‹ LETTERS SUR L'AMERIQUE DU NORDChapitre 48 sur 69 · FIN DU TOME DEUXIÈME · texte numérisé non relu

FIN DU TOME DEUXIÈME

Note Ire. (Page 7. )

Procès des incendiaires du couvent des Ursulines,

L*intolérance d^une partie de la population protestante voyait de très-raauvais œil un couvent d^Ursulines établi à Mount-Benedictf dans la commune de Charlestovn, faubourg de Boston. Ces religieuses se consacraient à Péducalion des jeunes filles, et beaucoup de familles protestantes leur avaient confié leurs enfants. Tout prouve qu'elles n'étaient nullement dévorées de prosélytisme. Au commencement d*âoût1834, le bruit se répand dans Charlestown qu'une jeune fille. Tune des sœurs, est retenue de force dans le couvent. Les selecttnen { conseillers municipaux ) s'assemblent; cinq d'entre eux se rendent au couvent et le visitent de la cave au grenier, voient la religieuse qui est dépeinte comme une victime de la discipline catholique, et s'assurent qu'elle est dans le couvent par l'eflet de sa libre volonté. Ils en portent publiquement témoignage. Cependant, le soir du 11 août, le couvent est entouré, puis assailli par une poignée de bandits, à la tête desquels se distinguait le nommé John Buzzell , briquetier, homme connu par sa brutalité. Les sœurs sont chassées violemment ; tout est

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livré au pillage ; les tomlxfs des morts sont otiverles. On met le feu au couvent , il brûle à la vue des selectmen ; les pompiers de Boston accourent ; la populace les empêche d^approcher, et les repousse de vive force.

Divers hommes pris en flagrant délit sont arrêtés, entre autres Buzzt^ll ; on les juge en 1835 à Boston. Les témoins n*osent pas déposer, une influence mystérieuse a changé leur langage ; le ministère public , qui avait d^abord demandé inutilement la remise de Taffaire jusqu'à ce qu'on eût pu édaircir les menées qui avaient provoqué Tattentat, plaide enfln la cause de Tordre avec une généreuse indignation. Tous les accusés sont acquittés, à Texception d'un pauvre jeune homme nommé Marcy, qui est condamné à quinze ou vingt ans^e réclusion; mais Topinion publique oblige bientôt le vice-gouv^neur de l'État à lui faire grâce. Buzzell et Kelly, l'un de ses complices , deviennent des héros ; on les porte en triomphe, des listes de souscription circulent à leur profil. Les religieuses adressent une pétition à la législature de Massachusetts , afin que l'État les indemnise des perlfs que la force publique a laissé consommer ; les citoyens les plus éclairés de Boston s'interposent chaudement en leur faveur ; la chambre des représentants repousse leur demande à une immense majorité. L'anniversaire de Tincendie arrive , et les habitants de Charleslown le célèbrent comme un jour de gloire,* ils organisent un tir dont le but doit être un tableau représentant la supérieure des Ursulines. Les selectmen parviennent à faire supprimer le portrait , mais non la cérémonie. Enfin , pour mettre le comble à tant de violence et d'impudeur, on a vu, en 1836, deux des incendiaires demander une indemnité à la législature pour le mal qu'ils avaient souffert à l'occasion du procès. Le comité chargé d'examiner la pétition revint avec un projet de loi à l'effet d'accorder à chacun de ces deux misérables une somme de 500 dollars : pour l'honneur de Massachusetts , Je dois ajouter que le biil a été rejeté à la seconde lecture.

NOTES. VSt

Noté â.( Page d.)

Autorités mun!cipûiês,

Dâtis 169 grandes i^illes , le cônseft municipal est ord!nârirement partagé en deux eorpâ, par analogie avec le système de$ deux chambres. A New-York il y a les aldertnên et les asshtant'àldermen, Â Philadelphie il y â le setectcouncil ( conseil clioisi ) et le contmon-councH ( Conseil municipal). La répartition des pouvoirs est faite trèsdiversement entre ces deux corps dans les diverses Villes. Dans certains cas déterminés , ils se réunissent en une seule assembtée. Ils sont élus par quartiers , comme nos conseilters municipaux , et généralement pour un an. A New- York il y a quinze aldéfmen et quinze ùÉSistant» aldertnên ; dans les villes moins populeuses , ils sont moins nombreux. Leurs fonctions sont gratuites , excepté dailS quelques villes où ils remplissent les fonctions de Juges de paix, et où ils ont àe^ signatures à donner; à Ce titre, ils reçoivent des honoraires du public qui s^adresse à eux ; à Philadelphie , ce sont des places assez lucratives. Ces conseils administrent la commune comme la législature administre l'État. Leur autorité est plus étendue que ne Test celle de nos conseillers municipaux. Dans certains cas , \H exercent des fonctions judiciaires assez importantes ; ils siègent comme juges à la cour dû maire (Majror'a Court), Les villes ( citîes ) ont ordinairement Un maire qui est le pouvoir exécutif de la commune. L'autorité du m^re est beaucoup moindre, relativement à celte 4u conseil municipal , en Amérique qu'en France. Il est salarié dans les grandes villes, à New- York, à Philadeiphis, à Baltimore ^ à la Nouvelle-Orléans , etc. Le naire est élu tantôt par les citoyens , tantôt par le conseil municipal. Dans l'État de New- York, la ville de New- York est la seule où les citoyens nomment leur maire.

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tS4 HOTES.

Le pouvoir exécutif , réduit comme il IVsl, ne réside pas tout entier entre les mains du maire. Il est généralement partagé entre le maire et le recorder. Les fonctions de ce dernier sont particulièrement judiciaires et de surveillance. Les prisons et hôpitaux sont spécialement dans ses attributions. Il est salarié comme le maire, et il est élude la même manière. Dans la villede New- York, cependant, il est nommé par le gouverneur et le sénat de TÉlat. Ce fonctionnaire a de ranalogie avec nos ci-devant procureurs de la commune.

Le nombre des villes ( dties ) est peu considérable. On n*en accofde en général les prérogatives qu*aux populations de 12,000 à 15,000 âmes. Dans tout TÉtat de New- York il n'y a que neuf villes ( cities ). Il y a un plus grand nombre de villages , qui sont de petites villes , avec un gouvernement pourvu de moins de prérogatives que celui des villes. Tout le reste est assimilé aux communes rurales. Celles-ci sont gouvernées par un conseil municipal , assisté de divers magistrats spéciaux , pour les écoles , les pauvres , les routes , les clôtures des champs {fences ).

■Le gouvernement des localités varie d'ailleurs beaucoup avec les États

Dans le Sud , les communes rurales n'existent pas, il n*y a que des comtés (1).

Note 3. (Page 18.)

Tracet de la domination française à Kingston.

J'ai été plus heureux à Kingston ( Haut-Canada }, autrefois fort Frontenac , à Texlrémité nord du lac Ontario. Dans la cour de la caserne d'un des régiments anglais qui y sont stationnés, on voit les fondations* d'une muraille qui faisait partie des constructions élevées par La Salle ou par ses èuccesseurs.

(I) Voir uote 14 du premier volume.

NOTES. i5B

Noie 4. ( Page 24. ) De l'anthracite.

En 1814 , lorsque tes Anglais tenaient les Américains bloqués dans leurs ports , et empêchaient la houille de Virginie d'arriver à Philadelphie par la voie de la mer, qui était la seule praticable, quelques fabricants , qui avaient besoin de charbon , ayant entendu dire qu*il existait un gîte charbonnier près des sources du Schuylkill , en firent venir à grands frais quelques charretées ; ils ne purent parvenir à rallumer. L'un d'eux, M. J.-P. Welherill, m'a dit qu'il avait profité d'un trou dans un champ, aujourd'hui couvert de rues , et qu'il y avait enterré l'anthracite pour s'en débarrasser. Le hasard fournit cependant une démonslralion irrécusable de la combuslibiliié de l'anthracite. Un de ceux qui en avaient acheté, l'avait, en désespoir de cause, abandonné en las près de sa maison. Une nuit, il futréveillépar une clarté assez vive et par des pétillements : c'était l'anthracite qui s'était embrasé. On répéta les essais \ .oiiapprit à manier l'anthracite ; on construisit des fourneaux de forme plus appropriée à sa nature. Maintenant il sert à tous les .Qsages domestiques. Au Nord, sur le littoral, on ne consomme pas d'autre combustible dans les cuisines et dans les salons ; on l'emploie dans un très-grand nombre de fabriques pour chauffer les chaudières. On commence à s*en servir à bord des bateaux à vapeur. Sur le Colombia^ quiva de New- York à Charleston , J'ai vu brûler de i'anthracile régulièrement. On ne brûle pas autre chose sur les bateaux qui vont de New- York à Jersex-Citx,à% l'autre côté de THudson. En 1836, le docteur Nott l'a essayé avec succès sur le bateau à vapeur NoveUx, entre New-York et Albany.

L'anthracite n'existe , ou au moins n'est exploité qu'en Pensylvanie, dans les montagnes comprises entre la Sus-

NOTMi

quéhannah et la Ddaware. Il y a (rois centres prîDcipaux d*expIoitalion , Fun aux soujrcas 4e Schuylkill, l'autre à celle da Lebigh, le troisième à celles du Lackawaxen. Ces trois cours d'eau sont des affluents de la Delaware. Le tableau suivant montre quelle a été, cbaque année , la quantité de tonnes d'anlbracile extraites et conduites au niarcbé depuis rorigioe jusqu'à présent.

ARVBBS.

usaifiH.

SCHDTLULL.

LACKAWAHA.

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