Entendez: le genre humaiH est nn
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iiiodiru' par los reli^'ions, par les goiivernomens, par l«'s Idis, par les coutiinies, par los pn''ju|:és. par les climats, <k'vient si (liirércnt de lui-ni»"Miie, (jn'il ne faut plus chercher panni nous ce qui est bon aux hommes en général, mais ce qui leur est bon dans tel temps ou dans tel pays. Ainsi les pièces de Ménandre, faites pour le théâtre d'Athènes, étoient déplacées sur celui de Rome*; ainsi les combats de gladiateurs, qui, sons la république, animoient le courage et la valeur des Romains -, n'inspiroient, sous les empereurs, à la populace de Rome, que l'amour du sang et la cruauté : du même objet offert au même peuple en différens temps, il apprit d'abord à mépriser sa vie, et ensuite à se jouer de celle d'autrui.
Quant à l'espèce des spectacles, c'est nécessairement le plaisir qu'ils donnent, et non leur utilité, qui la détermine. Si l'utilité peut s'y trouver, à la bonne heure ; mais l'objet principal est de plaire, et, pourvu qiie le peuple s'amuse, cet objet est assez rempli. Cela seul empêchera toujours qu'on ne puisse donner à ces sortes d'établissemens tous les avantages dont ils seroient susceptibles, et c'est s'abuser beaucoup que de s'en former une idée de perfection qu'on ne sauroit mettre en pratique sans rebuter ceux qu'on croit instruire. Voijà d'où naît la div(ij:;iilé des spectacles selon les goûts divers des nations. Un peuple intrépide, grave et cruel, veut des fêtes Tilêurtrières et périlleuses, où brillent la valeur et le sang-froid. Un peuple féroce et
1. Cest de Ménandre imité par Térence qu'on pourrait le dire :
les imitations de Cécilius. et surtout celles de Plaute, plus librement adaptées, firent mer-
veille dans la Rome républicaine.
2. Assertion de pure fantaisie, suggérée sans doute à Rousseau par son préjugé superstitieux en faveur de la Rome de Fabricins.
LETTRE A M. DAI.EMBERT.
J)Ouillant vont du sang, des combats, des passions ^ alroces. Un peuple voluptueux vent de la musique et des danses. Un peuple galant veut de l'amour et de la politesse... Un peuple badin veut de la plaisanterie et du ridicule. Trahit sua quemque voluptas-. Il faut, pour leur plaire, des spectacles qui favorisent leurs penchans, au lieu qu'il en faudroit^ qui les modérassent. /La scène, en général, est un tableau des passions humaines, dont l'original est dans tous les cœurs : mais si le peintre n'avoit soin de flatter ces passions, les spectateurs seroient bientôt rebutés, et ne voudroient plus se voir sous un aspect qui les fît mépriser d'eux-mêmes. Que s'il donne à quelques-unes des couleurs odieuses, c'est seulement à celles qui ne sont point générales, et qu'on hait naturellement. Ainsi l'auteur ne fait encore en cela que suivre le sentiment du public; et alors ces passions de rebut * sont toujours employées à en faire valoir d'autres, sinon plus légitimes, du moins plus au gré des spectateurs. Il n'y a que la raison qui ne soit bonne à rien sur la scène. Un homme sans passions, ou qui les domineroit toujours, n'y sauroit intéresser personne; et l'on a déjà remarqué qu'un stoïcien, dans la trâgédrr, seroit un personnage insupportable^: dans la comédie, il feroit rire tout au plus.
Qu'on n'attribue donc pas au théâtre le pouvoir de changer des sentimens ni des mœurs qu'il ne peut que
1. Des émotions (affectus). C'est en ce sens que Pascal dit « les passions de l'amour ».
2. Virg., EcL, II. Go : Chacun iwursuit le x>lnisir qu'il préfère.