‹ Lettre à d'Alembert sur les spectaclesChapitre 11 sur 31 · Discours sur les lellres · texte numérisé non relu

Discours sur les lellres

au château de Chenonceaux, il écrivit en quinze jours une pièce en trois actes, V Engagement téméraire^ qui n'avait d'autre mérite, dit-il, que beaucoup de gaieté.

Bientôt après, Francueil l'introduisit auprès de l|a» d'Épinay. Il y avait un théâtre à la Chevrette. Une personne de cette société ^ écrivait alors : « On ne parle et Ton n'entend ici que comédie. On répète un rôle d'un côté, on fait les beaux bras de l'autre, on essaie des habits, on fait des plaisanteries auxquelles personne n'entend rien. J'ai pris le parti d'assister aux répétitions afin de m'ennuyer moins. J'y aurais réussi si j'avais quelqu'un à qui confier mes remarques. Ils sont là une troupe d'amoureux. En vérité cette société est comme un roman mouvant. »

Rousseau se laissa d'assez bonne grâce entrsdner dans ce tourbillon. On joua sa pièce. Il y avait même accepté un rôle qu'il étudia six mois sans relâche et qu'il fallut, dit-il, lui souffler d'un bout à l'autre.

Tel est Rousseau avant sa conversion. C'est dans l'été de 1749 qu'il jouait à la Chevrette V Engagement téméraire; quelques semaines plus tard, il allait trouver sur la route de Yincennes son chemin de Damas, et composer le Discours sur les sciences et les arts. Cette œuvre contient en germe tous ses autres paradoxes ; la Lettre à d'Alembert

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