SIX MILLE FRANCS
« A M. James Leroy [d’Eliolles) , qui a publié en 1825 un ouvrage sur le même sujet , et quia le premier, en 1822 , fait connaître les instrumens qu’il avait inventes , et qu’il a depuis essayé de perfectionner : Une somme de deux mille francs. »
L’Académie annonça , en même temps, qu’un grand prix pourrait être décerné l’année suivante.
En 1827, l’Académie, malgré le nombre et le mérite des travaux soumis à son jugement; attendu les termes formels de l’ordonnance du Roi, sur la fondation des
membres de la commission des discours qu’ils n’ont jamais tenus et qui seraient en opposition avec ce qu’ils ont écrit, M. Leroy a etc plus
prix de M. de Montyon; l’Académie, dis-je, n’a cru pouvoir décerner que deux prix :
L’un de 10,000 fr. à MM. Pelletier et Cavantou , à qui l’art de guérir est redevable de la découverte du sulfate de quinine.
L’autre de 10,000 fr. à M. Civiale, comme ayant pratiqué le premier sur le vivant la lithotritie , et pour avoir opéré avec succès, par celle méthode , beaucoup de calculeux.
Néanmoins, l’Académie a pensé pouvoir encore accorder à différens ouvrages des médailles d’encouragement, dont une de 2,000 fr. à M. Leroy d’Etiolles , pour son exposé des divers procédés employés jusqu’à ce jour , pour guérir de la pierre, sans avoir recours à l’ opération de la taille.
Il résulte de ces citations, extraites de pièces officielles, que l’Académie des Sciences n’a décerné de prix pour la lithotritie qu’à moi, seul, et que M. Leroy, ainsi que d’autres, n’a reçu que des encouragemens. Quant à la priorité d’invention, l’Académie a résolu le problème, en adoptant le rapport de sa commission de 1824. C’en est assez pour juger de la validité du titre d’ inventeur que s’attribue M. Leroy.
Et d’ailleurs comment a-t-il pu croire que par ces mots: qui a le premier en 1822, fait connaître les instrumens qu’il avait inventés $ et qu’il a depuis essayé de perfectionner, l’Académie ait voulu parler du premier appareil instrumental qui a été imaginé cl construit pour le broiement et
loin : il a employé pour échafauder ses prétentions un moyen que je n’aborde qu’avec répugnance, et dont je ne parlerais pas si d’autres personnes ne l’avaient reproduit dans ces derniers temps. Ne pouvant plus nier l’existence de mon mémoire en 1818 , ni les faits exposés dans ce mémoire qu’il reconnaît avoirlu ehczM. Percy, M. Leroy 11’a cessé d’insinuer presque dans chaque phrase de son Mémoire justificatif (1) * qu’il y a eu de ma part substitution de pièces authentiques. Je me dois à moi-même de ne pas descendre jusqu’à combattre une semblable calomnie.; mais que ne devait-on pas attendre de celui qui a osé outrager une commission composée du vénérable M. Chaussier, et du cé-
l’extraction des calculs vésicaux, puisque deux ans auparavant, il avait été déclaré à l’Académie par sa commission que M. Civiale était arrivé le premier, et qu'il avait fait construire ses instrumens lithrotriteurs en 18 ig ?
Or, "quels sont les instrumensqu’ainvenlés M. Leroy en 1822? C’est celui qu’on voit représenté pl. fig. 01 et 52, et que j’ai décrit d’après M. Leroy. C’est un instrument dont l’emploi est absolument impossible, ainsi que je l’ai dit; ainsi que M. Leroy l’a reconnu. J’ai dit aussi qu’il avait essayé de le perfectionner, en substituant à ses ressorts de montre, ma pince litholabe , mais qu’il n’avait pas réussi. Je l’ai prouvé.
(1) M. Leroy croyait devoir repousser le soupçon de plagiat qui pesait sur lui.
lèbrePercy, que ne cesse de regretter la chirurgie française, dont il fut le principal ornement! M. Leroy a donné à entendre que cette commission avait eu la lâche complaisance de fermer les yeux sur cette substitution. Feu le baron Percy, qui en était le rapporteur, dédaigna de répondre à une pareille insinuation, et se contenta d’écrire à M. Leroy une lettre toute paternelle (1).
(1) « Je suis loin de vous en vouloir , mon cher Monsieur; vous n’avez* fait de mal qu’à vous-même, et vous m’en auriez fait à moi , que je l’aurais déjà oublié. Mais comment se terminera la lutte que vous avez provoquée, et à quoi vous conduira-t-elle ? Votre adversaire, pendant que vous réclamez, va son train, jouit de ses succès, et semble ne pas entendre ^e bruit que vous vous efforcez de faire.
» Il vient de faire parapher plusieurs écrits qu’il donne pour être bien authentiques , et je les crois tels : on vous jugera d’après des preuves péremptoires, et non sur des paroles susceptibles d’interprétation. Je regrette vivement que vous vous soyez engagé dans une pareille affaire. Lisez notre rapport, et vous verrez que c’est le docteur Gruithuisen qui a le mérite de l’antériorité, (Voyez ce que j’ai dit plus haut sur’ce point), et que M. Civiale n’est venu que dix ans après lui. II a pu avoir la même pensée que ce docteur, comme je crois trèspossible que vous ayez conçu , sans aucune communication ni avec l’un ni avec l’autre, le projet en litige. Je conserve l’un des petits ressorts auxquels vous avez depuis substitué la pince du parent de Franco; vous
D’après ce qui précède, je suis persuadé, Monsieur, que vous sentirez combien le titre de votre brochure doit induire en erreur les personnes qui la liront.
M. Leroy a trouvé un défenseur officieux dans un confrère qui n’a pas été plus exact que lui dans scs assertions. Pour le prouver, je me bornerai à rapporter quelques faits :
Il a cherché à faire croire que les instrumens dont je me sers pour le broiement delà pierre sont ceux de M.Leroy;il a crupouvoir tirer parti
l’avez laissé tomber à terre lorsque vous vîntes me montrer vos înstrumens , avec lesquels çous n eussiez bien sûrement pu faire une des brillantes opérations dont M. Civiate nous a rendus témoins.
» Que ne puis-je vous mettre d’accord ! Vous êtes tous deux d’honnêtes gens, et des médecins instruits et zélés ; mon bonheur serait de vous rapprocher; mais votre article de je ne sais quel journal, et votre réclamation imprimée m’en ôtent tous les moyens. Je me verrai peutêtre, lundi, réduit et forcé de donner à l’Académie des explications qui ne seront pas à votre avantage : voilà où conduit une démarche inconsidérée Mais les preuves écrites que j’ai éi fournir contre vos prétentions ne pourront altérer le cas que je fais de vous, ni l’attachement que vous a voué l’un de vos plus anciens prédécesseurs.
k Signé Peuct.
w 9 avril, 1 8 12 . «
On se demande comment M. Leroy a publié celte lettre comme pièce justificative.