XXVI INTRODUCTION
on y sent trop que l'amour, cet amour fatal dont jo m'efforçais de guérir, n'était pas encore sorti de mon cœur. »
Il écrivait dal)oii(l;uice et comme d'inspiration, sans livres sous la main, sans se mettre en peine de vérifier ses souvenirs littéraires, tirant de Montai^Mie, dont le commerce lui était familiei", prescjue toute son érudition grecque et latine. Ce laisseraller se trahit dans le style aisé, mais souvent peu châtié, dans la composition dont les grandes lignes sont nettes, mais qui dans le détail se détend et s'égare. Il se rend compte que cet écrit est dnne façon unique parmi les siens, et nous pouvons l'en cr.iire quand il déclare que c'est le premier où il ait « trouvé des charmes dans le travail ».
Il en faut excepier la Préface, à laquelle il attachait une importance exceptionnelle, comme il en fait confidence à son imprimeur Marc-Michel Rey d'Amsterdam : c'est un morceau où tout est pesé, calculé, dont il attend un grand effet sur lupinion. 11 y établit sa nouvelle situation, non pas dans le monde des gens de lettres, mais plutôt en dehors. 11 notifie d'abord sa rupture avec Diderot et la motive à mots couverts, mais infamants : ce sera désormais sa manière de quitter ses amis. Il se félicite de s'être réfugié dans la « solitude », loin des « méchants ». Ces tnéchants, qui sont-ils Y — Les hommes sous les auspices desquels il avait débuté comme écrivain, dans la société desquels il avait pris place. C'est ce qu'il appelle « la coterie » du baron d'Holbach. Cette Préface est un manifeste. Au moment de combattre à front découvert (soit dit à son honneur! ceux dont il avait été jusqu'alors l'associé, du moins en apparence et aux yeux du monde, il se sépare d'eux publiquement.