les agents les plus actifs. Le président a aujourd'hui à son service , dans les élections, une armée de 60,000 hommes (2) qui dépendent de lui , dont l'intérêt est étroitement lié au sien, et qui sont ses âmes damnées. Tant il est vrai que les extrêmes se touchent, et qu'en pressant indéfiniment un principe unique , si vrai qu'il puisse être , on finit par en faire sortir des conclusions dont la mise en pratique serait le renversement du principe lui-même. C'est ainsi qu'à force de tirer à la filière le principe de la souveraineté du peuple, on peut, de proche en proche, arriver à la tyrannie et à l'oppression du peuple. N'est-ce pas une preuve que la logique n'est pas toujours la raison, et que celle-ci peut se trouver souvent, sinon toujours, dans le balancement harmonique de deux principes en apparence contradictoires ?

(1) Les élections reviennent en général tous les an^ ou tous les deux ans dans les Etats et dans les villes. L'élection présidentielle a lieu tous les quatre ans.

(2) Voir la note 9 à la ftn du volume.

CINCmNATl.

Natchez (^Mississipi), 4 janvier 1835.

GnciDDati compte près de quarante mille âmes, eu y eonpreifant les village» aiteitamts. Fondé depuis um; qua^ntaÎBe d'années, ses déretoppements rapides datent de trente ans environ. Toutes les nations s*y sont domié rendez-voas : il y a des Allemands et des Irlandais en grand nombre , et une eeftaine quantité d*Alsacien$. J'y ai souvent entendu dans les rues le françaisrdurement accentué que Ton parle sur les bords du fthin. Le fonds de la population , qui donne le ton à tout le reste , sort du Nord Est de la eonfédération américaine. Ce qui rend les progrès de Cincinnati plus surprenants, c'est que cette ville est fille de ses propres œuvres. D'autres cités improvisées des États-Unis ont été construites par actions, [K>ur ainsi dire. Lov?ell,

LETTRE %X. as

p»r exemple, est une entreprise des négociants de Boston qui , api^ès avoir réuni leurs capii^uï, ont fait venir des ouvriers , et leur ont dit : c Bâiissez-nous < une ville. > Gincitiuatia été élevé' et embelli peu' à peu, pi^ésqUe sans intervention extérieure, par les habitants eux-mêmes, et ces habitants y étaient tous arrivés pauvres. Pour tout bien , les fondateurs de Cincinnati avaient apporté dans leur nouvelle résidence cette industrie clairvoyante, alerte, infatigable, seul patrimoine que leur eussent légué leurs pères de la* Nouvelle-Angleterre, et dont les autres, à leur exemple, se sont fait une loi religieuse. On dirait qu'ils ont choisi Franklin pour le patron de' ledr cité , et le discours du bonhomme Richard'^our citiquième évangHe.

Cincinnati , votis ai-je dit, est admirablement situé. Cela est vrai en ce qui concerne sa situation topographique; mais en suivant' sur la carte le cours des flètives, et en consultant les. riessources du sol, on reconnaît qu'il y à sur la longue ligne des rivières de rOuest un bon nombrie de positions aussi avantageuses sous le rapport' commercial ou manufacturier, et qu'il en est même quelques-unes qui, àcet égard, sont plus/ favorisées. Pittsborg, qui a sons la main le fer et le charbon, c'est»à-dire lé paîft qitotidien de Tindûstrie ; qiii est assis au sommet de l'Ohio , au point de départ de la navigation à vapeur, au confluent de Monongahéla, et de l'Âlléghany, qui viennent, Turi du Midi, l'autre du Nord ; Pittsburg, qui est voisin du réseau des lacs,

se présente comme devant être le pivot d'un vaste

M GIMCUfHATI.

système de communicaiions, de roules, de canaux et de cbemiDS de fer, dont plusieurs sont exécutés ou Tont l'être. Pittsbnrg était indiqué par la nature comme devant être à la fois un grand centre manufacturier et un riche entrepôt commercial. LonisTÎIle» bàli aux chutes de TOhio, à Tendroit où commence la grande navigation à vapeur, est un intermédiaire naturel entre le commerce du Haul-Ohioet celui du Mississipi et de ses affluents. En fait de ressources manufacturières, Louisville est tout aussi bien partagé que Cincinnati; et celui-ci, abstraction faite de son siteenchanteur, semblait n'avoir été destiné à rien de plus qu*à devenir le magasin et le débouché du lambeau de terre fertile qui est compris entre la grande et la petite Miami. Mais la puissance des hommes, lorsqu'ils s'accordent à vouloir quelque chose et à le vouloir avec persévérance, suffit à balancer et à vaincre celle de la nature. En dépit des avantages de Louisville comme entrepôt de denrées, en dépit des ressources de Pittsburg pour tout ce qui est grande fabrication , Cincinnati suffit à soutenir une population qui est double de celle de Louisville et moitié en sus de celle de Pittsburg, dans un état d'aisance qui égale, s'il ne la surpasse pas, ^aisance moyenne (i) de l'un et de l'autre. Les habitants de Cincinnati ont û^é cette prospérité chez eux par une de ces vues instinctives que leur génie éminemment pratique et calculateur inspire aux fils de la Nouvelle-Angleterre. Les gens habiles s'entendent

(1) A Louisville il y a dei esclaves.

à demi-mot, dit-on. Plus habiles que les plus fins, les Yankees s'entendent sans se rien dire. Ils se sentent les uns les autres, et, par un accord muet, savent faire converger leurs efforts vers le même but. Travailler à la manière de Boston signifie, aux États-Unis, exécuter quelque chose avec un parfait ensemble <^t sans phrases. Le but que se sont proposé les Gincinna tiens, presque dès Torigine, n'a pas été moindre que de faire de leur ville la métropole, c'est-à-dire le grand marché intérieur de rOuest. Le moyen indirect qu'ils ont employé a été de s'emparer simultanément d'une foule de fabrications, secondaires quand on les mesure une à une, mais dont la réunion forme une masse considérable ; et prenant les devants sur tous leurs voisins avec cette diligence qui est encore une des vertus de T Yankee , ils se les sont partagées entre eux. Ce procédé leur a réussi.

Aussi, à part les salaisons, l'on est tout surpris de trouver que Cincinnati n'a aucune de ces grandes industries qui ont fait la fortune des centres manufacturiers d'Angleterre et de France. Les Cincinnatiens fabriquent une grande variété de meubles et d'instruments agricoles, beaucoup de charronnage , des ustensiles de ménage de tout genre (i), de l'horlogerie (s)» et mille objets de consommation courante, savons > chandelles, papier, cuirs, quincaillerie, etc., qui trouvent un débouché indéfini parmi la population crois-

(1) Voir la note 10 à la fin du volume.

(2) J'ai visité une fabrique de pendules dont les mouvements sont en bois. Elle en met en circulation six à sept mille par an, à des prix très-modérés.

«» CINCtMirAth

santôeil iiotdbré et en bim-étte des États de TOoest, àind que dans les nouveaux États du Sud qui sont uniquement voués à l'agridulture, et surtout à fa production du coton, et> où, à raison de l'esclavage, toute manufacture est à peu près impossible. La plupart de ces produits sont de qualité commune. Les meubles, pdr exemple, seraient rarement avoués par le goût parisien ; mais ils sont à bas pris et propres; G*est ce qu'il faut dans un pays neuf où il y a, sauf dans la par^ tie du Sud, une aisance générale et peu d*opulence, où Ton comprend beaucoup mieux Tabondance et cette eepèce de comfort qu'on pourrait appeler éléiiieritaire, que les raffinements de la vie. La prospérité de Cincinnati repose ainsi sur le bien-être des populations de l'Ouest, sur les nécessités premières du plus grand nombre. C'est là une garantie auti'ement solide que les caprices de la mode, qui tient pourtant entre ses mains les destinées des industries que nous affectionnons le plus en France. On s'y occupe aussi de Tintèllectuel. D'abord il y a à Cincinnati urie grande fbndèrie de caractères qui fournit tnujL besoins de tout l'Otiest, et de Farmée de journaux qui s'y imprime. Selon la méthode anglaise ou améHcaine , le travail de Thomme y est autant que possible remplacé par celui ^ des machines, elj'y ai vu entre autres deux petits appareils, l'un pour mouler les caractères, Tautrie pour les ébarberà la sortie du moule, qui manquent probablement à l'imprimerie royale et aux Didot (i). Ensuite il y a plu-

(1) Ces appareils sont de PinTenlioo des (frûpriétafres de

$i«ors impiimeries, et il ne sort de leurs presses que des publications d'usage universel, telles que journaux, ^tés d'égtisé etd'éoèle (i). A l'aide de cette âiuhipliaSàé d'indu^ries, p^' apparentes isolémeiït, Cincinnati s*est fait une position qu' il sera fort difficile de hâ efilever, car en industrie ce n'est pas un mince avantage que eelut^ de la priorité. Le marchand dfe Fii^térieur qui fkil^cémAierce deà choses les plus hétérogènes, et qu# réunit dans son {>etit magasin tout ce qui est vendable sur la terre, est sûr de trouver à Cincinnati son assortiment' à peu près cotnplet. Il y vient donc faire ses approvisionnements de préférence à toute autre place. Cincinnati est ainsi de fait le grand mar^* ché central de TOnest; une multitude de produits i^ennent y chercher leur écoulement, en dépit de la supériorité que paraissent devoir donner à d'autres loca- Utéâ la disposition hydrographique du territoire ou la disfribuiion des richessea minérales au sein de la terre.

rétabU«»eiiient,MM. Gûilfort et Vl'hite. Le premier substitué ap travail dedeuxhonaines payés à raisoa de 8 fr. chacuo, celui d'un enfant auquel on donne 2 fr. 70 c. ^ le secoud réduit lia main-d'œuvre dans le rapport de 1 à 8.

(1) Dans le trikheslt-edonimençant au 1er janvier ig3i ^ ii j^ été HKiprinié à Cihcinnati environ quallre-vingt-huit mille volumes, indépendamment de» journaux. Ils peuvent être classés ainsi :

Éducation primaire 36,500

Religion ^,800

Agriculture 11,000

Matières diverses 15,700

10 CUiCifINAT].

Pour caractériser la tendance du dix-neuvième siècle, on a prononcé le mot de féodalité industrielle (i). L'espèce humaine , ont dit quelques penseurs , a quitté un joug pour en reprendre un autre moins dur peutêtre , mais aussi moins noble. Les seigneurs guerroyants du moyen âge s'en sont allés; voici venir les barons industriels, les princes des manufactures , de la banque et du commerce. Ces nouveaux maîtres assaisonneront Texistence du pauvre de moins de privations et de douleurs, mais aussi de moins de gloire. Us augmenteront la pitance du corps, mais diminueront celle de Fâme. A voir les grandes fabriques d^Angleterre et quelques-unes de celles qui existent sur le continent européen , celles qui se multiplient au Nord- Est des États-Unis, dans ce merveilleux Lowell,la féodalité industrielle semble en effet, là presque con* çtituée , ici se glissant sous les institutions démocratiques comme le serpent sous l'herbe. Ceux qui ne croient pas que le genre humain en masse puisse rétrograder , et qui aiment mieux se bercer d'espérances que de s'abandonner au désespoir, tout en admettant cette tendance comme un fait, se rassurent cependant à cause d'autres faits non moins caractéristiques de l'époque , en tête desquels il faut ranger une tendance générale à l'affranchissement, qui se joue des obstacles. Si en Angleterre, par exemple, il y a dans les fabriques mille germes de despotisme , il y a dans les classes ouvrières mille germes de résistance , il y a

(I) M. Charles Fourrier.

LETTRIt XX. îi

dans la population mille germes de libéralisme ; il y a les Trades Unions, il y a les radicaux. Ce n'est ni Tune ni Tautre de ces forces opposées qui fera seule les destinées de Tavenir. De leurs impulsions diverses résultera une autre impulsion unique , différente de toutes deux , et qui cependant les impliquera Tune et Taulre. La force d'affranchissement fera que ce qui semble à quelques-uns devoir être féodalité , sera simplement patronage.

Le patronage n'a pas fini son temps sur la terre. Il durera tant que la Providence ne jettera pas tous les hommes dans un seul et même moule ; il subsistera pour le bien du faible et du pauvre , et pour celui de cette nature d'hommes , si nombreuse dans les pays, de l'Europe méridionale, par exemple, qui ont besoin de sentir leur personnalité appuyée sur une autre plus puissante. Mais il se modifie en passant successivement par des formes de moins en moins violentes, de plus en plus douces. L'inférieur a été esclave , il a été serf, il est salarié libre; il peut, dans un délai qu'il n'est pas possible de déterminer, àevenir associé, sans cesser d'être inférieur. Quoi qu'il en soit, il n'y a point à Cincinuati de germe de féodalité industrielle; il n'y a point de grands ateliers. L'industrie y est divisée à peu près comme le sol l'est chez nous. Chaque chef de famille y a son domaine avec ses fils et quelques nouveaux débarqués pour aides et pour servie tears. Cincinnati est donc constitué aussi républicainement sous le rapport industriel que sous le rapport politique. Ce niiorcellement manufacturier n'a pas eu

73 GINCUCMATI.

d'incoDvénieDts encore, parce que, dans ce yasie. Ouest qui se développe à vue d*œil» la productiou a peine aujourd'hui à se teuir au niveau des besoins. Qu*arrivera-t-il dans un si^Ie , dans cinquante ans peut-être ? L'industrie de Cincinnati pie subir^-t-^Ue pas alors quelque métamorphose, ou pUiUU le pays tout entier n'éprouvera-t-il pas dans ses conditions d'eui^ tence une transformatioii entière q^i entraînera une réorganisation industrielle ?

La physionomie morale de Cincinnati est r^vpss^nte aux yeux de celui qui aime le travail avapt tout, k qui le travail peut tenir lieu de tout. Quiconque aur rait des goûts de plaisir et de dépense , quiconque aurait besoin , pour être avec cœur au traFail > de se retremper souvent au sein des distractions et de la gaieté, trouverait que cette belle ville , avec ses pittoresques alentours, est un séjour insupportable. Ce serait bien pis pour Thomme de loisir, désireux de consacrer une bonnje partie de sa vie au culte des beauxarts, et le reste au plaisir. Pour celui-là, la vie n*y ^rait pas possible; il s'y verrait flétri par la politique, car on sent très^bien aux Ëtats-Unis que les gens de loisir sont autant de pierres d'attente pour une aristocratie; il serait anatbématisé par la religion, car ces sectes si diverses sont toutes d'accord pour condamner tout ce qui est plaisirs, luxe, galanterie, beaui-arts même. Et les États-Unis ne ressemblent pas à quelques pays d'Europe, à notre Franee surtout , où l'on peut braver impunément les idées religieuses et l'infloeBoe de la chaire. Cerné, traqué par les habitudes laboriea-

ses du pays , par les axiomes politiques et [»ar la religion , il lui faudrait se résigner à une existence analogue à celle de la foule, ou fuir et aller chercher un sol moins antipathique à ses goûts dans les grandes villes du littoral, à Philadelphie (i), à New-York, à la Nouvelle-Orléans , ou même en Europe. Aussi la classe des gens de loisir, vivant, sans profession arrêtée , de revenus que leur auraient légués leurs pères, ou qu'eux-mêmes auraient acquis à un âge peu avancé, manque absolument à Cincinnati , quoique la richesse n'y manque pas , et qu'iî y ait bon nombre de gens possédant cinq cent mille francs et plus. J'y ai ren* contré un jeune homme appelé à être Fhéritier d'un patrimoine de plusieurs millions , qui , après avoir été élevé à l'école militaire de Wesl-Point («) et avoir obtenu^n brevet d'ofiicier , avait donné sa démission pour rentrer dans sa famille. Là , fatigué de son désœuvrement solitaire , harassé du poids de sa propre

(1) Philadelphie a considérablement augmenté en population depuis quinze ans , sans que les affaires sY soient étendues dans la même proportion. Il est hors de doute qu^elle doit ses accroissements à influence de familles riches ou aisées qui , ne pouvant vivre selon leur goût dans Tintérieur, y ont transporté leur domicile. Baltimore est dans le même cas.

(2) Cette école, qui est TÉcole polytechnique des États-Unis, est aujourd'hui sur un excellent pied. Elle fournit tous les officiers de l'armée fédérale. Elle est redevable de sa bonne organisation à M. S. Thayer, colonel du génie. Cet officier distingué en a récemment quitté la direction, parce qu'on voulait Tobligerà rouvrir les portes de Técole à un élève qu'il avait renvoyé, et qui était le fils d'un des chefs du parti Jacksooien.

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