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LES BATEAUX A VAPEUR DE L*0UE8T

Nouvelle-Orléans, 8 Janvier 1835.

Un des points par lesquels nos sociétés modernes diffèrent le plas des sociétés antiques, est sans contredit la facilité des voyages. Voyager n'était possible autrefois qu'au patricien. Pour voyager alors , même en philosophe, il fallait être riche. Les commerçants allaient en caravanes payant tribut aux Bédouins du désert, aux Tartares des steppes, aux petits princes perchés comme des vautours dans leurs châteaux bâtis aux défilés des montagnes. Alors, au lieu de la diligence anglaise ou de la chaise de poste qui brûle le pavé , la litière ou le palanquin de la vieille Asie , conservés encore par r Amérique espagnole; ou le chameau, ce navire du dé»ert, ou encore les quatre bœufs attelés au char tranquille et lent ; et, pour le commun

des citoyens ou pour les guerriers au corps de fer, le cheval; alors, au lieu des somptueux paquebots ou des bateaux à vapeur, vrais palais flottants, la barque étroite et fragile poursuivie par les larrons sur les ri« vières, par les pirates sur les mers, et dont la vue arrachait à Tépicurien Horace son exclamation de peur :

Illi robur et œs triplex €ircà pectus erat.

Alors les routes étaient des sentiers étroits, escarpés, dangereux par les malfaiteurs, par les monstres des bois et par les précipices. Il fallait traîner avec soi un long attirail de bagage , de provisions , de valets et de gardes. De loin en loin le voyageur reposait sa tête chez les hôtes dont ées ancêtres lui avaient légué }'amitié ; car alors point de. ces hôtels comfortables où, moyennant son argent, chacun peut s'entourer des jouissances de la vie et obtenir les soins empressés de serviteurs attentifs. S'il y avait quelque gîte public y c'était quelque, sale réduit à la façon des caravansérais d'Orient, asiles misérables et nus où Ton ne trouve que l'eau elles quatre murs, ou dans le, style des hôtelleries de l'Espagne ou de l'Amérique du Sud, ce qui est le juste milieu entre un caravansérai et une étable. Alors l'immense majorité des hommes, qui était esclave de nom et de droit, était de fait attachée à la glèbe , enchaînée au sol à cause des difficultés de locomotion.

Améliorer les communications , c'est donc travailler

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