‹ Lettre à M. d'Alembert sur les spectaclesChapitre 12 sur 78 · Fort intimes' avec Diderot · texte numérisé non relu

Fort intimes' avec Diderot

Voy. plus bas, p. 9, et la note 1.

3. L'article Economie politique et, en grande partie, les articles de musique.

•4. Les maximes qui. à Genève, servent de fondement à cette exclusion du théâtre.

H J.-J. ROUSSEAU

qu'il lalloit laiiv, cl n'ai pu rcxcciitcr. J'ai dit Iroidemont la vérité : qui est-ce qui se soucie d'elle? Triste n^commandalion pour un livre! Pour être utile il faut être agréaltle: et ma plume a perdu cet art-là. Tel me disputera malii^nement cette perle'. Soit : cependant je me sens déchu, et l'on ne tond)e pas au-dessous de rien.

Premièrement, il ne s'agit plus ici d'un vain babil de philosophie, mais d'une vérité de pratique importante à tout un peuple. Il ne s'agit plus de parler au petit nombre, mais au public: ni de faire penser les autres, mais d'expliquer nettement ma pensée. Il a donc fallu changer de style : pour me faire mieux entendre à tout le monde, j'ai dit moins de choses en plus de mots; et, voulant être clair et simple, je me suis trouvé lâche et dillus.

Je comptois d'abord sur une feuille ou deux d'impression tout au plus; j'ai commencé à la hâte; et mon sujet s'étendant sous ma plume, je l'ai laissée aller sans contrainte. J'étois malade et triste; et, quoique j'eusse grand besoin de distraction, je me sentois si peu en état de penser et écrire, que, si l'idée d'un devoir à remplir ne m'eût soutenu, j'aurois jeté cent fois mon papier au feu. J'en suis devenu moins sévère à moi-même. J'ai cherché dans mon travail quelque amusement qui me le fît supporter. Je me suis jeté dans toutes les digressions qui se sont présentées, sans prévoir combien, pour soulager mon ennui, j'en préparois peut-être au lecteur*.

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