‹ Lettre à M. d'Alembert sur les spectaclesChapitre 32 sur 78 · Voir plus bas, p · texte numérisé non relu

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2. Des précepteurs bien peu persuasifs quand ils sont entraînés eux-mêmes à l'abîme par leur passion. C'est aux héroïnes raisonneuses de Corneille , en qui l'amour n'est que l'ornement des belles âmes, que le reproche pourrait à la rigueur s'appliquer.

3. Telle est bien sa doctrine en ce moment : « Le problème entier dépend d'un point unique : trou-

vez seulement Julie (la femme idéale qu'il représente dans la Nouvelle Héloise), et tout le reste est trouvé. Les hommes ne sont point ceci ou cela , ils sont ce qu'on les fait être ». (Nouv. Hél., part. VI, lettre XI.) — - C'est donc pour s'exciter lui-même à la vertu, prétendait-il audacieusement, qu'il avait recherché la troublante intimité de la comtesse d'Houdetot.

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théâtre, pour en trouver de si diftérens dans la société? Cependant le tableau séducteur fait son effet. L'enchantement causé par ces prodiges de sagesse tourne au ]irotit des femmes sans honneur. On'un jeune homme n'ait vu le monde que sur la scène, le premier moyen qui s'offre à lui pour aller à la vertu est de chercher une maîtresse qui l'y conduise, espérant bien trouver une Constance * ou une Cénie - * tout au moins. C'est ainsi que, sur la foi d'un modèle imaginaire, sur un air modeste et touchant, sur une douceur contrefaite, nescius

* Ce n'est point par étoiu'derie que je cite Cénie en cet endroit, quoique cette charmante pièce soit l'omTage d'une femme : car. cherchant la vérité de bonne foi, je ne sais point déguiser ce qui fait contre mon sentiment ; et ce n'est pas à une femme, mais aux femmes que je refuse les talens des hommes. T'iionore d'autant plus volontiers ceux de l'auteur de Cénie en luirticulier. qu'ayant à me plaindre de ses discours, je lui rends un hommage pur et désintéressé, comme tous les éloges sortis de ma plume a .

(a) Mme de Graffigny avait dans le monde une déplaisante rudesse de langage. Si Rousseau s'en est véritablement ressenti, son hommage est d'autant plus généreux (et il semble vouloir le bien marquer), que Mme de Graftigny venait d'essuyer au théâtre, avec la Fille d'Aristide, un échec dont l'amertume abrégea sa vie. Elle mourut à la fin de cette année 1758.

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