‹ LETTERS SUR L'AMERIQUE DU NORDChapitre 62 sur 69 · N0TB8. M · texte numérisé non relu

N0TB8. M

eodésiastique et de liturgie. Elles aceordeot beaucoup A Piodépendanoe personnelle. Les métiiodistesanglais, quoique faisant corps à part, ne se rangent pas parmi les dissidents. Ils restent attachés à TËglise établie. G*est une sorte de jansénistes anglicans.

Aux États-Unis, l'Église épiscopale anglicane est fort peu nombreuse. Elle ne compte que le vingt-cinquième ou le trentième de la population. Les sectes dominantes sont celles : 1* des méthodistes , 9* des baptistes , 3o des presbytériens , 4o des congrégationalistes. Il y a en outre une multitude de sectes qui sont séparées de ces rameaux principaux, ou qui sont venues d'fiui^pe; puis les catholiques, qui sont au nombre de 700,000 environ, partagés en dix évèchés ; pui«, enfin, les quakers et autres sectes moins importantes. Les unitairiens, qui touchent de près au déisme, et que les autres sectes qualifient quelquefois A'tnfldêles , sont sortis tfes congrégationalistes.

Les méthodistes des États-Unis diffèrent de ceux d'Angleterre et par leur discipline et par les formes qu*ils ont adop« tées. Il forment une secte fout à fait distincte. Ce sont eux qui tiennent les Camp-Meetings; c*est une forme de revi* valê que leur est devenue particulière. Leur clergé se compose de prêtres voyageurs, qui ont la fougue, Inactivité et le prosélytisme dès missionnaires catholiques que l'on a vus en France sous la restauration (1). Us ont six évèques qui sont aussi toujours en voyage. Les baptistes, les presbytériens et les congrégationalistes ont beaucoup de traits communs. Les congrégationalistes sont constitués en églises indépendantes les unes des autres, qui ne sont liées que par des conférences , conventions ou associations , embrassant tout un État, qui ne rendent point de décisions obligatoires, mais de simples avis facultatifs, ou par des tonseils composés de délégués d*églises voisines §t qui n*ont «{u'un

(1) Le clergé des metliocUêtes aoglait se compose autsi,\tt moins en grande partie, de prêtres voyageurs. '

caractère consultatif. L'ordioation même des ministres, qui a lieu en conseil, procède en fait et en droit des églises elles* mêmes, c'est-à-dire du peuple. Les églises presbytériennee sont associées, forment un corps, médiocrement compact, il est vrai, et relèvent d'une assemblée générale de synodea partiels. Les congrégationalistes sont aussi indépendants; c'est le nom des sectaires correspondants en Angleterre. Les puritains fondateurs des États de la Nouvelle-Angleterre étaient congrégationalistes. L'organisation même des congrégationalistes fait concevoir qu'il y a parmi eux beaucoup de nuances. Dans quelques cas, ils se rapprochent des presbytériens. Les baplistes , qui ne sont qu'une dérivation des congrégationalistes , en diffèrent en ce qu'ils ne baptisent que les personnes arrivées à l'âge de raison ; ils ont aussi un langage plus démocratiquci plus passionné ; leurs fidèles appartiennent , en général , aux classes les moins cultivées.

Dans les États de la Nouvelle- Angleterre, la majorité des habitants est congrégationaliste. La secte congrégationaliste existe à peine en dehors de ces États, ce qui tient à ce que, dans l'origine, cette secte confondait l'État avec 1*Éjjplise (1). Les États du centre sont ceux qui renferment la plus forte proportion de presbytériens; les États d'Obio, dlndiana et d'Iliinois, en comptent aussi une assez grande quantité.

Les méthodistes et les baptisles dominent dans les États du Sud et de l'Ouest, là surtout où il y a des esclaves ; ils existent d*ailleurs partout.

Lesanciens états du Sud sont ceux où les épiscopaliens ont le plus d'adhérents. Une bonne partie des personnes éclairées ou riches de l'Union, en général, appartient à cette secte ou à celle des unitairiens. Les catholiques sont nombreux dans

(1). La léparaUon de rÉtat ou plutôt de la commune d'avec l*ÉgU<e) n'est complète dans le Vermont, le Connecticut et le New-Hampsliire, que depuis seize ans environ. Elle n*a été définitivement consommée dans le Hassachutetts qu'en 1833. Elle a eu lieu de tout temps ea Rhode-lsland.

KOTBS. 817

la Louisiane et le Maryland ; les émigrants irian<fels en grossissent le nombre dans le Nord et dans l'Ouest.

Les quakers se trouvent presque uniquement dans la Pensylvanie et le New-Jersy. L*Église réformée hollandaise compte un certain , nombre d*adhérents, dans les Étals de New- York, de New- Jersey elde Pensylvanie. On sait que les Hollandais furent les premiers à coloniser les borcfs de THudson.

On trouve aussi dans TUnion toutes les variétés du protestantisme européen , soit parce qu'autrefois des réfugiés de tous les pays vinrent y chercher un asile où ils pussent pratiquer leurs croyances (1), soit parce que Témigration y ap^ porte aujourd'hui des hommes de toutes les sectes.

Je joins ici un tableau indiquant le nombre des ministres de chaque dénomination religieuse, en groupant les moins importants, ainsi que le nombre d'églises ou congrégations, celui des personnes en communion régulière et connue ayec les églises, et la distribution de la population totale du pays entre les sectes. J'ai dressé ce tableau d'après diverses publications» et particulièrement d'après V American Aima» nack de 1836. On ne doit le- considérer que comme ayant un degré assez imparfait d'approximation.

(1) Après iarévocatioa de TÉdit de Nantes, un certain nombre de huguenots se réfugièrent dans l'Amérique anglaise. lis s'ètat)iirent particulièrement dans la Caroline du Sud, où leurs descendants figurent encore parmi les familles les plus tionorables du pays.

Page 1