TOTAL
Note 5. (Page 85.)
Conehaion de l'affaire de la banque et des dépàt»
puMicM,
La banque semblait décidément terrassée, lorsqu*iui de ces retours de fortune imprévus , dont les exemples sont fréquents dans les pays démocratiques, est venu lui rendre l'existenoe.
N0TK8. tKT
Aux élections générales de 1855, en Pensylvanie, Topposition eutcompléiement Tavanlagc. Elle nomma le gouverneur de l'Élat,lâ majorité de la chambre des représentants, et une foule d*officiers munieipaux et de comlé. Ce n*est pas que Topposition fût en majorilé en Pensylvanie ; sur 201,000 yotx,leparlideradministrationen eut 107,000; mais par un vertige inouï , ce parti s'était divisé dans cet État en deux fractions irréconciliables. Les uns voulaient la réélection de l'ancien gouverneur, M. Wolf ; les autres, pe le croyant pas un démocrate assez pur, lui avaient sus* cité un rival , M. Mulhenberg. Les amis de M. Wolf et de M. Mulhenberg ne purent s*entendre nulle part , même sur le choix d'un shérif ou d'un , coroner. Les uns et les autres furent donc en minorité presque partout, et comme la ma** jorité relatiTe était seule requise , le candidat de Popposi«> tion , M. liitner, fut élu gouverneur avec une chambre des représentants de même opinion.
La banque demanda à la législature de PËtat une charte comme banque locale de Pensylvanie; la chambre des représentants l'accorda ; le sénat , où le parti démocratique était resté en majorité parce que cette assemblée n'avait été renouvelée qu^en partie , n*osa pas la refuser, à cause des grands avantages que le bill d'autorisation stipulait au profit de rËtat. Le 18 février, le billfut revêtu delà signature du gouverneur, et eut force de loi.
La banque a versé dans la caisse de l'État dei sommes considérables :
lo 2,500,000 doll. une fois payés, ou 13,330,000 fr.
S» Une somme annuelle de 100,000 doll.
pendant vingt ans. 10,670,000
Zo En souscriptions à divers ouvrages exécutés par des compagnies, 675,000d., ou 4,100,000
En outre, elle i^est engagée à prêter à
Report. 28,100,000
rÉtat une somme de 6,000,000 dollars (32,000,080 fr.) à 4 p. 0/0 au pair, ou à 5 p. OyO à 110, ce qui équivaut à un don de 600,000 dollars, ou 5,200,000
C'est beaucoup d*arc;ent , sans doute , mais il faut remarquer qu'une partie, peu considérable, il est vrai , de cette somme rapportera quelque intérêt ; cVst celle qui est con<sacrée à souscrire à divers ouvrages. Puis la banque a son existence assurée pour le long délai de trente ans , pendant lequel il lui sera possible de reconquérir son ancienne position ; puis sa nouvelle charte l*autorise à faire le trafic des eflels publics , qui lui était interdit auparavant ; puis encore elle remboursera au pair la souscription du gouvernement fédéral , et elle la replacera à 20 p. 0;0 de bénéfice au moins : 20 p. 0/0 sur 7,000,000 doll. représentent 1,400,000 doll., ou 7,470,000 francs ; enfin la banque avait une réserve considérable, quiaidera à couvrir les déboursés imposés par la législature.
D'ailleurs , si la banque n'avait pas consenti à ce sacrifice , sa charte n*eût pas passé au sénat. Les Pensylvaniens, tout jacksonmen qu'ils sont , n*ont pu résister à la satisfaction de terminer, sans bourse délier, leurs travaux publics , et de réduire les taxes qu'ils s*élaient imposées pour assurer le service de la dette publique contractée à Toccasion de ces travaux. Le sénat de Pensylvanie a dû suivre le torrent de Topinion publique, et celle-ci ne se fût pas hautement prononcée , si les largesses de la banque n'eussent pas été fort amples. La charte d'aulorisalion de la banque est intitulée : « Acte pour la suppression des taxes établies t( au profit de PÉlat sur la propriété mobilière et Immobi- • lière, pour continuer et étendre les travaux publics de « rÉlat , et pour d'autres objets. » L'un de ces autres objets est rautorisation de la banque.
Les partisans du général Jackson ont poussé les plus
NOTES. iSO
menaçantes clameurs cou Ire la législature de la Pensylvanie et contre la banque. Le général a eu un accès de violente colère. Il avait précédemment , dans ses messages, dit que la banque était insolvable : dans celui de 1834-35, il Tavait accusée de faire assassiner les citoyens dans les rues de Philadelphie. £n cette circonstance , les journaux qui lui sont dévoués ont exhorté la population à aller rcuer la banque, à semer du sel sur la place où aujourd'hui elle s'élève. Tout est cependant resté dans l*ordre. La banque a fait un emprunt en Europe pour rembourser le gouvernement fédéral. Elle a créé dans les principales villes de rUnion des agences qui lui procureront une bonne part du bénéfice de ses ci-devant succursales; et au. lieu de faire lelchange intérieur à peu près gratis , comme auparavant, elle se le fait payer cher. J*ai déjà dit que , au milieu de 1836, son prix du change entre Neiv-York et la Nouvelle- Orléans était de 2 1/2 p. 0/<K
il est curieux que ce soit le gouvernement fédéral qui ait payé la plus forte partie des frais de la guerre du général Jackson contre la banque. Il a perdu , en effet, non-seulement les sommes comptées par la banque i TEtat de Pen * sylvanie , mais aussi la différence de 20 p. OjO sur sa sou* scription , en admettant que celle-ci lui soit remboursée au pair, et enfin sa part de la réserve. ^
/ L*animosité du parti jacksonien contre la banque n'est pas inactive. Elle réussira peut-être à empêcher la circulation des billets de la banque hors de la Pensylvanie, non par des prohibitions législatives directes (la législature de Pensylvanie y a mis bon ordre ), mais en laissant impunis les faussaires qui les contreferaient. Le cas s^est déjà présenté en Virginie. Postérieurement au 3 mars 1836, un misérable , qui avait contrefait les billets de la banque des Etats-Uni» , ayant été traduit en justice, le jury le déclara coupable ; « pourvu qu'il y eût des lois pour le punir. » Le juge chargé d'appliquer la peine relâcha Taçcusé, sous prétexte qu'il n'existait point de lois pénales applicables.