PREMIÈRE PARTIE, PUBLIÉE PAR M. WRIGHT
Page 3, 1. 15. Mahomet est nommé ici ^UjJi x.i.+J. Vous lisez fL^t KiJ et vous traduisez noble palmier. Je
crois au contraire que la leçon des man. est bonne. Elle se trouve aussi dans Boul.; et dans le Voyage d'Abdarî, où
j'ai rencontré la même expression employée en parlant du Prophète, le man. (n°. 11 (2), fol. 107 v°) porte trèsdistinctement KjJj. Chez lbn-al-Khatîb (man. de M. de Gayangos, fol. 141 r°) on lit également, en parlant d'un sultan de Tunis: cy>?^' /*>;) j*>> fU-ï KiJ
xÂi y*. Vous voyez que la construction de ce passage ne permet pas de faire le changement que vous proposez. À mon avis, il faut prononcer libna (brique) et traduire: «la brique qui a complété (l'édifice),» c'est-à-dire, la dernière brique de l'édifice, le couronnement de l'édifice, comme nous dirions. Deux considérations recommandent, je crois, ma manière de voir. En premier lieu, je laisse intacte la leçon que présentent les man. de Maccarî , d'Abdarî et d'Ibn-al-Khatîb, et qui est confirmée par une édition orientale. En second lieu, je laisse au mot fUsll sa véritable signification, celle de complément, et les trois passages où l'expression se trouve , exigent impérieusement de ne pas lui en attribuer une autre. En effet, Maccari
dit après son fLxM KJLJ: flbiJ! olLj, aJLJf iL-ôt ^Lài au , «celui par lequel la série des prophètes de Dieu et de ses illustres envoyés est devenue complète.» Chez lui xjLaJ fLsft est donc la même chose que *La-*J^I le titre
que Mahomet porte ordinairement, et l'édiGce que l'auteur a en vue est celui de la prophétie. Chaque prophète est considéré comme une brique de cet édifice, et Mahomet en est la dernière. Chez Abdarî l'idée est au fond la même , seulement elle est un peu modifiée. Il appelle le Prophète:
'o^U^M JLb xI^i jtp* «rU-*JI IU*J *fUtt jJmJI «,^b>^l ^,LC« j^'J, «le seigneur, l'imâm, la brique qui
a complété (l'édifice), le meilleur de tous les hommes sans exception, celui qui a été envoyé pour compléter les nobles qualités (des autres).»
P. 6, 1. 16. Vos observations sur le sens du vers qui se rapporte aux Omaiyades:
LU ^J*\ llsw» f(J ÎJu Û lyJLu,
sont certainement bonnes pour ce qui concerne la construction et le double sens du dernier mot; mais le vers n'étant pas difficile, vous les avez données seulement pour
recommander votre changement de j^jJLn.S (leçon qui se
trouve aussi dans Boul.) en \yùLaj, que M.Wright a passé sous silence. Je crois qu'il a agi sagement. La V» forme de v à^c ne signifie pas, comme vous traduisez: s'emparer violemment d'une chose, mais bien, comme vous l'expliquez en arabe: {Xs, c'est-à-dire, opprimer, tyranniser;
*j, comme on lit dans le Câmous ; inique et in-
iuste tractavit dans Freytag. C'est le synonyme de la Iw forme (voyez le Glossaire sur Belâdzorî , p. 70) , et elle se construit aussi avec comme dans un passage du
Voyage d'Abdarî, qui, en citant un vers satyrique sur Tunis, s'exprime en ces termes (man. 11 (2), fol. 82 v°):
« jLa» L$JU: vjJL*ï5 'JLaJU UÏi Uuai\ U. Or, l'idée (l'opprimer, de tyranniser ne convient en aucune manière quand on parle des grains de beauté qu'un amant remarque sur le visage de sa maîtresse, car assurément il n'opprime pas ces grains de beauté. Elle ne convient pas davantage quand il s'agit de la domination des Omaiyades sur la Syrie , car ces monarques n'opprimaient nullement ce pays, où ils étaient adorés, comme ils opprimaient
i'irâc et l'Arabie, où on les délestait. Votre changement ne se recommande donc par rien; la langue, le bon sens et l'histoire le répudient également. Pourquoi l'avez-vous proposé? Qu'y a-t«il à reprendre dans la leçon des manuscrits ? Vous n'en dites rien. La construction deodLu avec l'accusatif vous a-t-elle semblé étrange? Dans ce cas, vous* en trouverez des exemples dans un vers que cite
Maccarî, t. I, p. 838, I. 19: Léu& et dans cet
autre, t. II, p. 195, 1. 21: «Lorsqu'il était encore au
maillot, il s'est déjà épris de la cuirasse (^«-XJI (j***)* et aussitôt qu'il eut vu un cheval , il prit le berceau en horreur. » S'éprendre de est aussi justement le sens qu'exige le vers qui nous occupe; il convient aux grains de beauté dont s'éprend un amant , aussi bien qu'à la Syrie que les Omaiyades préféraient à toutes les autres provinces de leur vaste empire et où ils avaient établi leur résidence. — Quant à la fin de votre note, je n'en ai pas parlé parce que j'y reviendrai dans ma remarque sur la p. 792, 1. 23.
P. 10, I. 14. oto w^aâi! y*.. M. Wright demande, dans les Additions et Corrections, s'il ne faut pas lire
sjjLiû. Vous ne vous êtes pas prononcé sur cette question. Je n'ai pas le droit de conclure de votre silence que vous approuvez la conjecture de notre savant ami, mais bien que vous considérez aussi la leçon du texte comme fautive, car s'il en était autrement, vous l'auriez défendue, comme je crois devoir le faire. J'avoue volontiers
que si le de M. Wright se trouvait dans les man. ,
je n'hésiterais pas à l'approuver , car ^ai^'t est , selon le Câmous, jy&dîj jl^'î •! peut donc fort bien s'employer
en parlant de branches qui, agilées par le zéphyr, se balancent. Mais dans les man. il n'y a pas plus de variante que dans l'édition de Boulac, et la Ve forme de tJh£a5 , qui n'est pas dans les dictionnaires , existe , car je lis dans les Mille et une nuits (t. III, p. 557 éd. Habicht) : ^Là
JUij j^uxj.y U&a&!3 uJLajlj.. Evidemment ces trois verbes sont synonymes et signiGent: pencher de côté et d'autre, se tourner à droite et à gauche, balancer. C'est précisément le sens que demande le vers cité par Maccarî.
P. 11, 1. 14 et 15:
u-t-l J^Ui ^> ^ tyX
Cette fois vous approuvez décidément par votre silence le changement de ^c^JU? ^ en ^^Lo j^JI, que M. Wright a proposé en son propre nom; car comme vous revenez sur ^LLs*!, vous étiez obligé de parler en môme temps de ' cet ^Jl si vous le condamniez , comme je n'hésite pas à le faire. 11 faut conserver le des man. et de Boul., car si on lit \JI, le vers manque, non-seulement de pointe, mais aussi de sens. Il signifie: «J'ai visité les demeures de mes amis, plein du désir de revoir, non pas ces demeures mêmes, mais ceux qui les habilent; car si je désirais revoir les habitations de mes amis, je plaindrais mon cœur.» C'est un jeu de mots sur le verbe ^ construit avec ^J! et avec ^JU; ^Jl ^ désirer revoir
quelqu'un, ^JU ^ avoir pitié de. En d'autres termes: Si je désirais revoir des endroits aussi peu intéressants en eux-mêmes que le sont ceux où demeurent mes amis, je
serais bien à plaindre , car je prouverais dans ce cas que je suis un homme sans cœur et qui, au lieu de s'attacher à des êtres vivants, s'attache à certaines localités. C'est, je crois , un sens clair et raisonnable , tandis que le changement de ^JLc en ^1 donnerait un contre-sens. En effet, que serait-ce que: «Car si je désirais revoir les habitations de mes amis, je désirerais revoir mon cœur?»
P. 18, I. 5. vi>,l> ^Ju J Jju. Le vers auquel cet hémistiche appartient, se trouve dans mes Loci de Abbadidis, t. II, p. 100, dern. ligne.
P. 40, I. 5, 23 et 25. Les leçons ^S$\9, sans article, et fo\ sont aussi dans Bout.
P. 42, 1. 16. L$aj3;. Môme remarque.
P. 46, 1. 11. Boul. a ww*w^J», comme dans les Add. et Corr.
P. 47, 1. 19. Boul. J^cUas.
P. 51, K. 16. Votre correction est confirmée par
Boul.
P. 73, 1. 22. 0UJ dans Boul.
P. 75, L 6. JLuuûaJI Iâp rUJÎ 0t Je
dois vous avouer franchement que vous me semblez avoir eu une idée bien singulière en attribuant à le sens
de jifJpJS, et en contredisant M. Lane qui avait si bien remarqué que le jJ^j du Tâdj al-arous est une faute du
copiste pour ^ .^Cî. Mettez o;~> à la place de , alors vous verrez que cela ne donne aucun sens, car on ne peut pas dire VU*J| pU-Sl ;^=>. Les paroles du texte signifient: «Lorsque je fus d'avis de terminer cet écrit.»
cyL>, être d'avis, se trouve dans le dictionnaire de Hëlot; voyez aussi les articles croire, penser et se persuader dans Boclhor, et comparez Burckhardt, Travels in Nubia , p. 409
' dans la note: «ne croyez pas, ne pensez pas.»
P. 77, 1. 10. Il est presque inutile de dire que^àAaiJt est confirmé par Boul.
P. 80, 1. 3. Ji> est dans l'édition; le point du est cassé, mais dans mon exemplaire il est encore visible.
Ibid., 1. 9. 5Ô aussi dans Boul.
P. 87, 1. 7. U>LU\ J&\ JjkJl KJLlSj
zùJl* *--^jjCj.. Dans la note a, M. Wright avoue qu'il ignore ce que signifie ici le mol iLXs. C'est tout simplement kJUlÎ, le diminutif de xlî, cruche. Il n'est pas rare que les savants ne reconnaissent pas les diminutifs. Ainsi l'illustre Quatremère (Hist. des suit, maml., II, 1, p. 60) a traduit un passage de Macrîzî où il est question d'une isuf^a, et il a dit dans une note que celte leçon «ne présenle pas une signification satisfaisante;* après quoi il ajoute: «On peut lire ou x^u^o, une lame, ou Kà^uo, «tt plat. Dans la Vie de Kelaoun, et dans l'Histoire de Nowairi, on trouve le mot une boîte; ce qui paraît la meilleure leçon.» Cependant personne ne croira qu'un copiste ail corrompu le mot oir> en jUu^u?,
et ce dernier terme, qu'il faut prononcer xilsJo , est parfaitement correct. C'est le diminutif de Xâ^-o; Freytag l'a noté sous ce dernier mot, et P. de Alcala (sous salsera o salserela) le donne dans le sens de saucière.
P. 88, I. 19. *£ity> fl*t iJ 0vXw u^^l ûyA^ yS>y Telle est la leçon de tous les man. et de l'édition de Boulac. H. Wright y a substitué ^cXia et il a rejeté la leçon des man. dans une note. J'avoue que je n'aurais pas osé le faire. Il est vrai que ay\J ne se trouve pas dans Freytag, mais ce terme est en usage comme le plur. de
0\3<i. Aux quatre exemples de ce plur. que M. Mùller a cités [Die ietzten Zeiten von Granada, p. 155 dans la note), on peut ajouter ceux-ci: Ibn-Khaldoun , Hist. des Berbères, t. I, p. 122, 1. 1, p. 149, I. 2 a f., p. 280, 1.10, p. 295, 1. 7 a f., p. 372, 1. 4 a f. et 1. dern., t. II, p. 71 , I. 6 a f., p. 108, 1. 1 , p. 245, 1. 3 a f. ; Prolégomènes , t. I,p. 220, dern. 1., t. III, p. 104, 1. 3; Bibl. Arabo-Sicula , p. 617, \, 4; BoctW v°. arpent. Comme le personnage dont il est question dans notre texte peut avoir possédé plus d'un champ, l'auteur peut fort bien avoir employé le pluriel.
P. 90, 1. 4. L'Espagne est, selon Râzî: iL*iÙAJf iUj^ XaLéOl Votre conjecture, au lieu de ^.buj ,
comme portent les man. et l'édition de Boulac, me semblerait d'une hardiesse extrême, même si ce ïUaLm •cadrait assez bien avec l'ensemble du passage, ce qui, je crois, n'est pas le cas. Il n'y a rien à changer, et je me
tiens persuadé que vous auriez laissé le texte intact, si, à l'époque où vous écriviez cette remarque, vous aviez déjà eu à votre disposition le Lexique de M. Lane, car
Freytag a expliqué x&L> d'une manière peu satisfaisante. M. Lane dit: primarily signifies a mode, or manner,
of (jk>, generally as ineaning création; a particular ma/ce :
and hencc, constitution;» etc. Or, comme ^Lb sigtiiOcwatura, indoles a nalura insita, il est clair que les paroles de notre texte présentent ce sens: le sol de l'Espagne est fertile par la nature de sa constitution; — il n'est pas nécessaire de rendre ce sol fertile par des moyens artificiels, car il Test par sa nature même.
Ibid., 1. 24. M. Wright n'aurait pas dû écrire ^LssuJ' , mais ^L^Jî -^u> , ce qui se rapproche plus de la leçon de ses raan., qui ont ^L 2sv âJI (aussi dans Boul.). En effet, c'est de cette manière que ce mot s'écrit en arabe. Il est dans Freytag ; dans le Latâïf al-ma'ârif de Tha'àlibî (p. 116, 1. 8 éd. de Jong) c'est ^il^o, et
dans le Mosta'tni (man. 15) ^îjJI ^fv>, forme queFrey-
tag a aussi.
P. 93, 1. 6. iU-JJuî^Up oJ< iuU£iL3; mais les man. (de môme que Boul.) portent Jl^ù et M. Wright a eu tort de biffer le mot rs>\)ô, qui n'est nullement de trop, comme il l'a pensé *. L'expression ^Up, qui ne se trouve pas dans les dictionnaires, n'est pas rare chez les auteurs arabes. On lit chez Ibn-al-Coulîa (man. de Paris,
fol. 12 v°): fj£3 Jjp o^t àJisi &xî oj.jLï {Jjà, car ces.
') Peut-être me direi-vous que je me suis trompé, moi aussi , en n'admettant pas le p&^à, t- H. p. 54, 1. 9; mais alors je vous répondrai que le cas n'est pas le même. J'ai rejeté le mot en question, non pas parce qu'il ne pouvait pas être placé après mais parce que Mac-
-cari dit formellement qu'il copie Ibn-Khallicân , et que ce dernier n'a pas le ni dans l'édition de H. Wûstenfeld (Fasc. III, p. 124,
1. 6), ni dans celle de M. de Slanc (t. I, p. 322, 1. 13). Il ne se trouve pas non plus dans le Haccarî de Boulac.
voyelles sont dans le man. , est pour *-$!^). Dans une Histoire des Hafcides (dans le Joarn. asiat. de 1851, 1. 1, p. 58, 1. 4): jLLO s îJL tî^JLâJI ^ «juï 0«J yAy
Dans les Voyages d'Ibn-Batouta (t. I, p. 425): ,^Jt vi>ou ,U p tfU~*i=u Uu^AJt. Plus loin (t. II, p. 76):
r>xJI ^ f-*^0 iLÎL^ jjLAI. Ailleurs (t. II, p. 88): ;L*> oy^> 0LLUJI ^ r>î J>
Plus bas (t. II, p. 374): SL+j 1$jj>
JiÀiù X-SL^-j JU{Jf. Dans un autre endroit (t. III, p. I): fPÎ^ ^xilij iùo^ uUw<o L^j l*Lju3. Voyez aussi t. III, p. 13, 14, etç. Dans un Formulaire de contrats (man. 172, p. 9) on trouve: 0j Q^UJ 0^l3 0j <^>)
t^U*) teX*^ tÂf iu>x^j. Les savants traducteurs d'Ibn-Batouta ont rendu l'expression dont il s'agit par dinar d'argent, et je crois aussi que c'était une monnaie d'argent, car le voyageur que je viens de nommer, se sert
(t. I, p. 428) de l'expression: Jj^ô o^Tgyi^.
Parmi les passages que j'ai cités de lui, il y en a aussi plusieurs d'où il résulte que celte monnaie équivalait à un quart de dinar du Magrib. On peut donc l'évaluer à environ trois francs, et quant à l'expression arabe, on peut comparer ce passage de Prosper Alpin (Hist. Aegypti natur. pars prima, p. 49): «Et tam vili pretio habentur, ut puer puellave non plus aureo argenteo apud eos aeslimelur. >
P. 94, 1. 5 et 6. Il faut corriger trois fautes dans ces deux vers. La leçon xU^UL, que l'éditeur n'a trouvée que dans un seul man., doit être remplacée par kU-,comme portent les autres man. et Boul. Selon toute ap-
parence, M. Wright l'a admise parce qu'il croyail que le ^ dernier pied devait avoir deux syllabes; mais dans les poèmes modernes et populaires, le dernier pied du monsarih n'en a souvent qu'une seule (voyez, par eiemple,
t. I, p. 310, I. 18 et suiv.) et il faut prononcer ,Jy*Jt et ^LxaoJI (= ^kx«Jî *xj> 0*).
Ibid., 1. 22 et n. f. La correction de l'éditeur est confirmée par Boul.
P. 97, 1. 2. La bonne leçon, indiquée dans les Add. et Corr., est dans Boul.
P. 105, I. 20. Le texte dit que dans l'Aragonon trouve Xnl h.y Zjff, et la note e est conçûe en ces termes: «Les man. portent îLoUjj.» Vous dites qu'il faut restituer la leçon des man.; que Yàcout a bien en trois endroits iuilbj ^t mais que c'est évidemment une corruption de xôllaj^, Britannia, la Bretagne. Quel nom de ville ou de pays, demandez-vous, répondrait -à ce Barbatânia ? Après quoi vous ajoutez que l'extension du nom de la Bretagne à la partie nord-est de l'Espagne s'explique naturellement par la circonstance que les chrétiens, venus du sud-ouest de la France, se sont avancés jusque dans cette partie de la péninsule ibérique. — Parmi toutes vos notes il y en a peu d'aussi malheureuses. Barbitania, car c'est ainsi qu'il faut prononcer, était l'ancien nom du Sobrarbe. «Quod modo dicitur Superarbiura, olim vocabatur territorium BarbilanuiD,» lit-on dans le Fragmentum historicum ex cartulario Alaonis, publié dans . YEspaha sagrada, t. XLVI, p. 528. Vous auriez pu trouver cela dans la seconde édition de mes Recherches, que j'ai eu le plaisir de vous envoyer il y a dix ans. A la page 357 du tome II, j'ai cité, dans la
. noie 3 , le passage du Fragmentum hisloricum. L'auteur île ces notices historiques fort curieuses nous apprend aussi pourquoi le nom a été changé. Par le passage d'Ibn- Haiyân que j'ai traduit dans nies Recherches, vous verrez que Barbastro était la forteresse la plus importante de la Barbitanie, et on lit la môme chose dans l'ancienne Iraduction espagnole dè Râzî, publiée dans les Memorias de la Academia de la hisloria, t. VIII, p. 43. Or, l'auteur du Fragm. hisl. continue en ces termes après les paroles que j'ai citées: «Cum autem homines Superarbi Barba s t ru m perdu] isse ni , a quodam monte, qui dicitur Arbi, eo quod supra eum slarent Chrisliani et subtus Mauri, vocaverunt se Superarbenses, id est super illum montem stantes. Modo vero convenit eos Barbastrinos [adde: vocare, vel simile verbum] , quia iam Dei gratiâ caplâ Barbaslrâ et a Christiauis possessâ, dignum est ut nuncupetur sicut antiquitus.» Au reste, je vous avouerai que la correction daus le texte de Maccarî n'est pas de M. Wright, mais de moi. Il me répugnait de laisser subsister cette lourde bévue; je ne voulais pas voir la Bretagne transportée dans l'Aragon , c'était trop ridicule. Sans doute la faute est de Maccarî môme; car elle est fréquente chez les auteurs arabes. On la trouve aussi dans les deux man. sur lesquels j'ai traduit l'intéressant récit d'Ibn-Haiyân, et le traducteur espagnol de Râzî, qui écrivait à une époque où l'ancien nom du Sobrarbe était depuis longtemps tombé dans l'oubli, place le district de Brelania à côté de celui de Lerida, sans le moindre respect pour la géographie.
P. 118, 1. 17. ^U» gJLcffJo lytiS vL*iyL~l Lis
ic^uô aJ. M. Wright a fait imprimer jLsijo à l'accusatif, ce qui ne donne pas de sens. Il faut lire ïLs^iô au no-
minatif et traduire: «Quand elle eut fini de parler, l'aveugle toussa; alors elle dit: «Il a mal à la gorge.»» *J doit être joint à fcAjJ et non pas à isJlS.
Ibid., I. 10. 1^1 SI l*y S, *l dit Lp*»! S. Il faut biffer avant 1^*3. le mot ÎH, qui ne se trouve ni dans Boul., ni dans les deux man. d'Ibn-al-Kbatîb, celui de M. de Gayangos et celui de Berlin. Ce n'est pas un souhait (l'ensemble du passage montre assez que le poète aveugle ne souhaite rien de bon à son interlocutrice), mais une imprécation, une malédiction. Si Ton conserve cet St,la réplique de Nazhoun ne donne pas de sens; mais tout est clair quand on le retranche. Au resle, l'éditeur a négligé de faire remarquer que ces deux phrases riment; il aurait
du les faire imprimer ainsi: LP^t % M^Ii- <JUI l$»*J S
Ibid., I. 12. Dans le vers:
l^U ^ Lr*~*\ c\J> a\f Dt,
le mot iyail est un contre-sens. Il faut y substituer Qfttt, leçon qui se trouve dans les deux man. d'Ibn-al-Kbatîb. Ce mot signifie pudeur, décence , retenue , honnêteté. Voyez Maccarî, t. I, p. 678, 1. 20; Ibn-Khaldoun , Hist. des Berbères, t. I, p. 233, 1. 11; Prolégomènes, t. I, p. 19, 1. 14, p. 29, 1. 3; Ibn-Abdalmelic Marrécochî, man. (fe Paris, n° 682 suppl. ar. , fol. 74 v°: oU«Jt3 0y^>\ vj^yw 0LT.
Ibid., I. 18. ytAj \ft& iio^U- ne signifie rien. Il faut lire JW,L>, comme on trouve dans Boul. et dans le man. de Berlin d'Ibn-al-Khalîb.
P. 122, n. a. Comme il s'agit d'un mot qui était en usage en Espagne, M. Wright aurait mieux fait de citer, au lieu du terme italien coniglio, le terme valencien conill et le terme portugais coelho, qui est pour conelho, les Portugais aimant à supprimer la consonne qui se trouve entre deux voyelles.
P. 126, 1. 15. Vous dites avec raison que l^yas» ^ est bon aussi. Je ne vois pas pourquoi on changerait cette leçon, qui est conflrmée par Boul.
Ibid., 1. 22. U>yLo ne conviendrait pas, et je ne puis
adopter U>JLi (dans les Add. et Corr.), parce que ^Jla
n'existe pas , que je sache. Je crois devoir lire b-yt* avec Boul.
P. 128, 1. 5 et n. a. Ce qui n'est dans aucun
man. et que M. Wright a ajouté de son chef, n'est nullement nécessaire, car «après une proposition supposilive exprimée par yl, on fait quelquefois l'ellipse de la proposition corrélative» (de Sacy, Gramm. arabe, t. II, p. 464); en d'autres termes: ce qu'on appelle le vS*-1?' de est quelquefois sous-cntcndu. On en trouve un autre exemple p. 572, 1. 7 et suiv., passage sur lequel l'éditeur de Boulac remarque ce qui suit: ^LjwÎ *ÂJ> ^ jJ
à&c ^à.v «la*!! a* B;>r^- >-*-^ H dit de
même au sujet du ^ y3 qu'on trouve t. II, p. 147, 1. 7 de notre édition: l$là£J ^\ «j^^u LiîJot o3«Â^u» jJ A la page 128 Boul. a (^àXJ; mais selon toute apparence, ce mot a été ajouté par l'éditeur, qui ne savait pas encore, au moment où il imprimait ce passage, que ^àSJ est sous-entendu ; il ne s'en est aperçu que lorsqu'il im-
primait le second passage. La môme rélicence se trouve aussi p. 317, 1. 14, passage dont je serai obligé de parler plus loin, parce que vous avez voulu en changer le texte. Au reste, je ferai encore observer que les auteurs modernes aiment à ajouter la proposition corrélative, que les écrivains plus anciens suppriment. Ainsi on lit chez Jbn-al-Khalîb (man. de M. de Gayangos , fol. 44 v° et man. de Berlin): jJLit^ ^\ QW yo^AJ K*Ob JUS
y^Ji 0IS jJ, après quoi le récit continue. Il y a donc ici ellipse de la proposition corrélative; mais Maccarî (t. II, p. 209, 1. 7), qui a copié cet article d'Ibn-al- Khatîb, l'a ajoutée: tJtf £b U.
Ibid., 1. 10. g-J,i I. ftfeil?- ^ ^JI ^UJl ijb^y
m OS
•&LaA* Jléjs ts3. Vous proposez de lire et Boul. a
réellement ^^t; mais la leçon de M. Wright est certainement la bonne, comme le prouve un passage tout à fait semblable, p. 298, 1. 1—3: 8,L*j! 0\ §&>j ^Xaju» ^ JLS